NKUHASTIlKNlIi
spécial des symptômes prédominants, méritent un traitement particulier;
1° La neurasthénie à forme gastro-intestinale,
2° La neurasthénie génitale.
3° La neurasthénie grave, qui est presque toujours féminine.
Dans le courant de cette étude, je mets largement à contribution l'excellent traité de Bouveret.
1. Fropbylsixie. — Parmi les règles prophylactiques applicables à l'hystérie, il en est bien peu qui ne puissent convenir à la neurasthénie; ce chapitre sera donc bref. Chez tout enfant dont le système nerveux est excitable, à plus forte raison chez celui qui possède une hérédité névropalhique, l'éducation sera dirigée de façon à favoriser son développement physique, à éviter tout ce qui peut hâter son développement moral et intellectuel. On le prémunira contre la masturbation et plus tard contre les excès génésiques, qui, s'ils sont souvent l'indice d'une tare névropathique, peuvent servir aussi d'agents provocateurs à la neurasthénie. Plus tard on le sauvegardera contre les excès de travail au moment des concours qui amèneraient un surmenage intellectuel, et on choisira pour lui une carrière qui ne soit pas au-dessus de ses aptitudes et de son énergie morale. Lorsqu'il sera question de mariage, on pourra l'autoriser, si la névrose est acquise, et si l'autre famille est indemne de toute tare névropathique; au contraire, il faudra le déconseiller si la névrose est héréditaire. La question est particulièrement délicate dans la neurasthénie génitale, car les fatigues génésiques peuvent aggraver la névrose.
S^Tralteiucnt moral. — ReI'OS INTELLECTUEL. — Ce
qu'il faut essayer tout d'abord, c'est de supprimerles
liEl'OS INTELLECTUEL 97
causes qui ont provoqué la neurasthénie, les préoccupations d'afïaires, les travaux intellectuels exagérés, les veilles, les excès de toutes sortes. Ensuite on conseillera une hygiène cérébrale sévère. Un repos relatif suffit souvent : le savant, le littérateur donnera moins de temps à ses travaux, l'homme d'aûaires se déchargera d'une partie de ses occupalions. Du reste l'oisiveté complète est le plus souvent fâcheuse pour ces sortes de malades, surtout pour ceux qui ont l'habitude d'une grande activité intellectuelle, car elle laisse la porte ouverte aux idées noires et à l'hypochondrie ; mieux vaut ordonner à ces malade-, des occupations réglées, variées, et de préférence étrangères à leur profession habituelle. Cette direction ne saurait être trop minutieuse, et bien des charlatans ne doivent pas leurs succès thérapeutiques à autre chose qu'à une réglementation, même ridicule, de toutes les heures de la journée, qu'ils savent imposer avec autorité. Cependant lorsque la névrose est intense, et surtout lorsqu'elle s'accompagne de ces états anxieux qui confinent aux diverses phobies, tout travail intellectuel doit être supprimé; le repos de l'esprit doit être absolu.
Changeme.nt de milu^u. — Voyages. — Ces moyens ont un mode d'action très complexe, et dont la valeur dépend surtout de l'opportunité de leur emploi. Ainsi le milieu dans lequel vit le malade a parfois sur iui une influence funeste : milieu d'affaires, de spéculations dont il ne peut réussir à s'abstraire, tendresse exagérée de la famille qui l'entoure d'une sympathie maladroite. Dans ce cas un déplacement est util". C'est à ce changement de milieu que bien des stations balnéaires, celles en particulier où fréquentent les neurasthéniques, doivent un de leurs principaux
,jg iNEURASTUÉNlE
élémenls de succès. D'aulr epart , elles ne sont pas sans inconvénient pour ces malades ; lorsqu ils s y rencontrent en grand nombre, ils se suggestionnent réciproquement par les récits de leurs maux, et en reviennent souvent plus fatigués qu'avant. La cure climatérique sera donc généralement préférable a la cure thermale. Un séjour à la campagne suffit souvent- il convient mieux en tous cas aux neurasthéniques spinaux, auxquels toute fatigue musculaire est nuisible. Les cérébraux peuvent tirer profil des voyages, mais non des grands voyages avec leurs déplacements incessants et leurs fatigues réitérées. Ces voyages ne conviennent en réalité qu'aux malades légèrement atteints : pour les autres, leurs inconvénients l'emportent beaucoup sur leurs avantages. Ce qui est préférable à tout, c'est un séjour prolongé dans un site choisi. La mer a des indications restreintes; les bords de la Méditerranée en hiver peuvent recevoir les malades qui ne supportent pas le froid ; en été des plages tranquilles et bien abritées, sansremonter trop au nord, peuvent convenir à ceux à qui des troubles cardiaques intenses ou un affaiblissement trop considérable des forces interdisent les altitudes. Mais ce qui convient le mieux dans la plupart des cas, c est le séjour à la montagne. On choisira une altitude moyenne de 700 à 1000 métrés; si l'on monte plus haut, il faut choisir une vallée bien abritée, car les neurasthéniques sont très sensibles au froid. Les Vosges, la Savoie, le Dauphiné, la forêt Noire, le ïyrol, possèdent des stations de ce genre; mais c est surtout en Suisse qu'on trouvera le plus grand choix de stations et les installations les plus confortables. La cure se fait de préférence en juillet et en août et dure au moins six ou huit semaines. Certaines sla-
ISOLEMENT — HYPNOTISME WV'
lions, comme Davos, Méran, sont admirablement installées pour un séjour d'hiver. Le climat de montagne exerce une action toni-sédative remarquable sur les neurasthéniques cérébraux en particulier, et surtout sur les déprimés. L'atonie gastro-intestinale diminue, les Ibrces reparaissent, le sommeil surtout revient souvent comme par enchantement.
