‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 49 sur 58 · INDÉTERMINÉS · texte numérisé non relu

INDÉTERMINÉS

PITYRIASIS CAPITIS

Jusqu'à ces derniers temps la variété susnommée de pityriasis était considérée comme une forme simple de cette affection. Les travaux de M. Malassez tendent aujourd'hui à faire admettre la nature parasitaire de la maladie. Nous pensons cependant que les spores trouvées par cet habile observateur ne jouent ici qu'un rôle secondaire et ne sont pour rien dans l'étiologie de l'éruption. Toutefois nous avons cru, en raison de la présence du cryptogame, devoir rapprocher cette forme du pityriasis simple, de la pelade dans laquelle le rôle du parasite n'est pas encore non plus parfaitement démontré.

Comme groupement, les spores observées par M. Malassez se rapprocheraient de celles du microsporon furfur; mais

mvi;i.\sis cAi'iTis. 807

elles sont d'un volume beaucoup moins considérable et jusqu'à présent on n'a pas trouvé de mycélium.

Cbez les individus atteints de pityriasis de la tête, le cuir cbevelu présente une sécheresse habituelle, et l'épiderme s'exfolie sous l'aspect de petites squames minces, très-sèches, analogues à des pellicules de son. Ces pellicules tombent très-facilement; les vêtements en sont presque toujours recouverts au niveau du cou. Chez quelques individus, cette desquamation épidcrmique entraîne la chute des cheveux et amène graduellement une alopécie partielle, be pityriasis s'accompagne presque toujours de démangeaisons assez vives.

Il ne faut pas confondre cette forme de pityriasis avec la desquamation furfuracée qui caractérise la dernière période de l'eczéma et dont il a déjà été question.

Comme traitement, iM. Malassez recommande surtout l'emploi d'une pommade au turbith :

Beurre de cacao \

Huile de ricin ■ m '20 grammes.

Huile d'nmandes douces )

Turbith minéral \ t

Matin et soir, onctions sur le cuir chevelu. Trois fois par semaine, savonnage de la tête. 11 est préférabh; de faire tenir les cheveux courts et de brosser fortement la tête pour détacher les pellicules. Au début il se produit une exagération de la chute des cheveux, mais ce n'est là qu'un phénomène temporaire et les cheveux repoussent ensuite facilement sous l'influence de ce traitement.

Une fois les squames tombées, on peut avoir recours à des lotions ou à des pommades excitantes (V. Alopécie), pour favoriser la pousse des cheveux; mais, en l'aisonde la sécheresse du cuir chevelu, il est préférable d'emjiloyer un corps gras contenant des principes toniques plutôt que des lotions alcooliques, à moins de faire suivre ces dernières d'une application de pommade.

M. Lailler a obtenu aussi de bons résultats de l'usaiic du bois de Panama (200 grammes pour un litre d'eau), qu'on fait bouillir dans l'eau jusqu'à réduction d'un quart; on passe, on laisse refroidir, pour frictionner, une fois par semaine, le cuir chevelu. Si les cheveux tombent beaucoup et surtout si le malade est un homme, on fait couper les cheveux très-courts. Dans ce cas on ajoute au traitement des frictions renouvelées matin et soir avec le baume opodeldoch ou mieux encore avec la teinture excitante (V. p. 785).

Dans ces derniers temps, M. Martineau a conseillé les solutions chloralées qui lui ont donné des résultats excellents :

Eau. : 500 grammes.

Hydrate de ctiloral 25 »

Deux cuillerées à bouche dans un demi-verre d'eau tiède en frictions sur le cuir chevelu.

Le chloral dans ces cas agit comme parasiticide, mais surtout comme modificateur de la surface cutanée et en provoquant un certain degré d'irritation dans les follicules pileux.

Sous le nom de pelade^ porricjo decalvans, de Batenuin, alopécie areata, des auteurs allemands, on comprend aujourd'hui une affection des parties pileuses qui, à sa période d'état, peut se présenter sous deux formes différentes.

