‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 12 sur 58 · PHIMOSIS · texte numérisé non relu

PHIMOSIS

calculeuses qu'on a vu quelquefois acquérir un volume énorme.

Comme, d'ailleurs, il est constant que, en pratiquant la circoncision, on a guéri des spermatorrhées, des incontinences nocturnes d'urine jusque-là rebelles, il faut bien admettre que le phimosis joue un certain rôle dans l'étiologie de ces lésions. Rappellerai-je aussi que le cancer de la verge (l'épithelioma surtout) est plus fréquent chez les phimosiques? Enfin ajoutons que, comme toutes les lésions et anomalies des organes génitaux, le phimosis conduit souvent à l'hypocondrie.

Pour remédier à ces accidents ou pour les prévenir, on a proposé plusieurs méthodes qui sont : Le débridcraent, l'excision, la circoncision et la dilatation.

Le débridement consiste à inciser le prépuce de façon à mettre à nu le gland. Il peut se pratiquer soit vers la région dorsale, soit près du frein. On a fait aussi le débridement multiple. Deux incisions latérales donnent d'excellents résultats au point de vue de la conservation des formes. L'incision a quelquefois été exécutée par ligature ou par cautérisation. Rien ne justifie l'emploi de ces moyens longs et douloureux.

L'excision consiste à retrancher une partie du limbe préputial sans en enlever toute la circonférence. En général, on excise sur la région dorsale un lambeau triangulaire dont \a pointe correspond à la rainure du gland. Le moyen le plus expéditif est d'inciser d'abord, à la partie supérieure ; ce qui donne deux lambeaux latéraux qu'on enlève ensuite avec de forts ciseaux, obliquement et de manière à former un ovale dont la base répond au frein. On finit en réunissant la muqueuse et la peau par suture. Quand on pratique l'excision, le frein est donc toujours respecté.

Il n'en est pas de même dans la Circoncision, opération qui consiste à exciser le prépuce tout entier ou au moins la por-

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tion rétrécie, mais dans toute sa circonférence, de telle façon que la portion enlevée a la forme d'un anneau. C'est sans contredit à cette méthode que l'on doit les résultats les plus satisfaisants : aussi nombre de procédés s'y rattachent, et nombre d'instruments.

Le but que l'on se propose est, d'ailleurs, toujours le même: c'est de sectionner au même niveau la muqueuse préputiale et la peau qu'elle double.

De tous les procédés, celui qui permet d'arriver le plus sûrement à ce résultat est sans contredit celui de Ricord, dont voici le Manuel opératoire : 1° La verge étant saisie entre le pouce et l'index, sans exercer la moindre traction sur la peau de son fourreau, soit en avant, soit en arrière, on trace avec une plume et de l'encre une ligne qui suit la direction oblique de la base du gland, à 4 ou 5 millimètres en avant de cette base et dans toute sa circonférence : cette ligne limite toute l'étendue du prépuce qui doit être excisée. C'est ce que l'auteur appelle « le tracé du chemin de fer » ; "2" On prend une longue aiguille dont l'extrémité, munie d'une petite boule de cire, est introduite entre le gland et le prépuce ; 5° Un mouvement brusque fait traverser par l'aiguille la muqueuse et la peau au niveau de la ligne tracée à l'encre. La fixité des rapports de la peau et de la muqueuse est par là assurée ; 4" On tire le prépuce en avant et on le saisit entre les mors fenêtres d'une longue pince à pansement, placée immédiatement au devant du gland, en arrière et dans la direction de la ligne tracée à l'encre. Cette pince doit être tenue par un aide verticalement et non transversalement ; 5° A travers les branches fenêtrées de la pince on passe quatre ou cinq fils, à l'aide d'une aiguille à suture : chacun de ces fils traverse donc deux fois la peau et deux fois la muqueuse ; 6° Un bistouri, courant entre la longue aiguille et la pince, fait d'un seul coup tomber la portion excédante du prépuce ; 7° La pince ayant été enlevée, en divisant les fils à leur partie moyenne.

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