PURPURA
Cette affection a pour caractère fondamental la présence de taches sanguines, de dimension variahle, à bords nettement tranchés, d'un rouge foncé, livide, parfois même presque noir, lesquelles ne disparaissent pas sous la pression du doigt. Ces taches se produisent en général d'une manière lente, successive, mais continue dans leur cours. Elles sont dues à Fextravasation du sang à travers les parois des capillaires sanguins. Elles ne sont pas suivies de desquamation, mais elles subissent les diverses transformations, par lesquelles passe tout sang extravasé, avant qu'il ne soit résorbé. Elles peuvent se manifester sur toute la surface du corps, mais on les observe de préférence aux membres inférieurs. Leur apparition est souvent précédée d'un sentiment de chaleur et de brûlure, de malaises divers, d'inappétence, de lassitude. L'éruption pétéchiale (c'est le nom ancien de cette affection), a lieu habituellement pendant la nuit ; aussi le malade trouvet-il un plus grand nombre de taches à son réveil, ce qui est souvent pour lui une cause de préoccupation, — purpura simplex.
Le purpura peut, dans quelques cas, débuter par des élevures plus ou moins saillantes, irrégulières, rouges ; au bout de peu de temps ces plaques prennent une teinte foncée, s'af-
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laissent et ont alors tout à fait l'aspect des taches du purpuia ordinaire, — purpura urticans.
Quelquefois aussi dans l'intervalle entre les taches ecchymotiques, on voit survenir de petites papules d'une coloration rouge foncîé [lichen lividus, de Willan). Taches et papules ont dans ces cas le même aspect, offrent une marche identique et subissent les mêmes transformations ; aussi serait-il plus rationnel de les décrire sous le nom de purpura papulosa, ainsi que l'a proposé le professeur Hebra.
Enfin, le purpura senilis signalé par quelques auteurs comme une variété particulière, n'est qu'un purpura ordinaire survenant chez des personnes âgées.
A côté de ces formes du purpura, il existe une autre espèce de taches pourprées que l'on voit survenir dans le couis de certaines maladies générales : fièvres éruptives ou typhiques, hémophilie, affections organiques du cœur, hépatite parenchymateuse, rhumatisme articulaire aigu [peliosis rJieumatica, de Schœnlein), etc. Ces taches ont été décrites sous le terme de purpura hœmorrliagica ou maladie tachetée de Werlhoff, du nom de l'auteur qui en a donné la première description. La plupart des médecins en font une affection particulière qu'ils décrivent comme une véritable entité morbide. M. le docteur Humbert Mollière dans un excellent mémoire [Annales de dermatologie, 1873-1874), a relaté un certain nombre d'observations, de l'étude desquelles il résulterait que le purpura hœmorrliagica serait un symptôme commun à un grand nombre d'états morbides, « qu'il est dû très-probablement et fort souvent à des troubles nerveux de la circulation capillaire, amenant la rupture de vaisseaux dont les parois sont déjà malades. Il y aurait donc, dans un grand nombre de cas, une fragilité des capillaires d'origine héréditaire, innée ou acquise, aboutissant à leur déchirure sous l'influence de la moindre cause. »
Il se produit simultanément, dans les circonstances précl-