MOYENS D'ACTIVER LES OXYDATIONS ORGANIQUES
les tissus en lui fournissant de l'oxygène en abondance. J'ai montré que cela était possible, puisque en augmentant les oxydations j'ai diminué la toxicité des urines, qui entraînent et éliminent les poisons normaux issus de la vie des cellules du corps et des microbes de l'intestin.
J'ai montré que nous pouvons faire varier à volonté la toxicité des urines en faisant varier l'intensité des oxydations. Je détermine le coefficient urotoxique d'un homme, puis je change les conditions de sa vie sans changer son alimentation; il passe une journée au grand air et se livre à un exercice musculaire actif qui n'est cependant pas poussé jusqu'à la fatigue; la toxicité de ses urines diminue d'un tiers.
J'ai varié les conditions de l'expérience. J'ai laissé cet homme dans l'état de repos et de sédentarité absolue pour ne pas modifier la vie de ses cellules par l'exercice, puis je l'ai fait séjourner deux heures dans l'air comprimé; j'ai encore réussi à diminuer la toxicité de ses urines. L'augmentation des combustions interstitielles n'agit pas seulement sur les produits des microbes intestinaux; elle se fait sentir aussi sur ceux que fabriquent d'autres microbes pathogènes sur les surfaces ou dans la profondeur de l'organisme. L'oxygène, l'air comprimé sont certainement utiles dans les infections; ce n'est que de l'antisepsie indirecte, mais c'est de l'antisepsie, puisque par l'activité plus grande des oxydations j'ai neutralisé les produits nuisibles de la vie des microbes.
Outre les oxydations, il est d'autres moyens de curation spontanée des maladies dont la thérapeutique doit s'inspirer. L'appareil circulatoire n'est pas le seul, nous le savons, qui prenne part à la destruction des poisons ; nous connaissons le rôle du foie qui rend moins toxiques les poisons fabriqués par les microbes, qui les retient, ou les transforme ou les détruit, j'ai expliqué comment, par suite de l'hyperthermie, le foie perd cette fonction dans les maladies infectieuses fébriles. Nous pouvons porter remède à ce désordre en abaissant la température, en luttant contre la fièvre qui cependant est quelquefois utile. En mettant en usage les différents procédés de rélïigé-
ration que nous offre la balnéothérapie, nous obtenons un bien autre résultat que la soustraction du calorique, nous rendons au foie la possibilité de détruire les poisons en lui restituant le glycogène dont la fièvre avait supprimé la production et qui sert à la cellule hépatique pour neutraliser les substances toxiques, comme M. Roger l'a établi dans sa remarquable thèse.
Ainsi la question s'élargit au point de vue thérapeutique quand on n'envisage plus seulement les agents pathogènes, mais les substances solubles qu'ils sécrètent, et, sans même s'attaquer aux microbes, on trouve le moyen de venir en aide à l'organisme en le débarrassant de leurs produits.
Malgré l'activité du foie, malgré les oxydations interstitielles, il reste des poisons dans l'organisme; mais ils sont éliminés par les émonctoires, poumon, intestin, peau, rein. Leur élimination par le rein me paraît n'avoir plus besoin de démonstration; si quelques produits volatils s'échappent par le poumon ou par la peau, si quelques poisons sortent par l'intestin, la plupart sont rejetés par le rein. Dans l'évaluation de la toxicité générale des urines, on ne peut faire la part qui revient à l'intestin, puisque les poisons absorbés dans l'intestin et les poisons issus de la désassimilation sont confondus dans les urines ; cependant nous savons que, quand on fait l'antisepsie intestinale, les urines contiennent moins de poison. Nous devons donc stimuler l'émonction rénale dans les maladies fébriles qui s'accompagnent d'oligurie; cette oligurie résulte souvent des sueurs, de l'évaporation pulmonaire plus active par suite de la polypnée fébrile, de la diarrhée, de la diminution des ingesta; il faut restituer par les boissons, par les lavements l'eau soustraite en excès à l'organisme par ces divers émonctoires au détriment des reins. En favorisant la diurèse nous ferons encore de l'antisepsie indirecte, puisque nous balayerons de l'organisme les produits de la vie des microbes.
Les urines, qui éliminent incontestablement les poisons physiologiques issus de la vie des cellules, éliminent aussi les poisons fabriqués dans nos tissus par les agents pathogènes;