‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 48 sur 180 · ÉTUDE DES FERMENTATIONS IN VITRO · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES FERMENTATIONS IN VITRO

revue ces expériences, elles pourront nous apprendre au moins pour quelles raisons un bouillon de culture devient stérile.

On a dit que la végétation du microbe prend fin lorsqu'il a consommé toute la matière nutritive qui était dans son milieu de culture. Cela est vrai pour tel microbe spécial. La levure mise dans un liquide sucré produit de l'acide carbonique et de l'alcool. Puis la fermentation s'arrête et ne se rétablit plus, même si, ayant retiré la levure par fîltration, on en remet de nouvelle. Au contraire, si on ajoute du sucre au liquide, la fermentation recommence, la levure se reprend à végéter. Ajoutez du sucre indéfiniment, il arrive un moment où la fermentation s'arrête, bien qu'il existe encore un excès de sucre dans le liquide. On a supposé que la fermentation s'arrêtait par excès d'élévation thermique. Refroidissez le liquide, la fermentation ne reprend pas. Mais ajoutez de l'eau distillée, la fermentation recommence. Ou bien distillez le liquide et, après avoir chassé l'alcool, ensemencez de nouveau, la fermentation recommence aussi. Pourquoi? Parce que la présence en quantité exagérée de l'alcool, produit de la vie du microbe, devient à un moment donné un obstacle à la vie de celui-ci.

Ainsi dans les fermentations in vitro il y a deux causes à l'arrêt de la vie du ferment : l'épuisement du liquide en matériaux nutritifs, et l'excès de matériaux de désassimilation.

La première de ces causes a été mise en évidence par M. Pasteur pour le microbe du choléra des poules. Il évapore à siccité le bouillon de culture devenu stérile, dissout l'extrait sec avec du bouillon neuf qu'il ajoute en quantité suffisante pour reconstituer le volume primitif, et ensemence à nouveau ; la végétation des microbes s'opère. Dans ce cas, l'arrêt de la végétation est attribuabie à l'indigence de matière nutritive.

Un exemple de la deuxième cause est fourni par les ferments butyrique, acétique, lactique. Tant qu'on ajoute du carbonate de chaux, la fermentation continue, à la condition qu'on ajoute aussi de la matière nutritive, le sucre ou l'alcool; mais, si le carbonate de chaux vient à manquer, la vie des ferments s'arrête à cause de l'excès d'acides qu'elle a produit.

412 DE l'immunité acquise

De ces deux conditions, l'une est fatale, c'est l'insuffisance de matière nutritive; l'autre, la présence d'une matière nuisible au microbe, est contingente et non universelle, elle est spéciale à certains microbes. Ceux qui donnent naissance à des produits volatils ou susceptibles de se précipiter, comme certains sels de chaux, ne se trouvent pas entravés par la présence de leurs produits. Quant aux autres, il faudrait arriver à déterminer pour chacun d'eux quelle est la matière qui l'empêche de se développer, ce qu'on appelle par abréviation la matière empêchante; cette recherche serait surtout utile à propos des microbes pathogènes.

J'ai fait avec le bacille pyocyanique les expériences suivantes :

Dans une première expérience on ensemence une grande quantité de bouillon; quand la végétation s'arrête, on filtre et on l'ensemence à nouveau, la végétation reprend; puis, quand elle s'est de nouveau arrêtée, on filtre encore, on réensemence, on remet à l'étuve; et ainsi jusqu'à ce que la végétation ne s'opère plus, le bouillon est devenu stérile. J'ajoute alors quelques dixièmes de centimètre cube d'extrait de viande stérilisé, la vie reprend avec une intensité à peu près égale à ce qu'elle était au début. Le bouillon était devenu stérile par épuisement de la matière nutritive; mais était-ce la seule cause? Pour résoudre la question, j'ai institué trois autres séries d'expériences.

Série I.

Un tube A renferme 3 parties de culture stérile et 1 partie de bouillon neuf.

Un tube B renferme 2 parties de culture stérile et 2 parties de bouillon neuf.

Un tube G renferme 1 partie de culture stérile et 3 parties de bouillon neuf.

Ces trois tubes sont ensemencés au même moment avec une goutte d'une même culture de bacille pyocyanique. Le développement s'effectue dans les trois tubes, au minimum dans le

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