Dans un cas, c'est une surface glabre, d'un blanc laiteux, éburnée , circonscrite, arrondie; sur ces plaques et à leur périphérie on observe quelques rares cheveux, courts, renflés en massue, non friables, s'arrachant facilement et présentant alors une racine atrophiée, déformée; — pelade achromateuse , de M. Bazin. C'est à cette affection que ce dermàtologiste a rattaché ce qu'il appelle la teigne tondante pseudo-pelade.

Dans le second cas, la lésion se traduit par de larges surfaces dénudées, à bords irréguliers, envahissant rapidement

les parties voisines et amenant dans un laps de temps trèscom't une calvitie complète; — pelade décalvante . Dans cette dernière variété, les poils tombent très-vite, par mèches ou d'une manière diffuse et sans avoir présenté d'altération appréciable.

La pelade est quelquefois précédée de fourmillements, de chaleur, d'un léger prurit.

L'évolution de cette affection peut durer de quelques jours à une année ; parfois la perte totale des cheveux a lieu dans l'espace de une à deux semaines.

Elle peut envahir toutes les parties velues ; le plus ordinairement elle a son siège au cuir chevelu, où elle forme une ■ou plusieurs plaques de la dimension d'une pièce d'un franc à celle d'une pièce de cinq francs et plus. — La forme achromateuse est beaucoup plus fréquente que l'autre. '

Quelle est la nature de la pelade? D'après M. Bazin, ce serait une affection absolument parasitaire, caractérisée par la présence du microsporon Audouini. Les auteurs allemands, américains et la plupart des dermatologistes anglais rejettent ■€ette opinion. En France, on admet généralement le parasitisme de la pelade.

Il est incontestable qu'on trouve quelquefois des spores dans les squames épidermiques des plaques peladiques ; ces spores ne se trouvent jamais dans l'intérieur des cheveux, toujours à la surface (Lailler) .

Ces spores sont-elles la cause de la maladie ou bien le champignon est-il un produit morbide, ainsi que l'admettent les auteurs qui considèrent la pelade comme un simple trouble de nutrition, une trophonévrose ? Il est encore impossible de se prononcer dans l'état actuel de la science ; des recherches plus précises sont nécessaires pour élucider ce point capital. Cependant il est certain qu'on trouve des spores; mais il •6st vrai d'ajouter que dans bon nombre de cas on n'en Tencontre pas; quant aux faits de contagion ils n'ont peut-

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être pas été recueillis avec une assez grande exactitude, ils ne sont pas assez précis pour permettre d'affirmer la contagiosité de la pelade. Et puis combien de fois n'a-t-on pas observé des exemples de non contagion dans des conditions où il est inexplicable qu'elle ne se soit pas produite? A Saint-Louis, à l'Antiquaille, la teigne tondante se transmet dans les salles des teigneux avec la plus grande facilité, la pelade jamais. Une autre objection non moins sérieuse est que la pelade n'est pas inoculable, du moins les expériences faites par ÎM. Ilorand tendraient à le démontrer, tandis que l'on a inoculé avec succès le favus et le tricliophyton, ainsi que le prouvent les expériences faites à Lyon par MM. Saint-Cyr, R. Tripier et Gigard, Horand, Couche, etc.

Traitement . — M. Bazin emploie l'épilation, puis des onctions avec la pommade au turbith. Mais « on n'épile pas l'ivoire », a dit avec beaucoup de justesse M. Bergeron; aussi la plupart des dermatologistes ont-ils renoncé à ce mode de traitement.

M. Lailler emploie la rasure suivie des frictions excitantes (Voy. p. 785).

M. Yidal obtient aussi de bons résultats de l'npplication des vésicatoires sur les surfaces dénudées; mais on doit, croyonsnous, réserver ce moyen pour les cas où l'affection est limitée.

