TRAITEMENT CHIRURGICAL DES SYMPTOMES G
le repos et la glace. En 18S9, la malade ne souffre plus; elle marche, danse ; la flexion du genou esl seulement un peu limitée; et Petersen, chirurgien aussi naïf que tenace, termine en disant que sa patiente était» une nerveuse, bien qu'elle n'eût jamais voulu l'avouer ».
Gilles de la Tourette signalait, au dernier congrès de chirurgie, la possibilité d'erreurs de diagnostic et d'interventions dans certaines formes de sein hystérique avec induration localisée et ulcération. Les mômes erreurs ont été commises dans le mal do Pott hystérique; Bazy, croyant trouver une exostose diagnostiquée par les meilleurs neurologistes, a ouvert le canal rachidien d'une hystérique.
h) Ce sont là des erreurs de diagnostic souvent excusables. Mais n'est-il point des cas où le chirurgien doive intervenir en connaissance de cause contre des manifestations locales de l'hystérie, ou « pour débarrasser le malade des reliquats d'une manifestation éteinte déjà, mais ayant laissé quelque chose derrière elle » "?
« A la manifestation elle-même, dit à juste titre Guinon dans un article sur les rapports de l'hystérie avec la chirurgie* il ne devra jamais toucher, ni pour la pallier, ni pour la supprimer, soit en s'attaquant à elle-même, soit en faisant disparaître la partie atteinte d'hystérie locale, quelle que soit la durée ou la gravité de celle-ci ». Au contraire, dans les contractures anciennes avec production de tissu libreux, la question se pose d'nne façon méritée, et a été résolue par Charcot et Terrillon dans les termes suivanis: c Les contractures hystériques laissent quelqnef(jis, après leur disparition, des lésions permanentes dans certains groupes musculaires et
dans les tissus péri-aiiiculaives. Ces lésions entretiennent des attitudes vicieuses indélébiles de certains segments des membres. Les altérations des muscles qui succèdent à la contracture portent sur leur partie fibreuse, et principalement sur leurs tendons, qui se trouvent raccourcis dans la position vicieuse qui existait pendant la contracture. La fibre musculaire affaiblie reste cependant intacte, et peut retrouver toutes ses propriétés physiologiques. Les lésions péri-articulaires consistent dans un épaississementdes capsules d'enveloppe et des autres tissus fibreux qui, ainsi altérés, gênent ou empêchent les mouvements de l'articulation. Pour remédier à ces attitudes vicieuses, il est nécessaire de faire la section des tendons raccourcis en une ou plusieurs séances; on doit également rompre les adhérences périphériques, en ayant au besoin recours au sommeil aneslhésique. Il est toujours utile de remédier à tous ces désordres par un traitement secondaire qui consiste dans l'excitation des muscles par l'électricité, dans des pratiques de massage portant sur les parties indurées péri-articulaires, enfin dans une mobilisation méthodique et progressive des jointures. Avant de commencer cette intervention et surtout les sections tendineuses, il est indispensable de s'assurer que la contracture musculaire a disparu, et qu'il s'agit d'une rétraction capable de maintenir l'attitude vicieuse. On pourra obtenir cette notion par l'étude méthodique des mouvements musculaires ; mais il sera préférable de les examiner sous l'inlluencc du sommeil aneslhésique. Dans ces cas la contracture s'efface pour reparaître après le réveil; la rétraction au contraire persiste et ne change pas ». Terrillon a publié dans V Iconographie
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de lu Salpêtriere trois cas de pieds bols équins, où les règles qui viennent d'être retracées ont été suivies avec le plus grand soin.
Un traitement chirurgical semble aussi justifiable dans quelques cas de monoplégie persistante compliquée de troubles Irophiques graves; et Guinon rapporte un fait de ce genre des plus instructifs.
" L'application d'un appareil à fracture avait provoqué une contracture spasmodique permanente du membre supérieur. Il se développa dans la suite quelques troubles trophiques ; les ongles pénétrèrent dans la paume de la main, et lormèrent des ulcéralions incurables. L'atrophie musculaire, sans réaction de dégénérescence, il est vrai, survint à un degré très accentué. Le malheureux patient, incapable de rien faire, considérait son bras comme un véritable parasite, dont on lui eût rendu service en le débarrassant. Il réclama donc à grands cris l'amputation. M. Debove porta le cas devant le tribunal de la Société médicale des Hôpitaux et demanda l'avis de ses collègues. M. Joffroy et lui s'accordèrent à dire qu'il n'y avait pas lieu d'intervenir. Personne n'y contredit. »
En somme, l'hystérique ne devra demander au chirurgien ni de guérir sa névrose, ni de guérir ses manifestations locales. Quelques reliquats de ces manifestations, tels que les brides fibreuses ou raccourcissements tendineux consécutifs aux contractures, réclament seuls une intervention opératoire.
Traiteinentdcs fiirmcs de l'Iiysf cric. — Après avoir décrit les principales méthodes de traitement instituées contre l'hystérie, il reste à montrer comment elles s'adaptent aux différentes formes de la névrose.
