VERRUES
ileur production. On les a aussi attribuées aux frottements ou contact prolongé d'un point de la peau avec des corps •durs, des outils dans certaines professions, à la malpropreté.
Traitement. — Elles peuvent quelquefois disparaître spontanément, mais le plus ordinairement on est obligé de les ■enlever à l'aide d'une petite opération chirurgicale.
Si la verrue est pédiculée, la ligature suffit. On serre progressivement le fil de manière à ce que le sang n'arrive plus dans la tumeur; celle-ci ne tarde pas à se flétrir et à tomber.
Pour les verrues ordinaires, on pratiquera l'incision avec le bistouri ou les ciseaux, suivie de la cautérisation de la surface de section avec un caustique. Le meilleur procédé est de se servir d'une allumette taillée en pointe, dont on trempe l'extrémité dans un des acides suivants : acide acétique concentré, nitrique, chlorhydrique, chromique, sulfurique, etc — On peut encore se servir du crayon de nitrate d'argent. On est souvent obligé d'y revenir à plusieurs reprises pour oi)tcnir la guérison de ces petites productions cornées qui récidivent souvent avec une ténacité désespérante.
Les caustiques plus énergiques, tels que la pâte de Vienne, la potasse caustique, le chlorure de zinc en deliquium, etc., occasionneraient des douleurs très-vives et auxquelles peu de malades consentent à se soumettre.
Ici encore reparait la série des remèdes populaires, notamment les applications de poudre de sabine, de suc de chélidoine, de figuier, etc.,.. Mais ces topiques sont sans efficacité.
Je rapproche des verrues les cornes cutanées; ce sont des •excroissances dures, d'une consistance cornée, saillantes, formées le plus ordinairement par des amas de cellules épidermiques avec hypertrophie des papilles cutanées. D'autres ibis elles ont pour point de départ le follicule sébacé ; elles
sont alors constituées par le follicule lui-même et par le produit sécrété.
Ces productions morbides se développent de préférence chez les personnes âgées; on les rencontre sur toutes les régions du corps, mais le plus souvent à la tête. Leur forme est très-variable : les unes sont cylindriques, coniques, droites; d'autres sont spiroïdes, semblables à des cornes d'animaux. Leur surface est rarement unie ; le plus souvent elle est le siège de cannelures longitudinales, de rugosités , d'aspérités; leur sommet est en général simple et conique, il n'est pas très-rare cependant de trouver deux ou trois bifurcations.
Rappelons la coïncidence très-curieuse, et notée surtout par Rhodius, A. Rérard et Landouzy, du merycisme^ ou habitude de ruminer les aliments, coïncidence observée chez un certain nombre des individus qui étaient porteurs de ces productions cornées.
Les causes des cornes cutanées sont complètement inconnues; on a incriminé toutes les causes mécaniques d'irritation de la peau : les contusions, les brûlures, les plaies, etc. On a vu une corne succéder à un cancroïde plusieurs fois cautérisé (Follin).
Le traitement des cornes cutanées peut être palliatif ou curalif. Dans le premier cas, on se bornera à couper la corne quand elle aura atteint un certain volume; mais alors elle récidive fatalement. Le procédé le plus simple et le plus expéditif consiste à enlèvera l'aide d'incisions non-seulement la production cornée, mais encore la portion du tégument sur laquelle celle-ci est implantée.
M. Razin est certainement un des auteurs qui ont le plus contribué au progrès de la dermatologie ; mais, de tous ses
travaux, les plus remarquables sont, sans contredit, ses études sur les maladies parasitaires.
C'est à lui qu'apparlient la i>loii'e incontestée d'avoir débrouillé le ciiaos jusqu'alors inextricable de ces alTections ; d'avoir livié à tous le fil conducteur qui permet aujourd'hui de rattacher à des parasites distincts ces éruptions variées et multiples, pendant si longtemps désignées sous des termes aussi vagues qu'insignifiants ; enfin d'avoir remplacé par un traitement rationnel et el'ficace des médications empiriques, souvent inopportunes, parfois dangereuses.
Ses idées ont été adoptées par la plupart des dermatologistes français et étrangers ; elles forment la base des doctrines de l'hôpital Saint-Louis qui, de tout temps, a été le principal foyer des études dermatologiques, dont la clinique a contribué pour une si large part à la vulgarisation de cette branche importante de la médecine.
Les parasites qui habitent la peau humaine appartiennent les uns au règne végétal, les autres au règne animal.
En dehors des caractères propres au parasite lui-même, il existe fréquemment des éruptions de diverse nature. Ces éruptions, toujours secondaii'cs, sont la conséquence de l'irritation produite sur la peau )iar le parasite.
Végétaux ou animaux, les parasites ont des sièges de prédilection qui permettent de les découvrir plus facilement.
Abandonnées à elles-mêmes , les affections parasitaires peuvent persister très-longtemps, indéfiniment. L'emploi d'un traitement approprié sert, d'autre part, à les diagnostiquer en raison de l'innuence qu'il exerce sur leur durée. Mais la caractéristique de cet ordre de maladies, c'est leur contagiosité, tant d'une région à l'autre du même sujet que d'individu à individu, ])ar l'intermédiaire des animaux ou des œufs pour les parasites animaux, par celui des spores pour les végétaux. Toutefois il faut remarquer ([ue tous les individus n'ont pas la même accessibilité à l'invasion des parasites; il en est chez
lesquels on les Yoit disparaître et s'éteindre plus rapidement que chez d'autres, sans qu'il soit possible d'apprécier exactement à quelles causes ^locale ou générale) tiennent ces différences.
Au point de vue thérapeutique, dans toute maladie parasitaire, la première indication est de détruire le parasite. C'est lui, en effet, qui est la cause unique, constante de tout le mal. Mais, en second lieu, il faut chercher à faire disparaître les éruptions provoquées par la présence de cet être, corps étranger.
La transmission des maladies parasitaires se fait toujours par contagion ou par inoculation. La contagion peut être médiate ou immédiate. Suivant le tempérament, les conditions générales de santé de l'individu, les diathèses préexistantes, l'ancienneté de la maladie, les soins antérieurs, etc. la présence du parasite peut donner lieu à des éruptions plus ou moins étendues, d'une intensité variable et qui persistent plus ou moins longtemps après la disparition de sa cause organisée.