M. Ernest Besnier rejette également l'épilation, selon lui, tout à fait illusoire. Voici comment il opère :

S'il n'y a qu'une seule plaque de pelade, il fait raser les cheveux dans l'étendue de deux à trois centimètres tout autour de la partie malade. Aussitôt après la rasure on lotionne avec la solution de sublimé (1 gram. sur 100 gram. d'eau distillée). On renouvelle la rasure tous les trois ou quatre jours. Dans l'intervalle, la tête est lavée en entier, tous les matins, avec du savon mou de potasse purifié par l'alcool ; tous les soirs on fait sur la partie rasée une application de pommade au tur-

Jjitli(i gram. sur 50 gram. d'axonge). Si les plaques sonl multiples, ou même s'il s'agit d'un sujet du sexe masculin n'ayant qu'une seule plaque, le procédé le plus sûr consiste dans la rasure complète de la tête, seul moyen qui permette de surveiller exactement l'état des parties malades, et qui facilite singulièrement l'emploi des applications ci-dessus indiquées.

Enfin, si les conditions particulières du sujet le permettent, on accélère considérablement la guérison en donnant des douches en pluie, simples ou sulfureuses, sur la partie atteinte et en soumettant le malade aux préparations de fer, de quinquina et à l'huile de foie de morue.

Les auteurs qui repoussent d'une manière absolue la présence d'un parasite se bornent à des applications excitantes sur le cuir chevelu afin de provoquer l'irritation des follicules pileux. Dans ce but, on a proposé les lotions de sublimé, d'acide phénique, le goudron, l'alcool de térébenthine, une solution concentrée d'ammoniaque (Duckworth), la teinture de colchique, d'aconit, de cantharide, etc. (10 à 40 goulles pour 50 grammes d'alcool), etc. M. Horand recommande dts applications d'huile de croton, qu'il emploie de la manière suivante :

On applique sur la plaque peladique un morceau d'amadou imprégné légèrement d'huile de croton, on le fixe avec un bandage et on laisse le tout en place jusqu'au lendemain ; on constate alors une éruption pustuleuse plus ou moins confluente sur la surface de la plaque et à la périphérie. Les jours suivants, on fait une onction avec l'huile d'amandes douces, si la peau estexulcérée; dans le cas contraire, on laisse l'éruption suivre son cours naturel. Une fois l'éruption guérie, on renouvelle l'application d'huile de croton et on continue jusqu'à ce que les cheveux repoussent. Lorsque la pelade commence à entrer dans la période de guérison on peut remplacer les pansements ci-dessus par des frictions avec un mélanine d'huile de croton

€t d'huile d'amandes douces (huile de croton 10 grammes, huile d'amandes douces 50 grammes), dont l'action serait alors suffisante pour produire l'irritation des follicules pileux . Mais cette méthode est passible des mêmes reproches que le thapsia et les vésicatoires; on ne peut y avoir recours que lorsque les plaques sont peu nombreuses et occupent des espaces limités; dans la pelade décalvante elle serait d'une application difficile, voire même impossible.

En résumé, le traitement repose principalement sur l'emploi de topiques excitants ayant tous pour but de déterminer un certain degré d'inflammation, d'irritation du cuir chevelu et des follicules pileux. Ce qu'il importerait de connaître, c'est non-seulement quels sont de ces topiques ceux qui amènent la guérison dans le temps le plus court, mais encore ceux qui mettent le plus à l'abri des récidives ; car les récidives de la pelade ne sont pas rares et surviennent quelquefois longtemps après la guérison (une ou plusieurs années) .

La durée de la pelade esl très-variable, de deux mois à des années. La guérison est la règle, mais il arrive quelquefois que sur un ou deux points du cuir chevelu il reste, sans qu'on puisse en connaître la cause, de petites plaques d'alopécie définitive, et ceci de préférence à la nuque.

DANS LE TRAlTEMEiNT DES MALADIES DE LA PEAU.

