‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 50 sur 58 · I. — EAUX SULFUREUSES · texte numérisé non relu

I. — EAUX SULFUREUSES

Les eaux sulfureuses ou sulfurées se distinguent suivant qu'elles ont pour base de minéralisation soit des monosulfuïes de sodium ou de calcium, soit du gaz acide sulfhydrique (hydrogène sulfuré), en eaux sulfurées sodiques, sulfuj'ées- •calcîques, et hydro-suif urées. A ces divisions principales il faut ajouter deux groupes, l'un comprenant les eaux sulfurées sodiques qui, par suite d'une altération au contact de l'air,

roiilicMiiiMiU :in Im'ii <Ic siiiriii-(> di' sodiiiiii, du ciii Im)ii:iIc, d*^ rii'ilHtsullilr, du suKilc cl du sulhilc de soude, c.iux dcsinuécii litui' à (oiir sous les d<''iinuMM;dioMS d'c.iux suHuiciiscs ili'Ufr ju'rrcs, inodi/ii'cs^ iiislahh's, cl (|U ou s ;i<'coi(lc ;"i cousidcTcr coiimir «''(,;ud, des eiiiix sul/inu'cs s()(liiiii('s~lii//i()sii{/il<'i's , Ir second :iy;inl IimiI .uix eaux :i eaiarlèce niixlc, <|u'(dles doivt'ul à ralliauee (Tuue nolald(> |ii'o|)(M-|ion de ehloiui'e de sodiuui el du dei^a^euieid de I liydrof^èuei snlluié ; <•(' soiil, les eaiit siilfiir('cs <•! chloi'iirccs soditiiics.

l'iii ^énéial, les sels à hase de soude doiniiieul. dans les eaux suHui'ées sodupies el les sels à liasi- alealino leiieuse ou (eireuse dans les suMuii'es eal(i(|ues. l/alealinil/': des <-au\ à l)as(^ de sidlnre de ealeiinn esl liieii moindre (|u<r dans e(dles tnni(''i'alis('-es |)ar le snlline de sodiuui ; loidclois dans les eaux les plus sulluices, le poids des suMures alealnis ne s'élèvii pas au-dessus de Kl ceuli^iaïuuies poiu° I kilo •^rauune d'<'au. La llieiiualilé d(^s «-aux sidliitées sodi(pies dépasse de heaueoup celle des suHur('M's ealcupies, sans pai'ler de la diriV-renee (roii^iiie soiileiiainc. l'iuliu, il ne l'aul pas uej^li^ci' la uialière. oii^anisée, han'ijinr, sKlfiirdii c, (/hil fine, el,e., qui se li(Mive en dissfduliou dans les eaux sullu l'ccs d'un eei'Iaiu noudire de slalions Hiciuialcs, parliculièr<^ UK'ul <l(t la e.lassc; des suII'uiVm^s sodicpitts, vl donl la participa lion à raclion lliéi'apeuli(pie deseaux ne seuihle pas douleuse, (pieltpu^ irrrpai lail.e (pie soil. eireot'c la dél.eriuinalron de ces suI»Hl,;nic(^s. M. I<illi(d a irrsislV' sur' ce (pie dans ces cairx, à (ôl('' des suH'iires cl des rrrali("'i('s oi-;^ani(pies, se rcuconli-eiil des silicates, des (•Irloriircs, Avs caili(»rral('s alcalrrrs, du lec, de Irode, du j:a/ acrde car l»orrr(pie, de l'a/.ole, en propoilioiis variiMis, d'ailhMii'H jxmi consi(l(''raldes ; rrrars ri lésullc de l'arra lysc: (pialil.ative, eonsi(l(''r'(''e, en elle rrieirre, (pre les eaux sullri r'eiises l'epresciilcnl un aj^iV'i^al rurrreral, donl. rroirs soirrrires err dr'ori de préciser' rapplrcaliou (rensenrldc arr\ usil^(!S llUM'apeii lupu's, srnori dans ses eleurenls de coiirposrlron pris isoleurenl.