Nous nous bornerons à ces quelques considérations sommaires, nous réservant d'indiquer, à propos de chaque maladie en particulier, les altérations tégumentaires qui accompagnent spécialement tel ou tel parasite. Du reste, ce n'est point un traité des maladies de peau que nous écrivons, mais un simple résumé de la thérapeutique que l'expérience nous a appris leur être le mieux appropriée.
La gale est une maladie de la peau, contagieuse, caractérisée par des éruptions de diverses sortes, produites par Vacarus scabiei, éruptions dont l'une est pathognomonique do la présence de cet arachnide. Ces éruptions varient de nature et d'intensité, suivant l'ancienneté de l'affection et le
tempérament du malade ; il existe en même temps une violente démangeaison qui augmente en général sous l'influence de la chaleur, notamment de la chaleur du lit. Enfin, la peau est le siège d'excoriations et d'érosions produites par les grattages réitérés des malades.
En dehors de ces éruptions symptômatiques, sur lesquelles nous reviendrons plus tard, la gale présente deux caractères importants et qui sont pathognomoniques de l'affection : l'acare et le sillon. Nous ne ferons pas l'histoire naturelle de l'acare ; cet insecte a été si souvent décrit et dessiné que tout le monde est à même de le reconnaître facilement. Bornonsnous à rappeler que, dans la gale ordinaire, c'est l'acare femelle seule qui se creuse un sillon dans lequel elle reste et où elle dépose ses œufs. Chaque sillon contient donc une femelle dont la tête est tournée vers le cul-de-sac et l'extrémité postérieure vers l'orifice d'entrée. Les œufs sont rangés en arrière sur une seule ligne, les uns à côté des autres, ayant chacun leur grand axe perpendiculaire à celui du sillon. En général, un sillon contient dix à quinze œufs et de petites fèces noirâtres. Ces sillons sont creusés entre les diverses couches de l'épiderme.
Les sillons de la gale sont ordinairement sinueux, demicirculaires; leur forme est souvent celle d'un S, d'un fer à cheval. Leur coloration est blanche ou brunâtre ; dans ce dernier cas, elle serait due, d'après quelques auteurs, aux fèces de l'insecte, ou bien elle peut être modifiée par les matières colorantes avec lesquelles l'épiderme du jualade s'est trouvé en contact. Leur longueur est habituellement de cinq à six millimètres, exceptionnellement de trois centimètres. A l'extrémité de chaque sillon se trouve une légère saillie, blanche, arrondie, à laquelle M. Bazin a donné le nom à'éminence acarienne ; c'est là que se trouve l'acare ; on peut l'extraire assez aisément avec la pointe d'une épingle.
Souvent l'irritation provoquée par l'acare détermine l'ap-
796 AFFECTIOiS'S PARASITAIHES.
parition d'une vésicule et même d'une pustule au point où l'insecte a commencé à creuser son sillon ; d'autres vésicules peuvent aussi se développer dans les parties avoisinantes. L'acare ne réside jamais dans la vésicule et il n'existe aucune communication entre cette dernière et le sillon. Il faut encore noter que, lorsqu'il existe une vésicule en rapport avec le sillon, ce dernier est toujours soulevé par la vésicule; preuve que les sillons sont intra-épidermiques. Du reste, bon nombre de sillons ne sont pas accompagnés de ces vésicules qui surviennent de préférence chez les personnes dont la peau est irritable, notamment chez les enfants.
En général, c'est de cinq à dix jours après la contagion que les démangeaisons commencent à se manifester: elles an i^mentent ensuite d'intensité en raison du nombre des acares.
Le prurit est même le phénomène qui attire tout d'abord l'attention des malades. Ces démangeaisons sont provoquées par l'irritation mécanique à laquelle donnent lieu les mouvements des acares; elles se font surtout sentir pendant la nuit, l'acare étant un animal noctambule (Aube). (>es démangeaisons sont d'intensité variable. Quelques malades se déchirent, en effet, la peau avec fureur. Aussi, dans de telles conditions, survient-il d'abord de la rougeur, des élevures éphémères, et, plus tard, sous l'excitation continue des ongles, une éruption papuleuse qui constitue la gale papuleuse ou le prurigo de la gale dont il a été question au chapitre du prurigo. Cependant la persistance de la démangeaison entretient le grattage; seulement les ongles, qui, auparavant, attaquaient presque indifféremment tous les points de la surface cutanée, se portent alors de préférence sur le sommet de ces papules, lequel offre plus de résistance et forme une légère saillie au-dessus de la peau, y déterminant ainsi une petite exsudation sanguine qui se dessèche sous forme d'une croiite noirâtre (Hebra).
Ces excoriations s'observent habituellement à la surface
antérieure du tronc, à la face interne des cuisses, aux avantbras, aux fesses. Il est très-rare d'en trouver sur la face ; c'est là une particularité qu'il importe de noter, sans que nous puissions cependant donner une explication de cette immunité, immunité analogue à celle que présente cette même région contre la transmission par simple contact des chancres mous (cliancrelles).
Outre ces excoriations, on voit survenir, après quelques jours (ordinairement un à deux septénaires), de véritables éruptions qui sont dues à la présence du parasite, ainsi qu'à l'irritation mécanique produite par les grattages.
Ces éruptions ont pour principal caractère la polymorphie : papules, vésicules, pustules, s'y trouvent dès que l'inflammation existe à un certain degré d'intensité. Toutefois ces éruptions ont des sièges spéciaux qui permettent presque toujours de les considérer comme caractéristiques de la gale, quoiqu'elles ne présentent rien de particulier dans leur forme anatomique. Ainsi l'éruption papuleuse {prurigo), qui, selon M. Hardy, accompagne la gale quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, a un aspect spécial : les papules sont en général isolées, survenant de préférence sur la partie antérieure du tronc, la face interne des membres supérieurs et inférieurs.
