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ACNE
S'il Y '• '""' iiiT<'<'li(Hi :ui siijcl, de. I;h|II('1I(^ les dcniiiiloloi^istcs soient loin de sCmIcikIic, c'csl Ihcii rcrhiiiiciiiciil raciK', l']l ;'i MJii dite lien n'csl plus dil'licilc — sinon nu-nio inipossildc — connnc, de s;ivoif (jnelles sotd. les lésions eiiliniées ijuc l'on doil. iMlionnellenienI, uronper sons ce Icinie, l.inl, les <!spèces, ;"i ne les considérer (|n'(d»jee|ivenienl , p.Miiissenl prolondéinenl diss(>nd»l;ililes ; l;inl les ;nilenrs, (r;ni(rc piol, (Ml nuilli|)li;nil les dénominMlions. onl Mcci'('Mlil('> l'opinion «pie chiicmie d'elles lépoiid ;"i nne entih' nioilude disl.inclc.
Ilenrenseinenl, il n'en esl point :inisi ; et l'oit henrensenient 011 a le nioven de pionver (piil n'en es! pond ainsi. En elTet, malgré lenrs |)ror(iiides dinV'icnces appareilles, l(>s diverses espèces, et pis(praii\ nioindres variélés d'acné, mil, tonles un trait cutninnn ; trait d'autant |dns iui|)ortaiit aux yeux du iioso<>i'a[)lie, (pi'il apparti(Md, à la coiistiliition analoinirpie um'oh! de la lésion.
Pour nous donc, Itasé sur cetle doniiee roiidauientale, nous comprenons sons le nom ddciK' les aH'ections de la |teau — et nous ne. comprenons ((ue celles-ci — (pii s'ac('oiii[)agneiil d'une altération (pielcoïKjue des l'ollicules si-haces.
Si par le mot aciu', le Militaire se repr(''seiite avant tout des hoiiloiis isolés, sujtpmant im|>aiiait(!m(!ut et implantés sur mie |i;'au gi'asse, huileusi^, — les médecins, eux, n'ij^norcMit pas (pie le loliicnle, (pii est roij.;aiie malade, peid, être malade d(! plus d'une maiii("'re. Tantôt il est li\persécr(''laiit ; taid^M. la sécr(''ti(ui est altérée on simplement ictemie ; taut('»t il est enllaumié à des dei^rés varialdes, ou induré, ou atrophié, compli(pié à sou pourtour d'anémie du tégument ou Av slas(!
sanguine clans les vaisseaux ambiants... De là autant d'espèces
que nous allons faire tour à tour connaître, en exposant les
principaux caractères par lesqiu^ls elles ont mérité la laveur —
si peu marchandée en dermatologie — d'obtenir un nom
spécial.
Il n'est pas rare de rencontrer des personnes dont certaines régions de la peau, notamment le visage, le cuir chevelu, sont recouvertes d'un enduit huileux, brillant. Le tégument, au toucher, est doux et comme imprégné d'une matière grasse. Si, pour l'essuyer, on y applique du papier buvard ou un linge fin, il s'y l'orme une tache caractéristique, et la sécrétion se reproduit au bout de très-peu de tenjps. La seule lésion qui chez eux apparaisse en dehors de cette hypersécrétion sébacée est une congestion légère de la peau. On aperçoit aussi les orifices des follicules sous l'aspect de petits points brillants.
Les sujets ainsi constitués ont habituellement ou du moins paraissent avoir la ligure sale, malgré des soins de propreté minutieux, et cela en raison de la facilité avec laquelle la poussière ou les molécules llottant dans l'air s'attachent alors à la peau ; — c'est ïacné sébacée jhiente.
Au cuir chevelu cette sécrétion huileuse se convertit souvent en une espèce de crasse gris brunâtre qui se détache ensuite sous forme de petites pellicules semblables à du son et entraîne fréquemment alors la chute des cheveux ; — c'est le pityriasis furfuracea.
D'autres fois, au lieu d'une couche huileuse, il se forme des croiites plus ou moins épaisses, d'une consistance analogue à celle du cérumen ou de la cire. Ces masses de sébum présentent diverses colorations ; parfois elles sont d'un jaune pâle [seborrhea flavescens, de Wilson) ; d'autres ibis, elles sont grisâtres, ou même noires (.S. nigricans) ; la couleur foncée tient alors à la présence de corpuscules de pigment dans la matière sébacée.
ACNE. 349
Enfin les croûtes peuvent devenir dures et rugueuses ; elles apparaissent comme de petits clous dont la partie inférieure plonge dans le follicule sébacé, — c'est Vacné sébacée cornée, de M. Cazenave. Nous renvoyons l'étude des cornes cutanées à l'article Verrues.
Au dessous de ces plaques , la peau est parfois un peu rouge , congestionnée, et paraît comme criblée de petits points qui ne sont autre chose que les orifices béants des follicules sébacés.
Ces plaques sont souvent très-adhérentes; aussi a-t-on beaucoup de peine à les détacher, et il est facile de voir, en procédant avec précaution, qu'elles envoient des prolongements dans les follicules sébacés ; — cesiV acné sébacée concrèle.
M. Devergie a décrit une forme successive dans laquelle les récidives se produisent avec une ténacité désespérante, malgré les médications les mieux appropriées.
De même que dans la variété précédente, l'affection se reproduit ici avec une grande rapidité; aussi, après l'enlèvement des croûtes, voit-on la peau se recouvrir de nouveau d'un enduit analogue "au premier.
Cette lésion s'observe de préférence chez les sujets lymphatiques et en général à l'époque de la puberté ; c'est là tout ce que nous savons de ses causes. De plus, elle est très-rebelle, persiste en général durant de longues années, et, si parfois elle cesse pendant un temps, on la voit aussi survenir de nouveau et d'une manière inopinée, pour ne se terminer que peu à peu parallèlement avec le progrès de l'âge. L'acné sébacée fluente peut quelquefois survenir à la suite d'un traumatisme. M. Ernest Besnier m'en a dernièrement montré un exemple remarquable dans son service à l'hôpital Saint- Louis. Il s'agit d'un homme de cinquante ans qui, à la suite d'un vigoureux coup de poing appliqué sur le nez, eut une inflammation très-vive de cet organe : tuméfaction , rhinite
ayant amené consécutivement l'issue de petits fragments osseux. La peau du nez était rouge, hyperémiée, sensible au toucher, les follicules sébacés, dilatés, et sur la surface cutanée on trouvait une hypersécrétion abondante de sébum — une véritable acné sébacée fluenle.
Mais si les symptômes morbides locaux présentaient des caractères analogues à ceux de l'acné sébacée fluente ordinaire, la différence était grande pour le pronostic et le traitement. Quelques topiques émollients triomphèrent rapidement d'un état dont les causes sont, dans les conditions habituelles, aussi difficiles à trouver que la guérison à obtenir.
On a encore noté l'acné sébacée fluente cà la suite de la variole.
