PERTES DE SEMENCE
« Avant de se mettre au lit, prendre un lavement de deux verres d'eau froide (à la température de l'appartement) ; le rendre presque immédiatement.
« En se couchant, mettre sur le bas-ventre une plaque d'étain qu'on gardera en place toute la nuit^
« Fuir les occasions d'impressions erotiques. — Peu boire au dernier repas. — Le soir, avoir soin d'uriner deux fois, la première une heure avant de se mettre au lit, la deuxième en se couchant. — Pas de matelas trop mous. — Dormir sur le côté plutôt que sur le dos. — Éviter de marcher excessivement durant la soirée.
« S'éveiller, ou s'il le faut, se faire éveiller, vers trois otl quatre heures du matin. Alors, se lever, uriner, et ne se remettre au lit qu'après être resté, au moins pendant cinq minutes, complètement réveillé et, s'il se peut, hors du lit.
« Avant de s'endormir, se bien promettre de se réveiller dans le cas où il vous arriverait l'un de ces rêves qui suivent une direction telle que, de manière ou d'autre, on y voit infailliblement figurer une femme; et cet engagement de se réveiller, le prendre vis-à-vis de soi avec une telle force de volonté, que son souvenir persiste malgré le sommeil et soit en état d'exercer à propos, le cas échéant, son action pré^ servatrice^ »
^ Je ne saurais trop recommander ce moyen, dont le mode d'action m'est inconnu, mais qui contribue toujours puissamment à la guérison, et cela sans causer la moindre incommodité. La plaque est de forme triangulaire, légèrement écliancrée au niveau du pubis, et recouvrant l'hypogastre jusqu'à l'ombilic. On en trouve à Lyon de toutes préparées, chez M. Chavanon, bandagiste, 12, rue de la Barre.
^ Je ne conseille là rien qui ne soit très-possible, rien que n'accomplissent fructueusement les sujets doués de quelque énergie morale. Le malade, ainsi armé et décidé à lutter contre lui-même, doit être averti d'un piège que souvent lui tend la bonne nature. Souvent il est assez éveillé pour sentir que la perte va avoir lieu. Mais par paresse, peut-être par un instinct de sensualité qui ne demande qu'à transiger, il se persuade qu'il est trop tai'd, que l'éjaculation est assez avancée pour ne pouvoir être empêchée par le réveil; et il laisse faire 1... C'est là un piège, je le répète. Du nioment où l'on a conscience de ce qui se passe ou de ce qui va se passer, il n'est jamais trop tard pour essayer de
Une blennorrhagie urétrale devenue chronique est souvent la cause, et chez les sujets prédisposés, l'occasion de la sperniatorrhée ; l'inflammation cantonnée dans l'arrière-canal est alors le principal élément morbide à combattre. Comme on la combat avec avantage par la cautérisation, il est aisé de comprendre que les succès de la cautérisation, dans ce cas particulier, aient pu illusionner sur sa valeur réelle. C'est, effectivement, faute d'avoir suffisamment distingué les diverses espèces de spermatorrhée que l'on a été amené à considérer, à préconiser la cautérisation comme antidote des pertes de semence ; erreur dangereuse dont une observation désintéressée n'a pas tardé à faire justice.
J'ai, pour ces cas, substitué à l'application du nitrate d'ai'gent fondu les injections d'une solution de ce sel au cinquantième, portées au moyen de la soude à béquille sur toute la partie fermée de l'urètre (voy. ci-dessus, p. 47), injections que je répète, à quatre ou cinq reprises, tous les quatre ou cinq jours.
Parmi les toniques dont l'expérience a prouvé l'efficacité contre les pollutions, il n'en est point de comparable aux bains de mer.
j'appelle de ce nom, chez l'homme, l'impossibilité d'ob^ tenir l'éjaculation.
Partielle ou complète, temporaire ou tendant à se perpétuer, elle peut dépendre de diverses causes, soit locales soit éloignées, telles que vices de conformation, lésions organiques ou fonctionnelles de l'une ou l'autre partie de l'appareil reproducteur, atrophie, rétrécissements, dégénérescences, frigidité native, usage abusif de drogues aphrodisiaques, etc.
l'empêcher; et le plus souvent, quoi qu'on ait d'abord cru le contraire, on arrive parfaitement à temps.
