‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 52 sur 58 · IV. EAUX ARSEi\ICA[.ES · texte numérisé non relu

IV. EAUX ARSEi\ICA[.ES

Les eaux minérales dont l'action thérapeutique se rapporte à la présence d'un composé de l'arsenic ont pris rang assez récemment dans la médecine hydrologique, particulièrement chez nous, et elles sont encore en petit nombre. La Bourboule, le Mont-Dore, Plombières se partagent cette caractéristique. L'eau de la Bourboule, d'après l'analyse de M. Lefort, contient 14 milligrammes d'arséniate de soude par litre, ce qui constitue une dose assez considérable. Les eaux du Mont-Dore sont moins riches ; on y constate environ 1 milligramme de sel arsenical, pour un litre d'eau également. A Plombières, MM. 0. Fleury et Lhéritier ont signalé en 1855, à la source

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des Dames, 0 gr. 000,70 d'arséniate de soude pour 1 kilogrammed'eau, et à celles du Crucifix, Ogr. 000,60 du même sel. On a pu objecter que certaines eaux, comme celles de Vichy par exemple, renfermant une proportion plus élevée d'arséniate de soude que celles du Mont-Dore et de Plombières, ne reçoivent néanmoins leurs propriétés curatives que du carbonate alcalin qui l'emporte sur les autres principes dans leur minéralisation : les questions de prédominance de composition sont encore obscures, mais l'observation clinique s'accorde à rapprocher les effets physiologiques et thérapeutiques des eaux arsenicales de ceux qu'on obtient des préparations de pharmacie empruntées à l'arsenic; nous devons donc en tenir compte.

Eu égard aux maladies de la peau, herpétides ou arthritides, la médication arsenicale occupe une place importante, sur laquelle il n'y a pas de dissidence. Non-seulement l'acide arsénieux influence activement la nutrition et l'hématose, au point d'être regardé comme un médicament d'épargne et un modérateur fonctionnel, mais encore, lorsque l'arsenic est absorbé, il s'élimine par la surface tégumentaire, en accroissant sa vitalité. On est autorisé à se demander si l'extrême dilution du composé arsenical dans les eaux minérales n'en favorise pas l'absorption. Quelques explications théoriques ont été proposées sur cette question, les données expérimentales ne les confirment pas encore. Quoi qu'il en soit, des éclaircissements à venir, on traite beaucoup d'affections cutanées à la Bourhoule, au Mont-Dore^ à Plombières, et les résultats plaident en l'honneur de ces eaux.

Les eaux de la Bourhoule, très-cliargées en chlorures alcalins, assez acidulées, en même temps qu'elles sont arsenicales au premier chef, s'administrent en boisson, en bains, douches et inhalations. Dans la part respective de l'usage interne et des moyens balnéaires, nous manquons encore de renseignements applicables à la cure des affections cutanées.

Est-ce le chlorure de sodium ou l'arséniate de soude qui détermine les eflets de l'usage interne? M. Pcyronnct a adressé à la Société d'hydrologie une: vingtaine d'ohscrvations trèsdignes d'intérêt, à l'appui des propriétés des eaux de la Bourboule dans les maladies dartreuses, et il appelait l'attention sur ce que ces dermatoses guérissent d'autant mieux à la Bourboule qu'elles s'entent sur les organisations scrofuleuses, ou se lient à la scroluk; elle-même. Depuis lors, l'école de M. Bazin s'attache à préconiser l'elTicacité de la Bourhoule dans les al'fections squameuses , de nature arthritique, notamment dans le psoriasis. M. Bazin a vu la guérison du psoriasis se maintenir pendant cinq ou six années après la cure de la Bourhoule. Tiès-prohahhîment les hains ont coopéré à ces résultats. Ce qui i-este acquis, c'est que le psoriasis s'améliore fréquemment avec ces eaux, après avoir subi des périodes variables d'inflammation et de desquamation pendant le traitement, ainsi qu'on le voit aux eaux suU'uieuscs et sulfurées-chlorurées sodiques. 11 en serait de même de l'eczéma, dans la l'orme cluoniquc, celle qui le lapproche le plus d(^s dermatoses sèches.

Au Monl-Dore, à Plombières, où la diathèse rhumatismale, sous toutes ses formes, est représentée par de nombreux malades, on pouvait croire par avance (|ue l'herpétisme figurerait poui' un certain contingent, ce qui a lieu d'ancienne date. La qualité arsenicale des eaux s'ajoutera à toutes les ressources de thérapie thermale dont on dispose dans ces stations. Ce sont encore le psoriasis et le lichen qui fouiTiissenl dos observations d'amélioration, sinon de guérison. i\l. Bazin cite des cas guéris d'eczémas dartreux à la suite d'une cure de Plombières. 11 y aurait opportunité à rech(;rcher si, comme nous le pensons, ce n'est pas surtout l'emploi de bains tempérés qui a eu raison de dermatoses irritables, dans ces observations, l'eau en boisson n'intervenant cpie comme complénK^nt.

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