PURPURA
tées, des extravasations sanguines sur les muqueuses ou dans les cavités séreuses. Aussi, outre les symptômes cutanés, il importe de mentionner, comme conséquences de cette localisation spéciale, des hémorrhagies multiples : epistaxis, entérorrhagie, hématurie, épanchements séro-sanguinolents dans certains organes internes, etc.
Ces altérations caractéristiques de ce qu'on a appelé purpurahœmorrhagica^ peuvent se rencontrer dans des maladies diverses et chez des sujets présentant, sous le rapport de la constitution et de l'état général, les plus grandes variétés; aussi nous a-t-il semblé plus rationnel, de mentionner, ainsi que l'a fait M. Mollière, le morbus maculosus de Werlholî, comme un symptôme, que d'en faire une entité morbide.
Énumérer les causes du purpura hœmorrhagica, ce serait faire en quelque sorte l'histoire de chaque cas en particulier puisqu'il ne s'agit ici que d'un phénomène survenant dans des états pathologiques très-divers. Quant au purpura ordinaire, l'étiologie en est fort obscure. Bien qu'on l'observe parfois chez des individus forts et vigoureux, ce sont surtout les sujets débilités, affaiblis, soumis à une alimentation insuffisante ou de mauvaise nature qui en sont le plus ordinairement atteints i
Au point de vue thérapeutique il nous suffira par conséquent de signaler les moyens que l'on pourra opposer à cet accident sans nous occuper de la maladie générale sous l'influence de laquelle il s'est développé.
Traitement. — Contre le purpura aigu. M* Devergie conseille les antiphlogistiques. On a vu, dit-il, les hémorrhagies du purpura arrêtées par une émission sanguine. Mais dans la forme chronique il ne saurait en être ainsi et c'est en général aux fortifiants, aux astringents que l'on doit avoir recours. Mais le traitement qui domie les meilleurs résultats est le perchlorure de fer préconisé par M. le docteur Pize (de Montélimart). Voici, d'après M. Devergie qui fut chargé par l'Aca-
452 TACHES HÉMATIQUES.
demie de médecine de faire un rapport sur cette méthode, comment il faut l'administrer : On fait prendre dès le début 20 gouttes de solution de perchlorure de fer à 30 degrés dans 125 grammes d'eau sucrée, à prendre en trois fois dans la journée : on augmente de 4 à 5 gouttes chaque jour, de manière à arriver à 1 grammes 5 décigrammes, dose en général suffisante pour arrêter les progrès de l'affection. On soutient l'effet du médicament par des doses décroissantes. L'usage du perchlorure de fer a toujours donné des résultats satisfaisants, aussi est-il indiqué dans tous les cas de purpura accompagnés d'hémorrhagie.
On peut encore avoir recours avec avantage à d'autres agents hémostatiques: l'alun, le tannin, le ratanhia, etc.; aux astringents : eau de Rabel, élixir acide de Haller, limonade sulfuri que, etc.. ; aux toniques : décoction de quinquma, sulfate de quinine, gentiane, etc. '...
Le froid, sous forme de lotions froides, de lavements froids peut rendre également des services. Dans tous les cas il sera utile de tenir le malade peu couvert, dans une chambre aérée, fraîche^ de prescrire des boissons froides, acidulées, de la glace. Quant au régime, on le réglera d'après l'état général du malade. Toutefois une alimentation tonique, reconstituante mérite la préférence, à moins d'indications contraires formelles. Cela est surtout vrai lorsque le purpura survient chez des individus affaiblis soit par des maladies antérieures, soit par une nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité. Il n'en serait plus de même pour des personnes placées dans des conditions inverses, fortes et vigoureuses, cas dans lequel un régime trop animalisé pourrait ne pas être sans inconvénients.
Telles sont les règles de traitement que nous croyons pou-
* Henoch a obtenu trois guérisons, dans trois cas fort graves, avec le seigle ergoté à hautes doses; Bauer recommande aussi avec insistance cette même uiédiciilion. Jaccoud, Pathologie interne, tome II.
