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COMPOSITION CHIMIQUE DES MILIEUX DE CULTURE

On ne doit pas manquer d'indiquer la réaction chimique du milieu, s'il est alcalin, neutre ou acide.

Il faut dire quelle viande sert à fabriquer le bouillon.

On doit noter encore certaines substances accessoires, qui facilitent indirectement le développement du microbe ; il peut arriver que des matières minérales, qui ne servent pas ellesmêmes à nourrir le microbe, lui soient cependant utiles en l'empêchant de sécréter telle substance dont l'accumulation arrêterait sa végétation.

Il y a des microbes au développement desquels est utile l'addition de sucre ou de glycérine au milieu nutritif; pour le bacille tuberculeux, MM. Nocard et Roux ont montré combien la glycérine favorise sa culture.

La température à laquelle se trouve le milieu est aussi très importante à noter. On doit encore tenir compte de l'état morphologique où se trouve tel microbe quand on le soumet à l'action d'un antiseptique ; car il ne se laisse pas également influencer à toutes les étapes de sa végétation : sa résistance à l'antiseptique est beaucoup plus grande quand il vit sous forme de spores que quand il est en plein développement.

L'âge, l'ancienneté de la culture qui sert à ensemencer le bouillon d'expérience doit être pris en considération ; la vitalité des microbes étant amoindrie dans les vieilles cultures, il suffit d'une quantité moindre d'antiseptique pour en retarder le développement.

Il est encore important de mentionner quelle quantité de microbes ou, si l'on veut, quelle masse de culture on emploie pour faire l'ensemencement; un seul microbe peut ne pas se développer dans un milieu où plusieurs gouttes de culture donnent lieu à une prompte végétation. J'ai déjà eu l'occasion de m'expliquer sur ce fait. Il y a là une modification du milieu par les ferments solubles que renferment les microbes, une adaptation de ce milieu aux besoins du végétal. Cette action purement chimique exige une quantité pondérable de ferment soluble que ne renfermerait pas un microbe isolé.

Prendre en considération tous les éléments, toutes les condi-

lions que je viens d'énumérer est indispensable, si Ton veut éviter dans l'étude des antiseptiques des résultats erronés.

L'ensemencement une fois fait dans un milieu déterminé avec toutes les précautions requises, il faut ensuite bien observer ce qui se passe dans ce milieu. Le développement du microbe commence-t-il dans les délais ordinaires? Continue-t-il avec son intensité normale ? S'arrête-t-il après un commencement de végétation? Ou bien le milieu ensemencé demeure-t-il stérile ? Autant d'alternatives possibles et d'une signification différente au point de vue de la puissance de l'antiseptique à l'essai. Il est plus facile d'empêcher un microbe de germer que d'arrêter son développement. Quand l'antiseptique ne réussit pas à empêcher la germination, il est encore utile de savoir si elle est ralentie ou retardée; nous ne demandons quelquefois pas davantage à un antiseptique que de ralentir la pullulation d'un microbe.

Un point important encore, c'est de vérifier si dans une culture qui semble normale la présence de l'antiseptique n'a pas amené un changement dans la forme du microbe.

Quand vous aurez vu cesser la végétation d'un microbe dans un milieu antiseptisé et que vous croirez l'avoir tué, vous pourrez encore souvent être dans l'erreur. Il pourra n'être pas mort, mais réduit seulement à l'état de vie latente et sa réviviscence sera possible dans un milieu neuf. M. Maximowitch, je vous l'ai dit, a démontré qu'un microbe, plongé un certain temps dans une solution antiseptique et transporté ensuite dans un bouillon pur, peut ne pas se développer; on le croit tué, mais, si on le transporte alors dans le corps d'un animal vivant, il peut recommencer à vivre.

Il y a donc lieu de distinguer la mort réelle et définitive de la mort apparente ou vie latente.

Enfin la dose d'antiseptique employée est naturellement un élément capital dans la détermination de la valeur d'un antiseptique.

Yous comprenez d'après tout ce que je viens de vous dire que cette détermination est un problème infiniment complexe.

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