L'acné sébacée fluente, de même que l'acné sébacée concrète, se rencontrent rarement seules, presque toujours elles coexistent avec d'autres variétés d'acné. Elles sont ordiuairement limitées à des régions circonscrites, particulièrement au front, au nez, aux joues, au cuir chevelu, etc. Exceptionnellement l'acné sébacée fluente envahit le corps tout entier.
M. le D'' Lailler a observé, chez une jeune fille de quatorze ans, un cas dans lequel coïncidait avec une acné sébacée fluente grave un état particulier des muqueuses nasale et labiale ; cette dernière était lisse, comme vernissée, se déchirant au moindre mouvement des lèvres, à tel point que la malade en était réduite à introduire sur la lame d'un couteau le peu d'aliments qu'elle prenait. Cet état était assez grave pour avoir déterminé un véritable arrêt de développement chez l'enfant. La guérison est survenue avec les progrès de l'âge et grâce à plusieurs saisons aux eaux de Ludion.
Quand l'acné sébacée fluente a son siège au cuir chevelu , la sécrétion est quelquefois si abondante qu'elle peut simuler un eczéma à la période sécrétante, mais le diagnostic est facile à établir : dans le premier cas, il n'y a ni rougeur du cuir
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chevelu, ni agglutination des cheveux, ni croûtes, comme on l'observe dans l'eczéma de cette région.
Quel est le dermatologiste qui n'a pas rencontré de malheureuses jeunes femmes qui, atteintes de cette affection, se confinent dans leur appartement, loin de toutes visites, et dont la santé s'étiole, non à cause d'un vice de sécrétion aussi insignifiant, mais par suite du manque d'exercice et de la tristesse que leur occasionne cette pénible et tenace affection?
Cet été encore, j'ai vu une jeune fille de dix-huit ans dont le dos du nez était recouvert d'une plaque gris noirâtre de plusieurs millimètres d'épaisseur; tout le reste de la face était parfaitement sain, il en résultait un aspect étrange. Désespérée de cet état, qui attirait tous les regards malgré les voiles épais derrière lesquels elle cherchait à dissimuler son infirmité, cette malheureuse enfant en était arrivée à fuir le monde, à ne plus sortir. Aussi, depuis plusieurs mois, sa santé s'était-elle profondément altérée. Ce n'est qu'à grand'peine que son père me l'amena, — elle n'avait jamais voulu consulter aucun médecin — ; quelques onctions huileuses me permirent d'enlever rapidement les croûtes ; mais si sa joie fut vive, elle fut de courte durée, car, ainsi qu'il arrive toujours, le produit de sécrétion se reforma en très-peu de temps.
Traitement. — Si cette forme d'acné est liée à un trouble de l'organisme, à un tempérament lymphatique, à de l'anémie, etc., il importe de s'adresser tout d'abord aux remèdes susceptibles de modifier l'état général : les amers, ;'les toniques de toute nature, l'huile de foie de morue, les préparations arsenicales — notamment la mixture ferro-arsenicale de Wilson, ou la teinture arsenicale de malate de ferd'Hebra :
Eau de menthe 125 grammes.
Liquem' de potasse arsenicale. . . 4 «
Teintm'e de malate de fer 30 »
:o2 MALADIES DES GLANDES SÉBACÉES.
Diviser eu 10 doses; une chaque jour avanl le dîner. , Cazenave recommande aussi l'usage du chlorure de calcium d'après la formule suivante :
Eîiu distillée . 500 gi'ammes.
Chlorure de calcium cristallisé . . . 13 p
Une cuillerée à soupe deux ou trois fois par jour dans une tasse de tisane amère.
Les applications locales que l'on a conseillées sont trèsnombreuses, elles consistent surtout dans l'usage des astringents. Dans tous les cas la première condition à remplir, c'est de débarrasser la peau de la sécrétion sébacée qui la recouvre afin de pouvoir modifier la vitalité des tissus malades. Dans l'acné sébacée fluente les solutions astrinç^entes doivent être préférées. M. Cazenave emploie le sulfate de fer en lotions, d'après la formule suivante :
Eau distillée 200 grammes.
Sulfate de fer 10 à 45 grammes.
en élevant graduellement la dose jusqu'à 50 grammes. On peut encore avoir recours au glycérolé de tannin : 2 à 5 gi^ammes pour 50 grammes de glycérolé d'amidon.
Dans l'acné sébacée concrète, on trouve quelquefois des masses de sébum dont l'enlèvement détermine des douleurs vives et dont l'adhérence est très-prononcée. Il faut alors ramollir les croûtes soit avec de l'huile, soit avec une substance grasse quelconque ou encore avec de petits cataplasmes de fécule de pommes de terre tiède ou de carottes jaunes râpées.
On peut aussi, comme le conseille M. Cazenave, faire des lotions alcalines ou ammoniacales ;
Eau distillée c 250 gi'ammes.
Carbonate de soude 2 »
Essence de Portugal 10 gouttes.
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OU avec :
Eau de son 200 grammes.
Ammoniaque 10 à 20 gouttes.
On peut encore se servir d'une décoction de bois de Panama (quillaya saponaria) ou bien de l'eau détersive à la saponine de Le Beuf qui en renferme les principes actifs. M. Lailler emploie souvent, dans les mêmes cas, ce dernier produit en pulvérisations.
Après avoir nettoyé les parties malades avec un peu d'eau et de savon pour bien enlever les matières grasses, on aura recours pour modifier l'état des tissus, pour resserrer les orifices des follicules, à des lotions astringentes d'alun, de tannin, de sulfate de zinc, etc., dans la proportion de '2 à 4 grammes pour 500 grammes d'eau distillée.
Hebra emploie de préférence des lotions avec une solution faible d'acide pliénique :
Eau de lavande j
Glycérine anglaise ) ;iti 15 grammes.
Alcool )
Acide phénique 0,50 ceuligrammes.
OU des badioeonnaiies avec un mélanoe à parties égales d'alcool et d'huile de cade.
Ces applications doivent être renouvelées toutes les vingtquatre heures.
On peut aussi utiliser des pommades à l'oxyde de zinc, au carbonate de plomb, au bismuth, au soufre, au glycérolé de tannin, etc.
Si ces moyens étaient insuffisants, on aurait recours à des substances plus actives, capables de déterminer une modification dans la vitalité des tissus, notamment aux préparations mercurielles telles que le proto-iodure, le bi-iodure, l'iodure de chlorure mercureux incorporés à l'axonge, dans la pro-
portion de 10 à 15 centigrammes pour 30 grammes d'excipient. C'est au praticien de varier les préparations, ainsi que de graduer les doses du sel mercuriel suivant les résultats obtenus.
Dans l'acné sébacée concrète, M. Hardy dit s'être très-bien trouvé de la pommade au peroxyde de fer.
Les douches de vapeur, les eaux sulfureuses, peuvent aussj rendre de réels services.
