‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 53 sur 58 · V. — EAUX FERRUGINEUSES · texte numérisé non relu

V. — EAUX FERRUGINEUSES

Au nombre des eaux dont le fer est l'élément minéralisateui* le plus sensible ou le plus apparent, et qu'on tient pour ferrugineuses en réalité, quelques-unes seulement sont employées contre les maladies de la peau. Leur usage interne l'emporte de beaucoup sur les ai)plications en bains et en douches ; il repose sur l'action dynamique des matériaux, à la fois hémoplastique, névrosthénique, et dans une certaine mesure, sédative delà circulation générale. Pendant l'immersion dans le bain d'eau ferrugineuse, naturelle et thermale, administré à la température de 53 à 35° cent., on n'est guère en mesure de constater que l'effet topique et astringent ressenti par la surface cutanée, et, s'il y a absorption du principe chalybé, nous ne sachions pas qu'on l'ait jamais démontré. Les douches, distribuées selon des modes variés, impliquent la même appréciation, d'autant que l'on est dans l'obligation de faire chauffer l'eau minérale ou de s'en servir à une grande distance de la source, alors que le degré de fixité du fer est trèsinconstant.

Les eaux ferrugineuses thermales, eii France, sont celles de Luxeuil et de La Malou. On dispose à Luxeuilde piscines à eau courante et alimentées par des sources ferrugineusesincuiganésiennes, à une température tiède, dans lesquelles les malades peuvent séjourner plusieurs heures ; elles sont conseillées avec avantage dans le traitement des eczémas variqueux des extrémités inférieures ; elles conviennent dans les dermatoses dépendant du lymphatisme et de la scrofule, et en définitive c'est d'une médication tonique et reconstituante qu'il s'agit à Luxeuil. Il ne semble pas que La Malou appelle les affections cutanées, sinon associées à des états névropa- Ihiqucs, avec anémie, passibles de l'action des eaux et d'un climat bienfaisant.

Parmi les eaux ferrugineuses froides, la station de Saint- Christau (Basses-Pyrénées) a été fréquentée, depuis longtemps, par les malades affectés de dermatoses. Ces eaux, émergeant avec une température de 1 4 à 1 5 ° C . et étant recueillies dans un immense réservoir avant leur distribution , sont chauffées artificiellement. Leur minéralisation s'évalue par 4 milligrammes de sulfate de fer et 5 dixièmes de milligrammes de sulfate de cuivre. Néanmoins, d'après M. Tillot, elles déterminent fréquemment des éruptions papuleuses ou pustuleuses à la peau , principalement chez les sujets lymphatiques. On relève dans ces phénomènes tous les caractères d'une poussée substitutive et dont les résultats se rapprochent de ceux observés ailleurs. A Saint-Christau, il est d'usage de multiplier les surfaces de contact entre l'eau et les parties malades , à l'aide des bains, des douches et des procédés de pulvérisation. Cette méthode suffirait seule pour expliquer les effets topiques dont il a été parlé, aidés de l'action reconstituante des eaux en boisson, en particulier chez les lymphatiques , les scrofuleux et les syphilitiques. L'eczéma et le lichen sont plus souvent curables à Saint-Christau que le psoriasis.

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