‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 57 sur 180 · TRAVAIL DE MM. ROUX ET CHAMBERLAND · texte numérisé non relu

TRAVAIL DE MM. ROUX ET CHAMBERLAND

sans qu'on pût alors le soupçonner, réalisé la vaccination par matière soluble. En 1884, MM. Chauveau et Arloing avaient prouvé que quelques gouttes de culture du vibrion septique insérées sous la peau, chez l'âne ou chez le cheval, tuent ces animaux en 5 ou 6 jours; mais que 30cc à 40cc, une dose 200 fois plus forte, injectée dans les veines, ne les tue pas.

Ils établissaient enfin que, si on renouvelle plusieurs fois cette injection intra-veineuse, l'animal devient réfractaire. Peut-être le microbe qui est anaérobie a-t-il été tué dans le sang avant de pouvoir agir et peut-être aussi la vaccination a-t-elle été obtenue par la grande quantité de matière vaccinante injectée. Ce n'est pas, en tout cas, ce que ces expérimentateurs pensaient ou voulaient faire, aussi ne se sont-ils pas débarrassés des microbes.

L'immunité que MM. Roux et Chamberland confèrent par la culture stérilisée a ses degrés. Tandis que les témoins meurent au bout de 12 à 16 heures après l'inoculation du microbe, la durée de la survie est de 19 à ïhh heures suivant qu'on injecte des doses graduellement croissantes depuis 20cc jusqu'à 60cc de culture stérilisée. Après l'injection de 80cc, les animaux sont vaccinés absolument, l'inoculation du microbe ne détermine plus ni lésion locale ni accidents généraux; mais il faut que cette dose de 80cc soit injectée en deux fois; introduite en un seule fois, elle produit la mort en 18 heures. L'immunité conférée par cette dose de culture chauffée dure au moins 30 jours.

Les mêmes effets ont été obtenus avec les cultures filtrées.

La sérosité filtrée de l'œdème malin a la même action à un plus haut degré. Six injections de lcc suffisent pour vacciner.

Après ce travail de MM. Roux et Chamberland confirmant et complétant celui de M. Charrin, la question des vaccinations par matières solubles était résolue. L'idée des vaccins chimiques, considérée la veille encore comme si hasardeuse, était désormais une vérité acquise.

Page 1