TACHES l'IGMEiNTAmES. 455
voir recommander et qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats.
Quelques auteurs ont conseillé les émissions sanguines, mais c'est là une méthode peu usitée et nous pensons, avec le professeur Hebra, que dans les cas légers elle n'est pas nécessaire et que, dans les cas graves, û serait plus qu'inutile d'augmenter par des moyens artificiels la dépression considérable dont souffre déjà le malade.
Ces altérations peuvent se traduire par deux ordres de lésions tout à fait opposées : celles dans lesquelles il y a une accumulation anormale de l'élément pigmentaire : éphélides, chloasma^ mélanodermies ; celles, au contraire, où il y a diminution ou absence de pigment, leucodermies .
Les taches pigmentaires de la peau consistent en une teinte plus foncée de la coloration normale. Ces pigmentations anormales peuvent être congénitales ou acquises ; les premières sont connues sous le nom de nœvi ; il en sera question dans un autre chapitre. Quant aux pigmentations acquises, elles peuvent survenir sous l'influence de causes diverses et présenter une teinte plus ou moins foncée.
Ces taches pigmentaires sont idiopathiques ou symptomatiques. Les pigmentations idiopathiques résultent souvent de l'application sur la peau de substances irritantes, par exemple d'un vésicatoire, d'un sinapisme, ainsi que de pressions prolongées, etc.
L'action de la chaleur solaire, du vent, du grand air, etc., donne lieu chez quelques personnes à des taches pigmentaires plus ou moins étendues, lesquelles ont souvent les dimensions d(^la paume de la main et même plus, une teinte jaune ou brunâtre, des contours plus ou moins irréguliers, se détachant
alors nettement de la peau saine, — éphélides, taches hépatiques (nom donné en raison de l'analogie que leur coloration présente avec le foie et nullement dans la pensée que ces pigmentations seraient liées à une affection de cet organe).
Ces taches pigmentaires surviennent assez souvent sous l'influence de la chaleur solaire ou de l'action longtemps continuée du grand air, sur les parties de la peau habituellement découverte, — le cou, la poitrine, les avant-bras, les mains, etc., chez les matelots, les cantonniers, les tailleurs de pierre, les vignerons, etc. Toutefois notons que, en général, les individus vigoureux et bien portants se hâlent plus facilement que les personnes maladives.
On a, d'autre part, donné le nom de lentigo, de taches de roussem^ à de petites taches lenticulaires, plus ou moins continentes, jaunâtres, dont le siège de prédilection est sur les parties du tégument habituellement découvertes, quoi qu'on les rencontre parfois aussi dans des régions non exposées à l'action de la lumière. Ces taches ne s'accompagnent ni de prurit, ni de desquamation, elles s'observent surtout chez les individus lymphatiques à cheveux rouges, à peau blanche, délicate. Si la chaleur solaire ne leur donne pas exclusivement naissance, comme le prouve leur présence sur des parties toujours recouvertes par les vêtements, il est certain, toutefois, qu'elles sont plus fréquentes et plus prononcées en été qu'en hiver ^ Ces taches disparaissent quelquefois à l'époque de la puberté.
Une autre cause de pigmentation réside dans les contusions, les plaies, etc., qui ont duré un certain temps. Bien des fois j'ai eu l'occasion d'observer à la suite de blessures, notamment à la partie antéro-inférieure des jambes, des taches jaunâtres qui résistaient à tous les traitements. Et, chose bizarre, j'ai parfois vu une pigmentation analogue apparaître sur l'au-
* Elles reviennent sui'tout au printemps sous l'action, alors prédominante, des rayons dila chinilrjues du spectre solaire.
EPHELIDES. 435
tre jambe, quoique celle-ci lut restée indemne de toute violence extérieure.
Cette symétrie des taches pigmentaires me paraît être la règle générale et dans les macules du visage, chez les femmes enceintes, je l'ai toujours rencontrée.