Il en est de même des vésicules qui sont le plus souvent alors isolées et peu nombreuses ; leur siège de prédilection est aux mains, sur la face latérale des doigts et sur la face antérieure de l'avant-bras au dessus du poignet.
Pas plus que les papules et les vésicules, les pustules n'ont une forme caractéristique dans la gale, mais, comme pour les deux premières éruptions, leur siège seul est souvent un signalement suftisant de la gale. Par exemple, ecthyma des mains, des fesses, des seins, signitie toujours gale, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, page 540. D'autre part, les pustules pourront, elles aussi, faire soupçonner l'existence de la gale lorsqu'on les observera sur les fesses, notamment dans les points correspon-
dants aux saillies osseuses, chez les individus dont la profession les oblige à rester longtemps assis sur des sièges durs.
Toutefois, notons-le, l'absence de ces éruptions concomitantes dans leur siège habituel d'élection ne saurait être un motif suffisant pour affirmer qu'un malade n'a pas la gale ; mais ce serait néanmoins là une présomption d'une grande valeur dans ce sens.
En présence des éruptions dont nous venons de parler, on devra toujours rechercher s'il existe des sillons dans les points de prédilection ci-dessus indiqués. Le polymorphisme des éruptions constituerait déjà une présomption en faveur de l'existence de la gale, mais le sillon est caractéristique. Il n'est pas nécessaire de trouver l'acare; la présence d'un sillon bien caractérisé sera toujours suffisante pour autoriser à poser le diagnostic gale.
Outre ces éruptions on voit souvent survenir des /zfî^owc/es, d'autres fois encore apparaissent des éruptions eczémateuses ou impétigineuses, du lichen. L'acare, dans ces cas, n'a agi que comme cause déterminante de la manifestation d'une diathèse préexistante.
Ces complications, quant à leur importance, sont en rapport avec l'ancienneté de la gale ; parfois même elles peuvent finir par la masquer plus ou moins complètement.
Une affection générale aiguë intercurrente peut souvent enrayer la marche des processus liés à la présence de l'acare ; ou du moins pendant la durée de cette affection, démangeaisons et éruptions diminuent, disparaisssent même. Cela tient sans doute à ce que dans ces conditions la peau ayant perdu une partie de sa vitalité n'est plus en état de fournir aux acares leur nourriture normale.
Scabies turpitudo magis quam morbiis, a dit Hippocrate. La gale, en effet, n'est point une maladie grave. Dans certains pays on voit des individus qui conservent la gale depuis l'enfance jusqu'à la fin de leur vie sans que leur santé en paraisse
altérée. Son seul inconvénient tient à ses propriétés contagieuses.
Quant aux suites de la gale, nous ne pouvons les admettre que en tant qu'il s'agit des éruptions symptomntiques dont il vient d'être question. Si quelquefois ces éruptions persistent et se reproduisent, alors que l'insecte a depuis longtemps disparu, cela tient uniquement à ce que la diathèse herpétique, existant chez l'individu et jusqu'alors latente, aura été éveillée par l'acare — simple, irritant, — et non à ce qu'il existe une diathèse psorique. Est-il besoin de dire que personne aujourd'hui n'admet cette dyscrasie psorique contre laquelle le professeur Ilebra s'escrime sans avoir, selon nous, un seul adversaire, le poison scabiéique n'existant plus qu'à l'état de curiosité archéologique. Et si les éruptions qui accompagnent la gale sont souvent plus considérables que ne le comporte le nombre des acares, cela tient non à un virus acarien, mais à une diathèse préexistante dont les acares et les grattages ont été la cause de développement; en un mot, la gale n'est point occasionnée par une dyscrasie et n'en engendre non plus aucune.
La seule cause de la gale est la contagion.
Les principales régions envahies par les acares sont les mains, les pieds, les fesses, le pénis, etc. On est presque toujours sûr de rencontrer un sillon sur cet organe, alors même qu'il n'en existe ni aux poignets, ni dans les espaces interdigitaux.
Traitement. — Pour le traitement de la gale il importe, avant tout, d'établir une distinction entre la pratique hospitalière et la clientèle particulière. Dans le premier cas, tout doit être subordonné à la rapidité de la cure. Dans le second, au contraire, ce que le malade réclame le plus, ce n'est pas tant d'obtenir une guérison en quelques heures, que de se soustraire à certaines exigences de la cure rapide, c'est-à-dire de pouvoir guérir sans interrompre ses affaires et surtout
d'éviter tout ce qui pourrait laisser soupçonner la nature de son mal.
Ces motifs déterminants étant d'abord pris en considération, le choix entre les méthodes thérapeutiques sera fait d'après les règles suivantes : s'agit-il d'un enfant ou d'un adulte ? a-t-on affaire à une femme ou à un homme? le tégument est-il trèsirritable? enfin existe-t-il des éruptions concomitantes? et en quel nombre, de quelle date, de quelle nature sont-elles?
On comprend quelle importance ont toutes ces conditions. Elles exercent une influence telle, que l'on ne saurait trop s'étonner de l'erreur profonde qui a si longtemps fait appliquer à tous les galeux un seul et même procédé thérapeutique.
C'est un adage médical si souvent répété qu'il est passé à l'état de maxime : que l'on peut juger de l'impuissance de la médecine et de l'incurabilité d'une maladie par la multitude des remèdes qui ont été conseillés contre elle. Rien ne serait plus faux que cette interprétation appliquée aux innombrables méthodes anti-psoriques préconisées dans tous les temps et dans tous les pays. Car si légion est le nom des traitements institués contre la gale, on peut dire avec autant de vérité que tous ils ont un pouvoir réel, tous ils réussissent à la guérir.
