‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 11 sur 58 · LEUCITE · texte numérisé non relu

LEUCITE

tique, quand ce pus s'y est introduit par le mécanisme qui donne lieu à la formation du bubon, c'est à-dire par la déchirure d'un point de la surface d'une chancrelle.

Mais de même que toutes les chancrelles ne s'accompagnent pas de bubon, de même aussi le pus chancrelleux qui est transporté au ganglion pour le bubonifier ne donne pas toujours naissance — il s'en faut, et de beaucoup — à une chancrelle du vaisseau lymphatique qu'il traverse. En d'autres termes, la leucite chancrelleuse est infiniment plus rare que le bubon chancrelleux ; c'est un ^accident tout-à-fait exceptionnel.

Et l'on s'explique aisément qu'il en soit ainsi. Les substances qui parcourent un vaisseau lymphatique y passent, mais ne s'y arrêtent point; elles touchent sa surface interne, mais n'y subissent aucune de ces élaborations organiques intimes qui constituent la nutrition ou les sécrétions. Aussi, pour comprendre que l'imbibition du pus s'y soit faite, faut-il supposer quelque circonstance fortuite qui a déterminé un contact plus direct ou plus prolongé. Et justement l'étude clinique de la leucite nous apprend que les abcès chancrelleux, qui en sont la conséquence, apparaissent surtout au niveau des valvules ; c'est-à-dire des obstacles qui, en suspendant le cours de la lymphe, ont facilité plus spécialement dans ce point du vaisseau la pénétration des principes contagieux que ce liquide renferme.

Des cordons noueux se dessinant sur les côtés, et notamment sur le dos de la verge, cordons suppurant promptement, s'abcédant de bonne heure, puis devenant des chancrelles dans toute leur longueur, telles sont, cliniquemcnt, les leucites chancrelleuses. — Ouvrir largement ces petits foyers, dès qu'il y a fluctuation, et les panser avec de la charpie enfoncée aussi profondément qu'il est nécessaire, après qu'on ]'a imbibée d'une solution de nitrate d'argent, tel est leur traitement.

2i8 CHAACRELLE.

PHIMOSIS COIN GENITAL.

Quand l'orifice du prépuce a naturellement une étroitessc telle qu'il est impossible de découvrir le gland, il y a phimosis. En général, on observe en même temps une brièveté anormale du frein. En pareil cas, la peau du fourreau vient parfois dépasser l'orifice piéputial, et, pendant au devant de lui, elle fait dévier les dernières gouttes d'urine. Lors du coït, le sperme sort en bavant au lieu d'être lancé dans l'utérus ; d'où obstacle possible à la fécondation. — Si, au contraire, le prépuce est trop court, les bords de l'orifice se tendent durant l'érection ; et s'il y a du côté des organes génitaux de la femme un certain degré d'étroitcsse, des déchirures en sont l'effet presque inévitable. Enfin, si, dans ces conditions, le gland franchit l'orifice piéputial, il s'étrangle : le phimosis est donc une cause de paraphimosis.

L'étroitesse congénitale du prépuce peut même, dans quelques cas, rendre absolument impossible le coït complet. C'est qu'alors les frottements, au lieu d'être communiqués à la muqueuse du gland, point de départ de la cause réflexe de l'éjaculation, ne s'exercent que sur la peau de la verge, qui ne jouit que d'une espèce de sensibilité impropre à susciter l'acte fécondant.

Mais ce qui rend surtout pénible aux malades cette fâcheuse disposition, c'est l'extrême difficulté des soins de propreté. La matière sébacée s'accumule derrière la rainure du gland, et l'urine vient la souiller et en hâter la décomposition. De là une irritation permanente, un prurit incessant ; de là aussi de petites érosions plus ou moins superficielles, bouches toujours ouvertes pour l'absorption des principes contagieux.

Si les bords du méat urinaire ne sont pas parfaitement parallèles à ceux du prépuce, l'urine, qui traverse à chaque instant la cavité préputialc, peut y déposer des concrétions

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