IiKS K\liX MI,NKIt\l,l'S.

l/;illV>t'.'il)ilil,(> (le l)(>:iii(-iMi|) de soiirct-s siili'iiir<>s, ;iiiisi <|ir(iil le i'i>iii;ii'(|ii<' siirldiil, ;i (•cilnmcs (•;m\ de l:i <li;iiii(' des l'yiV- IMUIS, ;i «'le iiiv()<|iic<' |)oiir «'\|)li(|ii(;r' ItMif (>riir:)(-rl<'^ rncdi (';ilri<M>, (;ii |)trs<;ii(tr dcsiiiidiidirs dr la |H!iiii.()ii .1 sii|i|M)N('> (|iir 1,1 It'iiiislnt'iii.ilioii d<;s siilinrcs ni snlIil.i'H oX hyinisulliliiH l(^iii° (■(iiiiiiiiiMi<|ii;iil, d(;s |>ro|)ri('>lrH iioiivrdli^s. i\i\ (\u^'\\ y a à r(>|,(^ii!i' d.iMS l<;s |>lii'>il()lll(tII(fK d(; (l('t^('!ll<';r0S(;Cli('<^ doni il H'.l^ii,, (*/i;hI, (lii'.iii ronlacl. (If r.'iir l'vlV'rlciii' s'()|i<'>i'(> iiir dt'-|):ii'l d'Iiydro-iriM' HuiriiiV-, (|iii se drga;^(' an |ii'()lil: de riidialahoii <;a/,('iis(î, cl, en iiiniic l('iii|)s (|iii^ (tII,(> all/'ialiuii rniraiiir avec elle un d<'>|Mil, d'une r,(;rl,ain<; ijuanlilé de, s(Milr<>., Ircs-divis/;, doinianl. à l'eau un asjMici laileux, dit d(^ hliittchinu'iil . liCS l'.aux de Itafjfuères- (l<vIjU(tlion, <le llax, puni' e(> inolU' oui, été (jualili/tes (r<;an\ hl(in<lilss(Uili's ; on doil adnieUj'c l'aclion l(i|»i(|ue sni renve loppe h'^unienlaircr du sonlVe déixtsi'i de la soi'ltf e| l,(tnti en suspension dans l'eau du Itani, |)(;ndanl, à \h'H |)t'ès UniU'. sa durée;. Ka l'acililé plus ou moins grande av(!r, laquelle l'air se: rcMouvcdIe à la suiTace de l'eau peul, l'aifC! varier ces produits d'alléralion. La eliiniie n'a dil. son dernir^r mol, ni sur la ualiire, ni sur le mode <|it (tes nouv(dles comltinaisons. \r l'ail, pruli(|U(; de l.'i désuHiirjlion |)Ossil)l(; du liani :adrirn'u\ naturel d;ins (piehpies sl,al,ions n'en r(;sl,(; pas UKuns a('(piis el, consi- (l(''ral)le. (iejKtndanl, il (îhI, loin d'expli(|U(;r à lui seul les ellels de la uKulicalion HuHinuMise, HIU' l(! sysleme eul,an('î, dont, (dhî aeeroil, la vilalilr'' el, les l'aeulU'S d'(!xlialalion. i,(!S siilluniH alcalins, (tompos('-ss(duld(;s, el, non pas h; soui're; lui iiietiK^ eoiiinK; on l'a (îcnl, souv(miI,, soiiI seuls aples à moddier l'elal, morhide de la |>eau, en agissant, sur son mode de ron('l,ionii<;iru',llL D'ajueH diîH ol»H(!rval,ions aiiloriHiMiS, a; sonl, les (îaiix l(!S plus ric.licH (!ii Hiilliire de Kodiuni (|ui paraiHS(!iil, I(;h plus slaltles (;l doiil l'acMion curalivc; Hur htH d(;rinai,os(;s M'allirine davaiila;^(;. l/aclion d(!K eaux l,r("!H-all,(';rahI('s, de cidlftH (|iii blanchiHHcaiL par la piéc,i|)il,al,ioii du soiilVe, esl moins (lural)le, moins /•,tu:igi(|U(5, par(;e (prelles |»(;rd<;iil, um; |)ai l,i(t de l(Mir sullural,ion ;

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aussi conviennenl-cllcs dans un grand noml)rc de cas où il est nécessaire de se garantir conti'e l'irritabitité morbide et de n'user que d'une sulfuration pour ainsi dire inférieure.

Dans celte meute acception rentreront les eaux sulfureuses hyposullitées, qu'on a appelées également degcnétres et dont les Pyrénées-Orientales présentent des spécimens frappants. Elles ne possèdent ni l'odeur ni la saveur des eaux sull'ureuses; elles sont alcalines et très-chargées de matière organique. On ne peut pas nier que leur état particulier, résultat de la décomposition du sulfure alcalin, ne les rende très-applicables au traitement des maladies de la peau à forme érétliique.

Les eaux sulfurées calciques, contenant pins de principes salins et une quantité notable de sulfate de cliaux, sont plus stables que les sulfurées sodiques. Elles s'en différencient nonseulement par une faible alcalinité, mais encore par une température assez basse, qu'il faut élever à l'aide de moyens de calé faction. Le dégagement de gaz hydrogène sulfuré remplit parfois un certain rôle dans leur action ; mais, en général, les effets médicamenteux qu'on en obtient se traduisent par beaucoup moins d'excitation que de la part des eaux à base de sulfure de sodium et originairement thermales.