5S8 IMPUlSSAiNCË.
D'autre part, tout ce qui affaiblit l'organisme tend à compromettre ou abolir les forces spéciales nécessaires à l'accomplissement delà fonction génitale. C'est ce que l'on observe dans la convalescence des fièvres graves, dans certaines dyscrasies. Cet effet est, par exemple, on ne peut plus sensible durant le cours de la dyspepsie, qui à la fois ôte le goût des rapports sexuels, et s'aggrave lorsqu'on a eu de ces rapports malgré la diminution d'appétence.
Néanmoins ces diverses causes ne sont pas celles de l'espèce d'anaphrodisic que le spécialiste a le plus souvent occasion de voir dans son cabinet. Mais celle-là a une étiologie complexe sur laquelle il faut s'arrêter quelques instants.
A l'état normal et dans l'âge viril, le mécanisme de l'éjaculation est le suivant : soit par le seul effet de l'imagination spontanément concentrée vers son objet idéal ou réel, — soit qu'une lecture, un spectacle, des propos lascifs excitent les désirs, — soit que la présence, le contact, les baisers y joignent leur action provocatrice, l'érection se déclare. Ce phénomène préparateur étant ainsi opéré, l'intromission a lieu et le reste de la fonction s'effectue dans les conditions d'accélération progressive et de durée communes à tous les actes organiques déterminés par l'attrait ; conditions propres surtout à celui-ci où l'acteur principal n'est pas seul en cause.
De cette description qui était nécessaire, retenez notamment ceci : que, pour que les choses se passent régulièrement, il faut, 1° d'abord, une érection qui, par la seule influence de l'esprit et des sens, et sa?îs le secours d'attouchements exercés sur V organe érectile, se soit produite au degré suffisant pour permettre l'introduction; puis 2° un degré d'impressionnabilité génésique tel que la titillation mécanique normale, opérée dans le réceptacle normal, suffise à amener l'njaculation.
Yoilà comment s'accomplit la fonction type. Mais l'homme ne l'entend point ainsi, du moins à l'état ultra-civilisé que nous avons sous les yeux. Par le fait d'une organisation sociale défectueuse, nos forces physiques ayant baissé en même temps que notre imagination est devenue plus ardente, nous avons changé tout cela. L'acte génital étant de plus en plus considéré comme un simple moyen de récréation agréable, nous sommes conduits à l'effectuer plus tôt, plus fréquemment, autrement et ailleurs que la nature ne l'avait édicté ; car il est remarquable, — et il faut en tenir compte, — que l'exagération imprimée à l'un des deux phénomènes excitateurs de l'éjaculation suffît à la déterminer, l'autre phénomène faisant défaut. C'est ainsi que l'éjaculation survient parfois involontairement, et même subitement, par l'effet d'une forte contention cérébrale (cas signalé par le docteur Sainte-Marie). C'est ainsi, d'autre part, qu'on l'obtient sans que le désir soit le moins du monde intervenu, c'est-à-dire par des manipulations mécaniques plus ou moins prolongées.
Or, de ces infractions, de ces déviations imprimées instinctivement ou volontairement au mécanisme de la fonction il n'en est aucune qui, si l'on en prend l'habitude, ne devienne peu à peu un obstacle à son accomplissement, qui, en d'autres termes, ne soit une cause d'impuissance.
Ainsi, la nature a voulu que l'érection naisse du désir. — Contreviennent également à ce vœu, et les impubères qui provoquent manuellement l'érection avant l'âge où le désir peut se former; et, à l'autre extrémité de la vie, ceux qui, devenus incapables de désir, cherchent et trouvent les agents d'une congestion pseudo-érective dans des manœuvres qui ne parviennent à réveiller un instant la sensibilité tactile de l'organe que pour l'émousser d'abord et l'épuiser enfin sûrement.