Quand l'acné sébacée concrète existe au cuir chevelu, il n'est pas rare, comme nous l'avons déjà dit, de voir tomber les cheveux en même temps que les croûtes; aussi importe-t-il de procéder avec ménagement, si l'on veut éviter cet accident, lequel est d'autant plus facile que la nutrition des cheveux est altérée par la même cause qui donne lieu à l'acné.
Les mêmes moyens thérapeutiques que nous venons d'indiquer seront encore ici ceux auxquels on devra donner la préférence : lotions alcalines (10 à 15 grammes de borate de soude pour 500 grammes d'eau distillée — Hardy ; ou borax 0,10 à 0,50 centigrammes pour la même quantité d'eau — Bazin) ; bains alcalins en recommandant au malade de se laver avec l'eau du bain, etc.
Acné sébacée partielle. — Sous ce nom M. Cazenave a décrit une lésion caractérisée par une petite plaque grisâtre, bien circonscrite, assez semblable à une verrue aplatie, ne donnant lieu à aucuns phénomènes congestifs locaux, sans douleur, ni prurit.
« Elle débute, dit M. Cazenave, par la formation presque insensible d'un petit point saillant, qui attire à peine l'attention du malade. C'est une croûte légère, superficielle, quelquefois molle, comme grasse ; plus tard elle devient sèche, plus dure, plus adhérente. Elle persiste et prend une teinte de plus en plus foncée, d'un gris sale.... Si on la fait tomber, on voit une surface à peine rouge, humide, comme huileuse. . . . Au bout d'un certain temps la croûte se reforme en suivant la
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même marche Dans quelques cas, elle augmente insensiblement, elle devient permanente, comme une petite corne, sauf la composition.
1/acné sébacée partielle a son siège de prédilection au \isage — sur le nez, les pommettes — ; on la rencontre aussi ^ur la poitrine, le cou et le dos. Elle affecte de préférence les vieillards.
D'après deux ou trois faits que nous avons eu l'occasion d'observer, nous serions disposé à considérer la lésion désignée par notre savant confrère comme une véritable verrue sébacée. Ce que dit ensuite M. Cazenave de l'influence fâcheuse qu'exercent sur elles les applications irritantes en serait une nouvelle preuve.
Au début, M. Cazenave recommande de se borner à des lotions alcalines ou ammoniacales renouvelées matin et soir, afin de s'opposer à la formation des croûtes ; plus tard on les remplacera par des solutions astringentes.
On peut aussi recourir à la cautérisation. Toutefois il importe alors de ne pas se borner à des cautérisations superticielles et incomplètes qui ont l'inconvénient, surtout si on les renouvelle fréquemment, d'exciter la surface malade, et, en l'irritant, de la transformer en une plaie de mauvaise nature. 11 survient alors une inflammation ulcérative, une tumeur analogue au cancroïde, qui peut ainsi présenter une gravité réelle ; c'est à ces plaies de mauvaise nature qu'il convient de réserver le nom de noli me tangere. Elles reposent en général sur une peau acnéique. Traitées par les émollicnts, cataplasmes d'amidon, pulvérisai ion d'eau tiède, etc., ou de légers astringents tels que la poudre de tannin, elles peuvent guérir après un temps très-long, il est vrai, tandis que l'application de substances irritantes les aggrave presque toujours. Les cautérisations sont souvent dangereuses en raison de la disposition morbide de toute la région ; dans ce cas la maladie se reproduit au voisinage. Aussi, si l'on se décide à
cautériser, il faut agir énergiquement et chercher à détruire le mal d'une manière aussi complète que possible à l'aide de la pâte de Vienne ou de chlorure de zinc. Dans tous les cas ces cautérisations ne peuvent avoir d'utilité que si les tissus adjacents sont parfaitement indemnes.
M. Cazenave a employé quelquefois avec avantage la solution suivante :
Ether sulfiu'ique 50 grammes.
Bi-iodiire de mercure 0,75 centigrammes.
lodm-e de potassimn 0,50 »
Le chlorate de potasse dissous dans l'eau (1 sur 50) donne également de bons résultats.
En opposition avec ces cas dans lesquels on trouve la peau recouverte d'une couche huileuse ou de matière sébacée concrète, il en est d'autres où la peau devient sèche, friable, dans ses couches" superficielles; aussi se gcrce-t-elle et se fendillet-elle facilement. Loin qu'il y ait hypersécrétion de sébum, il existe au contraire une diminution très-marquée dans sa production. Il se fait souvent aussi une exfoliation épidermique analogue à la desquamation pityriasique.
Ceci s'observe habituellement à un âge avancé. Des bains, des onctions huileuses peuvent seuls apporter quelque soulagement à cet état parfois très-pénible. Tous les corps gras remplissent les mêmes indications ; seulement, pour éviter qu'ils ne rancissent, il faut avoir soin de faire chaque jour une lotion avec de l'eau tiède avant de réitérer la friction.
L'hypersécrétion sébacée coexiste le plus souvent avec les autres formes d'acné, notamment avec Vacné punctata, les comédons ou tannes.
De petits points noirs, isolés ou confluents, s'observant de préférence sur la face et à la poitrine et donnant aux parties
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malades le mémo aspect que si elles avaient été criblées de grains de poudre, constituent ce qu'on appelle acné ponctuée . La lésion qui offre cette apparence a également son siège dans le follicule sébacé ; seulement le sébum, au lieu de se répandre sur la surface cutanée, s'est accumulé dans le follicule et son conduit excréteur.
Si l'on presse sur les côtés de ces points noirs, on fait sortir un petit corps vermiforme d'une coloration blanche ou jaunâtre dont l'extrémité, exposée au contact de l'air, présente seule une teinte foncée, duc aux particules de poussière flottantes dans l'air et retenues par la substance grasse qui fait saillie à l'orifice du follicule. Rappelons aussi que l'on trouve souvent alors dans le canal excréteur des glandes sébacées un petit parasite — acarus folliculorum., G. Simon ou demodex follicularis, Owen.
Cet état, si léger qu'il mérite à peine le nom de maladie, n'en constitue pas moins une difformité très-désagréable, surtout pour les femmes, quand les points noirs sont nombreux et siéoent à la face.
Traitement. — Le moyen le plus efficace pour en triompher est d'expulser la matière sébacée en pressant sur le follicule. Mais ce traitement devient difficile à exécuter quand les comédons sont continents et en grand nombre ; on peut alors le remplacer par des lotions stimulantes. La rétention du sébum tenant sans doute à un manque de contractilité des parois folliculaires, il importe d'exciter cette action vitale. Des lotions alcooliques ou alunées, des pommades aux sels de mercure, aux sels de fer, sont parfaitement appropriées à cette indication, car elles agissent en déterminant dans les glandes sébacées une inflammation momentanée.
