‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 12 sur 47 · TRAITEMENT CHIRURGICAL DES SYMPTOMES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CHIRURGICAL DES SYMPTOMES

chez des personnes particulièrement nerveuses, la moindre lésion des organes génitaux internes ne s'accompagne de grandes névralgies, ou peut-être même de névrites pelviennes, curables elles aussi par le traitement des lésions causales. 11 y a là une question de diagnostic gynécologique parfois délicate ; mais ce qu'il faut alTirmer systématiquement, sans restriction, c'est que jamais un chirurgien ne doit enlever les ovaires à une femme, parce que cette femme est hystérique.

II. — Cette question du traitement curatif de l'hystérie résolue par une négation catégorique, il reste à étudier un certain nombre de faits où le chirurgien a cru devoir intervenir pour des manifestations morbides, de nature ou de cause hystérique, sans avoir du reste la prétention de traiter la névrose ellemême.

a) Parfois il s'est agi d'erreurs de diagnostic, parfaitement excusables du reste pour ceux qui savent combien certaines manifestations hystériques peuvent simuler une affection chirurgicale. Castex, dans la France médicale^ de 1877 , rapporte un curieux exemple de trouble trophique de la peau chez une hystérique, pris pour un phlegmon et incisé comme tel. Coulson a fait l'amputation de cuisse pour une arthralgic du genou; Bœckel, la désarticulation de la hanche pour une coxalgie hystérique; Mayo Rolson, chez le même malade successivement l'amputation de la cuisse et la désarticulation de la hanche, les douleurs d'abord localisées au genou étant venues se fixer à la hanche; il trouva du reste les deux articulations saines. Récemment Petersen, sans recourir \x des interventions aussi radicales, a plusieurs fois opéré pour des arthralgies sans lé-

sions. Il fil une première fois en 1888 l'arllirolomie du genou chez une jeune femme de 2G ans, traitée depuis longtemps par tous les moyens usuels (révulsifs, immobilisation), pour des accidents articulaires à début brusque avec douleurs excessives et hyperesthésie de la peau non enflammée : il trouva l'aticulation saine. Le second fait du même auteur est encore plus instructif; à la fin de 1885, une jeune femme de 30 ans vint le consulter pour une douleur à la partie supérieure du tibia droit, avec rougeur et gonflement. Cette douleur datait de deux mois, et son caractère lancinant fît penser à un abcès ; cependant une incision montra qu'il n'y avait rien. Quatorze jours après, la malade sortait guérie de l'hôpital. Elle y revint en mai 1886 avec tous les symptômes locaux d'une arthrite suppurée. Cette fois encore l'arthrotomie ouvrit une articulation saine, et la malade repartit au bout de quelques jours. Elle ne tarda pas à revenir ; à la suite d'une promenade elle avait senti un gonflement du genou. « 11 y avait un épanchement dont on ne pouvait être sùr, bien qu'il disparût par la bande élastique et le repos. » Ces accidents nouveaux avaient du reste tout à fait cessé, lorsqu'à l'automne survinrent de la fièvre, des douleurs de tète intenses, du délire, des hallucinations, des pertes de connaissance répétées ; une d'elles dura huit jours. On fit le diagnostic de méningite tuberculeuse ; mais après un séjour de quelques mois à l'hôpital, la malade sortit une fois encore complètement guérie. A la Pentecôte de 1887, le genou redevint volumineux, surtout à sa partie interne. Petersen incise de nouveau, et cette fois encore sans rien trouver. Alors survinrent dans le pied, du même côté, de violentes douleurs qui guérirent par

Page 1