Les eaux minérales, appliquées au traitement des maladies de la peau, ne trouvent leur emploi que dans celles de ces affections qui ont un caractère chronique et particulièrement constitutionnel. Elles excluent les éruptions cutanées accompagnées de phénomènes fébriles plus ou moins intenses, sous la prédominance d'une cause générale de nature spécifiée, telles que la rougeole, la scarlatine, la variole, etc. 11 en est de même des éruptions symptomatiques de certains états morbides aigus (herpès labialis, sudamina, purpura). Dans les simples inflammations locales, parmi lesquelles se rangent l'érythème, l'urticaire, l'ecthyma, les furoncles, le pemphigus, elles n'interviendront qu'en dehors de la période d'acuité et pour combattre les prédispositions qui entretiennent le retour ou l'intensité de ces affections. Pour les cmicroïdes de la peau ou les différentes formes de cancer propres au tégument externe, il ne saurait être utilement question des eaux minérales, s'agît-il même des plus minéralisées. Nous en dirons autant des maladies parasitaires (gale, sycosis parasitaire, herpès circiné, favus, etc.), où l'indication principale il pour objectif la destruction du parasite. Les macules et les -difformités de la peau, soit congéniales, soit accidentelles, ne s'adressent pas non plus à ce mode de traitement, sinon par ^exception. L'ichthyose se modifie momentanément sous Fin-

tlueiice des eaux minérales, mais l'action de ces dernières ne parait pas être beaucoup plus durable que celle des bains ordinaires. Quant aux affections culancesqui ne s'observent |)as dans nos contrées (lèpre turberculeuse, pian, bouton d'Alep, etc.), les renseignements de médecine thermale font défaut à leur sujet. Il existe seulement des exemples d'amélioration recueillis dans certains cas d'éléphantiasis, traités par les eaux sulfurées et chlorurées.

Ce sont les affections génériques de la peau, celles dépendant des trois unités diathésiqnes, la dartre, la scrofule, la si/pliilis, et auxquelles M. Bazin a joint Varflii'ilis, qui relèvent le plus immédiatement de l'action curative des eaux minérales. Nul doute que l'importance thérapeutique des eaux naturelles et que leur appropriation ne résultent de la résistance fréquente des dermatoses aux médications ordinaires et de la double influence qu'on est à même d'exercer, en pareil cas, sur les états constitutionnels d'origine et sur l'évolution symplomatique elle-même. Cette caractéristique, judicieusement formulée parM. Durand-Fardel \ nous dispense de l'examen des propriétés de spécificité assignées à différentes classes d'eaux, et qui ne peuvent l'être qu'en vertu d'une systématisation théorique.

Les eaux minérales mettent à notre disposition leurs propriétés électives d'une part, c'est-à-dire celles des principes minéralisateurs qui déterminent leur composition chimique, et de l'autre, ce qu'on entend par effets dijnamiques, inhérents aux divers procédés balnéaires ou autres, dans la pratique des établissements thermaux. A ces éléments s'adjoignent les. conditions hygiéniques des diverses stations, éléments qui, pour ne paraître qu'accessoires, n'en contribuent pasmoins aux résultats du traitement.

Réduire le rôle des eaux minérales dans la cure des der-

*■ Diiraiid-Fari.lel, Trailr pratique des nialadicR clironiqncs, t.I, p. 283.

DES EAUX MINERALES. Sif)

inatoses à une simple action topique, basée sur ce que le l)aiii d'eau ordinaire, répété ou prolongé méthodiquement, suflît pour ramollir la surface cutanée et modifier ainsi les produits anormaux: de sécrétion qu'elle comporte, ce serait aller contre l'expérience la plus vulgaire. Il est certain que l'usage interne des eaux médicinales entre [»our une majeure [lartie du traitement, auprès de beaucoup de sources, où la tradition, d'accord avec l'observation, attire un si grand concours de dartreux ou de malades affectés d'éruptions chroniques d'un autre ordre. C'est à l'aide des effets tantôt altérants , tantôt reconstituants, bien souvent dépuratifs, des diverses eaux administrées à l'intérieur suivant une formule rationnelle, qu'on agit sur l'état constitutionnel ou diathésique prédominant. — Est-ce à dire qu'il soit toujours possible de préciser l'intervention physiologique ou thérapeutique de tel ou tel élément minéralisateur d'une eau minérale? Personne ne contestera cette difliculté d'appréciation, mais elle est commune avec beaucoup des actions médicamenteuses dont protite l'art de guérir. Et ce n'est pas seulement l'ingestion [)ar l'estomac, l'inhalation dirigée sur la muqueuse des voies aériennes, qui soulèvent des problèmes encore insolubles ou manquant de ce caractère de rigueur et de simplicité qu'on souhaiterait trouver en matière médicale. Les phénomènes relatifs aux fonctions absorbantes de la peau dans le l)ain n'ont donné jusqu'ici que des résultats d'expérimentation très-contradictoires ; toutefois, à en juger par la clinique thermale, il n'est pas permis de considérer l'action du bain sulfureux, alcalin ou salin, comme un moyen purement hydrotliérapique. On a pu arguer en faveur des effets de ces bains minéraux que, par suite de Timmersion poursuivie avec persistance et méthode pendant une série non interrompue de jours, l'imbibition de la couche épidermique communique à la peau de nouvelles conditions de vitalité et d'endosmose, qui, au bout d'un certain temps, facilitent le passage des principes miné-