Ainsi, la nature a voulu l'intervention du désir ; mais, dans l'intérêt de la reproduction, elle n'a pas voulu qu'il fût
l e seul agent provocateur de l'éjaculation ; une fois que le mobile psychique a fait son œuvre, c'est-à-dire l'érection, c'est ensuite au frottement spécial à déterminer l'excrétion finale, — Contreviennent formellement à ce vœu, ceux qui, par crainte de contracter une maladie, ou pour tout autre motif, ne pouvant ou ne voulant obtenir les dernières faveurs, s'allument l'imagination soit, en l'absence de l'objet aimé, par des aspirations, soit, à son côté, par des étreintes ou des privautés telles que, sans contact des organes, parfois même sans qu'il y ait eu érection, l'éjaculation en soit la conséquence. C'est là le cas de Jean-Jacques Rousseau ; et c'est celui d'une foule d'hommes moins célèbres, mais tout aussi inconsidérément platoniques, qui, les uns cédant à l'entraînement de la passion, les autres, tout au contraire, calculant l'amour de manière à en faire de Yégoïsme à un, se félicitent d'échapper par ce stratagème aux assujétissements qu'impose par la suite une possession complète, mais, viennent tous, en définitive, nous demander une consultation pour des organes peu à peu devenus, faute du fonctionnement normal, rebelles à leur stimulant naturel . — Même critique et même avertissement aux gens, d'ailleurs bien fonctionnant, qui, dans un but qu'on devine, suspendent volontairement, à un moment donné, les mouvements provocateurs, afin de retarder la conclusion. Cette petite licence se paie tôt ou tard ; et, si elle est devenue habitude, elle peut se payer cher.
Ainsi encore la nature a voulu que les choses se passent in vase dehito. — Ceux qui, le trouvant insuffisant, ou trop suffisant, ont pris, ailleurs, d'autres habitudes, ne retrouvent plus, — lorsque, en cas de mariage, il faut y revenir — ne retrouvent plus dans le domicile légal le charme nécessaire pour y habiter utilement, pour l'occuper, selon l'expression consacrée, en bon père de famille. De là, une impuissance partielle, mais des plus graves, c'est-à-dire incapacité de remplir les yéritables deyoirs conjugaux,
Mais la nature a voulu quelque chose de plus. Pour que l'imagination aboutisse à des œuvres, il faut qu'elle s'exerce librement, sans préoccupations. C'est l'histoire des savants, des poètes, des artistes ; c'est aussi, c'est surtout celle des amoureux. Cette fonction qui fait tout oublier, veut qu'on oublie tout pour elle. De sa nature, elle est inconsciente, instinctive, devient impossible, par conséquent, si on l'entreprend par calcul ou avec préméditation. — Ici les variétés sont nombreuses et les exemples encore plus. L'un n'obtient de sa belle que des instants comptés, dérobés à la vigilance d'un Argus. Il lui faudra, et il le sait, s'exécuter dans un temps donné... Impuissant. — L'autre croit de son honneur, quoique grisonnant, de payer le même tribut que jadis, et aux mêmes échéances.... Imprudent, il marche à un désastre.... — Celui-ci s'est dit : ma femme est jalouse, elle revient de voyage, il faut que ce soir même je dissipe ses soupçons... Hélas ! il ne fera que les redoubler. — Celui-là, qui se traite pour l'impuissance, veut savoir si le traitement a fait effet ; et dans ce seul but, il se rend en un lieu où rien autre ne l'attire, bien au contraire, afin d'essayer ses forces.. . Il échouera, alors qu'il aurait triomphé si, au lieu d'aller faire une expérience, il eût attendu une occasion. — L'excès d'amour lui-même, ceci est notoire, peut créer une diversion préjudiciable à la perpétration de l'acte amoureux. — Mais dans ce genre, l'espèce la plus commune est celle-ci : pour n'importe quel motif, un homme d'ailleurs bien constitué est resté une fois à V affront. Eh bien ! il ne pourra, de quelque temps, se trouver dans aucune circonstance où il lui faille payer de sa personne, sans que l'appréhension de ce même accident l'expose à y retomber. Il n'abordera plus le champ clos qu'avec une défiance qui glace en lui toute initiative. Et, s'il est déjà d'un certain âge, cette mésaventure, loin de rester un fait isolé, marque souvent le déclin des forces génésiques,
Cette analyse étiologique doit suffire au praticien intelligent. Car elle lui apprend d'abord que l'impuissance ne s'appelle pas unité, mais bien plutôt légion; — elle le met à même d'en distinguer les variétés; — enfin, en spécifiant les conditions génératrices des diverses espèces du mal, elle lui révèle, à titre soit de préservatif soit d'agent curatif, les ressources offertes, par ce vaste et fertile champ de simples, que Amédée Bonnet avait commencé à cultiver sous le nom de thérapeutique fonctionnelle .