Seulement, dans ces dernières années, ce qu'on a surtout cherché, et nous pouvons dire réalisé, c'est la cure rapide de la gale, afin de rendre inutile le séjour de l'hôpital aux personnes atteintes de cette affection : progrès qui équivaut presque à une révolution, dont le bienfait ne se borne pas à une guérison plus prompte des malades, mais ouvre l'accès de l'hôpital aune foule de malheureux qui jusqu'alors en étaient tenus éloignés par la présence des galeux, qu'on se croyait obligé d'y garder, en moyenne, douze jours^
* Le progrès ne devrait pas s'arrêter là. M. Diday a proposé , avec raison, d'exclure des hôpitaux spéciaux les sujets affectés de blennorrhagie sans complication. Non-seulement ils prendraient leur tisane et leurs bains aussi bien
Sans vouloir passer en revue toutes les méthodes thérapeutiques employées contre la gale, nous signalerons cependant les plus usitées en France et à l'étranger.
Le traitement de la gale est simplement local ; il doit toujours avoir pour but la destruction de l'acare.
Or, nombreuses et diverses sont les substances acaricides ; mais il ne faut pas oublier que, à côté de l'acare, il y a le malade, c'est-à-dire le tégument humain — nam agitur de pelle humana — qu'il importe de prendre en considération, en sauvegarde. Aussi, dans le choix des agents parasiticides, importe-t-il de toujours donner la préférence à ceux dont l'action est aussi peu irritante que possible sur la surface cutanée.
1° Cure rapide :
M. Bazin a, le premier, démontré la nécessité des frictions générales et est arrivé .par ce moyen à des guérisons promptes et surtout durables. Toutefois, c'est M. Hardy qui a organisé le traitement des galeux tel qu'il fonctionne aujourd'hui à l'hôpital Saint-Louis, traitement qui permet de guérir la gale en une heure et demie et, par conséquent, sans retenir les malades à l'hôpital.
Ce traitement comprend trois parties, ou, pour mieux dire, trois temps : Dans la première demi-heure , le malade est frotté, des pieds à la tête, avec du savon noir (les frictions doivent être assez rudes pour détruire les sillons et mettre les acares et leurs œufs à découvert, c'est même là une condition essentielle du traitement) ; on le plonge ensuite, pendant la deuxième demi-heure, dans un bain simple ou savonneux; enfin, pendant la dernière demi-heure, on pratique
hors de l'hospice qu'en dedans; mais, de plus, le médecin n'ayant pas à chercher à débarrasser d'eux les salles le plus tôt possible, on laisserait leur maladie mûrir complètement avant de l'attaquer par les spécifiques, et ainsi l'on verrait, en somme, beaucoup moins de complications de la blennorrhagie aiguë et moins de suintements interminables.
une friction générale avec la pommade d'Helmerich modifiée
par M. Hardy de la manière suivante :
x\.xonge 500 grammes.
Soufre 50 »
Sous-carbonate de pelasse 50 »
Le malade doit conserver la pommade, sans s'essuyer, jusqu'au lendemain. Enfin, il importe de soumettre les vêtements que portait le galeux à une température élevée (environ 100 à 120 degrés) pour détruire les acares et leurs œufs qui s'y trouvent toujours en plus ou moins grande quantité. On peut également les exposer à la vapeur du soufre, opération dont se charge un dégraisseur.
La méthode de M. Vleminckx a beaucoup d'analogie avec celle-ci : On frictionne le malade avec du savon mou ou même du savon ordinaire et à l'aide d'un morceau de flanelle, pendant environ une demi-heure; puis il est plongé et lavé, pendant une autre demi-heure, dans uw bain chaud. Durant une troisième demi-heure, on le frotte sur tout le corps avec un morceau de flanelle imbibé d'une solution de sulfure de calcium. Enfin, le traitement se termine par un bain d'une demi-heure encore. Une fois séché et ayant pris d'autres vêtements, le malade, bien guéri, peut retourner à ses occupations.
Solution de sulfure de calcium (Vleminckx).
Chaux vive 200 grammes.
Fleur de soufre 100 »
Eau 1000 »
Faites bouillir, laissez refroidir et décantez. On conserve ce liquide dans des bouteilles bien fermées. 100 grammes suffisent pour obtenir la guérison.
Un chimiste viennois, le professeur Schneider, a modifié cette formule de la manière suivante :
Chaux vive 500 grammes.
Soufre citrin 1000 »
Eau 10 kilogrammes.
Faites bouillir jusqu'à réduction à 6 kilogr. Laissez refroidir et filtrez.
D'autres modifications ont été apportées à la « cure rapide », mais ces modifications sont de peu d'importance et, cette méthode de traitement étant préférée, c'est au procédé de Hardy ou de Vleminckx qu'on devra s'arrêter, et surtout <iu premier, qui exige une demi-heure de moins que le second. Cependant, il est bon d'observer que, si le traitement belge n'occasionnait pas plus d'irritation, et n'était pas suivi plus souvent de récidive que le traitement français, il aurait sur ce dernier l'avantage de débarasser le malade de tout soin ultérieur, tandis que par la méthode de M. Hardy le malade doit conserver sa pommade pendant au moins 24 heures.
H est bien évident que, par ces moyens rapides, on tue l'acare et on détruit ses œufs ; mais, dans un si court laps de temps, on ne peut évidemment faire disparaître ni les ravages occasionnés par les ongles des malades, ni les éruptions qui sont survenues sous l'influence, soit du parasite, soit des grattages, soit parfois des traitements antérieurs ; souvent même ces complications de la gale seront aggravées par la médication acaricide et nécessiteront ensuite, pour disparaître, des soins prolongés.
Ce n'est donc que dans des conditions déterminées que l'on devra avoir recours au traitement rapide. Ces conditions sont : éruptions concomitantes discrètes (papulcuses plutôt que vésiculeuses ou pustuleuses), peau peu irritable, malade appartenant aux classes laborieuses ou à l'armée, situation qui exige de chercher à obtenir la guérison dans le moins de temps possible.
Ces méthodes rapides étant celles qui donnent lieu le plus ordinairement aux inflammations cutanées artificielles, il faudra, au contraire, les remplacer par d'autres procédés plus doux chez les enfants, chez les personnes dont la peau est délicate, facilement excitable, chez tous
les individus dont le tégument est le siège de nombreuses excoriations et de ces affections cutanées polymorphes dont les vésicules et les pustules forment les principaux éléments. En outre, la position sociale de certains malades les empêche de se soumettre à une médication dont le mode d'emploi contrarierait toutes leurs habitudes et qu'il leur est, d'ailleurs, facile de remplacer par un procédé qu'ils peuvent employer, chez eux, sans rien changer à leur genre de vie, et surtout sans qu'une odeur accusatrice vienne révéler leur maladie.
