MÉDECINE VIBRATOIRE
parait èlre d'un grand secours contre la migraine et contre certains symptômes de la neurasthénie ; il consiste en un appareil destiné à imprimer au crâne des vibrations énergiques. Yoici, d'après Cliarcot, la description de cet appareil : « Il se compose d'une sorte de casque à lames séparées, fort analogue au conformateur des chapeliers ; à l'aide d'un artifice simple, les lames de ce casque emboîtent exactement la tète du sujet en expérience. Le casque est surmonté d'un plateau sur lequel se trouve placé un petit moteur spécial actionné par une pile vulgaire. Tout l'appareil est facile à manœuvrer, très portatif, cl ses rouages peuvent marcher pour ainsi dire sans interruption, sans crainte de dérangements. Le petit moteur donne environ GOO tours à la minute, tous très réguliers, produisant une vibration uniforme, qui se transmet au crâne en totalité par l'intermédiaire des lames du casque... » Un procédé de réglage fort simple augmente ou diminue à volonté le nombre et l'amplitude des vibrations.
.le ne parlerai pas ici des résultats produits par ce casque vibrant sur la migraine. Pour ce qui est de la neurasthénie, trois malades seulement ont été mis en expérience : chez tous les trois l'appareil vibrant a fait disparaître les symptômes céphaliques, les vertiges, la céphalée en casque, l'insomnie dont il est venu à bout en huit ou dix séances; il a même agi à distance sur les phénomènes spinaux, dans un cas où ceux-ci étaient prédominants. Il n'est donc pas douteux que la vibration ainsi pratiquée ne soit, comme le pense Cliarcot, un sédatif puissant du système nerveux.
liÉr.iME Arj.MKNT.NUUc. — Pour laplu part (les mcdccius, inlluencés par les travaux de Beard et de Weir Mit-
N.KVRO.^^ES 7
\ 10 NKUHASTllK.MK
clicU, raliiiienlalion, louL an moins dans les formes ordinaires de la neurasthénie, ne joue qn'un r<j!e secondaire. Leur but est de fournir au malade les matériaux nécessaires au relèvement de son système nerveux épuisé, et comme beaucoup de neurasthéniques mangent d'une façon insuflisante, ils s'efforcent de les faire revenir à une ration alimentaire normale. Ils leur prescrivent de préférence les aliments qui possèdent sous le moindre volume la dose maxima de substance nutritive ; lorsque ceux-ci digèrent facilement les graisses, ils leur recommandent les matières grasses : beurre, crème, et même huile de foie de morue. Ces substances grasses, pour les auteurs américains, favorisent le relèvement de la force nerveuse. De plus, ils leur recommandent avec raison d'user très modérément des neuro-stimulants, thé, café, tabac, liqueurs, dont ils ont grande tendance à abuser.
La théorie de Vigouroux (1) est toute dififérente. Puisque l'assimilaticm est insuffisante, la dose de nourriture doitêtre strictement limitée au nécessaire, c'est-à-dire à la ration d'entretien. 11 ne faut pas croire en etTet f;2) que l'organisme soit capable d'employer tous les matériaux que les aliments peuvent lui fournir. Le taux de la désassimilisalion. mesuré par l'azote ou l'acide carbonique excrétés, est indépendant de l'alimentation; il est le même dans le régime riche et dans l'abstinence, sauf que dans ce dernier cas l'organisation y supplée avec sa propre substance. L'accroissement temporaire des oxyda-
(1) ^"Ioouuoux. Loc. cil.
(i) VanNoorden. G.'iindriss e 'mer Méthode der Stoffwcclisel Unler.suchuiu/eii. Berlin, 1892. — Palholorjie der Slo/fi' echsel. Hjrlin, 1S93.'
liÉGIME ALIMENTAIRE
lions ([ui suit un repas est uniquemeul le résullal du ti'uvaii dij;eslit', el non de la suraclivilé des muLaUons nutritives. Si l'alimentation est supérieure aux besoins, le seul résultat, lorsque l'albumine est en excès, c'est l'élévation de l'urée et non l'accroissement du tissu musculaire ; lorsqu'il y a excès de [graisses ou d'hydrates de carbone, c'est le dépôt d'une provision de graisse dans les tissus.