Ouant aux eaux hydro-su Ifurées proprement dites, c'est du. gaz sulfliydriquc à l'état libre tenu en dissolution que dépendent leur activité plus ou moins prononcée et leurs propriétés topiques, dans la cure des dermatoses.

A la présence du chlorure de sodium, chez plusieurs d'entre elles, s'attache un caractère particulier. . Les modes d'administration feront varier les résultats de la médication sulfureuse. L'usage interne de la })lu|)art de ces eaux s'appuie, on le sait, sur la décomposition d'une partie des sulfures qu'elles contiennent, sur la mise en liberté d'une quantité déterminée d'acide sulfhydrique, et sur l'élimination consécutive de ce gaz par les voies respiratoires et par la peau, tandis (ju'un excès de sulfates se retrouve dans les urines. Ces

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pliénomènc'S pliysiologi(ni('s, produits de rassiiiiil,iti(tri du composé solublc que loprôscntciit les cauxsuU'urécs, aboutissent, entre autres effets, à l'accroissement de la vitalité et des facultés d'exlialation du système cutané. Concurremment, les modifications de l'état général se traduisent, dans le plus grand nombre des cas, par un remonlement de l'économie, parfois accusé par des symptômes de surexcitation du côté de la circulation et de l'innei-vation, dans d'autres circonstances témoignant au contraire d'une hyj)osthénisation remarquable. L'action des bains se manifestera stimulante, substitutive, ou modératrice, suivant, comme nous l'avons déjà énoncé, la diversité de leur ap|)ropriation, et il en serait de même des autres juocédés d'eiiq)l(>i extc^rue, douches, étuves, etc., qui (;oncourent au traitement.

Les différences d'affections morbides, de sexe, d'âge, de tempérament, d'idiosyncrasie, etc, dont la thérapeutique* des maladies de la peau doit s'inspirer, échappent à toute règle inllexible. Combiner l'aptitude des eaux sulfureuses à modifier l'état constitutionnel prédominant avec les effets directs et toj)i(pies qu'cdics peuvent provoquer sur les parties malades, telle est la formule communément applicable à la diri.'cliondu ti-aiteiiK-nt des dermatoses par les agcvnts naturels. Cependant l'expérience nous fournit les enseignements suivants, qui intéressent la pratique^ :

En prenant pour ty|)es des eaux sulfurées sadiques des sources et stations de lia/ini'res-de-Luchon, de Ikiréfjcs, de (Umlercis et de Sainl-Sauveiir, on reconnaît (pie la forme des affections cutanées a une influence évidente sur les résultats curatifs de ces eaux. Les affections dartreuses Immides sont bien plus |)romptement et plus profondément modifiées que les affections sèches, et, parmi les premières, les affections unpéiigincuses ou suppurantes cèdent plus vit*!

* Annales de la Soc. hydrolofj. médec. de Paris, t. XIII, XIY. — Cotainmiic.-itrions de MM. Le liret, Lambron, Charmîisson, clc, passim.

et plus radicalement que les dermatoses donnant de la séiosité (Lambron). V eczéma est l'affection la plus justiciable de l'emploi méthodique de ces eaux ; elle peut passer aussi pour la plus fréquente qu'on ait à traiter.

D'une manière générale, il reste sous-entendu que l'état franchement aigu de l'éruption, chez les eczémateux, contrcindique la médication sulfureuse et thermale, tirée des eaux que Pâtissier désignait comme étant fortes, ccWes de Barég es, par exemple, opposées aux eaux dites faibles de Saint-Sauveur. Il ne peut s'agir, en pareil cas, que de la forme chronique, marquée tantôt par la desquamation, l'épaississement, ou l'amincissement et le brillante de la peau, tantôt avec des traces de suintement séro-purulent, des exulcérations superficielles, une teinte rouge cutanée, etc. Si, à l'arrivée du malade, les fatigues du voyage, le changement d'air, d'habitude, de réo'ime, ont déterminé une sorte de recrudescence dans les symptômes de l'eczéma, il est élémentaire de calmer cette acuité temporaire par le repos, des moyens émollients, les bains simples, ou peu sulfurés et tièdes. avant d'entreprendre la cure spéciale. Dans les stations, où, comme à Bagiières-de- Luchon, on dispose d'un grand nombre de sources dont la température et la composition différente s'échelonnent en une véritable ganime de thermalité et de sulfuration, il y a avantage à ne pas prescrire ces eaux indistinctement, mais au contraire, d'une façon graduée, en débutant par les moins sulfurées et en faisant concorder les plus minéralisées avec la tolérance obtenue. C'est dans ce sens (|u'il importe de tenir compte du tempérament du sujet, lequel, s'il est lymphatique, scrofuleux, herpétique, mais non irritable, tolérera d'autant mieux et avec plus de profit les degrés supérieurs de sulfuration. De la nature herpétique, scrofuleuse, ou arthritique de l'eczéma lui-même, il y a moins à s'enquérir que de ses caractères de chronicité et surtout de l'impressionnabilité de celui qui en est porteur. Avec cette méthode, on épargne