Dans ce cas et dans celui aussi où le malade ne pouvant abandonner ses affaires est obligé de consacrer la nuit à son traitement, c'est encore à la cure rapide qu'il faudra avoir recours, en la modifiant, toutefois, de la manière suivante :
On fait prendre un bain de savon d'une demi-heure ; on se frictionne ensuite, soit avec la pommade d'Helmerich, modifiée par M. Hardy, soit avec celle de Yezin :
Fleur de soufre 1
Savon blanc ■ 1 âa 180 grammes.
Axonge j
Poudre d'eUebore blanc. ..... 8 grammes.
>'itra{e de potasse 0,50 centigrammes.
soit surtout avec celle de Bourguignon, dont l'odeur trèsagréable rend l'emploi précieux dans certaines circonstances :
Essence de lavande
« menthe. . . , . .
« girofle , . 1 ^^^ ^ gramme.
« cannelle |
Gomine adragante 1 gramme.
Carbonate de potasse 50 «
Flem- de soufre 100 »
Glycérine 200 »
Dans le cas où la peau serait le siège d'excorations et de
pustules, il est préférable de se servir de la pommade de Wilkinson, modifiée par Hebra, et dont voici la formule :
Fleur de soufre i - , -
Uuile de cade \ *=
Savon vert |
Axonge | âk 125 grammes.
Craie 50 gi^ammes.
Mais il est, toutefois, bien évident que si ces éruptions étaient nombreuses et enflammées, on devrait, avant d'entreprendre le traitement parasiticide, combattre par des moyens appropriés les affections cutanées concomitantes. Cette médication préliminaire est celle que Ton emploie ordinairement dans la période aiguë de chacune de ces maladies et dont les antiplilogistiques et les émollients forment la base. — Ne perdons point, cependant, un temps précieux à vouloir triompher par des bains, des cataplasmes et du cold-cream, de ces plaques enflammées dont l'origine première n'est autre que l'acare. Tenons-nous prêts à attaquer celui-ci, dès que la chose est possible, sans produire une irritation intolérable. Et surtout, tant que nous sommes forcés de nous en tenir préalablement aux topiques adoucissants, n'oublions pas d'avertir, et par écrit, le client que ce n'est là qu'un prélude, de peur que quelque ami, ou quelque confrère plus éclairé que charitable, ne nous accuse, en lisant notre ordonnance, d'avoir commis une erreur de diagnoslic.
Chez les enfants ou chez les personnes dont la peau est facilement irritable, il faut renoncer aux frictions trop fortes, trop rudes, qui, dans ces cas, seraient certainement le point de départ de ces éruptions secondaires souvent si longues ensuite à faire disparaître.
M. Devergic conseille pour les enfants le sulfure de calcium mélangé à de la glycérine dans la proportion de un quart de sulfure calcaire pour trois-quarts de glycérine ou d'axonge.
Le même auteur pense aussi 'qu'il est inutile de faire pré-
céder l'emploi des pommades acaricides par des frictions avec le savon noir, qui sont irritantes pour la peau, et que l'on doit se borner, comme soin préalable, à des lotions savonneuses ou à un bain alcalin d'une demi-heure : ceci peut suffire, en effet, mais seulement chez les sujets à épiderme délicat et plutôt humide que sec.
Mentionnons encore, pour remplacer la pommade au sulfure de calcium, les formules suivantes :
Soufre du commerce !--.,,,
T, j T>' ( aa 10 erammes.
Baume du Pérou ) °
Onguent simple 80 grammes.
(Neumann.)
Mais quelle que soit la pommade employée, il importe de recommander toujours des frictions un peu rudes afin de déchirer les sillons.
Ou bien :
Styrax liquide j
Fleur de soufre > âi» 20 grammes.
Craie blanche )
Savon vert 1
Axonge. 1^^^ ^^ grammes.
(Weinberg.)
On fait une friction matin et soir. Cette dernière pommade a une odeur assez agréable qui domine presque complètement celle du soufre. Elle détruit rapidement les acares et leurs œufs et de plus elle a une action favorable sur les éruptions vésiculaires et pustuleuses, sans provoquer l'apparition de ces eczémas artificiels qui, chez les sujets à tégument irritable, sont si fréquents à la suite des préparations sulfureuses. Enfin, considération secondaire, mais qui n'en a pas moins dans certaines conditions une réelle importance, cette pommade ne détériore pas le linge. Une friction répétée matin et soir deux jours de suite (en conservant toujours le même linge de lit}
sullit, en général, pour obtenir la guérison. Au bout du troisième jour on prescrit un bain de propreté.
Dès la première friction, la démangeaison est notablement diminuée et les malades peuvent reposer la nuit.
La pommade au styrax convient donc parfaitement chez les femmes et les enfants ; toutefois chez les enfants à la mamelle il faut atténuer encore l'action de ce composé en l'additionnant, pour éviter toute irritation, de partie égale d'onguent simple.
De même que certains sujets et certains âges, il est aussi certaines régions qui réclament un adoucissement dans le dosage des topiques et dans la force avec laquelle sont faites les frictions ; telles sont les aisselles, le scrotum, la face interne des cuisses, et surtout le dessous des sems, chez les femmes chez qui ces organes sont pendants.
L'emploi du soufre est général dans le traitement de la gale. C'est sans doute à son efficacité contre cette affection {qui, dans certains cas, représente la réunion de toutes les lésions élémentaires des maladies de la peau) , qu'est due la consécration populaire empirique de son appropriation à l'universalité des dermatoses. .Mais, outre le soufre et ses diverses préparations, bien des substances ont été conseillées dans le traitement de la gale. Avant de les énumérer, toutefois, il nous paraît utile de signaler encore deux ou trois modes d'emploi de ce spécifique qui peuvent rendre des services aux médecins de campagne. Ainsi, le D" Talon a indiqué un traitement qui lui a toujours donné des résultats satisfaisants :
Hydrochlorate d'ammoniaque pulv ... 4 gi'ammes.