Quant aux taches pigmentaires symptomatiques, elles peuvent se produire à la suite de différentes causes. Ainsi certaines maladies cutanées, le prurigo, l'eczéma, la gale, l'iclithyose, le lichen, etc., laissent souvent après leur disparition une pigmentation foncée de la peau, plus ou moins prononcée suivant la région — eczéma des bourses, etc., — ou bien quand elles ont donné lieu à des grattages réitérés, ou encore s'il existe une stase prononcée du sang, — eczéma variqueux des membres inférieurs.
On observe aussi des pigmentations cutanées à l'époque de la grossesse. Outre la coloration foncée que prennent alors le mamelon et la ligne blanche, on voit dans quelques cas apparaître des plaques brunâtres ou jaunâtres occupant toute l'étendue du front ou des lignes, des stries foncées allant d'une bosse frontale à l'autre. D'autre fois, ces pigmentations forment sur la région frontale deux plaques symétriques entre lesquelles la peau conserve sa coloration normale, ou bien encore les taches pigmentaires se développent sur les tempes au niveau de la fente palpébrale ou sur d'autres parties de la face, sur les joues, sur la lèvre supérieure de chaque côté, au menton, etc., affectant le plus ordinairement une disposition symétrique.
Ces pigmentations cutanées paraissent liées à certaines modifications physiologiques et pathologiques des organes génitaux de la femme ; — masque des femmes enceintes, maculée gravidarum ; au moment de la menstruation ; elles coexistent souvent aussi avec des affections des organes sexuels, de l'utérus, des ovaires, etc., — chloasma uterinum.
Le chloasma des femmes enceintes, ou celui qui est lié à
456 TACHES PlGMElNTAIRES.
des affections de l'appareil utérin, disparait le plus souvent quelques semaines après la délivrance ou après la guérison des troubles utérins. Parfois, cependant, ces pigmentations anormales deviennent indélébiles. J'en ai vu un exemple frappant chez une demoiselle de 28 ans, qui portait depuis cinq ou six ans un véritable masque jaunâtre sur le front et les pommettes. Ces taches chloasmatiques étaient survenues à la suite d'irrégularités persistantes dans la menstruation, et sans qu'il fût possible de les rattacher à une autre cause. Depuis deux ans, époque à laquelle je la vis, les fonctions calaméniales s'étaient régularisées et, malgré cette circonstance et l'emploi de topiques de toute nature, et notamment des solutions de sublimé, l'accumulation pigmcntairc anormale avait persisté.
Bien d'autres causes peuvent encore provoquer des troubles dans la coloration de 'a peau : ainsi, la tuberculose s'accompagne souvent de pigmentation anormale, et notamment à la face; la diathèse cancéreuse, la maladie d'Addison, la cachexie paludéenne, etc., déterminent des colorations caractéristiques de la peau. Ces pigmentations seront plus prononcées si les individus dyscrasiques sont soumis en même temps à l'action de la chaleur solaire, du grand air, s'ils sont atteints de poux, d'affections cutanées prurigineuses, etc., — chloasma cachectique.
Enfin, l'absorption du nitrate d'argent, de certains produits du goudron, notamment de l'aniline, donne au tégument une teinte ardoisée, bleuâtre, toute spéciale.
A côté de ces diverses pigmentations cutanées, il en est d'autres que l'on a désignées sous le nom de melasma, de mélanodermie ., de nigrities cutis, et c[ui sont caractérisées par une teinte gris foncé et même noire de la peau.
Développées sur diiïérentes régions du corps, ces taches sont séparées les unes des au 1res par des intervalles de peau normale. Parfois, cependant, elles envahissent toute la sur-
MÉLASMA. 457
l'ace cutanée. Quelquefois elles sont le siège d'une légère desquamation furl'uracée, — pityriasis nigra.