Isolement. — C'est une méthode d'exception, qu'il faut réserver pour les neurasthénies très graves; mais c'est une ressource de la plus haute importance dans les cas oii la dépression morale est profonde, oi:i des états anxieux divers se manifestent, où les troubles digestifs sont intenses. Ce que j'ai dit de l'isolement, de ses indications, de la façon de l'appliquer, dans le chapitre consacré à l'hystérie, me dispense d'en parler longuement ici. Comme l'hystérique, il soustrait le neurasthénique aux causes qui ont favorisé la névrose, au milieu dans lequel la tendresse déplacée des siens pervertit sa volonté et son caractère, et, comme le dit Weir Mitchell, développe son égoïsme et son besoin impérieux de sympathie et de tolérance; il le sépare parfois aussi d'autres névropathes dont la présence le suggestionne à son tour; d'autre part il permet aux fonctions cérébrales de se fortifier en se concentrant. L'isolement est l'élément le plus important du traitement dit de Weir Mitchell, que je décrirai dans un chapitre suivant.
lIvi'XOTiSME. — Les restrictions que j'ai indiquées à l'emploi de l'hypnotisme dans l'hystérie, me paraissent encore plus nécessaires lorsqu'il s'agit de la neurasthénie. D'abord peu de neurasthéniques sont hypiiotisablcs : la nature de leur trouble mental ex|)li(fuc ce fait d'observation; il ne consiste pas en un l'étrécissement (lu champ de la conscience qui fa-
100 NEURASTHENIE
vorise la suggeslibilité, mais en un affaissemenl de toutes les fonctions cérébrales. Cependant la suggestion hypnotique a pu améliorer certains symptômes : la dépression cérébrale, la céphalée, l'insomnie ; produire même dans certains cas la guérison complète (1). Mais ces succès ne paraissent pas durables; et en efl'et l'hypnose a l'inconvénient de laisser le malade passif; elle peut l'améliorer physiquement, mais elle ne relève pas son énergie morale. Enfin il faut compter avec les dangers de l'hypnotisme ; j'ai montré plus haut que la méthode était loin d'être inofTensive. Aussi je pense que la suggestion hypnotique ne peut rendre qu'exceptionnellement des services.
En revanche, la suggestion à l'état de veille peut être d'une réelle utilité; et d'ailleurs dans bien des cas, le médecin ne la pratique-t-il pas inconsciemment? Chez les neurasthéniques déprimés, il impose sa volonté, et donne une direction morale dont ils sont souvent incapables. Aux hypochondriaques, il persuade que leur système nerveux est indemne de toute lésion organique, et fait voir la guérison dans un avenir prochain.
3° Agents physiqncs. — Hydrotuéiupie. — C'est une des méthodes les plus usitées et les plus utiles dans le traitement de la neurasthénie : elle ne rend cependant pas toujours les services qu'on en attend, et, dans bien des cas, le traitement électrique la supplée avantageusement. Je ne reviendrai pas sur les indications générales, qui ont été données à propos de l'hystérie; je me bornerai à insister sur quelques
(1) Bermieim. De la sufjgeslion et de ses applications à la t/ie'rapeiilique. Paris, 188S, p. 448.
llVDROTllliHAPIE
])oints spéciaux. Les neurasthéniques supporLent mal ordinairement les excitations violeales et les soustractions trop intenses de chaleur; il faut donc appliquer la médication avec le plus grand ménagement. La douche froide en jet brisé, très courte, avec une pression modérée, est le procédé le plus habituel. Bouveret conseille d'employer d'abord l'eau tiède à la température de 22 à 24°, et de la refroidir progressivement jusqu'à 16° au moins. J'ai dit plus haut pour quelles raisons je trouvais la douche froide d'emblée préférable. Cependant, on aura recours à la dovche écossaise dans le cas où la douche froide serait mal supportée, ou lorsque existe chez le malade une tare arthritique trop prononcée.