Sulfate d'alumine 1 »
Camphre 1 n
Fleur de soufre 50 »
Axonge purifiée 100 »
en frictions matin et soir sur les parties affectées, pendant huit
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à dix jours. On changera de linge le dernier jour après s'être lavé tout le corps avec de l'eau chaude et du savon.
Franck faisait plus simplement composer une pommade en triturant du soufre avec du beurre frais.
D'autres médecins ont conseillé un topique non moins aisé à préparer, c'est un mélange à parties égales de fleur de soufre et de poudre de savon , que l'on convertit en une masse semi-liquide par l'addition d'une quantité suffisante d'eau.
Mais outre le soufre et ses dérivés on a encore employé contre la gale : le goudron, la térébenthine du Pérou (Burchard), le pétrole (Decaisne), l'acide phénique, le camphre, l'ellébore, la staphysaigre, l'acide sulfurique, le muriate d'ammoniaque, les sels de plomb, de fer, de cuivre, etc.
Rappelons encore quelques moyens employés autrefois avec succès : les frictions huileuses recommandées par Delpech ; Vessence de térébenthine que Aube considérait comme possédant essentiellement des propriétés acaro-toxiques ; et enfin la poudre de Pyhorel, consistant en du sulfure de chaux simplement broyé, auquel on ajoutait une petite quantité d'huile d'olive au moment de s'en servir. Les malades employaient 2 grammes de sulfure pour chaque friction qu'ils faisaient, matin et soir, sur la face palmaire des deux mains. Pyhorel usa pour la première fois de cette poudre en 1815, au siège de Glogau. Biett, qui l'avait expérimentée à l'hôpital Saint-Louis, constata que la durée moyenne du traitement était de 11 à 14 jours. Depuis la cure rapide, ces moyens et beaucoup d'autres ont été avec raison laissés de côté, ils n'ont donc plus qu'un intérêt purement historique.
Enfin, que ce soit chez des enfants ou chez des adultes, que la peau soit plus ou moins irritable, il faut toujours commencer le traitement de la gale par un bain tiède ou par des lotions sur tout le corps avec de l'eau chaude et du savon vert ou à défaut avec du savoi^ de toilette ; on peut aussi faire
laver le malade avec une solution de 100 grammes de souscarbonate de potasse dans 5 à 6 litres d'eau tiède.
A quel moment doit-on cesser le traitement de la gale ? En d'autres termes, quels sont les indices d'après lesquels on peut juger si le traitement d'un galeux est, à un moment donné, oui ou non suffisant, s'il faut cesser l'emploi des agents acaricides irritants pour commencer la médication consécutive simplement adoucissante?... 11 est bien évident qu'il faut continuer tant que l'on découvre des sillons. Mais en même temps qu'ils ont disparu, on constate aussi, en interrogeant sur ce point le malade, que la démangeaison proprement dite a disparu (celle des nuits surtout) et qu'elle est remplacée par une sensation de cuisson, de brûlure qui est la conséquence de l'irritation produite par l'action excitante des parasiticides. Cette sensation se distingue du prurit intermittent de la gale en ce qu'elle est, elle, continue. Ces sensations cèdent, du reste, rapidement à quelques bains émollients ou même simplement à la cessation des remèdes employés pour détruire les acares. — Si, pour une cause ou l'autre, la gale vient à récidiver, on s'en aperçoit justement au retour progressif de la démangeaison spéciale, qui vient remplacer la sensation de cuisson.
Dès que ce changement est bien constaté, il n'y a qu'une chose à faire ; recommencer le traitement acaricide, en insistant plus que la première fois, sur les précautions consécutives destinées à détruire les germes d'acares, qui se cachent dans les vêtements. La récidive reste quelquefois locale, se limitant à des vésicules qui n'attaquent qu'une seule région, le poignet, le pénis, les plis interdigitaux. Dans ces cas, on peut se borner à une médication locale, circonscrite. Aube l'instituait de la manière la plus expéditive en déposant successivement sur chaque vésicule une goutte d'essence de térébenthine, qu'il ordonnait d'y garder jusqu'à complète évaporation.
810 AFFECTiOlNS PARASITAIRES.
Ces éruptions vésiculo-pustuleuses, qui surviennent ordinairemen après n'importe quelle médication, ne peuvent pas toujours être guéries pendant le traitement de la gale. M. le D'' Neumann a obtenu de bons résultats de l'application sur les parties malades de la pommade suivante :
Huile de cade ) ^ „„
h leur de souire ) ^^
Savon vert i ^ ,,-,
,, ... aa 40 grammes.
Onguent sunplc )
Suivant la forme, suivant surtout l'intensité de ces éruptions secondaires on variera les médications.
11 faut d'abord, à l'état aigu, multiplier les bains au son et à l'amidon, les cataplasmes féculents, les onctions avec la pommade au concombre. Plus tard, si l'éruption, ayant perdu son caractère inflammatoire, lend à persister, on peut alors, sans inconvénient et avec avantage, l'attaquer par les préparations de goudron (l'huile de cade) et par les pommades à l'oxide de zinc, au turbitli minéral.
S'il s'agit de pustules ecthymateuses, de nodosités volumineuses rouges, provenant d'une pression prolongée, d'une profession sédentaire, ou de vêtements trop serrés il faut les panser avec des compresses imbibées de la solution suivante :
Potasse caustique 5 grammes.
Eau commune 500 »
Des bains tièdes, des lotions avec l'eau froide suffisent pour guérir les excoriations que les malades se font en se frottant. Toutefois il faut éviter de prendre des bains à une température trop élevée, car ils agissent souvent alors comme irritants de la peau, donnent lieu à de la démangeaison et à des poussées cutanées eczématoïdes.
Avant de terminer ce qui a trait à la médication anti-psorique, un dernier point nous paraît utile à examiner. Aujour-
PHTHIRIASE. 814
d'iiui, avec le traitement rapide, le galeux est bien débarrassé de sa maladie, mais cela ne suffit pas, parceque retournant dans son ancien logement et dans le même lit, il est exposé à une nouvelle contagion, soit par le contact avec son ancien camarade de lit, soit par la présence d'acares encore adhérents à ses draps.
