‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 18 sur 47 · SYMPTOMES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES SECONDAIRES

lion générale; l'HCL libre est nul, THCL combiné en petite quantité. L'acidité totale peut être cependant normale ou exagérée par le fait des fermentations secondaires. A un certain degré, il n'y a plus seulement distension de l'estomac, mais tendance à la stase, avec hyperacidité par fermentations anormales. Une autre variété moins fréquente est l'hyperchlorliydrie, tantôt intermittente, au moment de la digestion seulement, et se manifestant par des vomissements nerveux, tantôt continus et correspondant au type décrit sous le nom de maladie de Reichmann. Enfin plus rarement on rencontre la dilatation permanente de l'estomac, telle que la décrit Bouchard, caractérisée par la stase permanente et l'hypochlorhydrie, avec ou sans hyperacidité organique.

Symptômes seco>daires. — Autour de ces stigmates viennent se grouper d'innombrables symptômes, variables et par conséquent non caractéristiques,qui expriment tousladépression du système nerveux, et modifient par leurs groupements divers l'aspect clinique delà névrose. Ce sont :

1" Les troubles cérébraux : bizarrerie de caractère, Injporhoiidrio^ mais reposant sur un fond vrai et bien distincte par là de la mélancolie des aliénés, vertiges parfois analogues au vertige de Ménière.

2° Les trouhtes moteurs : parésies ou même jmrali/sies, dont le caractère est d'être mobiles, incomplètes, de survenir par accès; iremhlements à oscillations brèves et rapides; crampes miisculaires survenant la nuit au lit, et très douloureuses ; tremhlcments fibrillaires ; crampes fonclionnetles .

3" Les troubles de la sensibilité génércde : sensibilité excessive aux variations de température, A///;ere.s/!/<esie

<I2 NEL-RASTllÉNIE

du cuii- chevelu, ou répartie par plaques sur la peau; prurit local ou généralisé ; foiirmillemenis alaxiformes ; susrejMiUlé parn(lo.mle à raclion de cerlains médicamenls.

Les frouhhs des sens .- du côlé de la vue, congestion conjondivale comme chez les gens ivres; cliMation ovi inégalité àes pupilles ; asthéaopie; rétrécissement du champ visuel^ rare et passager ; du côté de l'ouïe, sensibilité douloureuse de l'organe, parfois bruits subjectifs. enfin bizarreries du goût et de F odorat.

5° Les trouUes de circulation : pcdpitations fréquentes, arythmie (Ziemssen), tachycardie paroxystique (Bouveret), angine de poitrine (Huchard), troubles vasomoteurs^ dont les plus fréquents amènent la pâleur et le refroidissement des extrémités.

6° Les troubles de respiration^ beaucoup plus rares ; accès de dyspnée pouvant faire croire à de l'asthme (Huchard).

- 7° Les troubles génito-urinaires. Chez l'homme, frigidité et même impuissance ; excitation génitale et spermatorrhée plus spéciales à la forme génitale ; troubles urinaires consistant en oxalurie, en un excès d'urates et d'acide urique (Beard). Chez les femmes atteintes de lésions de l'utérus ou des annexes, névralgies pelviennes. Ainsi que je l'ai déjà montré plus haut, ces lésions peuvent faire germer la neurasthénie dans un terrain prédisposé, et celleci à son tour, par les troubles généraux qu'elle provoque, aggrave la maladie locale.

Formes cliniques. — L'association de ces divers symptômes et la prédominance de certaines manifeslations constituent des formes cliniques, dont la sé- ])aration est certainement quelque peu artificielle, mais dont plusieurs donnent lieu à des indications

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parliculicres au point de vue du IraiLemonl. On peul dislini^uer :

■1° La neurasthénie générale ou cérébro-spinale, laplus commune, dans laquelle l'appareil nerveux est frappé louL entier, sans prédominance d'aucun cûlé. Les symptômes peuvent parfois n'occuper qu'une moitié du corps : hémineurastUénic de Beard.

"l" La neurasthénie cérébrale : c'est de préférence la forme masculine.

3'^ La neurasthénie spinale^ qui peut prendre la forme de l'irritation spinale, du pseudo-iabes.