ralisateurs du bain dans le torrent circulatoire. Le développement de courants électriques produits dans ces circonstances favorise peut-être cette action'. De même que nous ignorons d'une manière précise le mode de transport dans l'économie de l'iode, de la belladone, à la suite d'applications externes de teinture ou d'extrait aqueux sur la peau intacte, il faut bien accepter les effets observés sur les malades dans les établissements thermaux, tant au point de vue physiologique qu'en résultat final de la cure, et qui sont assez généralisés pour qu'on doive en tirer parti.

Le bain général , d'ailleurs , envisagé abstraction faite de l'usage des eaux eu boisson, offrira des différences de propriété et d'action , suivant sa thermal! té et sa composition, soit d'après sa durée, son alimentation à eau courante, et son emploi en piscine ou bain commun, au lieu de la baignoire isolée. Plus ou moins chaud , il impressionne à des degrés variés cette vaste surface tégumen taire qui , non-seulement alors représente un agent de révulsion circulatoire et nerveuse, mais encore tient de son état morbide une modalité particulière et essentielle à considérer. Avec les eaux sulfurées, selon qu'elles sont plus ou moins stables dans leur composition et qu'un dépôt de soufre plus ou moins abondant , produit de leur altération, recouvre la peau du corps plongé dans le bain , ou selon qu'elles contiennent en dissolution une notable quantité de matière organique, barégine ou autre, ou qu'au contact de l'air le sulfure de sodium qui les minéralisait primitivement s'est transformé en hyposulfites et les a réduites à n'être plus qu'alcalines en quelque sorte, les effets obtenus par rapport aux dermatoses seront trèsdistincts. La présence du chlorure de sodium soit seul, soit associé à l'hydrogène sulfuré, même avec un bain tempéré, peut occasionner une stimulation cutanée, produisant au

1 Le Bret, Manuel mcdtcal des eaux niin., p. 59.

delà de certaines limites un éréthisme vasculaire et nerveux qu'il importera de modérer. Les bains alcalins , proprement dits , délivrent la peau de son enduit sébacé et des squames qui l'embarrassent. En cette propriété réside un mode utile de lixiviation qui a fait regarder les eaux bicarbonatées sodiques comme étant sédatives dans le traitement des affections cutanées. Encore convient-il de se prémunir à propos de l'usage externe de ces eaux contre l'excès d'acide carbonique qu'elles peuvent renfermer à leur point d'origine et dont l'action excitante serait à redouter. Quant aux eaux à minéralisation simple , c'est principalement par rapport aux procédés de leur emploi qu'elles intéressent notre thérapeutique ; il suffit de rappeler, avec M. Guéneau de Mussy, que les bains minéraux ont pour effet commun et immédiat de modifier l'action cutanée, de la solliciter et de la régulariser, et que le massage du tissu dermique, obtenu au moyen des douches, non-seulement stimule les fonctions de la peau, mais encore développe très-efficacement l'impressionnabilité nerveuse à la périphérie ^

