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ATROPHIE DU PIGMENT DES POILS, — CANITIE

Non-seulement la matière pigmentaire peut faire défaut dans l'épiderme, comme nous venons de le voir, mais on rencontre assez fréquemment aussi des individus dont les cheveux blanchissent longtemps avant l'époque habituelle. Cette canitic peut être congénitale ou acquise. Indépendamment de celle qui accompagne l'albinisme, il est des cas où l'on voit une ou plusieurs mèches de cheveux gris ou blancs existant depuis la naissance et implantés sur une peau pigmentée normalement au milieu de cheveux noirs, bruns ou l)londs. Cette mèche de cheveux forme alors une espèce d'aigrette; j'ai eu l'occasion de voir cette canitie circonscrite dans une ou deux familles dont tous les membres en étaient atteints ou ornés. Chez l'une d'entre elles, cette absence de pigment était héréditaire, formant par conséquent un véritable signe distinctif, — canitie congénitale.

La décoloration des cheveux peut aussi survenir d'une manière accidentelle chez des sujets jeunes et vigoureux Parfois tous les cheveux deviennent blancs ; dans d'autres cas, quelques mèches seulement perdent leur pigment ; enhn il se produit sur les cheveux une canitie partielle, c'est-à-dire qu'une partie du cheveu est dépourvue de matière colorante, tandis que, au-dessus et au-dessous, il conserve sa coloration normale.

La canitie prématurée se manifeste à tout âge. Er. AVilsoii

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cite l'exemple d'une petite fille de six ans, pâle, mince, excitable, dont tous les cheveux blanchirent à la suite de perturbations du système nerveux.

Des troubles dans la nutrition et dans l'innervation paraissent être la cause la plus probable du grisonnement prématuré des cheveux. Bon nombre d'auteurs admettent aussi que des émotions morales vives telles que la colère, une grande frayeur, etc., peuvent provoquer ce phénomène. Er. Wilsona observé cinq ou six cas dans lesquels la décoloration des cheveux fut complète en moins de huit jours. Dans une seule nuit, une personne de sa connaissance devint presque entièrement blanche à la suite de fâcheuses nouvelles reçues.

Dans tous les traités de dermatologie, on cite des exemples de canitie en quelque sorte instantanée : les faits du moine Ubipertus, de Thomas Moore, de Marie-Antoinette, de ce nègre surpris par un aigle dont il enlevait la progéniture, et qui, sous l'empire d'une violente terreur, vit ses cheveux blanchir subitement, etc.; tous ces faits, dis-je, sont depuis longtemps connus.

0 nox ! quam longa es, quae facis una senem !

a dit la poëte.

Cette canitie subite est-elle réelle?... Nous ne l'avons, pour notre compte, jamais observée; et comme, d'après les recherches de Pincus, de Kaposi, etc., la décoloration des cheveux a lieu d'abord à la base, à leur racine, il faut admettre que, sous l'influence d'une perturbation nerveuse, profonde, il s'est produit dans le réseau papiilaire cutané un arrêt, en même temps que disparaissait dans les cheveux la sécrétion du pigment, car, dans les exemples rapportés par les auteurs, la canitie a persisté ensuite toute la vie. Toutefois, des faits étudiés avec soin sont encore nécessaires pour entraîner toutes les convictions.

Traitement. — Si nous ignorons les moyens de faire se-

créter le pigment dont l'absence entraîne la décoloration de l'épiderme, nous ne sommes pas plus avancés quand il s'agit de rendre aux cheveux la coloration qu'ils ont prématurément perdue. Si un arrêt dans la sécrétion pigmentaire s'est produit, comme on l'a observé, dans le cours d'une affection grave de tout l'organisme, fièvre typhoïde, chlorose, etc., il est certain que des moyens reconstituants, en favorisant le retour à la santé, contribueront aussi h rendre aux cheveux leur couleur normale. Mais, en dehors de ces indications précises, la thérapeutique n'est plus qu'une affaire de palliation, c'est-cà-dire de cosmétique.

Il ne reste donc d'autre ressource, pour remédier à l'absence du pigment, que de chercher à le remplacer par une coloration artificielle. Déjà les Romains employaient à cet usage un grand nombre de substances. « L'écorce verte de la noix servait, dit Tibulle, à dissimuler bien des années :

« Coma tum mutatur ut amios,

« Dissimiilet, viridi cortice tincta nucis *. »/

Bien des procédés ont été mis en usage ; nous croyons inutile de les rappeler tous ici; on les trouvera indiqués avec soin dans le Traité des maladies de peau du professeur Hebra. Nous nous bornerons à en indiquer quelques-uns d'après cet auteur.

Nous rappellerons d'abord que toutes les huiles grasses donnent aux cheveux une teinte plus foncée; dans ce but, on donnera la préférence aux huiles de coloquinte, de macis, de noix, etCi

Le docteur Pfaff a préconisé une pommade dont voici la formule :

Huile d'œuf récente ) ^, ^^

Moelle dé bœuf ] - ^0 g^-^"^'"^«

Lactate de fer l gr.

Huile éthérée de casse 1 gr. 50 centigr.

Constantin James. Toilette cV une Romaine au lentpa (l'Aïujaste, p. 53.

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D'après le docteur Pollack, ancien médecin du Shah de Perse, on peut donner aux cheveux toutes les nuances, depuis le brun clair (blond foncé) jusqu'au noir foncé ou noir bleu, en se servant d'un mélange de poudre de henné et de poudre d'indigo.

On fait, avec de la poudre de henné et de l'eau, une pâte épaisse que l'on applique sur les cheveux ; au bout d'une heure, ils deviennent rouges. Alors on les frotte avec une seconde pâte préparée avec de la poudre d'indigo. Sous l'influence de la chaleur humide, ces deux pâtes se combinent et donnent aux cheveux une coloration noire qui apparaît au bout de quelques heures. En faisant varier la quantité de l'une ou l'autre de ces pâtes, la durée de leur application, le degré de l'humidité, on peut obtenir toutes les nuances de cheA'eux. Il faut, en outre, une très-grande habitude de l'emploi de ces substances, connaître les proportions exactes dans lesquelles on doit s'en servir pour obtenir une coloration déterminée, car le professeur Hebra remarque que, appliquées par le docteur Pollack lui-même, il les a vues donner aux cheveux une teinte très-éloignée de celle qu'il désirait obtenir.

A côté de ces teintures végétales, il en est d'autres qui sont plus généralement employées. En première ligne, figurent les solutions de nitrate d'arsjent à des desTés variables de concentration, suivant la nuance que l'on désire obtenir. On peut aussi avoir recours à deux liquides séparés, l'un contenant une solution de nitrate d'argent, et l'autre une solution de sulfure de potasse ; appliquées successivement sur les cheveux, ils donnent naissance à du sulfure d'argent qui constitue la matière colorante.

Nous pourrions indiquer bon nombre d'autres procédés, mais ceux que nous venons de rappeler d'une manière sommaire sont les moyens de teinture les plus usités.

VESICULES

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