On a encore décrit sous les noms à'acné miliarîs, de kystes sébacés , de granidations perlées [Uo^er) , de grutum ou tnilhim, de petites tumeurs blanches opalines, arrondies, de la
grosseur d'une tète d'épingle à celle d'un pois, formées parl'aecumulation de sébum dans un follicule sébacé oblitéré. On les observe surtout aux paupières, au cuir chevelu, sur le dos de la verge, au scrotum, à la face interne des grandes lèvres. Comme elles sont situées immédiatement au-dessous de l'épiderme, une légère ponction suivie d'expression, suffit pour donner issue à la matière sébacée et par suite réaliser la guérisou immédiate, qui, localement du moins, est alors radicale.
La rétention de la matière sébacée dans les follicules se présente encore avec d'autres caractères. Le sébum ne pouvant s'échapper au dehors s'accumule dans l'intérieur de la glande et donne ainsi naissance à de petites tumeurs qui ont été décrites par les auteurs sous différents noms : inoUuscum contagiosum, Bateman; tumeurs foUiculeuses, R. AVillis; élevures folliculeuses. Rayer; acné tuberculeuse ombiliquée, Piogey ; acné moJJuscoïde, CQ'\\\?kwi\ acné sébacée à forme tuberculeuse, Devergie; acné frontalis , Hebra, etc.
M. Bazin a le premier donné une excellente description de ces tumeurs folliculeuses sous le nom heureusement créé par lui d'acné variolifornie. Ce sont de petites tumeurs dont la grosseur varie de celle d'un grain de millet jusqu'à celle d'un pois, dont la coloration est parfois celle de la peau, mais le plus ordinairement offre une transparence opaline. Au centre om sur le côté on aperçoit souvent à l'œil nu, mais toujours à la loupe, un point ombilical distinct, une petite dépression où se trouve l'orifice du follicule.. Ce point noir ou d'un blanc sale est constitué par de la matière sébacée qui s'échappe, si l'on presse la tumeur, sous la forme d'un liquide laiteux, sébacé, ou d'un petit fdament blanchâtre. Ces tumeurs, sessilcs ou pédiculées, s'observent surtout à la face, notamment au front; on en rencontre aussi au cou, sur les seins, aux parties génitales, etc.
iM. Bazin ranç^e l'acné varioliforme dans les scrofulides eu-
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lanées bénignes, scrofulides boutonneuses. Toutefois, selon M, Hardy, cette affection se rencontre souvent sur des personnes à tempérament nerveux ou sanguin et n'ayant jamais présenté aucun signe de scrofule. D'après Hebra, il ne s'agirait là que d'une simple anomalie de sécrétion des glandes sébacées.
Les causes de cette maladie sont très-obscures ; elle est, en général, plus fréquente cbez les enfants et chez les femmes. Est-elle contagieuse comme l'a, le premier, admis Bateman, ainsi que le témoigne le nom qu'il lui a donné? Nous ne saurions l'affirmer, nos observations personnelles n'étant ni assez nombreuses, ni assez concluantes pour nous permettre de rien affirmer à cet égard; car si 31. Bazin nie formellement la contagion, si Hebra la repousse également, d'autre part, Carswell, Hutcbinson, Hilton Fagge, Caillant, Hardy, etc., sont disposés à l'admettre, et M. Caillant a rapporté un certain nombre de faits en faveur de cette opinion. De nouvelles recherches sont donc encore nécessaires.
Traitement. — La première indication à remplir, si l'on admet la contagiosité de l'acné varioliforme, serait d'isoler les malades qui en sont atteints. En dehors de cette précaution, le traitement le plus radical consiste à inciser chaque petite tumeur avec la pointe d'une lancette, puis àénucléerpar la pression le follicule en entier, ou à en toucher le fond avec la pointe d'un crayon de nitrate d'argent. Si les tumeurs sont petites et nombreuses, on peut se borner à les toucher avec l'extrémité d'une allumette taillée en pointe et imbibée de nitrate acide de mercure ou d'une solution concentrée de chlorure de zinc, ou enfin de les exciser.
Comme médication usuelle, M. Bazin conseille l'emploi des lotions alcalines, M. Cazenave les lotions ammoniacales, et M. Hardy des badigeonnages avec la teinture d'iode.
Du reste, toutes les lotions ou pommades excitantes sont encore ici indiquées ; toutes, en effet, ont pour but, suivant la proportion de substance active qu'elles contiennent, soit de
favoriser la contractilité du follicule, et par là de réaliser l'expulsion de la matière sébacée, soit de provoquer l'inflammation et la suppuration de la petite tumeur, et par suite son oblitération et sa guérison.
M. Chausit a décrit sous le nom d'acné atrophique une altération de la glande sébacée qui se traduit d'abord par l'induration de la matière sébacée hypersécrétée ; plus tard, le follicule ainsi altéré s'atrophie, et il est remplacé par une cicatrice indélébile, gaufrée, qui ne paraît pas succéder à une inflammation ulcérative, mais bien être le résultat d'une atrophie, d'une résorption des éléments de la peau. L'acné atrophique débute toujours par une plaque érythémateuse circonscrite se recouvrant de croûtes minces, mais très-adhérentes. On l'observe toujours au visage, notamment sur les joues.
Traitement. — Au début, M. Cazenave a obtenu plusieurs fois la guérison à l'aide de la médication suivante : matin et soir lotionner les plaques malades avec une solution ammoniacale :
Infusion de petite sauge 250 grammes.
Ammoniaque liquide 2 «
S'il existe de l'induration, on peut remplacer la lotion du soir par une application de pommade au goudron, au quart.
A l'intérieur le même auteur prescrit également un sirop
ammoniacal :
Sirop de salsepareille oOO grammes.
Sous-carbonate d'ammoniaque. . . 2 à 4 »
Dose : deux cuillerées à soupe par jour.
Dans tous les cas que nous venons de passer en revue, la peau n'a pas subi de changement bien apparent dans sa coloration; si elle est grasse, semée de points noirs, inégale, etc., nous ne l'avons pas encore vue avec ces boutons rouges, indurés, disséminés, dont l'aspect et le siège habituel à la face
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et sur les épaules sont si caractéristiques. Cet état constitue Vacné simple. Pour se rendre compte de sa fréquence, il nous a souvent suffi d'un coup d'œil dans un établissement de bains froids, sur les bords de la Seine ou du Rhône ; et cet examen nous révélait en même temps, par les traits les plus saisissants, les diverses formes que peut revêtir l'inflammation des follicules.
Tantôt elle se traduit par de petites pustules, du volume d'une tête d'épingle, situées au sommet d'une légère élevure cutanée, entourées d'une auréole rouge, disséminées sur le visage, le dos et la poitrine. L'éruption se fait souvent par poussées successives qui ne sont précédées d'aucuns phénomènes appréciables de réaction soit locale, soit générale. Leur évolution est assez rapide, et le plus souvent il ne reste, après la disparition de la pustule, qu'une tache rouge qui persiste assez longtemps. D'autres fois il se forme une mince croûte dont la chute es! suivie d'une petite cicatrice étoilée, acné vulgaris ou simplex. On l'observe chez les jeunes gens des deux sexes, principalement à l'époque de la puberté; aussi quelques auteurs désignent-ils cette variété d'acné sous le nom (T acné jiivenilis ., autrement dit boutons de jeunesse.