■\° La neurasthénie périphérique, où dominent des douleurs vagues analogues à celle du rhumatisme oude la goutte. On peutyfaire rentrerlaneuraslhénie locale, mouosymptomalique, cpi se présente le plus souvent sousl'aspect d'une ^oiw«/5'<e[Blocq( l)], douleur abdominale, ou lombaire, au niveau de la langue, des seins, etc.

o» La neurasthénie viscérale, qui peut-être cctrdiaque, stoinacah,a\ec prédominance stomacale ou intestinale, qénitale, e\.ti\ors\armh\e de marche eid'indications thérapeutiques, suivant qu'elle seproduit chez l'homme ou chez la femme. Chez Vhomme, Kraft Ebing (,2. décrit trois périodes: la première est celle de l'excitation génitale avec pollutions nocturnes ; la deuxième offre en outre l'extrême précocité de l'éjaculation ; en même temps apparaissent les signes généraux de la névrose, surtout dans sa forme spinale ; la troisième est caractérisée par la spermatorrhée, et en même temi)S par l'aggravation des phénomènes généraux, qui iiarfois aboutissent à une véritable psy-

(\) Blocq. Loc. cil.

(2) Kkaft EBiNO.VVi'eJi. Medicin. /'/'me, n" îi et 6, 1887.

NKUHASTDÉiNIli

chose. Chez la femme il existe aussi une forme génitale; les lésions de l'utérus et de ses annexes peuvent être le point de départ delà névrose chez les prédisposées; mais le plus souvent elles jouent un rôle secondaire, et sont dominées par l'épuisement nerveux.

6° Chez la femme aussi, qu'elle soit accompagnée ou non de troubles génitaux, la névrose présenteparfois une gravité spéciale, qui provient sans doute de ce que chez elle, àl'état normal, la force morale comme la force physique sont moins développées que chez l'homme. Ce qui caractérise la neurasthénie féminine et en fait une forme spéciale, c'est la prostration de la volonté et le degré extrême de l'asthénie neuromusculaire. Toutes ces formes revêtent une gravité spéciale lorsqu'elles surviennent chez des sujets à hérédité chargée ; la neurasthénie héréditaire ne mérite donc pas d'être décrite isolément. Elle se signale par son début précoce, sa longue durée, sa résistance au traitement, enfin son association fréquente avec les manifestations delà dégénérescence mentale.

7° Enfin la neurasthésie peut se combiner avec l'hystérie. Llujstéro-neurasthénie est une forme fréquente de l'hystérie chez l'homme (Charcot) ; son principal facteur est la misère; c'est aussi cette association qui correspond le plus généralement à la névrose traumatique des Allemands (Charcot).

Elle se combine également chez les héréditaires avec des troubles de dégénérescence, hypochondrie, phobies diverses comme l'agoraphobie, la claustrophobie, etc. La distinction, facile lorsque les troubles sont accusés, l'est moinslorsqu'ils sont à l'état rudimentaire. Des degrés insensibles réunissent lespeurs souvent fondées du neurasthénique à la phobie du

THAITEMENT

dégénéré. Le l'ail de raisonner el de surmonter sa peur peut servir de caractère dislinctif (Ballet).

Enfin elle peut s'associer avec diverses névroses issues comme elle de la souche névropathique commune.

Traitement. — Pas plus que l'hystérie, la neurasthénie ne compromet la vie du malade, aumoinsdans la majorité des cas ; mais elle la rend toujours pénible, et dure souvent longtemps, parfois même toute la vie, chez les sujets à hérédité chargée, ouvrant alors la porte à des psychoses ou à d'autres troubles fonctionnels du système nerveux. L'intervention thérapeutique, pour être efficace, doit être persévérante ; s'adressant, comme dans l'hystérie, àun trouble psychique, elle doit recourir en première ligne à l'hygiène morale aidée par divers agents physiques. Pour Vigouroux, qui rattache d'une façon trop absolue la névrose à une dyscrasie acide, le premier rôle appartient à l'hygiène physique et en particulier à l'hygiène alimentaire ; c'est elle qui doit dominer le traitement de la neurasthénie. Quant aux moyens médicamenteux, tout le monde s'accorde à les placer bien loin après, en dernière ligne ; et du reste ils agissent bien plus contre certains symptômes que contre la névrose elle-même.

Après avoir dit quelques mots: 1° de la prophylaxie, j'étudierai successivement au point de vue général :

2° Le traitement moral,

3° Les agents physiques,

4° Les agents médicamenteux,

Et je terminerai en parlant de quelques formes de la névrose, qui, par leur gravité ou le caractère

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