La suralimentation, ausensordinaire du mot, c'està-dire en tant que ration alimentaire supérieure à la normale, doit donc être lepoussée. La quantité d'aliments devant être égale aux besoins de l'organisme, il faut plutôt la diminuer chez le neurasthénique, dont la température est inférieure à la normale, les oxydations et les excrétions amoindries, l'alcalinité du sang diminuée. Pour fixer cette ration d'entretien, Vigouroux emploie un moyen purement empirique ; il commence par prescrire une dosed'alilimenls inférieure à la moyenne normale, et observe les variations de poids du malade; ce poids diminue habituellement au début ])our rester stalionnaire au houl de dix ou quinze jours ; c'est alors que le régime proscrit correspond avec la ration d'entretien. Si au contraire la diminution de poids s'accentue encore au l)outde quinze jours, il augmente la ration jusqu'à ce qu'il ait obteiui l'équilibre. Pour ce qui est de la qualité des aliments, le régime mixte suHît : viaïidos grillées et rôties, poisson à chair maigre, jambon, œufs, légumes verts sauf l'oseille, pommes de ten-e en purée ou bouillies, farines diverses en potages, riz, pâtes d'Italie, lait, café au lait, fruits de préférence cuits, peu ou pas de bouillon, pas de graisses, du beurre frais seulement, pas de sauces etsurtout pasd'épices, le moins de pain pos-
li± NEURASTIIKNIIÎ
sible. L'albumine doilreprésenler au plus le sixième de ralimentation loLale. Les repas, au nombre de trois par jour, seront aussi espacés que possible, el le principal aura lieu dans le milieu de la journée.
La quantité des liquides ingérés n'a pas besoin d'être rédui te, si elle est dans les limites habituelles : la meilleure boisson est l'eau, soit ordinaire, soit faiblement alcaline, ou sinon du thé léger, du vin blanc largement coupé.
4" Ag-euts pharmaceutiques. — On ne saurait être trop réservé dans l'emploi des médicaments. D'abord il faut se rappeler que chez les neurasthéniques il y a parfois, suggestion à part, une véritable ataxie thérapeutique, suivant le mot de Huchard, et qu'on doit tàter prudemment le terrain à cause de la susceptibilité étonnante que certains d'entre eux présentent aux agents toxiques. En outre leurutUité est des plus restreintes contre la névrose elle-même ; ils ne sont guère efficaces que contre certains symptômes particuliers. Leurs inconvénients sont au contraire souvent visibles ; et parfois leur suppression a pour conséquence immédiate un amendement des symptômes. On peut diviser ces agents en deux classes suivant qu'ils s'adressent aux pliénomènes à' excitation ou de (U'pressioii.
Parmi ceux de la première classe, il faut placer en première ligne les l>roinwes alcalins. Ils rendent des services dans le cas d'excitation cérébrale, de névralgies diffuses, d'excitation génitale, de palpihilions. d'insomnie. On peut employer le bromure de pohissium, de sodium, ou les divers bromures associés: la dose doit être élevée : d'après Beard, i grammes au moins par jour, et continués assez longtemps avec des interruptions de quelques jours.
AGENTS rnARMACEUTlQUES il'.i
On n'a ([ue trop de tendance à reconrir anx ////pnotiqucs donl cile seulement les principaux : le chloral à la dose de 1 à'^ grammes, le sulfonal à la dose de 2 grammes, le cliloralose à la dose de 20 à 30 centigrammes. Les agents physiques sont bien préférables à ces médicaments; car l'accoutumance étant rapide, on est contraint d'élever peu à peu les doses pour obtenir un etlet utile, et d'exposer le malade aux dangers de l'intoxication chronique. La chloralomanie, d'après Beard, devient aussi fréquente en Amérique que la morphinomanie.
Les préparations cVoi)iuiu sont plus dangereuses encore. C'est parmi les neurasthéniques que se rencontrent pour une grande part les morphinomanes.
Le chanvre indien., sous forme d'extrait gras, à la dose de à 10 centigrammes, peut rendre des services contre la céphalée.
Je ne cite que pour mémoire Yoxijde de zinc^ employé sons lorme de pilules de Méglin ou de pilules antinévralgiques de Trousseau, à la dose croissante de 1 à 8 par jour.