Dans Vacné simplex, nous comprenons encore cette éruption acnéique qui se produit parfois durant l'emploi de divers remèdes — acné artifîcialis .
Ainsi sous l'influence de l'iode, des iodiques et du bromure de potassium pris à l'intérieur, on voit chez certaines personnes survenir de petites papules et pustules sur le front, la poitrine, le dos, etc. [acné iodicjue), éruption qui, du reste, disparaît promptement dès qu'on cesse le remède. Ces boutons ont une coloration rouge vif très-tranchée, ils ne donnent lieu à aucune démangeaison et ne sont suivis d'aucune cicatrice, contrairement à. ce que l'on observe dans les autres formes de l'acné.
Les applications locales de goudron donnent également lieu
à une éruption analogue, — acné cadique; voir ci-dessus, p. 724.
Si l'inflammalion est plus intense, si elle a envahi le follicule tout entier, il se formera des pustules plus volumineuses, reposant sur une base rouge, indurée. Le tissu cellulaire participant alors à l'inflammation, il s'établira parfois de véritables petites tumeurs, — acné indurata.
L'acné indurata n'est donc pas autre chose qu'un degré plus prononcé de l'acné simplex. L'acné simple et l'acné indurée viennent d'ailleurs presque toujours compliquer les formes ponctuées et sébacées de la même affection; il est rare de rencontrer les secondes isolément. Ainsi, au visage, on voit souvent sur une peau grasse, huileuse, parsemée de points noirs, de pustules ou de croûtes, s'élever une foule de nodosités plus ou moins volumineuses et d'un rouge livide ; il en résulte un aspect difforme qui constitue une cause réelle de laideur.
Quelles sont les causes de l'acné ? Tient-elle à une disposition diathésique particulière? Nous ne saurions admettre cette hypothèse. Qu'elle soit plus fréquente chez les sujets lymphatiques, le fait n'est pas douteux : mais y a-t-il là un rapport réel de cause à effet? Nous ne le pensons pas ; car bien des fois aussi nous avons rencontré des éruptions acnéiques chez des individus sanguins ou nerveux.
Mais nous croyons que certaines modifications physiologiques ou pathologiques de l'organisme peuvent favoriser son développement; toutefois à la condition de s'exercer sur un tégument en quelque sorte prédisposé, sur un terrain favorable. En effet, les individus acnéiques ont en général la peau blanche, fine, délicate, humide; d'autres, une circulation capillaire active; d'autres enfin laissent-voir l'appareil glandulaire cutané plus développé, en ce sens que les orifices des
canaux excréteurs sont plus ouverts, plus apparents, etc
Que des congestions habituelles se fassent alors du côté de la tète, soit par suite de digestions difficiles, laborieuses, de
ACNE. 7Gr^
constipation habituelle, d'aménorrhée, de suppression du flux menstruel, de refroidissement des extrémités inférieures, etc., ne scra-t-il pas rationnel de leur attribuer une certaine inlluence sur la production des pustules acnéiques?...
C'est dans ce sens, croyons-nous encore, qu'il faut entendre les causes si diverses auxquelles on a rattaché l'apparition de Tacné. Si l'énnmération pure et simple en est banale, il est cependant permis d'admettre que dans de certaines conditions elles ont pu, non pas provoquer directement l'éruption acnéique, mais du moins favoriser son apparition ou, à un moment donné, l'aggraver.
Sans cette interprétation on sera toujours fondé à dire que dans la genèse de l'acné les écarts de régime, les excès de boisson, la nature des aliments, les émotions morales, l'abus du tabac, la continence, etc., ne sont que de simples hypothèses.
Toutefois, nous renvoyons l'étude de ces différentes causes à l'acné rosacée dans laquelle elles semblent jouer un rôle plus effectif.
Nous nous bornerons à signaler le rapport indiqué par h» plupart des dermatologistes entre l'apparition des pustules de l'acné simplex et les changements physiologiques qui s'opèrent à l'époque de la puberté. En effet, c'est vers l'âge de quatorze à quinze ans que l'on voit habituellement, chez les sujets à téguments prédisposés, ces boutons qui sont souvent une cause d'incurable chagrin pour beaucoup de jeunes filles.
Comme presque toujours cette éruption coïncide avec une excellente santé, les gens du monde et même des médecins sont disposés à la considérer comme l'expression d'une exubérance de force, de vigueur. « Cela passera plus tard, » — eston toujours tenté de répondre et répond-on même le plus ordinairement. Assertion qui est loin, je l'ai remarqué, de satisfaire nos jeunes malades, quoique ce ijlus tard ait pour sous-
764 NALADIES DES GLANDES SEBACEES.
entendu l'adage que Plenck formulait déjà de son temps : ■ Malrimonium varos curât !
Rappelons aussi, à ce point de vue, d'après Hebra, que le D'' Riglcr, qui a habité Constantinople pendant douze ans, a constaté la rareté de l'acné chez les eunuques.
Certaines professions prédisposent aux éruptions acnéiques, notamment celles de graveur, d'horloger, etc.; toutes celles, en un mot, qui exigent une grande tension d'esprit ou une grande attention.
Traitement. — L'acné, au degré où nous l'étudions, n'est certainement pas une affection grave; aussi, bien des praticiens sont-ils disposés à laisser à la nature, autrement dit au temps, la guérison d'une si minime infirmité dont le seul inconvénient est de porter atteinte à la coquetterie féminine.
Mais la plupart des jeunes filles n'en jugent pas ainsi, et la trace de leurs ongles est .là pour témoigner que ces boutons, quelque indolents qu'ils se montrent, ne leur sont point indifférents. Il est vrai que le grattage ne fait qu'augmenter l'inflammation acnéique, sans que, toutefois, il soit possible de l'incriminer en tant que cause au point de vue de la propagation et de l'intensité de l'affection.
Si l'irritation folliculeuse paraît être sous la dépendance d'un état général — lymphatismc ou scrofule ; d'une maladie grave, cachectique - — scorbut ; de troubles des voies digestives ou des fonctions menstruelles, ou d'une circulation défectueuse, etc., etc., il sera facile d'instituer une médication en rapport avec ces divers états, médication qui sera presque toujours suivie de succès. Mais ce sont là les cas les plus rares, et ces petites poussées boutonneuses paraissent Je plus souvent indépendantes de toute affection générale, d'une altération quelconque dans le jeu des organes. L'impuissance des remèdes internes ne vient, du reste, que trop souvent justifier cette appréciation étiologique. Reste alors le traitement local.