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aux dartreux ces exacerbations eczémateuses ou poussées excessives qui les surprennent plus ou moins longtemps après avoir quitté les eaux, et qui peuvent affecter non-seulement la peau, mais encore les muqueuses, à leur préjudice.

Que Veczéma appartienne à la classe des herpétides de M. Bazin, comme Veczéma ruhrum généralisé, ou qu'on ait affaire à un eczéma de la région ano-coccygicnne, souvent pris pour une variété de lichen en plaques, et qui a été rangé dans l'arthritis, les effets de la médication sulfureuse sont absolument identiques. L'amélioration ou la guérison par ces eaux, rationnellement appliquées, ne fait aucuu doute ; il est assez fréquent, d'autre part, de les voir échouer dans certaines affections eczémateuses qu'on s'accorde à relier à la diathèse strumeuse, l'eczéma du sein par exemple. Quant à l'eczéma impétiginoïde et aux diverses espèces d'impétigos, à la condition que tout état inflammatoire ait disparu, ce sont les affections cutanées qui guérissent le plus rapidement et le mieux à Baréges, comme à Bagnères-de-Luchon, alors qu'à la vérité le lynqihalisme ou la scrofule les entretiennent.

Ulierpès préputialis et celui de la vulve, affections sous la dépendance d une disposition morbide générale, cèdent facilement aux eaux sulfurées sodiques. Il en est de même de ïacné simple, chez les jeunes gens des deux sexes; tout au moins on peut ainsi en abréger la durée. L'acné sébacée offre beaucoup de résistance au traitement thermal; il en est de même de l'acnée concrète. La couperose est souvent exagérée par le traitement sulfureux. Les furoncles tourmentant certains sujets par des récidives fréquentes d'éruptions, même confluenles, et s'accompagnant de troubles digestifs, sont amendés toutes les fois que le tempérament lymphatique prédomine chez les malades.

S'il est question de dartres sèches, le psoriasis se montre comme en étant la manifestation la plus fréquente. Quel que soit l'état constitutionnel auquel on croit devoir la rattacher,

herpétique ou arthritique , sous les formes les plus variées {psoriasis inveterata, diffusa, uummularia, giittata, etc.), cette affection se caractérise entre toutes les dermatoses par sa tendance aux récidives ; elle se signale également par sa résistance à l'action des eaux les plus minéralisées. Comme le psoriasis est compatible avec d'excellentes conditions de santé générale et qu'on a moins à redouter les métastases en ce qui le concerne que pour d'autres affections cutanées , i! devient possible, en bien des cas, de soumettre les sujets à d'énergiques moyens d'excitation thermale, sans les exposer à des risques véritables. C'est ainsi qu'à Cauterets, on leur applique les bains de César et des Espagnols, considéré comme les plus actifs; qu'à Baréges, la douche à 44 ° C, dite du Tambour, complète l'emploi des bains de piscine ou ceux des sources les plus sulfurées et très-thermales. La majorité des psoriasiques ayant épuisé préalablement toutes les médications imaginables à l'encontre d'un mal très-tenace, et que les récidives et les progrès de l'âge rendent plus rebelle encore, vont en quête de la guérison d'une station à l'autre. Il faut convenir de la difficulté de la cure radicale du psoriasis. L'association des bains et des douches aux eaux sulfureuses l'améliore, en ce sens qu'il n'est pas rare de voir, sous cette influence, les squames s'amincir et les plaques éruptives s'effacer, au point de simuler la disparition de l'affection. Malheureusement la recrudescence des mêmes symptômes a lieu si souvent par la suite, qu'on ne saurait trop formuler de réserves contre les illusions d'un succès passager. Toutefois, quand le psoriasis n'occupe que des surfaces très-limitées et qu'on est en mesure d'unir pendant longtemps les préparations arsenicales à la médication sulfureuse , on voit guérir des dartreux de cette catégorie. Nous ne nous arrêterons pas sur les précautions à prendre ici dans l'emploi des eaux sulfurées ; lorsqu'un asthme, une bronchite chronique, des menaces d'accidents nerveux ou cérébraux, compliquent la pré-

-inte du psoriasis, les ménagements sont de principe pour le traitement des dermatoses par les eaux minérales.