Un fait assez général dans l'application des eaux minérales^ au traitement des maladies de la peau a de tout temps fixé l'attention des praticiens, à savoir qu'elles fournissent en bien des cas une médication substitutive par excellence. Leur action topique, en effet, combinée avec l'excitation que certaines d'entre elles impriment à l'organisme , peut provoquer une recrudescence plus ou moins prompte, plus ou moins intense, de la phlegmasie cutanée , qu'on est dans l'obligation d'atténuer ou de surveiller chez un grand nombre de malades, mais dont l'apparition ou la répétition ne compromet jamais le succès de la cure, à la condition d'une prudente direction. La nature et l'appropriation des eaux, la forme de la lésion tégumentaire, la susceptibilité de la peau, les dispositions du

' M. Guéneau de Mussy, Traité de l'angine gland. lutrod., p. xxxix

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compensation et de balancement par rapport à îa plupart des autres émonctoires, ressort avec évidence l'utilité des facteurs empruntés à l'hydrologie médicale.

En ce qui concerne les indications curatives des dermatoses vis-à-vis des eaux minérales, il serait impossible de les formuler d'une manière générale. Elles se déduisent en majeure partie des circonstances étiologiques, dans lesquelles, si un état constitutionnel ou diathésique prime les antécédents du malade, il arrive souvent que l'action des états secondaires ou acquis marque et détermine le caractère propre de l'affection. L'âge, le tempérament, les habitudes de la vie, les écarts de régime, les occupations, les professions, etc., constituent autant de causes d'épigénèse, avec lesquelles on est forcé de compter en pratique, et il faut reconnaître nécessairement que les états mixtes, dans la clinique thermale des maladies de la peau, sont de beaucoup plus fréquents que ceux à caractère franc et tranché de diathèses spéciales. On ne prescrira pas les mêmes eaux ni le même traitement aux lymphatiques, aux pléthoriques, aux individus doués d'une grande excitabilité nerveuse, à ceux dont il faut relever l'organisme débilité, bien qu'étant, les uns ou les autres, sous la dépendance d'un principe dartreux, sc^ofuleux, arthritique. En second lieu, il y a à prendre en considération, à cùté du cachet constitutionnel, la période d'acuité ou de chronicité de l'éruption morbide et surtout ses caractères distincts. En esquissant les propriétés extrinsèques des bains minéraux, nous avons déjà signalé cette intervention de l'action topique des eaux, relativement à l'état phlegrnasiquc de la peau. La forme des affections cutanées décide à un degré aussi important des résultats de la cure. C'est ainsi que les affections dartreuses humides sont plus promptemcnt et plus profondément modiflées que les affections sèches par les eaux sulfureuses, à propriété substituante, et que la guérisôfi des affections ulcéreuses relève beaucoup plus fré-

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•quemment des eaux reconstituantes, comme sont celles minéralisées par le cliorure sodique. Une irritabilité très-grande du tissu cutané contre-indiquant des fluxions inopportunes, les eaux thermales simples apportent leur contingent de sédation à l'inverse des précédentes.- Ajoutons que l'étendue, le siège des dermatoses font varier la résistance ou la régression, en pareils cas, comme il arrive de toute autre médication. De plus, les manifestations herpétiques ont des connexions avec les affections de l'enveloppe interne, c'e^t-à-dire des muqueuses broncho-pulmonaire, gastro-intestinale, urinaire et génitale, desquelles on ne saurait mettre de côté ni amoindiùr l'influence. C'est même en modifiant l'alternance et la liaison de ces états morbides que [l'action tantôt élective, tantôt révulsive des eaux minérales est appelée à triompher d'affections rebelles, qui se contre-balanccnt ou produisent de dangereuses métastases.

On ne doit donc pas faire un choix indifférent ou irréfléchi parmi les sources minérales qui conviennent aux maladies de la peau. La méthode la plus certaine consiste à spécialiser ces relations de remède à état pathologique, et c'est ce que nous nous proposons de faire, en passant en revue les diverses classes d'eaux minérales considérées d'après leur constitution chimique, et au point de vue de leur utilité thérapeutique et pratique.

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