En effet, à part les cas de lésion matérielle ou de débilitation constitutionnelle, l'impuissant est moins un malade à droguer qu'un pénitent à confesser. Avec une décence parfaite, mais avec une clarté égale, commencez par le mettre à l'aise sur ce sujet scabreux; éclairez-le; provoquez, puis écoutez ses doléances. Alors formulez selon le cas.
Il est des préceptes généraux applicables à tous. A tous, il faut prescrire un régime réparateur, une vie exempte de soucis et d'application intellectuelle, l'exercice modéré en plein air, les bains de rivière et en toute saison des douches froides, des ablutions et des quarts de lavement à la même température. Quelques bains de siège de dix minutes dans de l'eau salée, à 25 degrés, l'hydrothérapie, les bains de mer sont très-utiles. J'use parfois avec avantage de l'électricité, des ferrugineux, seuls ou associés à la strychnine. Hors l'ambre gris, je n'ai jamais ordonné les aphrodisiaques proprement dits, les cantharides, le phosphore. A quelques sujets, il convient de désigner avec les détails nécessaires un ensemble de conditions, qui réunies pourront décider de l'issue de la lutte. Evidemment, si, après quelques semaines d'absence, et par conséquent d'économies, le mari part en guerre trois quarts d'heure^ après
1 En novembre 1855, ayant le soir à discourir, à Bordeaux, devant un auditoire d'élite, je confiais mes appréhensions au si regretté Durand-Foruas, mon ami et, ce jour-là, mon amphytrion. Mais lui, d'une main tenant une fine bouteille et de l'autre tirant sa montre : « A quelle heure prenez-vous la parole? —
A huit heures et demie, » répondis-je, — « Eh bien! je finirai de verser à
un repas où la truffe aura figuré — (la parfumée est seule efficace) — et arrosé d'une demie Haut-Barsac et de deux verres de Moët — il importe ici de doser — il aura plus de chances de rentrer honorablement dans ses domaines que l'humble vaincu de la veille, qui tente en tremblant un dernier effort pour s'y glisser à l'aide d'une stratégie combinée de sang froid.
A un point de vue plus spécial, interdisez "sévèrement les moyens physiques usités pour produire l'érection (attouchements, calorique, raréfaction de l'air, compression à travers la paroi rectale). — Interdisez aussi ces longues séances de préliminaires que l'on prolonge jusqu'à ce qu'ils soient devenus des agents trop efficaces, et aient réalisé le résultat par le seul moyen de l'imagination surmenée. — Interdisez surtout toute tentative qui serait faite en vue d'éprouver ses forces. Que celui qui se défie de lui-même attende une circonstance où se trouvent réunies autant que possible les conditions de besoin génésique réel, vivement ressenti, d'impulsion passionnelle, d'isolement ; qu'il ait tout son temps à lui, et n'ait point à se préoccuper du chant de l'alouette ; qu'il n'ait à appréhender de trouver chez sa compagne ni un juge exercé, ni surtout un critique railleur. C'est parce qu'il offre réunies toutes ces chances de succès que le lit conjugal opère des miracles. Au sein de la pleine sécurité qu'il inspire, avec la rassurante certitude du lendemain, un époux sent peu à peu se fondre la honte, le respect humain, la sourde révolte contre soi-même, l'écrasante conscience d'une situation ridicule, la petite vanité qui, au sortir de chaque défaite, vous pousse (sur la foi d'un perfide conseil de Montaigne) à recommencer l'attaque avec des forces à peine ralliées, en un mot tous ces mille riens où s'alimente l'impuissance; et si, dans un moment de délire amoureux, ou entre deux sommes, il a pu, une seule
sept heures trois quarts ; et vous m'en direz des nouvelles. C'est le moment psychologique ou psychogénique du Bordeaux ! »
fois, parvenir à s'oublier, la victoire est à lui ; et ce premier succès est le gage de triomphes désormais irrévocablement assurés.