AClNE. 705
Quand les pustules sont peu nombreuses, disséminées sur le visage, la poitrine ou les épaules — s'il existe de l'inflammation provoquée ou non par les grattages réitérés des malades— des lotions avec l'eau de son, une émulsion d'amandes amères, du lait tiède, des bains émollients ou légèrement alcalins devront toujours précéder l'emploi des résolutifs. Le plus souvent alors des lotions stimulantes, soit avec des infusions aromatiques de mélilot, de sauge, de lavande, de romarin, etc., soit avec de l'eau tiède alcoolisée de teinture de benjoin, de lavande, d'alcoolé tannique, etc., etc., seront les meilleurs moyens à opposer aux manifestations bénignes de l'acné simplex. En préviendront-elles le retour qui constitue la seule gravité de la lésion? Là est la vraie question à laquelle, surtout si elle est posée par les parents en vue d'un mariage, il n'est pas toujours permis, il n'est pas souvent prudent de répondre par l'affirmative.
On restera d'autant plus dans le doute si l'inflammation folliculeuse gagnant en profondeur se présente sous la forme indurée et si elle est plus généralisée.
On pourra alors essayer de nouveau la médication que nous venons d'indiquer. Si elle reste insuffisante, nous ne saurions trop recommander le traitement que nous avons vu mettre en pratique avec succès par notre savant maître, M. le D"' Rodet, durant notre internat à l'hospice de l'Antiquaille.
Tous les soirs, faire sur les boutons acnéiques une friction avec la pommade suivante :
Axonge 20 grammes.
Soufre. . . . , ) - A ^n • I
„ . l aa 0,o0 a 1 gramme.
Tannm ) °
Le matin, lotionner les parties malades avec de l'eau de son tiède additionnée d'eau d'arquebuse (vieux remède encore très-populaire à Lyon), en commençant par une cuillerée à café pour un verre d'eau et en augmentant graduellement la dose jusqu'au tiers et même à la moitié.
766 MALADIES DES GI.AÎSDES SÉBACÉES.
Une solution de bichlorurc de mercure peut également être •employée avec succès :
Eau distillée 500 grammes.
Bi-chlorure hydrargyrique 2 j
Teinture de lavande s. (|.
Une à deux cuillerées à café dans un veri'e d'eau tiède ,])0ur lotion matin et soir.
Si l'affection est tenace, s'il existe des nodosités yolumiiueuses fortement indurées, on pourra hâter leur disparition à l'aide des pommades irritantes aux sels de mercure.
MM. Hardy et Rochard ont, les premiers, préconisé cette méthode de traitement dont j'ai été à même, dans bien des cas, de constater les heureux résultats. Que ce soit le protoiodure, le bi-iodure ou l'iodurc de chlorure mercureux, les ■effets m'ont toujours paru à peu de chose près identiques. Ils donnent tous lieu à une action substitutive qui est en raison de la dose du remède et de la susceptibilité cutanée. A faible dose, ils produisent une simple rougeur, une inflammation légère; à dose élevée, il s'opère une véritable pustulalion sur les parties où la pommade a été appliquée. Cette irritation artificielle entraîne, en général, la résolution graduelle des nodosités acnéiqucs; mais une seule application ne saurait suffire et l'on est obligé d'y revenir plusieurs fois et longtemps avant d'obtenir la guérison. Bien des fois déjà j'ai vu des acnés indurées qui avaient résisté à des applications aussi nombreuses que variées disparaître sous l'influence substitutive de cette médication dirigée avec persévérance.
L'iodure de soufre — à la dose de 2 grammes pour 30 grammes d'axongc — préconisé par Biett, Cazenave, Veiel, etc., a une action analogue à celle des préparations inercurielles. Comme ces dernières, il détermine une inflammation artificielle salutaire.
Neumann a obtenu de bons résultats en appliquant peu-
ACNE. 767
(lant la nuit sur les indurations acnéiqucs de l'emplàtrc nicrcuriel ordinaire ; le matin, on nettoie les parties malades avec l'eau de savon.
M. Lailler emploie de préférence, dans presque tous les cas d'acné, le traitement qui a été préconisé par M. le professeur Hebra. On fait tous les soirs, sur les parties qui sont le siège des pustules acnéiques, des frictions avec du savon noir ordinaire. Il faut avoir soin de laisser sur la peau une légère couche de savon. Le matin on lave à l'eau tiède. On renouvelle les frictions avec le savon noir plusieurs jours de suite (de trois à quatre), de manière à provoquer l'inflammation de la peau et des poussées d'acné. Une fois ces phénomènes inflammatoires produits, on cesse les frictions et on prescrit des douches de vapeur ou mieux des pulvérisations d'eau ordinaire tiède ; en cas d'impossibilité de trouver des douches de vapeur, M. Lailler les fait remplacer par des fumigations ou par des lotions émollientes. On recommence ce traitement plusieurs fois, après un intervalle de quatre à cmq jours environ, et en général, au bout de cinq à six semaines, on obtient, sinon la guérison, du moins une amélioration notable. Dans ces cas, la guérison est obtenue par une sorte d'inllammation substitutive analogue à celle qui résulte de l'emploi de certaines préparations mercuriclles.
M. Veiel emploie la même médication, seulement il frotte ies boutons acnéiques avec un linge rude ou il les scarifie.
M. Hillairet a aussi eu recours avec succès, dans les mêmes circonstances, à la solution de fleur de soufre dont voici la formule :
Eau distillée 200 grammes.
Alcool camphré 50 »
Fleui- de soufre 15 »
Enfin, M. Constantin James ' a proposé une nouvelle mé-
* Gazelle médicale de Paris, 1875, n" 15 et 15.
thode de traitement qui consiste dans l'emploi des topiques suivants : 1° une liqueur styptiqiie — un tiers ou un dixième d'acide clilorhydrique dilué dans de l'alcool; 2° une mixture chloratée — solution de 4 gram. de chlorate de potasse dans 100 gram. d'eau distillée.
« Tenant d'une main un bourdonnet de coton, il saisit de l'autre un pinceau imbibé de la liqueur styptique, lequel pinceau lui sert à l'étaler sur les surfaces malades, en essuyant à mesure le coton. S'agit-il de très-petits boutons, il promène le pinceau très-rapidement. Les boutons, au con- .traire, ont-ils un certain Yolumc, il fait un badigeon véritable, forçant les doses de la liqueur aux endroits où l'éruption est la plus accentuée, et l'y laissant au besoin séjourner quelques instants.
« Sous l'influence de ces pansements, que l'on répétera tous les deux ou trois jours, les boutons diminuent de plus en plus de volume, jusqu'à ce qu'ils ne représentent plus qu'un petit grain noirâtre qui tombe de lui-même ou qu'on détache avec l'ongle. » On fait suivre chaque pansement de quelques lotions avec la mixture chloratée, et on répète ces lotions dans l'intervalle, de manière à prévenir touteréaction inflammatoire.