Le pityriasis ûgure à peu près en aussi grand nombre que Teczéma dans le contingent des eaux sulfurées sodiques des Pyrénées. C'est surtout le pityriasis simplex qu'on doit adresser à ces eaux , et si elles servent activement à combattre la disposition générale qui l'entretient, on doit avouer que ce mode de dartre, ordinairement sous la dépendance de l'arthritis, d'après M. Bazin, a une tendance marquée non-seulement à se reproduire après rétrocession, mais encore à s'invétérer. Lorsque le pityriasis {pityriasis capitis) coïncide avec l'angine granuleuse, ce qui semble habituel, la médication sulfureuse agit efficacement dans cette double acception.

Dans le lichen, si les phénomènes prurigineux et éruptifs sont fondamentaux, ce sont surtout les eaux de Saint-Sauveur et leurs analogues qui doivent en revendiquer le traitement. Encore faut-il se mettre en garde contre la tendance aux poussées violentes, caractérisées par du prurit et l'état papuleux du tégument externe, et qui tantôt se succèdent rapidement, tantôt se reproduisent, au sortir dune période d'apaisement. Au contraire, quand il s'agit de la forme de lichen invétéré, décrite par le professeur Hardy, et se manifestant avec une [Itération profonde et spéciale de la peau, les eaux très-sullurées sont parfaitement indiquées et efficaces.

De Yichthyose, disposition squameuse du tégument externe, regardée aujourd'hui comme une difformité congéniale , il n'y a à mentionner que l'amendement par ces mêmes eaux. On ne guérit pas les enfants qui en sont affligés, mais, à l'aide du traitement approprié , les fonctions de la peau se rétablissent en partie, et avec elles les fonctions de nutrition ; il ••n résulte une reconstitution très-favorable . d'autant mieux à rechercher qu'il s'agit de pourvoir aux épreuves prochaines de la puberté.

En opposition avec les idées préconçues sur la spécialisation

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des eaux suUureuscs par rapport à la scrofule tégumentaire, ces eaux sont de très-peu de secours dans les dermatoses à l'orme ulcéreuse, autres que Icssyphilides, notamment dans les diverses variétés de lupus. La scrol'ulide crustacée- ulcéreuse peut être modifiée à Bagnères-de-Luchon ou à Baréges, mais il s'en faut qu'on obtienne des effets durables et décisifs , comme ils se montrent ailleurs, aux eaux à la fois sulfurées et chlorurées sodiques , chez les mêmes scrofuleux.

Les médications à base de sulfure de calcium, ou sulfurées calciques, se confondent avec celles des eaux sulfurées sodiques, au point de vue des maladies de la peau. On n'a pas démontré jusqu'ici que l'action thérapeutique du mono-sulfure de calcium fût inférieure à celle du mono-sulfure de sodium, et réciproquement. Les propriétés électives et celles que développe leur emploi à l'extérieur, en bains, douches et lotions, tendent au même but, à savoir : d'imprimer une activité nouvelle aux grands émonctoires de l'économie. Leurs effets d'excitation générale ou locale sont sensiblement les mêmes, selon les procédés mis en usai^e pour le traitenjcnt. On n'est nullement fondé à prétendre que les eaux sulfurées calciques ramènent une dermatose quelconque à l'état aigu avec plus de rapidité ou d'intensité que ne le font les sulfurées sodiques. Ce que la pratique vérifie, c'est c[ue les eaux iVEnghten par exemple, à la fois sulfurées et alcalines, sont prescrites avec avantage dans les affections herpétiques, à formes vésiculcuses et pustuleuses, que leur action s'exerce de préférence en dehors de la période aiguë, et qu'elles n'ont <pie peu de prise sur les dermatoses squameuses (de Puisaye). Il en sera de même de leurs similaires.

Au nombre des eaux sulfurées lujposul filées dont nous avons déjà mentionné l'instabilité, on en compte, comme celles d" Amélie-les-Bains et du ]\'siHef, qui sont encore chargées suffisamment de principes sulfureux et qu'une tiier-

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iiitilité élevée permet d'utiliser à titre de diaphorétiqiies. Ces eaux s'appliquent au traitement des affections cutanées, de même que les précédentes, mais à l'exclusion des sujets pléthoriques ou irritables. Par contre, les eaux deMolilg, douées d'une faible sulfuration, et relativement peu-chaudes, remar- (juables par leur onctuosité, se rangent parmi les eaux hyposthénisantes ; on ne saurait mieux les comparer qu'à celles de St.-Saiiveur, et elles conviennent, comme elles, aux dartres vives ou récentes. Si elles n'atteignent pas le fond constitutionnel dialhésique, elles ont des propriétés sédatives, en rapport avec les formes éréthiques de l'herpétisme, qu'il s'agisse de la peau ou des muqueuses. Les eauxd' Olette et de la Preste, stations de la même région des Pyrénées-Orientales, étant plutôt alcalines que sulfureuses , rentrent dans une autre thérapeutique.