Parmi les médicaments de la seconde classe, le/er convient aux cas où l'anémie ou la chlorose accompagnent l'épuisement nerveux. Le protoxalate de fer et le tartrate feri-ico-potassique sont de bonnes préparations.
L'arsenic reconnaît des indications analogues. On peut le donner seul, ou associé au fer, sous la forme d'un mélange do liqueur deFowleretde teinture de Mars tarlarisé. Beard l'administre pendant des mois, jusqu'à production des phénomènes physiologiques.
]Airora^ sous forme d'extrait fluide ii la dose d(^ 2 il 4 grammes, la raféine, sous forme de citrate de
114 iNK CHASTIIKMR
caféine à la dose de U gr. 5U;i 1 gramme ou de caféine associée au benzoale de soude, le sulfale de sjjar- Leine à la dose de 0 gr. 10 à 0 gr. 13, peuvent vendre des services contre l'abattement, la dépression des forces, la faiblesse du pouls. Il faut donner la caféine le matin, afin d'éviter l'insomnie.
h'erffofine, à dose assez forte, 1 à 2 grammes (Beard), le saJfate de duhoisine à la dose de 1/2 à 1 milligramme, par granules de 1/4 de milligramme, peuvent servir contre les parésies vaso-motrices, les hyperhydroses.
La strychnine (1 à 5 granules de 1 milligramme), seule ou associée à l'ergotine, peut être utile dans la neuvasthésie génitale avec spermatorrhée.
Enfin V huile de foie de morue peut être recommandée, moins il est vrai comme un médicament que comme un aliment. Beard l'administre à hautes doses; on peut favoriser sa tolérance en l'émulsionnant avec des phosphates; ceux-ci ont aussi leur utilité dans une maladie qui s'accompagne fréquemment de phosphaturie.
A ces médicaments on peut ajouter le bicarbonate de soude, que Vigoureux emploie contre la dyscrasie acide inséparable pour lui de la neurasthénie. C'est une pai-tie essentielle du traitement. Le bicarbonate de soude peut être donné sous forme de sel dissous dans l'eau ordinaire ou d'eau minérale naturelle. Sa dose est en rapport avec le degré d'acidité indiqué par l'analyse de l'urine; elle ne dépasse pas en général 5 à (1 grammes.
Les injections soiis-ct tanéks nie liquioes oi!i;a- NiQi'iiS, préconisées par Brown-Séquard (I), oui
(1) TiRoyvy-SKQVAnii.Complcs- rendus delà Socic/r de biologie
INJECTIONS SOrS-CUTANlîES DE LIQUIDES ORGANIQUES Uo
fail dans ces derniers temps leur entrée dans la thérapeutique d'une façon assez bruyante, pour que, malgré l'incertitude des résultats, il soit convenable d'en étudier sérieusement la valeur. La nouvelle mélliode est fondée sur cette doctrine : que le rôle des glandes ne consiste pas seulement à former des produits de sécrétion qu'elles déversent dans les canaux excréteurs, mais encore à élaborer des produits, qui, repris parla circulation, imprègnent l'organisme et sont utilisés par lui d'une manière spéciale. Que ces produits manquent par la maladie ou l'extirpation d'une de ces glandes, il se développe un état morbide en rapport avec l'organe absent ou malade. Plus tard, Brown-Séquard élargissant l'hypothèse parle non plus seulement des matériaux sécrétés par les glandes, mais encore de ceux qui proviennent de tous les tissus spéciaux non glandulaires. « La cellule vivante, quel que soit le tissu auquel elle appartient, doit certainement, elle aussi, sécréter des produits dont l'activité peut n'être pas moindre. Ces produits solubles spéciaux pénètrent dans le sang et viennent influencer par l'intermédiaire de ce liquide les autres cellules ou éléments anatomiques de l'organisme. »
Pour ce qui regarde le testicule en particulier, sa fonction est en i-apport intime avec la vigueur de l'organisme animal, et Brown-Sequard, dans sa retentissante corn munication (bH3 jnin 1889, annonçait les bénélices qu'il avait personnellement retirés de l'injection de ce liquide : accroissement de la puissance au travail et de l'activité intellectuelle, régu-
\m, p. 41.-;, 12;), m, V:,',-. - An-/,. <lr. p/nj.siol. )880 p. ■/89; — lS9(),p. 201, lî.'î, .'ioG, Cil.