Confiant dans cette douce influence pour dénouer le nœud fatal, je n'hésite pas à permettre, à conseiller le mariage à tous ceux dont la faiblesse, bien étudiée dans ses causes, me paraît ne tenir qu'aux conditions défectueuses dans lesquelles ils ont exercé jusque-là. Je ne leur dis, bien entendu, rien de ce que je viens d'expliquer ci-dessus. Je risque seulement une question sur la fiancée, pour savoir si elle est douée de la grâce suffisante; j'écarte le plus souvent de la candidature les veuves; j'éloigne toujours la belJe-mère; je prescris, pour le soir même, quelque potion infaillible! Je donne, s'il le faut, la grande recette de Langlebert (p. 83, 1. 20) ; et, en définitive, de tous ceux que j'ai envoyés, ainsi armés, à l'ennemi, un seul jusqu'à présent, un seul, est revenu du combat sans rapporter les dépouilles opimes.
L'impuissance par collapsus moral n'est pas la seule, assurément. Mais, outre qu'elle est la plus commune, elle complique toutes les autres espèces, les augmentant, les entretenant et les prolongeant. Un convalescent, par exemple, un dyspeptique veut essayer ses forces : naturellement il les trouve diminuées ; vite la peur le prend, et le voilà livré aux chimères qui d'abord aggraveront son incapacité passagère, puis la rendront permanente en substituant, aux causes primordiales, essentiellement temporaires, qui l'avaient produite une influence des plus fâcheuses ; car, mal analysée ou mal combattue, elle peut durer autant que la vie. — Telle est, en un mot, selon moi, l'action exercée par cet état psychique, que, si l'on voulait et pouvait rigoureusement évaluer le rôle que jouent chacun des deux éléments dans l'atteinte portée aux facultés viriles, presque toujours le chiffre qui représente la part de l'imagination serait le carré du chiffre représentant la part du physique,
En dehors des perversions de l'acte fonctionnel, influence que j'ai dû étudier la première, il y a d'autres causes d'impuissance.
L'une des principales consiste dans les pertes séminales, soit volontaires, répétées avec excès, soit involontaires, nocturnes. On devine aisément leur action pathologénique ; on devine encore mieux leur remède. — L'excès opposé aboutit presque au même résultat. Un homme, qui jusque-là remplissait ses devoirs conjugaux avec régularité, a, pour une cause ou l'autre, cessé pendant un ou deux ans d'exercer cette fonction. Déshabitué du coït, il s'y trouvera inhabile lorsqu'il voudra de nouveau l'accomplir; et un apprentissage, en quelque sorte, lui sera nécessaire, pour reprendre sa vigueur première.
Il faut ranger parmi les causes les plus fréquentes l'inflammation chronique, tenace, qui, à la suite soit de rétrécissements, soit surtout de blennorrh agios, envahit l'arrièrecanal, la prostate, les vésicules séminales. Cette lésion produit deux effets connexes, savoir : 1° la promptitude trop grande de l'éjaculation ; 1° l'inaptitude à répéter le coït à bref intervalle : double inconvénient qui, sans constituer la perte réelle des forces viriles, détermine un état de semi-imbellité, on ne peut plus incommode, presque aussi décourageant que la véritable impuissance ; car, dans cette situation, le rapprochement des sexes se borne en réalité à un rapprochement et est par conséquent fort exposé à manquer son vrai but, la fécondation.
Le remède à cette forme d'impuissance est le remède qui en détruit la cause matérielle. Aussi consiste-t-il essentiellement dans 1g médication de la blennorrhagie chronique ^
L'âge affaiblit, puis annihile les forces viriles; mais, comme, à part de rares exceptions, il amortit, puis éteint dans la même progression les désirs, nous ne dirons rien de cette
î Voy. plus liant, p, 57,
sorte d'impuissance, qui, heureusement, ne réclame pas plus de consolations que de remèdes.