Les eaux hydro sulfurées , caractérisées par le gaz qu'elles tiennent en dissolution et qu elles laissent échapper au contact de l'air avec plus ou moins de facilité \ concourent au traitement des maladies de la peau, lorsque le caractère torpide ou invétéré de l'affection ne s'oppose pas à une vive excitation du tégument externe. Il en est ainsi kAllevard, kSt-Honoré. Les thermes d^ Aix-en-Savoie, avec leur grande diversité d'installation et de méthodes balnéaires, ayant pour auxiliaires les eaux de Marlioz et de Clialles, participent à ces attributions: mais, en thèse générale, les propriétés curatives de ces eaux paraissent s'accommoder de préférence aux dermatoses superficielles, prurigineuses, subaiguës, sécrétantes, A Scliin> nacli (Suisse), ce sont les affections cutanées à forme humide et reliées particulièrement au lymphatisme dont on vient le mieux à bout. Cette station a gardé jusqu'à nos jours Une très-ancienne pratique, consistant en bains prolongés, concurremment avec l'usage de la boisson des eaux. On prescrit deux

* Pétrequin et Socquet. Traité gênerai pratique des eaux mircrales. — Lyon. 1859, p. 598, 442.

bains par jour, à une température de 52 à 35 degrés centigrades. D'une demi-heure, la durée du bain du matin est portée progressivement à deux heures et demie. Le soir, on ne dépasse guère une heure. Au delà de ces limites commence ce qu'on appelle la débaignée, la durée des bains diminuant jusqu'à ce qu'au vingt et unième jour elle ait repris les conditions du début. Etant admis les cas particuliers de tolérance du procédé, il se produit sous cette influence une fluxion énergique à la peau, exprimée par des éruptions érythémateuses, qu'on appelle poussée à Schinznach. Sans négliger la stimulation que peut produire le contact avec la peau du gaz hydrogène sulfuré dissous dans le bain (ce qui semble démontré par les expériences de Dupasquier et de Soubeiran), il faut néanmoins faire une large place à la méthode de balnéation et lui rapporter en partie l'utilité de ces congestions artificielles provoquées dans un sens de substitution ou de compensation du côté de l'enveloppe tégumentaire. Un pareil phénomène, s'il n'a plus le mérite de vertus critiques, comme on lui en attribuait autrefois, ne constitue pas moins un mode révulsif très-intense, et qui demande à être surveillé dans beaucoup de circonstances morbides.

Su] fu ration et chloruration représentent deux facteurs de minéralisation, qui, loin de se contrarier, s'allient parfaitement dans quelques eaux naturelles. Ainsi en est-il des eaux à'Uriage, à' Aix-la-Chapelle, de St-Gervais, ce qui les a fait classer à part relativement à la médication sulfureuse. La proportion de chlorure de sodium que contiennent ces eaux est évaluée, pour un litre d'eau, à 6=,056 dans celles à'Uriage (Lefort); à 2^,639 à Aix-la-Chapelle (Liebig); à 1^,603 dans la source pour la boisson de St-Gervais (Bourne). C'est également la source d'Uriage qui contient le plus de gaz acide sulfhydrique en dissolution, savoir : 7", 344.

Les propriétés thérapeutiques de ces eaux tiennent de cette double qualité d'eaux chlorurées sodiques et sulfurées ;