Pour remédier à cet état de choses il faudrait que l'administration hospitalière s'informât des conditions dans lesquelles vit chaque malade et fit bénéficier de la thérapeutique médicale, non-seulement l'individu qui se présente à la consultation gratuite, mais encore toutes les personnes qui vivent avec lui. Ce qui est vrai et utile pour la famille l'est également pour les ateliers. Dès qu'on a observé un cas de gale, on devrait dans l'un et l'autre cas, soumettre à une visite rigoureuse, soit les membres de la famille, soit tous ceux qui travaillent en commun. C'est en organisant les mesures nécessaires pour atteindre tous ceux qui ont pu être contaminés par un galeux que l'on arrivera, surtout à l'aide du traitement rapide, à faire disparaître cette désagréable et souvent douloureuse affection.
PHTHIRIASE
Trois espèces de poux peuvent vivre sur la peau de l'homme; ce sont le pou de tête, le pou dît de corps et le pou du pubis.
1° Pou de iète {pediculus capitis). On le rencontre principalement chez les enfants, sa présence donne lieu à des démangeaisons plus ou moins vives, suivant le nombre des insectes ; démangeaisons qui paraissent tenir bien plutôt à leurs mouvements qu'à l'aiguillon dont ils seraient armés. Ils sont remarquables par la rapidité de leur multiplication. Leuwenhoeck a calculé que deux femelles pouvaient produire dixhuit mille œufs en deux mois.
Parfois, sous la double influence des poux et des grattages
Slf> AFFECnO>"S PARASITAIRES.
il se produit des éruptions de diverse nature. Ces éruptions.
eu général eczémato-impétigineuses. s'observent notamment chez les enfants lymphatiques ou scrofuleux.
La présence sur le cuii' chevelu de poux nombreux occasionne presque toujours une iuHanimation suivie de sécrétion séro-purulente qui agglutine les cheveux. On rencontre aussi fréquemment des pustules d'eethyma, des furoncles, etc.
Le pou de tète a son siège exclusif à la tête; chez quelques malades, on en voit aussi à la nuque.
Traitement. — Avec des soins de propreté, des peignagcs réguliers, et en tenant les cheveux coupés court, on fait en général disparaîb'e rapidement les poux de tète. Toutefois quelques auteurs, notamment M. Devergie, ont appelé rattention sur le danger quil y a, dans certains cas, à supprimer la maladie pédicuiaire chez l'enfant. Cet auteur a vu « la mort sm'venir chez deux enfants, et cela dans l'espace de six à huit jours, pour avoir coupé les cheveux d'enfants atteint* de maladie pédicuiaire ». Aussi, notre savant confrère recommande-t-il de ne couper les cheveux qu'avec les plus grandes précautions, la sixième oula cinquième partie de leur longueur et de répéter cette opération seulement tous les deux ou trois jours et même, chez les jeunes enfants, de se borner à des soins ordinaires de propreté !
Une fois les cheveux coupés, on fera des onctions avec de laxonge. avec de l'huile, avec différentes pommades :
AxoDire. 50 srammes.
Carbonate de potasse 2 »
(Devergie.)
OU des pommades au calomel, au précipité blanc, etc.
On lavera en même temps la tète de l'enfant tous les jours soit avec de Teau alcaline :
Eau 500 gi-ammes.
Carbonate de sonde 10 »
(DeTergie.)
«oit aTec des solution sulfiizeiise, phàrâqoée, de iM.-r-fttr>riire hydrarçrriqae. etc. Llmîle de eade|Mice en mtdâaBS est an des meifleurs moyoïs que l'oii poisse empleyer^ eDe éfile soQTent de couper les ehereas: |iXâîIler)i.
Enfin on sanpondrera k t^e arec le eakno^ la ^^fhfsâi^re ou d'antres pondres mseebodgs.
2* Pon de eorps {pedicuïus vt^meviiGfrmm sem corporis). On l'obserre sur tontes les parties dn ecsps dL saawsBl aasâ dans les plis des Tètements, noEanupeat an e&l de la chemise. De même cpe le pedieahis e^itk quitte raEeoisiit la tète, de nièine le pedienlns easpons ne s'^égaie jamais daos les eheTens. On le reoeontre ptineipakiBeift diez les ^eas àaés. placés dans de mauvaises eosdîticMK ii|^iâiiqiies. dams les prisons, les logements ^leomiMiêSr ^ qui w^Hgait les soins de propreté, etc. Bans ees etmdiiMms les jiemsi se déieloppent et se muItiplLent aree nœ grande npid^. ^nssi n'est-il pas rare alors de les Tear ^nahir la jKesqne tiiÈdilé du ec»rps. Cest surtout à cette péâede de la Tnabdie qœ doit sâppliqper en réalité le terme de mal p@£enlaiie «hi de phtiiiriâsê. La présence de ces pariâtes air la peau à:z:Lz lieu à des démangeais^aK détpffnînant le graffiaige et des émptions de di"S"erse natore : arytbémateiKes, pmmgr^ - -- f :' ljmatenses. etc. Le prurigo pédienlaïre ne s-^ra:: ; - - —-lques auteurs, qu'un prungo mhereat ^ t ^ i : - i : x.
tandis que d^iprès d'autres damateloigistes i arfecti : z . i : ^^ r serait la première en date et les poux. ir^ziiT? r :" : : Itz: -r multipliait sur un tégomeiit aîiKÎ zz -- 5- i^ ezir m milieu propice à leur habitatizz i; : ; :r t :___i-
tion.
Traitement. — Les bains sulfiaorCTii. les finz: j :: :i- : z ;brées, la 'poudre de staphysaigre sont les reziT:— — .efficaces. Suivant Er. ^Vîlson. les pedietûi cs^por : z; Todorat déUc-at : aussi cet auteur reconoBaiide-t- z fait usa^e des pommadas, d'y încorpiM-»- na pe^z.
j;U AFFECTIOiNS PAUASIÏAIUES.
comme le cann)lu'e ou la lavamle, pour atlirer à leur peilo i^es hôtes ineomuiotles.