Les procédés sans percussion sont également contre-indiqués chez les arthritiques, exception faite toutefois pour l'enveloppement dcms le drajJ mouWè. C'est le procédé que Ziemssen emploie de préférence.
Divers symptômes neurasthéniques appellent des indications particulières. Les lains frais à 30° sont utiles dans les cas de prostration accentuée; les Mins tikUs praJorigès dans les cas d'excitation. Contre l'insomnie, on emploiera avec avantage le maillot humide. On applique le maillot au moment du coucher, et dans les cas plus rebelles, on le fait suivre d'une lotion ou d'une all'usion fraiclic à 2.0". Il faut se garder d'employer l'eau froide, car on risquerait d'amener une véacliou li'op intense. On peut aussi employer contre rinsomnie \a. douche chaude à Pendant la séance, Botley la fait porter de temps en temps sur la nuque et l'occiput, pratique qui congestionne légèrement le cerveau et prédispose singulièrement au sommeil.
Les douches chaudes et froides alternatives, avec douche locale sur l'abdomen, conviennent très bien aux atonies gastro-intestinales.
La spermatorrhée est améliorée par les douches locales sur le périnée, par les bains de siège froids, de 8 à 10", à eau courante, d'une durée de une à trois minutes.
Dans la rachialgie, il est utile d'administrer la douche froide en plein jet sur l'endroit douloureux, ou bien encore la douche écossaise très chaude, sans transition. La douche froide très courte réussit mieux en général que la douche écossaise dans la neurasthénie à douleurs diflfuses.
Electrotuérapie. — Elle n'est pas un agent moins précieux que l'hydrothérapie ; ses applications sont nombreuses, qu'on l'emploie contre la névrose en général ou contre certains symptômes particuliers. Toutes les formes d'électricité peuvent être mises à profit : on sait en effet que les deux attributs essentiels de l'électricité, la quantité et la tension, varient suivant l'appareil générateur qui la produit; avec les machines électriques (électricité statique) la tension est élevée, la quantité faible; avec les piles -(électricité galvanique) la tension est faible, la quantité élevée ; enfin avec les appareils d'induction ^électricité faradique), la quantité et la tension sont égales. "A ces différences de propriétés physiques correspondent des différences d'effet physiologique, que la thérapeutique peut mettre à profit. Quelle que soit la source d'électricité, celle-ci exerce une action toni-sédative sur le système nerveux, et par là remplit les indications fondamentales du traitement de la neurasthénie.
Plusieurs procédés peuvent être employés contre
FARADISATION GÉM2RALE
la névrose elle-même : la faradisation générale, la galvanisation générale, la galvanisation centrale. Je décrirai ces méthodes d'après le Traité d'électrothérapie de Erb (1). Il faut y ajouter la franklinisation, c'est-à-dire le traitement par l'électricité statique, que Charcot et ses élèves entremis en honneur.
La faradisation générale se pratique de la façon suivante : le malade, étant déshabillé ou très légèrement vêtu, se place, les pieds nus, sur une grande électrode en forme de plaque recouverte d'éponge ou de flanelle humide; elle communique avec le pôle négatif et elle reste fixe. Le pôle positif est formé d'une éponge de cinq à six centimètres de diamètre; il est mobile. Le courant doit être faible; aussi, pour l'atténuer, Ziemssen s'interpose-t-il luimôme dans le courant, tenant l'électrode d'une main et promenant l'autre sur la peau du malade. L'électrode mobile doit être mise en contact successivement avec toutes les parties du corps. « On commence par le front, en le faisant traverser ainsi que les tempes par un courant nettement sensible; on passe ensuite au vertex où le pôle positif séjourne assez longtemps; ensuite, avec un courant un peu plus fort on traite la région de l'occiput et de la nuque. .4près quoi, avec une force de courant un peu plus grande, on promène l'électrode de haut en bas le long de la colonne vertébrale pour agir spécialement sur la moelle épinière; elle peut séjourner un peu jilus longtemps sur différents points, sur des apophyses épineuses douloureuses, sur un foyer de névralgie. Vient ensuite lafaradisalion du cou, avec un
(1) Ehp. Tvnilé d'élcctrol/icrapie. Tiad. franc, do Rucfl", Paris, dS8i.