Parfois aussi c'est l'appétence génésique qui manque : et, chose remarquable, celte défectuosité coïncide en général avec des organes en apparence normalement conformés. Trèsfréquente dans le sexe féminin, sa persistance est, chez l'homme, un fait exceptionnel. Ordinairement, peu à peu, en avançant vers l'âge adulte, en vivant dans un milieu mieux approprié à la culture de cet instinct, en acceptant par curiosité les occasions de l'éveiller, le jeune homme le plus en retard finit par éprouver, plus ou moins rudimentaires mais susceptibles de développement, les sensations caractéristiques. Le rôle de confident, de conseiller discret, est le seul qui convienne ici au médecin. Mais, si consciencieusement qu'il lui appartienne de la faire, cette éducation, comme toutes les autres, compte un certain nombre de fruits secs. J'ai observé des échecs complets, des natures assez rebelles pour ne pas ambitionner même le moindre accessit.
Enfin — en cette matière il faut tout dire, le lecteur ayant intérêt à être bien renseigné — j'ai vu, deux fois, ce que, dans notre civilisation actuelle, je puis appeler un phénomène étrange. Chez deux hommes mariés, de 26 à 52 ans, d'une classe sociale au-dessus de la moyenne, le désir existait ardent, soutenu, l'érection complète, prolongée, l'intromission était régulière; et l'éjaculation, depuis 6 et 8 mois, faisait complètement défaut !
Que se passait-il donc?. . . ou que ne se passait-il pas? Par un interrogatoire poussé jusqu'aux derniers détails, j'appris que, de ces deux clients, l'un ne connaissait pas du tout, l'autre, superficiellement renseigné par son père, connaissait mal la gymnastique spéciale préparatoire. Les époux se désolant, la famille, fort éclairée d'ailleurs, se voyant menacée d'extinction, j'ai dû procéder à une initiation aussi complète que
l'était l'ignorance de mes élèves. Il m'a fallu lem' enseigner non-seulement l'attitude de l'exécutant, mais les intentions et jusqu'au rhythme du mouvement de ce duetto que chante d'instinct toute la nature et dont le grand chef d'orchestre avait omis de déposer la notion dans leur âme.
Une fréquentation ancienne et assidue des principaux hôpitaux spéciaux de France et de l'étranger; le nombre et l'infinie variété des cas d'affections cutanées que, depuis dix-huit ans, j'ai l'occasion d'observer à Uriage ; la Revue périodique que, grâce à de bienveillants appuis, il m'a été possible de consacrer depuis plus de six ans à l'étude de la dermato-syphiligraphie, tels sont mes motifs, tels sont peut-être mes titres pour mettre mon nom en tète d'un ouvrage qui manquait, on peut le dire, à l'art et à la science.
Mais, bien plus que ces diverses considérations, c'est le caractère restreint de l'œuvre qui m'a surtout tenté. Plus d'une omission, en effet, plus d'une lacune, involontaire ou non, pourra aisément y être relevée; car, dans un livre écrit exclusivement au point de vue thérapeutique, j'ai dû laisser de côté toutes les questions de doctrine, qui depuis si longtemps ont agité et, plus longtemps encore peut-être, agiteront la dermatologie. A l'exemple de M. Diday, dont il m'a été aussi profitable que naturel de suivre la trace, je me suis borné à donner, au préalable, dans chaque chapitre, une idée succincte de la maladie. Ce tableau nosologique, sorte d'introduction au traitement, n'est destiné qu'à rappeler au praticien les indications de tout ordre qui doivent le guider dans le choix des moyens curatifs. Ace point de vue, j'ai dû insister particulièrement sur l'étiologie, sur les causes directes ou éloignées, étude dont l'influence bien comprise domine toute la thérapeutique.
Enfin les eaux minérales jouent un rôle tellement important dans la cure des maladies cutanées, que j'ai cru devoir consacrer une section particulière à ce vaste et délicat sujet, habituellement trop délaissé dans les études générales qui préparent l'étudiant aux difficultés de la pratique.
Je l'ai fait afin de pouvoir subordonner les indications de détail aux considéi'ations physiologiques qui toujours éclairent et le plus souvent jugent la question. Je l'ai fait aussi afin d'éviter les répétitions qu'aurait nécessairement entraînées l'obligation de mentionner itérativement chaque source à propos de chacune des dermatoses qu'elle peut soulager ou guérir.