Un ou plusieurs groupes de plaques rouges, d'étendue variable, irrégulières, ayant leur siège exclusif à la face dont elles occupent habituellement une région circonscrite, s'accompagnant tantôt de dilatation des capillaires cutanés superficiels et tantôt de pustules acnéiques, tel est l'état auquel les dermatologistes ont donné le nom d'aaie rosacea ou couperose.
Mais que de degrés dans l'acné rosacée !
Simple rougeur, uniforme, plus ou moins foncée, d'un point circonscrit de la face — des joues, du menton, mais surtout du nez, — on le voit survenir chez des jeunes filles ou de jeunes femmes, habitant des pays froids ou s'exposant
ACNE. 7C9
fréquemment au grand air vif, — acné rosacea pernonialis.
On peut aussi attribuer à l'influence du froid, â l'exposition continue au grand air, au vent, ces rougeurs de la face qu'il est si fréquent d'observer chez les cochers de fiacre, les conducteurs de diligence, etc. J'en ai vu de nombreux exemples, notamment chez les individus obligés de traverser, l'hiver, des montagnes élevées sur lesquelles souffle constamment un vent ' glacial. Mais, dans ces cas, nombreuses sont les causes réunies : froid, vent, alternatives de froid et de chaleur, abus des boissons alcooliques. Aussi n'est-ce plus d'une simple rougeur qu'il s'agit, mais d'une sorte de face bourgeonnante^ sur la rougeur intense de laquelle se lisent, en caractères saisissants, les résultats multiples des influences que je viens d'énumérer : desquamation épidermique, nodosités acnéiqucs plus ou moins volumineuses, arborisations capillaires, etc.
Si, à l'époque où la menstruation s'établit, quelques pustules d'acné sont les sentinelles perdues de cette évolution physiologique, il n'en est plus ainsi au moment de la ménopause. A cette période de la vie de la femme, l'acné, notamment l'acné rosacée, se manifeste plus fréquemment qu'à d'autres moments. Non que nous attribuions l'éruption acnéique au trouble des fonctions menstruelles, mais parce qu'il se produit souvent, alors, un mouvement congestif vers la tête, lequel se traduit par des bouffées de chaleur revenant pendant un certain temps d'une manière périodique. D'abord passager, disparaissant sans laisser de traces, cet état devient permanent en quelques points — au nez, sur les joues ; sur ces plaques se développent ensuite de petites pustules d'acné, qui donnent au visage un aspect rugueux, inégal.
Ces plaques érythémateuses peuvent envahir la plus grande partie de la face, se recouvrir de boutons qui suppurent incomplètement, dont le sommet est surmonté d'une petite croûte, et dont la base reste indurée. La coloration des plaques
auo"mente d'intensité, on la voit devenir violacée, cramoisie sous l'influence d'émotions morales vives, et même sous la simple influence du travail de la digestion. La peau est sillonnée de petits vaisseaux sanguins dilatés et variqueux, dont la coloration noire tranche sur la couleur rouge des plaques.
L'acné rosacée n'est pas beaucoup moins fréquente chez les hommes que chez les femmes.
Outre la forme que nous avons déjà décrite et dans laquelle les intempéries atmosphériques jouent le plus grand rôle, il en est d'autres encore dont les abus alcooliques peuvent revendiquer la paternité.
Les vaisseaux sanguins dilatés, dont les ramifications colorées saillantes se détachent sur la peau du nez qui a pris un aspect huileux tout en conservant sa couleur normale, constitueraient, d'après Hcbra, la couperose des buveurs d'eaude-vie.
Selon le même auteur bien différente serait celle qui affecte les buveurs de vin. La lésion n'est plus limitée au nez, elle s'étend à la plus grande partie de la face ; on observe bien encore des arborisations et des dilatations vasculaires, mais de plus, la peau est rouge, d'un rouge foncé, elle est tuméfiée, enflammée ainsi que les follicules sébacés, vulgairement trogne.
Enfin n'oublions pas que, sous l'influence de l'inflammation prolongée, qu'elles qu'en aient été la cause et la modalité, les follicules peuvent s'hypertrophier, se transformer en tumeurs qui peuvent acquérir un volume considérable et constituer une véritable difformité, — acné liypertrophique.
Traitement. — Le traitement de l'acné rosacée doit varier suivant les causes qui lui ont donné naissance ; le médecin agira suivant les indications présentées par chaque malade. Aux buveurs devin ou de bière, à ceux qui abusent des alcooliques, on devra évidemment recommander la tempérance. Si l'acné paraît être sous la dépendance de troubles dans les
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fonctions menstruelles, il faut autant que possible faire cesser l'aménorrhée ; si d'autre part elle coïncide avec la ménopause, c'est aux dérivatifs intestinaux, notamment aux préparations ■d'aloès qu'il sera préférable de s'adresser. Les bains de vapeur, les bains sulfureux ou alcalins pourront aussi rendre d'utiles services.
Mais l'emploi des moyens locaux a ici une très-grande importance. Lorstjue la maladie est récente, c'est-à-dire lorsque l'acné rosacée n'est encore caractérisée que par de la rougeur et une légère vascularisation des tissus, le soufre en pommade, en lotion ou en savon constitue un des meilleurs remèdes que l'on puisse employer. On pourra se servir de la solution de foie de soufre employée à l'hôpital Saint-Louis et dont nous avons déjà donné la formule (voy. ci-dessus). Les savons sulfureux donnent aussi de lions résultats. Du reste, quelle que soit celle de ces préparations à laquelle on aura recours, le résultat sera à peu près le même : le soufre détermine une irritation, une inflammation cutanée qui est suivie, au bout de ^quelques jours, d'une réaction salutaire. En raison de la rougeur de la peau que déterminent ces applications, on doit toujours les prescrire le soir et surtout prévenir le malade qu'elle aura lieu. Après un temps variable et qu'il est bien difficile, sinon impossible, d'apprécier en raison de la susceptibilité cutanée individuelle, de la force avec laquelle la friction sera pratiquée, etc., il sera toujours nécessaire de suspendre l'usage du médicament, en ayant soin d'indiquer au malade d'une manière aussi précise que possible à quel moment il devra reprendre l'emploi du topique. Si l'inflammation provoquée ainsi artificiellement est très-vive on peut, pour favoriser sa résolution, se servir de lotioils émollientes, de pommades calmantes ou simplement de cold-cream. On peut remplacer les préparations sulfureuses par des lotions faites avec une solution de sublimé que l'on emploiera dans les proportions que nous avons déjà indiquées pour d'autres
yariétés d'acné. Le sublimé agira comme le soufre en déterminant une salutaire aggravation momentanée de l'irritation cutanée.