IQ^ >EUltASTllKNll';
courant plus faible, pouv excUer le sympallii(iue, le pneumngaslnque,lephrénique et les muscles du cou. Plus loin on faradise la région antérieure de la poitrine, surtout celle du cœur, puis labdomen, avec des courants plus énergiques; le pôle positif peut en ce moment rester fixé sur l'épigastre pour atteindre le plexus cardiaque, puis se promène lentement pardessus tout le ventre, pour exciter l'activité intestinale et les muscles de l'abdomen. Enlin entre en ligne une excitation énergique des muscles du dos et des quatre membres; l'électrode est promenée avec une pression énergique sur toutes ces parties, particulièrement sur les troncs des nerfs principaux et sur les muscles, avec un courant assez fort pour que partout se produisent des contractions musculaires, et que tous les muscles soient exposés, autant que possible plusieurs fois, à l'action excitante du courant. On peutensuite terminer en recommençantd"électriserun instant la moelle épinière. » Cette manœuvre, d'après Erb, doit durer de dix à vingt minutes lorsqu'il s'agit d'une faradisation générale, de une à cinq minutes seulement lorsque la faradisation est localisée à la tête ou à la moelle, dans les cas de neurasthénie cérébrale ou spinale. Bouveret se contente d'employer des courants juste suffisants pour exciter la sensibilité cutanée, trouvant que les courants forts aggravent souvent l'excitation cérébro-spinale. La faradisation générale, d'après Beard et Rockvell, est parliculièrement indiquée dans les formes où dominent l'asthénie neuro-musculaire et l'insufTisance de la nutrition.
La gah'animtion génèrah a les mêmes indications et les mêmes cfïets. La façon d'agir est la même ; le courant galvanique remplace le courant faradique ;
GALVANISATION CENTRALE — FRANKLINISATION lOo
I le pôle néf^atif étant fixe et appliqué aux pieds du i) patient, le pôle positif est successivement promené |: sur toutes les régions du corps.
1 La gcdcanisation centrale est recommandée par iBeard, lorsque la nutrition et la force musculaire
• sont assez bien conservées. « Elle consiste à poser ! sur l'épigastre un grand pôle négatif en forme de I plaque, tandis que le pôle positif est appliqué au I moyen d'une grande électrode-éponge ronde sur la i tête, le cou, et le long de la colonne vertébrale, pour ;agir sur tout le système nerveux central, sur le
vague et sur le sympathique. Avec un faible courant ide deux à huit éléments, on commence par frotter île front d'une extrémité à l'autre, doucement, puis Ile centre du crâne, la région du vertex juste entre I les oreilles, à laquelle Beard attache une importance : spéciale, et qu'on occupe l'espace d'une à deux miinutes. Le pôle positif est ensuite promené pendant lune à cinq minutes des deux côtés, le long du symipathique, du cou et du pneumogastrique. Enfin de lia même manière, pendant trois à six minutes, on Ifrotte toute la colonne vertébrale lentement, de haut len bas, en tenant compte spécialement du cou. »
LafranJcUnisafion est de tous les procédés d'élec- I Irisation celui que Vigouroux juge dans l'espèce le iplus efficace, eu raison de son action puissante sur lia nutrition et l'innervation. A l'encontre de Charcot, iqui tend à la regarder comme uniquement sugges- Itive, il en fait la base du traitement des neuraslhéiniques, l'associant à des prescriptions d'hygiène
• alimentaire, et recommandant môme que le malade s'abstienne pendant ce temps de toute autre pratique thérapeutique. Vigouroux a pour habitude de I remplir exclusivement les premières séances par le
|Qf5 NKl HASI llBMIi
bain électrique, doutladurée esld'abovdde cin.i minutes, et d'allonger seulement peu à peu ces séances. Lasuérison, conslanle d'après lui, ne devient définitive qu'après une série de rechutes qu. se produisent nécessairement, mais vont du reste en s espaçant et en s'atténuant. La durée moyenne du traitement est de an à quatre mois.