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c'est ce qui caractérise particulièrement leurs applications à la cure des dermatoses. A Uriage, Teau étant administrée en boisson, soit à dose purgative, soit à doses fractionnées, tantôt on obtient des effets de dérivation, très-salutaires pour le traitement des affections dartreuses qui occupent de vastes surfaces ou que complique encore un certain degré d'acuité; tantôt elle opère en stimulant les fonctions delà vie nutritive, et devient altérante dans le sens d'une modification profonde et durable de l'économie. L'action des bains y est plus directement sédative que répressive pour la plupart des cas qu'on leur soumet. Gerdy rapportait à la présence du chlorure de sodium Tinstantanéité de l'amélioration observée chez beaucoup d'herpétiques, dès les premiers bains ; jamais d'ailleurs cette sédation ne s'accompagne de menaces de congestion vers les organes internes, et c'est une preuve en faveur de l'action calmante des ces eaux. L'intervention des éléments sulfureux dans un grand nombre de circonstances morbides, par suite du dépôt de soufre sur l'enveloppe tégumentaire pendant l'immersion, détermine, au contraire, un degré plus ou moins intense d'irritation à la peau. De là ces exaccrbations substitutives de l'affection cutanée dont la médication sulfureuse revendique le rôle et l'utilité, qu'on observe et qu'on gradue ou tempère à Uriage, comme cela se pratique aux eaux sulfurées, en vue de la guérison. Les formes humides de dermatoses, et parmi elles les variétés impétigineuses, sont celles qui cèdent le mieux et le plus rapidement. L'eczéma, occupant les membres inférieurs et très-souvent entretenu par de véritables varices, est trèsamélioré par les eaux d'Uriage, administrées en bains et en applications locales. L'herpès preputialis , et d'une manière plus générale l'herpès génital est aussi heureusement modifié par les eaux d'Uriage (voir ce qui a été dit plus haut, page 144). On constate aux mêmes thermes d'excellents résultats chez les personnes qui ont des poussées eczéma-

tcuses sur la peau et sur les muqueuses des voies respiratoires. Les indications tirées des anomalies de sécrétion des glandes sébacées (acné, couperose), des affections sèches, telles que le psoriasis, le pityriasis, etc., correspondent à ce que nous avons relaté des effets des eaux à minéralisation sulfureuse effective. La scrofule tégumentaire, d'autre part, se présente souvent dans la pratique d'Uriage. Dans les formes bénignes de scrofulides ulcéreuses, le succès est fréquent et toujours prompt. Contre les cas graves, selon la remarque de tJerdy, il faut une cure fort longue, des traitements nombreux, variés et répétés chaque année pour arriver à un pareil résultat. D'une manière générale, la scrofule, le lymphatisme à ses différents degrés, l'anémie, une asthénie ou débilitation de la constitution, sont les conditions les plus propres à assurer l'efficacité des eaux d'Uriage, parce qu'en soustrayant les individus atteints de dartres à ces influences d'affaiblissement qui entretiennent l'opiniâtreté de leur affection, on les met en voie de guérir. Aix-la-Chapelle, à l'étranger, est l'émule d'Uriage, sous ces divers points de vue.

A Saint-Gervais, on combine également avec avantage le traitement interne et le traitement externe, c'est-à-dire la boisson de sources chargées en sulfate et en chlorures alcalins, contenant une certaine proportion de principes sulfureux, laxatives et diurétiques, et les bains d'une durée très-courte, puis prolongés presque pendant une heure et demie, à une température modérée, tiède, et auxquels une assez grande abondance de matière organique communique de l'onctuosité. C'est sur la dérivation par les émonctoires intestinaux et veineux et sur la sédation de l'irritabilité tégumentaire et nerveuse que se base le traitement de Saint-Gervais. Les douches générales et locales , les lotions , les inhalations d'eau pulvérisée, de même que dans les autres stations précitées, s'ajoutent en conqjléments de la médication. L'eczéma général est surtout amendé par cet ensemble de moyens, s'il appartient à la

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forme su' aiguë, qui donne souvent lieu à des poussées successives, iisez violentes, accompagnées d'un suintement plus ou moins boudant ; à plus forte raison, quand les malades sont impressionnables, névropathiques, et qu'on pourrait craindre ' iz eux la stimulation que les eaux plus riches en sulfuratio provoquent dans ces conditions. En général, le traitemen des eczémateux nécessite trente ou quarante jours à Saint-Gi vais, et on est dans l'habitude de ne pas l'interrompre, 1 ème en présence d'une recrudescence de l'affection. Les mêmes moyens s'appliquent à la forme impétigineuse, au lichen, ai pityriasis, au psoriasis ; mais les formes de dermatose sècht sont loin de donner des résultats aussi favorables que les lormes humides ; quant aux affections cutanées , liées à la scrofule, elles ne seraient qu'exceptionnellement du ressort de ces eaux .

n. — EAUX SALINES.

Avec MM. Pétrequin et Socquct, nous comprenons sous le nom à^eaux minérales salines : 1° celles qui sont principalement minéralisées par les chlorures alcalins, le plus souvent le chlorure de sodium, exceptionnellement les chlorures de calcium et de magnésium ; 2° celles contenant des sulfates de soude, de potasse, de magnésie ou de chaux, en proportion assez notable pour leur devoir les propriétés médicales quilescaractérisent(^). Toutefois, les eaux sulfatées calciques ou séléniteuses , à peu près exclusivement réservées à l'usage externe, ont des caractères de médication qui les distinguen de cette catégorie, et que l'on envisagera à part, pour le traitement des maladies cutanées.