La mélanodermie peut être provoquée soit par des irritations locales prolongées, telles qu'on les observe, par exemple, chez les personnes couvertes de poux, et qui, par suite, se livrent à des grattages réitérés, — mélanodermie phthiriasique. Cette mélanodermie parasitaire coexiste presque constamment avec du prurigo; selon M. Ollivier, elle s'observe chez des gens bien portants, comme chez des personnes affaiblies par l'âge, les privations, les excès ou les maladies. D'après M. le docteur Paul Fabre (Des mélanodermies et en particulier d'une mélanodermie parasitaire. Paris, 1872), la vieillesse y prédisposerait. Tous les cas rassemblés par cet auteur se rapportent, en effet, à des personnes dont l'âge variait entre 44 et 86 ans. Suivant M. Fabre, la coloration dans la mélanodermie parasitaire est brunâtre, sépia, beaucoup plus intense au niveau des parties cachées dans les vêtements, les plis articulaires n'offrant pas, en général, une coloration plus foncée que les parties voisines. Les taches sont colorées uniformément, et la teinte va en s'effaçant graduellement à mesure que l'on se rapproche de la peau normale; dans le chloasma gravidarmn et uterinum, les contours sont plus tranchés.
La sclérodermie, la pellagre, etc., donnent lieu parfois à une pigmentation gris noir et même noire du tégument. Enfin, dans certaines variétés d'ichthyose, l'épiderme peut prendre une teinte très-foncée.
Quelles sont les causes des taches pigmentaires? A cette question il nous est à peu près impossible de répondre. Ainsi, si pour les lentigines, les taches de rousseur, l'influence du grand air, de la chaleur solaire est incontestable, il n'en est pas moins vrai que cela ne saurait suffire pour expliquer leur apparition sur certains visages. Selon Hebra. ce ne serait là qu'un lusus naturse. Aussi considère-t-il ces
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pigmentations, au point de vue de leur nature et de leur sioiiification, comme identiques aux' bigarrures chez les animaux. Cette opinion ne saurait nous satisfaire, et nous sommes très-dispose à admettre que le plus souvent les plaques lenticulaires reconnaissent pour point de départ Faction du soleil s'exerçant sur une peau blonde, fine et délicate. Si ces taches ne disparaissent pas complètement l'hiver, du moins elles s'accusent toujours davantage durant l'été ; et si on en a rencontré exceptionnellement sur des régions recouvertes par les vêtements, presque toujours cependant on les voit sur le visage et sur des parties habituellement découvertes.
Quant aux pigmentations symptomatiques de la grossesse, des troubles menstruels, des affections de l'appareil utérin, etc., il est difficile de préciser de quelle manière ces états organiques peuvent augmenter la sécrétion pigmentaire. Chez les femmes enceintes, notamment, il est impossible de les rattacher à une activité plus grande de la peau des parties où se produit l'accumulation de l'élément pigmentaire. Certaines cachexies, la tuberculose, le cancer, la fièvre paludéenne, etc., entraînent souvent une surpigmentation. Selon M. Guéneau de Mussy, les pigmentations anormales que l'on observe dans la phthisie coïncideraient habituellement avec la tuberculisation des organes abdominaux.
Mais de même que pour la teinte jaune paille qui accompagne si souvent la dia thèse carcinomateuse, nous sommes obligés de reconnaître notre ignorance des causes auxquelles il faut rapporter ces dépôts pigmentaires.
Traitement. — Les taches pigmentaires étant le résultat d'une accumulation anormale de pigment, et ce dernier ayant son siège dans les couches profondes de l'épiderme, il est rationnel de chercher à détruire cette portion de l'enveloppe tégumentaire. Or tout le monde sait que les alcalis ont la propriété de dissoudre le tissu corné et de disposer la peau
à une reproduction énergique de ce tissu. Aussi devra-t-on avoir recours aux préparations alcalines, soit sous forme de lotion, soit sous forme de savon.
Dans ce but, le professeur Hebra conseille de faire sur les parties de peau pigmentées des applications, durant plusieurs nuits et plusieurs jours consécutifs, de compresses de laine imbibées de l'alcool de savon dont voici la formule :
Savon mou 60 grammes.
Alcool 4 id.
Sous l'influence de ces applications, le tégument prend une teinte plus foncée, il devient luisant et lisse; peu de jours après, l'épiderme se détache, et au-dessous on voit apparaître une nouvelle couche épidermique, dont la coloration est moins foncée que celle qui la précédait. On répète cette petite opération à plusieurs reprises, et au bout d'un temps plus ou moins long la pigmentation disparait sinon complètement, du moins en grande partie.