En clinique, l'hystérie se montre sous trois as-
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l)ecls : la forme légère : pelUe liyslérie ; lu/orme grave : Ki-aiule hysléi'ie ou liysléro-épilepsie ; U forme monosi/mptomatique. Mais qu'on sache bien que ces divisions lie consliluenL pas des formes séparées el indépendantes. Tout malade, par cela senl qu'il est en puissance d'hysLérie, peut présenter à la première occasion toute la série des symptômes qui appartiennent à la névrose.
1° La forme légère se borne à quelques stigmates, souvent assez réduits pour qu'il faille les dépister. Les il t laques convulsives manquent souvent tout à fait ; en tdutcasellessontrares, incomplètes, limitéesfréquemment à l'aura viscéral, à la constriction épigastrique, aux palpitations, à la boule œsophagienne, sans aller loujours jusqu'à la perte de connaissance. C'est l'aspect le plus fréquent sous lequel se montre l'hystérie. L'affection guérit habituellement par les procédés les plus simples et sans trop de retard, h'hgilrofhércqneQsilQ grand remède; il faut l'appliquer avec suite, et pendant longtemps. L'élec/ricité statique peut aussi, dansle même sens, mais à un moindre degré, rendre quelques services. L'isolement nesi pas nécessaire; il suffit d'enlever le malade à son milieu, ce (jui supprime la plupart du temps les causes qui ont provoqué ou entretiennent la névrose, de lui conseiller des voyages, la vie à la campagne, l'endurcissement du corps par des exercices physiques ou un travail manuel. Vhgpnotisme doit être absolument mis de côté. Non seulement il est inutile, mais il peut aggraver l'hystérie légère, aussi bien qu appU-que d'une façon intempestive, ila pu révéler une hystérie latente. En cas d'accidents localisés, on a lai ressource du massage, des œsthèsiogcnes. Quant aux^ médicaments, valériane, l>romures, ils ne trouveront'
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guère d'iiulicalions que contre certains accidents légers : l'insomnie, les spasmes viscéraux.
^1° A V/ii/Hf^rk f/rai's app.irliennent les grandes attaques, convulsives ou délirantes, et les innombrables localisations morbides qui peuvent leur succéder: paralysies, contractures, amaurose, mutisme, etc. Les moyens simples qui réussissent dans la forme légère de la névrose peuvent être d'abord employés; et il n'est pas rare qu'ils soient suffisants, lorsque la maladie est de date encore récente, ou que l'agent provocateur a tenu plus de place que la nature du terrain dans son développement. Mais s'ils échouent, il faut se hâter de recourir à l'isolement, qui reste la méthode de choix pour les cas graves. On le conseillera de préférence dans un établissement /it/drothérapique, car l'eau froide sera un précieux adjuvant du traitement. Qimnl à Vki/pnotisme, il est souvent indiqué; mais à lui seul il restera presque toujours insuffisant pour guérir la névrose même. Il peut diminuer la fréquence des attaques, remplacer une attaque convulsive par une autre attaque, de léthargie par exemple, qui sera de guérison plus facile. Mais son emploi est surtout formellement utile contre les diverses localisations morbides consécutives aux attaques, et dont on ne peut prévoir la durée. On peut recourir à lui tout d'abord, ou ne l'employer qu'après les courants faradiques, les œlhésiogènes, le massage, etc., si ces moyens ont échoué. Quoi qu'il en soit, son pouvoir est d'autant plus cffiicace qu'on l'emploie plus rapidement après l'accident. La réussite fait souvent défaut quand la date de l'accident est déjà ancienne. Mais même en cas de succès, il faut savoir que l'hypnose débarra.sse seulement le patient de l'accident actuel, sans pouvoir
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empêcher ce même accident ou un autre de se reproduire.
3° Dans les formes ijionosi/mptomatiques, il n'y a pas d'attaque; les stigmates sont très réduits et souvent difficiles à découvrir. Seule existe isolément une manifestation locale hystérique : contracture, paralysie, arthralgie, chorée rythmée, blépharospasme, etc., accidents qui font le désespoir du médecin par leur durée et leur ténacité. Là encore l'isolement elïhi/drothérapie sont les médications auxquelles il faut avoir recours. Tous les moyens signalés précédemment, courants faradiques, a3sthésiogènes, massage, etc., sans être d'une efficacité constante, comptent des succès aussi bien que l'hypnotisme ; mais l'hypnotisme lui-même n'est pas à l'abri d'un échec. Du reste les hystériques monosymptomatiques sont souvent, comme l'a montré Charcot, réfractaires à l'hypnotisme. D'autres fois la localisation morbide disparue pendant l'hypnose reparait avec le réveil, et ce n'est qu'après des suggestions répétées qu'elle s'efface définitivement.
Traitement «les accidents. — Parmi les nombreux accidents qui peuvent survenir au cours de l'hystérie, il en est qui sont assez gênants ou même assez graves pour mériter, en dehors des méthodes générales de traitement, l'application de moyens spéciaux; ce sont les attaques, les paralysies, les contractures, l'anorexie.
(rt) Les attaques sont généralement sans gravité, malgré leur aspect eflfrayant, et ne réclament pas un traitement spécial. Il faut se borner à débarrasser le patient des vêtements qui gêneraient la circulation et la respiration, le surveiller pour l'empêcher de se faire du mal, le maintenir au besoin