Si les procédés communs, en améliorant létal i^énéral, font disparaître par là même les manifestations locales, on n'en a pas moins l'occasion d. rechercher dans des applications spéciales un soulagement à certains symptômes plus pénilîles ou pla> tenaces. La cèj>]uaèe et Viasomme cèdent ordinairement au souffle électrique appliqué sur la tête. Contre les mêmes svptùmes, Erb emploie avec succès ou e passage d'un courant continu faible ii travers le crâne, ou la faradisation faible du front à la nuque Si la céphalée est localisée, il applique le pôle positif stable sur les points douloureux.
D's douleurs nèrralgifjues peuvent céder a la gahanisation. Le courant est descendant et stable: e pôle positif placé sur la colonne vertébrale ou le milieu du tronc nerveux, le pôle négatil sur les extrémités da nerf.
Les pulpitailons nerveuses sont calmées par la galxanisalion ou la faradisation allant de la nuque à 1 epigastre ou à la région précordiale (Erb), ou par la galvanisation du sympathique etdupneumogastr.quc k la région du cou (méthode de Flies>.
Contre les troubles vaso-moteurs, 1- rb emploie un procédé variable suivant qu'il y a spasme ou relâchement des vaisseaux périphéri.iues. Dans le premier cas, il fait agir pendant deux à cinq minutes un courant continu ascendant sur les nerfs du membre
REPOS PUYSIOI K — MASSAGE 107
malade; dans le second cas, il se serl d'un coiiranL descendant plus faible. Ou bien encore il emploie la laradisalion des nerl's et de la peau, mais Irès énerque dans le premier cas, très atténuée dans le second.
L'électricité exerce aussi une action très efficaci sur les troubles gastro-intestinaux et génitaux de la neurasthéuie ; je reviendrai sur ses applications spéciales lorsque je parlerai du traitement de certaines formes de la neurasthénie.
Repos puvsiol'e. — Ses indications sont variables suivant les formes de la névrose et suivant leur gravité. Le repos est inutile dans la forme cérébrale, sauf en cas de vertige, et encore lorsque celui-ci est fréquent et survient sans cause appréciable. En revanche il est nécessaire dans la forme spinale, pour tous ces malades qui souflfrent dans le dos ou dans les membres inférieurs, qui ne peuvent faire un pas sans être las. Il est également utile dans les formes graves de l'atonie gastro-intestinale. Le repos doit être gradué suivant l'intensité des cas, depuis le repos absolu jusqu'à une simple restriction de l'activité physique. Quant à l'emploi de celle-ci, il ne saurait être réglé d'une façon trop minutieuse, et variera naturellement suivant l'âge, le sexe, la situalion du malade. Parmi les exercices les plus recommandés, celui de la bicyclette ])arail être un des. meilleurs. Il peut être prolongé sans inconvénient, et, n'étant pas absolument automatique, il joint au travail musculaire l'avantage de la distraction.
Massace. — Il convient à la plupart des cas de neurasiliénie spinale et aux l'ormes graves d'atonie gastro-intestinale ; il remplace utilement l'exer- <'ice actif du système musculaire que ne permet plus
suftisammenl l'épuisemenl nerveux, et agit également sur la peau dont il active les fonctions. Il joue un rôle important dans le traitement de Weir Mitchell, 011 il sert à remédier aux inconvénients du repos absolu. Le procédé a été décrit en détail page i6.
Charcot (1) a récemment vulgarisé une nouvelle méthode mécanique qu'on peut rapprocher du massage : c'est la médecine vibratoire^ ou application des vibrations rapides et continues au traitement de quelques maladies du système nerveux. Son point de départ est l'observation faite par Yigouroux dès 1878, que les vibrations du diapason ont chez les hystériques la même action physiologique que les métaux, les aimants, l'électricité statique. A l'aide d'un énorme diapason monté sur une caisse de résonnance et mis en mouvement par un archet, il faisait disparaître les anesthésies et les contractures. Plus tard, Boudetde Paris, en 1880, et presque au même Mortimer Granville, à Londres, mettaient à profit l'action locale du diapason, Boudet, au moyen d'une lige vibrante adaptée par un bout à la planchette support de l'instrument, et par l'autre munie d'une plaque appuyée sur un point du corps du patient; Mortimer Granville, à l'aide d'un percuteur (cloks work percuteur), dont le mécanisme rappelle celui de certaines sonneries électriques. Par ce moyen, qui peut produire rapidement l'insensibilité locale, les auteurs réussissaient à guérir des névralgies, la névralgie faciale en particulier, et des migraines intenses.
Ce procédé, perfectionné par Gilles de la Tourette,
(1) Leçon clinique faite à la Salpètriôrc. Semaine médicale, 1892, p. 289.