Le même auteur conseille aussi la pommade suivante :
?e 50 grammes.
Précipité blanc . . . . , .
Bismuth I âa2gr.50centigr.
On l'étend sur de la toile et on l'applique, pendant la nuit, sur les parties pigmentées.
Veau cosmétique orientale :
Bichlorure hydrargyrique. ... 30 centigraumies.
Eau distillée 120 grammes.
Albumine d'œufs N" 24.
Suc de citron 90 grammes.
Sucre blanc 240 id.
est une préparation très-usitée par les Orientaux pour faire disparaître les taches de rousseur et embellir la peau. Cette
préparation doit son action au sublimé qu'elle contient.
Le biclilorure de mercure forme, du reste, la base de la plupart des applications irritantes que l'on emploie contre les pigmentations cutanées. La légère inflammation qui se produit alors détermine la chute de l'épiderme et sa régénération dans des conditions normales.
Du reste, la solution peut se faire dans une émulsion d'amandes amères ou dans de l'eau de sureau ou de roses.
M. le professeur Hardy recommande de recourir à des lotions faites deux fois par jour avec la solution suivante :
Eau distillée 125 grammes.
Sublimé 0,50 centigrammes.
Sulfate de zinc 2 grammes.
Acétate de plomb 2 id.
Alcool q. s. pour dissoudre le sublimé.
Ces diverses lotions doivent être répétées matin et soir et pendant longtemps et encore est-on loin d'obtenir toujours les résultats désirés.
Toutefois, pour faire disparaître rapidement les taches pigmentaires, le professeur Hebra conseille de se servir d'une solution concentrée de sublimé.
Eau distillée 50 grammes.
Sublimé 0,25 centigrammes.
Alcool q. s.
Voici de quelle manière on doit alors opérer.
On place le malade horizontalement sur son lit ; et les parties pigmentées étant d'abord bien lavées avec du savon, puis soigneusement essuyées, on y applique de petites compresses imbibées de la solution ci-dessus. Ces compresses sont disposées exactement sur la peau et maintenues dans un état constant d'humidité, sans toutefois les déplacer. Au bout de quatre heures on enlèvera le pansement — car il importe de ne pas les laisser plus longtemps — on trouvera au-dessous la peau
TRAlTEMEiNT. 441
rubéfiée ou soulevée en grosses phlyctènes. Dans ce dernier cas, on perce les ampoules et on soupoudre les parties enflammées avec de la poudre d'amidon. Quelques jours après, l'épiderma s'exfolie sous forme de lamelles brunâtres ; au-dessous la nouvelle couche épidermique apparaît avec une coloration normale.
Bien d'autres moyens ont encore été préconisés. Outre le mélange de gcdbanum et de carbonate de soude avec du vinaigre, employé par Celse et le fiel de taureau conseillé autrefois, on peut prescrire des lotions avec l'acide phénique dilué, des applications de savon cadique, etc..
Er. Wilson conseille, dans les cas rebelles, des badigeonnages avec une solution saturée d'iode dans de la glycérine ou une solution de potasse caustique — une partie sur huit.
Contre les éphélides, Er. Wilson conseille, tous les soirs, une onction avec un mélange à parties égales des deux pommades suivantes :
1° Cire jaune 60 grammes.
faites fondre à un feu doux et ajoutez :
Goudron 150 grammes.
2° Axonge benzoïnée 120 grammes.
Soufre sublimé 30 id.
Mêlez exactement.
Le matin laver le visage avec de l'eau de savon. Il fait aussi des lotions avec :
Eau de lavande 30 grammes
Eau distillée 20 id.
Hyposulfite de soude 12 id.
Acide phénique 1 gr. 50 centigr.
Ainsi que nous l'avons indiqué le chloasma gravidarum ou utérinum est souvent indélébile. Il constitue toujours une lé-
sion extrêmement désagréable, aussi doit-on chercher à l'atténuer autant que possible, si les moyens curatifs signalés plus haut sont restés impuissants.