Si l'acné rosacée s'accompagne de dilatations veineuses, les moyens précédents seront insuffisants ; pour obtenir une amélioration réelle, il faudi\i sectionner les vaisseaux ou le^ oblitérer. Toici quel est le procédé du professeur Hebra^ : on pratique un grand nombre d'incisions avec un bistouri à lame étroite et tranchante ou avec un couteau à cataracte, de manière à sectionner longitudinalement les veines dilatées. Il faut avoir soin de laisser couler le sang pendant un certain temps et de toucher ensuite les parties avec une solution de perchloi^ure de fer. La réaction est très-légère, surtout si l'on a soin de faire cette petite opération en plusieurs séances, en sappliquant à couper au début les plus grosses veines et successivement les plus petites jusqu'à ce que tous les vaisseaux aient disparu. Quand il ne restera plus que de la rougeur, on la combattra au moyen des applications dont il vient d'être question.
Contre l'acné hypertrophique un excellent moyen que j'ai vu employer avec succès par M. bailler, c'est l'introduction dans les orifices folliculaires de petites flèches de pâte de canquain ou l'injection hypodermique d'une seule goutte de chlorure de zinc en deliquium. A laide de ces moyens on peut arriver à détruire successivement les tissus hypertrophiés et à faire disparaître ainsi des tumeurs fort pénibles pour les malades et qui, outre qu'elles constituent une véritable gène par leur volume, donnent encore à la physionomie un aspect repoussant. Aussi, les malheureux atteints de cette difformité, sont-ils très-souvent obhçfés de se confiner chez eux.
M. Guibout emploie le traitement suivant : tous les trois ou quatre jours, on fait de six à huit mouchetures profondes avec
^ Traité des maladies de la peau, t. I, p. 777.
TTLOSIS. 775
une lancette : puis, après avoir laissé saigner pendant quelques minutes, on fait un pansement compressif avec des plumasseaux de charpie imbibés deau végéto-minérale ou d une solution concentrée de chlorhydrate d'ammoniaque dont on Tarrosera toutes les deux heures. (Misset, Etude sur la pathologie des glandes sébacées.)
Hebra a aussi conseillé dans ces cas d'enleyer un lambeau Iriangulaire des téguments du dos du nez. On pratique une incision longitudinale de la racine du nez jusqu'à son extrémité, on dissèque la peau de manière à pouvoir exciser deux lambeaux en forme de coins. On rapproche ensuite les bords de la plaie sur la ligne médiane. — C'est à des tumeurs de cette espèce que M. Ollier a appliqué son procédé de décortication par le fer rouge, grâce auquel il obtient de bonnes cicati"ices. ainsi que la réduction consécutive des tissus hypertrophiés voisins de la tumeur, et cela sans avoir couru les risques de la complication érysipélateuse, comme à la suite des opérations par le bistouri.
LÉSIONS DE LtPEŒRME ET DES ONGLES '
TYLOSIS
Sous le nom de tijlosis, (tjXcç, cor aux pieds) on désigne des callosités sèches, dures, lamelleuses. que l'on observe aux orteils, au talon ou à la plante des pieds.
Alibert et M. Bazin en ont décrit trois variétés : le tyiosis gonipheux : le tyiosis calleux: le tyiosis bulbeux.
Le Tyiosis goniplieux^ cor aux pieds, clavus pedum des auteurs anciens est une affection de la peau caractérisée par une hypertrophie circonscrite de Tépiderme avec noyau central dur, pénéti'ant plus ou moins profondément dans le tissu cutané. On a compai'é ce cône épidermique à un clou [clavus)
774 LESIOINS DE L'EPIDERME ET DES OiSGLES.
dont la pointe s'enfoncerait dans le derme et dont la tête vient s'étaler sur la surface cutanée où elle constitue une callosité.
Les cors s'observent presque exclusivement aux pieds ; ils paraissent résulter de l'usage de chaussures défectueuses ou trop étroites ou trop larges.
Traitement. — Etant données les causes qui président au développement du cor, la première condition pour combattre cet état est de porter des chaussures souples, molles et dont la forme s'adapte parfaitement aux pieds. Cette simple précaution suflit quelquefois pour obtenir sa guérison.
Une fois la lésion produite, on peut se bornera enlever avec un bistouri ou un canif les couches épidermiques les plus superficielles pour diminuer la pression sur les parties molles, cause de la douleur. Celte petite opération, répétée à des intervalles plus ou moins éloignés, a amené dans quelques cas la guérison du cor, mais le plus souvent ce n'est qu'un moyen palliatif.
Comme médication du même genre, on peut aussi avoir recours au procédé indiqué par Peyrilhe (Voy. Lagneau, art. Cor in Dictionnaire en 50 vol. tom. IX, pag. 56). Il assurait avoir obtenu de nombreux succès de l'application de deux emplâtres de diachylon gommé, dont l'un, étendu sur une peau souple, mais épaisse , comme celle du buffle, et percé à son centre d'une ouverture suffisante pour laisser à nu toute l'étendue du cor, se trouvait recouverte par l'autre qui n'était pas fenêtre. Ce procédé déjà indiqué par CarHsle est recommandé par Aliberl.
On emploie aujourd'hui dans le même but des tissus épais et souples qui sont percés d'une ouverture suffisante pour que le cor soit à nu ; sa surface se trouvant alors protégée par l'espèce de bourrelet formé par l'étoffe n'est plus pressée parla chaussure et la marche devient facile.
La cure radicale ne peut en général être réalisée que par V extirpation complète du cor faite au nioyen d'une espèce-
TYLOSIS. 775
d'aiguille, à pointe mousse , à l'aide de laquelle on énuclée en quelque sorte le tubercule calleux des parties saines.
Beaucoup de topiques ont été conseillés contre les cors aux pieds, il faut être très-réservés pour leur emploi , notamment quand il s'agit de substances caustiques, leur action pouvant dépasser le but que l'on se propose d'atteindre, toutefois l'acide acétique cristallisable paraît rendre de bons services.
Sous la dénomination de tylosis calleux on comprend ces espèces de callosités, de durillons qui surviennent le plus souvent aux pieds et sont, comme les cors , produits par la pression des chaussures. Le tylosis calleux est aussi formé par l'épaississement des couches épidermiques qui sont superposées les unes sur les autres ; toutefois on n'y trouve pas ce noyau conique et cette atrophie du derme qui caractérisent le véritable cor.
Le meilleur mode de traitement de cette lésion consiste à couper la partie saillante, l'excédant de la tubérosité épidermique à l'aide d'un bistouri ou d'un rasoir; ce n'est évidemment qu'un moyen palliatif auquel on doit avoir recours à des intervalles assez rapprochés.
Enfin le tylosis bulbeux, désigné assez communément sous le nom d'ognon, s'observe habituellement sur les faces latérales des orteils. Il consiste en une espèce de tumeur molle, large, diffuse, blanchâtre, œdémateuse, résultant de l'état d'humidité produit par le contact des surfaces et leur sécrétion. Au milieu de cette tumeur il existe un mamelon rouge, entouré de petites pellicules, qui se détachent avec plus ou moins de facilité les unes des autres (Alibert). D'après M. Bazin, cette lésion peut devenir le point de départ d'un mal perforant.
On peut, comme pour les variétés précédentes, couper le cor aussi près que possible où bien pratiquer son extirpation.