STIGMATES
Cliez la femme, loul en tenant compte des douleurs physiques et morales produites par les affections de l'utérus et de ses annexes, et en les regardant comme la cause occasionnelle possible d'un épuisement nerveux, il faut toujours laisser une part importante au mode de réaction spécial du système nerveux, c'est-à-dire à la prédisposition. Toutes les femmes ne sont pas égales devant les mêmes lésions; et l'une deviendra neurasthénique, tandis que l'autre conservera toute sa résistance.
Description cliiiiqnc. — L'épuisemeut ncrvcux se manifeste par des signes presque constants, véritables stigmates qui peuvent souvent exister seuls, et en tout cas servent de points de repère au milieu des nombreux troubles fonctionnels qui traduisent la déchéance du système nerveux.
Ces stigmates sont la c.èphaUp, la racMaljiie^ Vinsomnie, la dépression cérébrale, Vasthénie nevro-muscu- 1(1 ire, les irouhles gastriques.
La céphalée existe dans les trois quarts des cas. C'est moins une douleur qu'un poids, une constriction analogue à celle que produirait un casque trop étroit; le maximum de soulfrance est à la nuque : plaque occipitale. Elle est plutôt diurne, soulagée un moment par les repas, avec des paroxysmes provoqués par le travail, les émotions.
La rarhialcjie, moins fréquente surtout chez 1 homme, a les mêmes caractères. Son siège de prédilection est la région sacrée : lûaque sacrée, moins souvent le coccyx, la septième vertèbre cervicale. Combinée souvent avec des douleurs dans les membres inférieurs, elle prend la forme d'un pseudolabcs.
Vinsomnie est rarement complète, sans douleurs
NEURASTUÉ.ME
ni même de malaises qui l'expliquent, extrêmement tenace. Les rêves sont fréquents et toujours pénibles.
La dépression cèréhrale se manifeste par la diminution de toutes les fonctions intellectuelles, mémoire, attention (cette déchéance est souvent partielle et ne gêne le malade que dans ses occupations professionnelles), jugement, volonté (l'aboulie domine l'état moral du neurasthénique), enfin caractère (impressionnabilité, mobilité maladive pour toute sensation, toute émotion morale).
L'asthénie neu7-o -musculaire est réelle, constatable au dynamomètre. Elle se montre surtout le matin au réveil; son degré varie d'une lassitude vague à la dépression complète exigeant le décubilus permanent.
Viennent enfin les troubles gastriques. Dans la forme bénigne ils se manifestent simplement par l'atonie gastro-intestinale; la forme grave permet souvent de constater la dilatation de l'estomac et les divers signes que Glénard a compris sous le nom d'entéroptose ; elle s'accompagne d'amaigrissement et d'une teinte terreuse cachectique. Mathieu (1) décrit trois variétés : la plus fréquente est la dyspepsie nervo-motrice avec ou sans hyperchlorhydrie. 20 minutes après le repas, et pour deux ou trois heures environ, se produit une distension pénible de l'estomac et de l'intestin, accompagnée ordinairement de trouble céphalique. La constipation est de règle. C'est là la forme bénigne. Danslaforme grave surviennent des crampes, des coliques périombilicales, des poussées de diarrhée pseudo-membraneuse, enfin la déchéance de la nutri-
(I) Mathieu. I.oc. cit., p. 55.