‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 14 sur 47 · TBAITEMENT DES ACCIDENTS — ATTAQUES · texte numérisé non relu

TBAITEMENT DES ACCIDENTS — ATTAQUES

pour le préserver d'une chule dangereuse, mais se garder de serrer trop brutalement ses membres, parce qu'on pourrait ainsi exagérer les convulsions en comprimant par mégarde une zone spasmogène.

L'intervention devient plausible, lorsque les attaques sont trop violentes ou trop répétées, lorsqu'elles gênent ou efl'rayent l'entourage du malade. De tous les procédés en usvige, la comjv-ession ovcirienne est le plus ciïicace, et aussi le plus anciennement connu. Au xvi= siècle, Mercato (1) conseillait les frictions sur le ventre; Monardès (2) plaçait pendant l'accès une grosse pierre sur le ventre de ses malades. Au xviii" siècle, Willis (3) disait qu'une compression de l'abdomen pouvait arrêter le spasme convulsif montant du ventre au cou et à la tête. Pendant l'épidémie de Saint-Médard (4), on secourait les convulsionnaires en leur frappant le ventre avec un chenet pesant ou un pilon, en comprimant celui-ci à l'aide des deux poings profondément appuyés, ou de trois, quatre ou cinq personnes montées sur le corps de la malade, ou encore de longues bandes serrées autour du ventre et que l'on tirait à droite et à gauche. De nos jours, Récamier plaçait sur le ventre de la malade un coussin sur lequel un aide venait s'asseoir; Négrier (3) appliquait la compression sur la région de l'ovaire elle-même.

(1) Mercatus. De virgînum et viduarum affeclionnibiis, p. S-ie. Francof. 1626.

(2) NÉGRIER. Recueil de fat l s pour servir à l'hisloive des affections hystériques de la femme. Angers, 1858, p. 168.

(3) "Willis. De morbis convulsivis, t. IL p. 34.

Carré de Montgeron. La vérité des miracles opérés par l'intercession de M. de Paris, 3 toI. in-4", Paris, Cologne, 1747. (!)) NÉcniEfi. [.oc. cit.

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CharcoL (1) a remis ces procédés en honneur et, grâce à la découverte des zones spasmogènes et spasmo-frénatrices, leur a donné une explication scientifique. La zone ovarienne étant entre toutes la plus constante et la mieux douée du pouvoir frénateur, c'est elle qu'il faut rechercher en premier lieu, en cas d'attaque. Voici, d'après Charcot, la façon dont il faut agir : « Le médecin, ayant un genou en terre, plonge le poing fermé dans celle des fosses iliaques que l'observation antérieure lui aura démontrée être le siège habituel de la douleur ovarienne. Tout d'abord, il lui faut faire appel à toute sa force, afin de vaincre la rigidité des muscles de l'abdomen. Mais dès que, celle-ci une fois vaincue, la main perçoit la résistance offerte par le détroit supérieur du bassin, la scène change, et la résolution des phénomènes convulsifs commence à se produire. Des mouvements de déglutition plus ou moins nombreux ne tardent guère à se manifester ; la conscience alors presque aussitôt

se réveille Une fois que l'on a définitivement

triomphé de la résistance, très sérieuse du reste, cju'offrent à l'origine les parois abdominales, il n'est pas nécessaire d'user de toutes ses forces, et l'application des deux premiers doigts de la main sur le siège présumé de l'ovaire suffit pour obtenir l'effet désiré. »

Si la zone ovarienne fait défaut, on peut, avec un égal succès, comprimer d'autres zones spasmo-frénatrices, les mamelles^ le festicuh, le larynx. (G. de Mussy.)

Les zones frénatrices n'existent pas toujours ; il

(1) CiiARcoT. Leçons sur les maladies du système 7iervei;r, p. 202, t. I. Paris, 1872-73.

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est même à remarquer qu'elles font fréquemmeiU défaut dans les formes atténuées de l'hystérie. Il faut alors recourir là d'autres moyens. Pitres recommande la compression lente des globes oculaires^ expérimentée du reste souvent avec succès par Lasègue (1), P. Richer (2), etc., qui, faite avec douceur pendant quelques minutes, plonge le malade dans le sommeil hypnotique. Bornheim provoque d'emblée VJujpnose par suggestion verbale ; mais le procédé ne réussit que chez les hystériques dont l'éducation hypnotique a été perfectionnée. Quant aux résultats mômes de l'hypnotisme, je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit plus haut.

Richer et Regnard ont montré l'efficacité des courants continus^ avec interversion répétée dans le

■ sens du courant (voir page 52).

Quelques agents médicamenteux peuvent encore rendre des services. Briquet recommandait le chloroforme. Un tampon imbibé de ce liquide arrête les ' convulsions en quelques minutes. Bourneville a em-

■ ployé avec succès le nifrite d'amyle à la dose de deux à dix gouttes; le même et d'Ollier ont réussi également avec le bromure d'éthi/ïe. Véther sufiit aussi quelquefois à calmer les attaques, quoiqu'il les augmente aussi souventchez certains malades. Enfin

Ae^i ùr/ectïons sous-cutanées de morphine enrayent par- I parfois rapidement les convulsions. Mais en somme, I mieux vaut s'abstenir de ces moyens, qui pour la plupart sont dangereux, que s'en servir pour arrêter

■ seulement, et non guérir, des accidents sans danger.

(1) Lasi'xu.-r. Les caUlcpsics partielles cl passagères. Ardtiv. f/rn. de mriL, 188.').

(2) P. RrcHEK. Eludes cliniques sur lu rirande Inislérie Paris, \m. '

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Il existe certains procédés, qui visent non seulement à enrayer les attaques, mais à empêcher leur retour. Ainsi les convulsions arrêtées par la com- ^ pression de la région ovarienne reparaissent sou- i vent dès que la compression a cessé. Poirier, Féré ; ont imaginé un landage compresseur avec pelote ova- j rienne, dont l'usage a préservé certaines malades de i crises répétées. Sur d'autres zones spasmogènes très excitables et inaccessibles à la compression, l'application de sachets de glace, les jndi'érisat/ons d'éther ont eu d'heureux eflfets, comme aussi les sinapismes, les injections hypodermiques d'eau pure, les courants faradiques ou galvaniques de moyenne intensité. Mais l'anesthésie locale obtenue par tous ces moyens ne dure guère au delà de dix minutes à une heure; ils n'ont donc guère d'utilité pratique. L'anesthésie est également temporaire, mais ordinairement plus longue, de quelques heures à quelques jours, quand on place le malade sur le tabouret isolant d'une machine statique, ou qu'on lui pose sur les deux régions temporales les deux électrodes d'une pile faible (voir page 32). Chez des malades hypnotisables, \3l suggestion a pu supprimer les attaques pour un temps. Enfin Pitres (1) s'est servi d'un moyen bizarre qui lui aréussi quelquefois : Vemploi des lunettes colorées. Étudiant après Féré l'action dynamogénique des sensations visuelles chez les hystériques, il a constaté que, si certaines couleurs provoquaient des attaques, d'autres donnaient une sensation de bien-être, et que môme, perçues au début de la crise, elles arrivaient à l'enrayer.

h) Les paralysies cèdent généralement aux moyens

(1) PnuEs. Loc. cit., p. 283.

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