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GUÉRISON DE LA PHTHISIE PAR L'HYGIÈNE

les bains, le massage et la radiation lumineuse. Par tous ces moyens hygiéniques nous pouvons ramener la nutrition aux conditions de résistance normale, nous faisons cesser la prédisposition morbide des sujets qui semblaient voués à la tuberculose, et nous réussissons souvent à les arracher à la fatalité de leur naissance.

Ce que nous faisons dans le but de prévenir l'éclosion d'une tuberculose, dont nous soupçonnons que les germes peuvent sommeiller, localisés, oubliés dans quelques ganglions, nous le faisons aussi pour guérir la tuberculose réalisée, quand les bacilles se sont multipliés dans l'organisme et, quittant leur foyer primitif, sont d'étage en étage arrivés aux poumons.

Les moyens qui étaient bons pour prévenir l'infection et soutenir l'organisme encore sain dans sa lutte quotidienne contre les assauts des microbes, conviennent aussi sans doute quand l'homme est devenu phlhisique; ils sont les auxiliaires indispensables de la thérapeutique ; mais c'est dans les phases initiales qu'ils manifestent le mieux leur puissance. Par eux seuls, sans moyens thérapeutiques, nous arrivons souvent à ralentir, parfois à enrayer l'évolution morbide, à immobiliser les lésions, et même à les faire rétrograder.

La plupart des instituts organisés pour la cure de la phthisie sont basés sur ces principes. A Falkenstein, comme à Gôrbersdorf, où on guérit un grand nombre de phthisiques, le succès doit être attribué à la rigueur avec laquelle on impose aux malades quelques-unes au moins des mesures hygiéniques qui leur conviennent, principalement l'aération. On peut dire qu'ils vivent constamment au grand air, car, s'ils dorment dans la maison, du moins les fenêtres ne sont jamais closes.

En agissant ainsi que je viens de dire, nous ne nous attaquons pas directement au microbe, mais nous l'atteignons indirectement. L'aération n'est pas salutaire parce que Foxygène tue les microbes, mais parce que l'aération fait vivre l'homme avec plus d'intensité. Nous ne visons pas directement le microbe, ce n'est pas de l'antisepsie que nous faisons, mais c'est de l'hygiène, et nous nous proposons de modifier par elle la nutrition des

cellules humaines de telle manière qu'elles deviennent un milieu défavorable aux microbes.

Outre les moyens purement hygiéniques, l'arsenal pharmacologique nous fournit des substances capables de modifier la nutrition. Je n'en citerai que deux exemples, l'arsenic et les iodures. Ces médicaments ne sont pas applicables à toutes les maladies infectieuses, et ils sont applicables à d'autres maladies, mais ils agissent surtout comme modificateurs de la nutrition. Dans la syphilis, quand on donne le mercure, ma conviction est qu'on touche les microbes pathogènes; mais, quand on donne l'iodure de potassium, j'ai tendance à croire que, si ce médicament peut exercer quelque action antiseptique, il a surtout une action sur notre nutrition. Quelle différence dans les indications de l'iodure et du mercure! Le mercure agit toujours, mais surtout dans les phases initiales, quand le microbe est très actif et que l'organisme ne réagit pas encore d'une façon notable. L'iodure, qui n'est pas inefficace contre l'agent pathogène encore jeune, le devient quand celui-ci est affaibli. Le mercure, nuisible certainement au microbe, est aussi défavorable à l'économie ; l'iodure peut avoir une double action, mais il y a lieu surtout d'envisager son rôle de modificateur de la nutrition.

Par tous ces moyens hygiéniques ou thérapeutiques nous cherchons à imiter artificiellement la guérison naturelle et spontanée; nous essayons de provoquer cette activité particulière de la nutrition qui assure le triomphe de l'organisme dans la lutte contre les agents infectieux. Les moyens de cet ordre , la médecine ne les dédaignera jamais, mais elle ne dédaignera pas non plus les spécifiques, ceux qui s'attaquent directement à l'agent pathogène.

Par les modificateurs de la nutrition nous aidons l'organisme à se guérir; mais par les spécifiques nous sommes vraiment les artisans de la guérison. Les spécifiques seuls guérissent. Nous en connaissons déjà quelques-uns et il n'est pas interdit d'espérer que nous en trouverons d'autres. Nous avions depuis longtemps le mercure contre la syphilis et la quinine contre

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