‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 5 sur 58 · RCH1-ÉPI©ID¥MITE · texte numérisé non relu

RCH1-ÉPI©ID¥MITE

d'origine testiciilaire de la même façon que toute autre névralgie déyeloppée dans les conditions ordinaiiTS (applications sédatives, chaleur, révulsifs, injections hypodermiques, narcotiques en frictions, bains de vapeur, dans quelques cas les antipériodiques, calmants à l'intérieur). Mais il y a ici, en plus, deux indications impérieuses :

D'abord, il faut s'attacher à supprimer la cause, à éteindre complètement l'inflammation locale, qui quelquefois persis^te, même à l'insu du malade. Pour peu qu'il reste de sensibilité au testicule, à l'épididyme, au cordon ; pom^ peu que ces organes éprouvent quelque sensation anormale par suite de la pression ou d'un effort, pour peu que, à la fin de la jom'née, ou par l'effet d'une constipation accidentelle, l'endolorissement reparaisse habituellement, insistez sur les médications appropriées. ]N 'hésitez pas à prescrire, à nouveau, six ou huit jours de repos au lit, avec les cataplasmes ou une séance de glace, selon le cas, et un lavement laxatif quotidien. Le séjour au lit est une cause d'anémie, je le sais ; mais il vaut mieux braver celle-là — qu'on peut, d'ailleurs, abréger en l'imposant rigoureuse — que de laisser sévir l'autre cause, la vraie, la cause testiculaire.

En même temps, il faut agir sur l'organisme, et agir sur le moral autant que sur le physique ; car l'un et l'autre sont également affectés, affaiblis. Les toniques, une alimentation réparatrice, l'usage du lait, surtout l'habitation à la campagne, puis les bains de mer ou l'hydrothérapie remplissent la première indication. Pour la seconde, ilfaut, comme disaient les anciens, réconforter par de bonnes paroles le pauvre diable qui se figure être pour longtemps voué à l'impotence et à l'impuissance. Ne le consolez pas du bout des lèvres. Entrez dans des détails anatomiques et physiologiques : expliquez-lui le jeu de l'appareil reproducteur, la différence qu'il y a entre une lésion nerveuse et une lésion organique. Citez-lui des exemples de recouvrement complet des forces viriles, dans un cas pareil au

sien. Avant tout, obtenez que, sitôt en état de le faire, il reprenne ses occupations, fréquente de nouveau ses camarades, rentre, en un mot, dans son régime, dans toutes ses habitudes primitives. C'est là le révulsif le plus efficace et partant le meilleur spécifique.

Rhumatisme blennorrhagique.

Si cette dénomination a prévalu sur celle de arthrite blennorrhagique, c'est parce qu'elle est plus juste, étant plus compréhcnsive et désignant non-seulement les arthropathies liées à la blennorrhagie, mais aussi l'inflammation des gaines tendineuses, des nerfs ou de leurs gaines, les troubles cardiaques, la sclérotite, l'aquo-capsulite et l'iritis, qui dépendent de la même cause.

Je serai bref sur la pathologie de ces affections ; car pour la faire complète, il faudrait tracer celle du rhumatisme luimême. Heureusement que, pour la faire fidèle, il suffit de noter les quelques différences qui séparent le rhumatisme tenant à la blennorrhagie du rhumatisme ordinaire. Ainsi :

Ce rhumatisme-là attaque un moindre nombre d'articula-

/ tions. — La réaction fébrile et les douleurs qu'il suscite sont

' beaucoup plus modérées. — Le cœur participe moins souvent,

et dans tous les cas moins fortement à l'affection générale. —

f La maladie est plus fixe, a moins de tendance à passer d'une

articulation à l'autre. — Le gonflement articulaire est dû plus

souvent et pour une plus grande part à un épanchement dans

la synoviale. — L'inflammation affecte surtout la synoviale,

qui est le siège principal de la douleur. — Vers la fin, la

phlegmasie se cantonne, se perpétue plus volontiers dans les

petites jointures, celles du cou et notamment des pieds et des

mains.

Maintenant, cette maladie qui, symptomatologiquement, a son existence, l'a-t-elle aussi pathogéniquement ? En d'autres

Page 1