La poudre de riz, d'amidon, le mélange de ces substances avec l'oxyde de zinc, le bismuth, la poudre d'alumine, le silicate de magnésie, etc., sont aujourd'hui employés par la plupart des femmes pour donner à la peau une coloration blanchâtre qui dissimule plus ou moins les rousseurs ou les taches chloasmatiques du visage. Ainsi préparées, ces substances pulvérulentes sont sans inconvénients et l'usage peut en être continué durant toute la vie. Nous en dirons autant des pommades, des fards dans la composition desquels figurent ces diverses matières; mais malheureusement quelques-unes de ces préparations contiennent du plomb qui a la réputation de mieux blanchir le teint. Contrairement à l'opinion de M. le professeur Hebra, nous croyons que les sels de plomb ne sont pas sans inconvénients et par conséquent que, si l'on veut se faire le visage^ il est préférable d'employer des cosmétiques dont le plomb ou ses composés auront été soigneusement exclus.
Lencodermies.
Cette dénomination s'applique aux cas où l'élément pigmentaire a disparu soit de toute la surface cutanée soit seulement de quelques parties. Cette atrophie pigmentaire peut atteindre l'épiderme et les poils ou bien ces derniers seuls peuvent être affectés, la peau conservant sa coloration normale.
ATROPHIE PIGMEWTAÎRE DE l'ÉPIDERME.
Elle peut être congénitale — albinisme, ou acquise — vitiligo.
U albinisme est général ou partiel. Dans le premier cas, la
VITILIGO. 445
surface cutanée est d'un blanc mat, brillant, uniforme, légèrement rosée. Les cheveux, les poils sont également privés de pigment, lanugineux. L'iris est décoloré, la pupille paraît rouge par l'absence du pigment choroïdien ; aussi les albinos clignotent-ils constamment par suite de cet état du fond de l'œil qui ne leur permet pas de fixer longtemps les objets.
L'albinisme partiel est caractérisé par des taches blanches que l'on observe, dès la naissance, sur certaines régions du corps et qui persistent durant toute la vie.
Général ou partiel, l'albinisme se rencontre surtout chez les nègres, La cause de cette altération pigmentaire est absolument inconnue. Des parents bien constitués, notamment dans la race nègre, peuvent engendrer des albinos, mais ces derniers ont-ils des enfants pourvus d'un pigment normal?... c'est là un point important et non encore résolu.
Vitiligo ou îeucodermie acquise. — Cette affection se présente sous la forme de taches en général arrondies, plus ou moins étendues, isolées, et dont la couleur blanche tranche d'une manière très-nette sur la peau saine environnante. Le rebord de ces plaques est le siège d'une accumulation pigmentaire qui rend leur décoloration centrale plus sensible ; on dirait en quelque sorte que les corpuscules de pigment ont quitté la tache blanche et sont venus se condenser dans ce liseré. Aussi pourrait-on supposer qu'il n'y a pas alors de diminution dans la quantité totale de pigment sécrété, mais bien plutôt distribution inégale de la matière colorante. t'Ji dehors de l'absence de pigment, la peau n'offre aucune autre altération appréciable; s'il existe des poils dans les parties affectées de vitiligo, ils sont le plus ordinairement décolorés.
Les causes du vitiligo sont inconnues. On a bien parlé de troubles de l'innervation, d'affaiblissement général, d'anémie, etc., mais ce sont de simples hypothèses.
Le vitiligo serait plus fréquent chez les nègres que dans la race blanche ; mais cette donnée mérite également confirma-
tion, car, selon la judicieuse remarque d'Hebra, cette fréquence pourrait être plus apparente que réelle, en ce sens que le contraste des taches blanches avec la peau saine frappe davantage les regards ; en outre, comme les nègres sont presque toujours nus, on aperçoit plus facilement ces décolorations de la peau. Traitement. — Tant que l'on n'aura pas découvert un moyen de faire sécréter du pigment, cette lésion cutanée sera incurable. C'est dire que, actuellement, toute thérapeutique est inutile.