Les eaux chlorurées sodiques, très-variables en thermalité, où le gaz carbonique libre existe parfois en quantité considérable, surtout quand elles sont froides, ont nécessairement

* Pélrequin et Socqiiet, loc. cit., p. l'J4.

des propriétés médicinales différentes, suivant la nature et la proportion des chlorures qu'elles renferment. Mais le chlorure de sodium qui prédomine dans leur composition, s'il remplit le rôle d'évacuant et de diurétique, selon les doses auxquelles il est ingéré et absorbé, a pour caractéristique une action tonique et fortifiante, répondant aux indications du lymphatisme et des affections scrofuleuses. En bains, à une température échelonnée entre 52 et 54 degrés centigrades, ces eaux stimulent la peau, et leur action, si la chaleur du bain est portée au delà de 55 degrés centigrades, peut s'exagérer jusqu'à produire un vif éréthisme vasculaire et nerveux. La présence du gaz acide carbonique dans l'eau accroîtra ces fflcts d'excitation. Il en serait de même dans l'emploi accessoire des douches d'eau saline. Les états pathologiques qui relèvent de cette médication doivent donc être particulièrement torpides, exclusion faite d'une idiosyncrasie irritable, de la pléthore et des dispositions aux congestions sanguines, dans ta plus grande partie des cas. Aussi, parmi les dermatoses, sont-ce de préférence celles qui se rattachent de près ou de loin à la scrofule qu'on traite aux stations de la classe des eaux chlorurées sodiques. C'est en particulier chez les enfants et les adolescents que leur aptitude à modifier profondément la disposition constitutionnelle est utilisée et donne les résultats les plus complets.

Bourbonne., Lamotte-les-Bains , Salies -de-Bcarn, Niederhronn (Alsace), réclament, à juste titre, la cure des scrofulides, et tout au plus avec elle celles des affections cutanées où l'on n'est pas menacé du retour d'un état aigu ou même sub-aigu et qu'entretient la débilité générale, originelle ou acquise. On obtiendrait des effets analogues à Balaruc. A un degré moins élevé, les eaux de Bourbon-r Arcliambault, de Salins, près Moutiers, en Savoie, conviennent au traitement des dermatoses chez les sujets lymphatiques ou scrofulcux.

Entre Nauheim et Kreusnach , en Allemagne, il existe

une difïéi-ence notable pour ce qui concerne le traitement des maladies de la peau. Les eaux de Nauheini sont beaucoup plus minéralisées et principalement chargées en gaz acide carbonique; aussi déterminent-elles, par l'emploi du bain, des phénomènes d'excitation dans la totalité du tégument externe, contre lequel il y a lieu de se prémunir. A Kreusnach on dispose aussi d'une eau fortement chlorurée sodique , bromurée et iodurée. D'après M,- Rotureau, la cure externe, telle qu'elle est mise en pratique dans cette station, ne peut s'adresser qu'aux altérations superficielles de la peau, de nature scrofulcuse.

L'addition des eaux mères, pratique très-répandue à l'étranger [Nmtheim, Kreusnach, Kissingen, Lavez), et que Salins (Jura) nous procure chez nous amplement, a pour but de renforcer pour ainsi dire le bain chloruré sodique par une certaine quantité d'iodure et de bromure alcalins, dont se compose ce résidu artificiel. En raison de la puissance de stimulation inhérente aux eaux mères, on les mêle aux bains en des proportions graduées. Néanmoins, leur emploi vis-àvis des affections cutanées, voire quand il s'agit de manifestations scrofuleuses, doit être fort restreint.

Les bains de mer ne présentent pas non plus d'avantages marqués dans le traitement des dermatoses. La forme aiguë de ces affections en interdit l'usage. Ils ne rendent de services qu'en luttant contre le tempérament lymphatique qui prolonge certains eczémas du jeune âge, ou en relevant un mauvais état de santé, auquel se relieraient des éruptions spéciales. Enfin, ils partagent avec les bains salés le privilège de diminuer l'imminence des récidives ou des rechutes, après guérison, par leur action topique associée à l'intluence qu'ils exercent sur la constitution.

Des eaux à base de sulfate de soude ou de magnésie [Carlshad, Pûllna^ Scdlitz, F riedrichsJiall) , nous n'avons à noter que l'intervention adjuvante, à titre de médicaments, soit

altérants, soit purgatifs et dérivatifs, dans la thérapeutique des maladies de la peau.

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