Touterois, quand leur préseuee est liée à uu mauvais étal oéuéral, il est souvent très-diflieile d'en triompher ; dans ees conditions ils repullulent avec une ténacité désespérante. Aussi Tune des plus importantes indications, dans ce cas, est-elle, tout eu ayant recours aux parasiticides, de relever la eonstitutiou par tons les moyens possihies.
5* Pou du pubis {pcdîculus pubis, vulgo worpiou). Cette espèce de poux se rencontre dans toutes les régions où il y a des poils : an pubis, aux aisselles, sur la poitrine, dans la barbe, etc. Ils adhèrent très-iutimeuuMii à la peau, suriout à lu base des poils où il est parfois assez difficile de les apercevoir. Aussi voit-on qnehpurlois des malades que, à uu exanuMi superlîciel. Ton avait considérés connue atU^inls de prurigo ou d'une autre alTection cutanée, guérir par le traitement simplement local, qui les débarrasse de leurs pcdiculi pubis.
Ainsi nuVonnus pendant longtenqis ils peuvent se répandre sur toute la surface cutanée on du moins dans toutes les régions pileuses; du pubis remonter jusqu'à rombilic; se cacher dans les plis génito-cruraux, etc. L'erreur, dans quelques cas, peut être d'autant plus faeilemeat commise, si l'on n'explore pas avec mie attention suflîsante, que leur présence s'accompagne souvent, outre les démangeaisons ([ui existent toujours, de petites taches ronges lesquelles sont constituées par la matière fécale du morpion, qui se trouvent confondues avec les poils et présentent alors une certaine analogie avec les croûtes sanguines caractéristiques du prurigo.
La présence du pédiculus pubis provoque souvent des démangeaisons très-vives, féroces^ ; aussi la peau porte-t-elle
' Un caraclôrc couslanl et sis;uitu'atit' de ces (lémangoaisans osl qu'elles no se roiil pas sentir constanunont, mais eessent, île temps on tomps, oomplétemoni, pnis reparaissent à eertaines heures de la jonvnéo, on l'absenee de tonte eanse loealc on générale (antre que les mœurs des pcdiculi) qni pnisse on expliquer le retour. — (Diday.)
l'FITIlIlVlASE. 81 :>
loiijours (J(!S traces, non (Joulcusds, de l'action (J(!S onj^lrîs. iJc <(;tt(; doul)lc cause d'irritation rcsultfint «juoirjuc, alTcctiojjs cutanées artificielles :érytlièrnc, lidien, etc., qui se dissi|)ent racilcnient mie fois la cause disparue.
Traitement. — Le traitement des poux du puijis est trèssimple, des frictions ou des lotions mercuriell<!S en tiiomplient toujours raj>idemeiit. S'ils étaient répandus sur de grandes >ui laces du cor])S, il laudrait avoir recours à des bains de suhlirné (15 à 16 grammes par bain); deux ou trois bains au plus suffisent pour les détruire.
M. JJiday nous communique sui ce sujet la noie suivante:
« .b; ne jMiis j;artager l'ofiinion très-répandue que la destruction des pediculi jtubis est toujours une cliose facile. C'est là uji préjugé contre lequel je ne songerais j)as à protester si, en même temps que la confiance, il ne risquait d'engendier l'incurie. C'est d'ailleurs notre tendance instinctive à Jious médecins, que de nous leurrer d'un succès assuré dès (jue jious avons pu mettre la main sur ui\ agent médicamenteux dont les jjropriétés paraissent «;ontraires à celles que nous supposons aux causes de la maladie. Tels sont les parasiticides qu'on oppose aux maladies parasitaires. La ténacité du l'avus, de l'herpès tousurant, la persistance, les fréquentes récidives de ces affections malgré l'emjjloi des agents réputés destructeurs de l'achorion. et du tricbophyton ont déjà, parmi les praticiens, dissipé plus d'une illusion à cet égard. Le tout t;st de savoir ernplr>yer le spécifique.
« Pour m'en tenir au pediculus j)ubis, si je l'ai vu assez souvent céder avec facilité, je dois dire que plus d'une fois il résiste et désole les malades par ses retours d'autant plus ennuyeux qu'ils succèdent à des périodes de trois ou quatre jours pendant lesquelles, grâce à un traitement à peu prés suffisant, le prurit avait diminué au point qu'on pouvait se croire guéri.
816 AFFECTIOISS PARASITAIRES.
« Ici le secret consiste en deux points : l'emploi méthodique des frictions et les soins de propreté consécutifs.
« Les morpions se multiplient rapidement, il est vrai, mais leur génération procède par couvées successives. Or, ce n'est que vivants, que éclos, qu'ils sont accessibles à l'action des substances médicamenteuses qui les tuent : leurs germes, leurs larves échappent à cette action. Par conséquent, si vous vous bornez à une seule friction, quelque soigneuse qu'elle soit, elle pourra laisser intacts un certain nombre d'œufs qui, éclosant ensuite, régénéreront la race et reproduiront peu à peu la maladie. Pour obvier à ce danger je formule :
a User 50 grammes d'onguent napolitain en trois frictions ; l'une faite à sept heures du soir, la deuxième en se mettant au lit (vers onze heures), la troisième le lendemain matin.
« Eviter de vous essuyer dans l'intervalle. — Trois heures environ après la dernière friction, aller prendre un bain dans lequel vous vous nettoierez complètement avec du savon.
« Une fois la destruction faite des poux qui adhéraient aux poils, il faut enlever ceux qui se cachaient dans le linge et les vêtements. Changer complètement, après le bain, le linge de corps et de lit est une précaution nécessaire. On devra retourner le pantalon et le brosser soigneusement à l'intérieur, surtout au niveau des coutures. J'ai vu des cas où il fut nécessaire soit d'en changer, soit de le faire passer au soufre par un dégraisseur, pour pouvoir obtenir la guérison d'une infection pédiculaire qui persistait en dépit de la minutieuse observance des règles ci-dessus. »