‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 29 sur 47 · ÉPILEPSIES PAR TUMEUR CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIES PAR TUMEUR CÉRÉBRALE

in-itent les centres moteurs de l'écorce ; au besoin ils excisent la cicatrice méningo-corticale, et vont jusqu'à enlever la zone cérébrale attenante. Ce n'est pas ici le lieu de décrire le manuel opératoire dont les règles sont désormais fixées avec la plus grande certilude. Les méthodes de J. Lucas-Championnière et do Poirier permettent, grâce à des tracés extérieurs, de fixer à la surface; du crâne intact des points de repère qui sont en rapport avec les divers centres psycho-moteurs. Du reste la sécurité donnée par l'antisepsie est telle que les accidents opératoires sont presque nuls. En revanche, les résultats opératoires de ces opérations audacieuses paraissent encore discutables. Si Horsley, Keen ont obtenu quelques succès complets, le plus souvent ils n'ont réussi qu'à diminuer les attaques, sans compter des paralysies post-opératoires plus ou moins persistantes. L'existence possible de dégénérations secondaires déjà en voie de formation, la difficulté de limiter nettement la région de l'écorce à exciser, expliquent suffisamment la rareté des succès complets.

Épilp,psies par . tumeur cérébrale. — La trépanation est rarement utile en cas de tumeur cérébrale. D'abord il est des tumeurs qui, par leur nature même, échappent à l'intervention chirurgicale. Ainsi le tubercule du cerveau n'existe presque jamais à l'état solitaire, et en tout cas sans qu'il y ait dans un autre organe une localisation tuberculeuse. Aussi dans un des cas les plus heureux, celui d'Horsley (188G) qui enleva une épaisse capsule de tissu cellulaire contenant deux masses caséeuses, l'auteur signale, quelque temps après l'opération, la réapparition des attaques. Pour les syphilomes, Horsley (1)

(1) Horsley. Congr6s de Berlin, 1890.

affirme qu'elles ne sont qu'améliorées parle Lrailcment spécifique el que, pour elles comme pour les tubercules, l'exlirpalioa seule donne la guérison radicale. Il conseille donc d'enlever tous les sypliilomes qui ont résisté à six semaines de Iraitemenl. Mais ne faut-il pas dans ces cas faire la distinction entre la lésion spécifique primitive, justiciable du traitement spécial, et la lésion banale secondaire irrémédiable, sur laquelle celui-ci ne peut plus agir ? Ces exceptions faites, l'opération est admissible lorsque les indications topographiques sur le siège de la lésion sont précises, ou si par leur fréquence et leur intensité les accès mettent en péril la vie du malade. Si l'on tombe alors sur une tumeur extracérébrale, non pénétrante, ou à la rigueur sur un néoplasme bénin bien circonscrit de l'écorce, du peut l'enlever. Péan, avec Ballet et Gelineau (1^, a obtenu une guérison définitive en enlevant une tumeur développée aux dépens des méninges, qui refoulait simplement la substance cérébrale. Mais souvent les tumeurs ne sont pas nettement limitées; elles se continuent par leur pourtour avec la substance nerveuse; et leur extirpation ne peut se faire sans un traumatisme cérébral des plus graves, qui laisse tout au moins une paralysie permanente.

EpiJepsics partielles smis fraumatismes et sans tumeur. — Pour les épilepsies partielles, sans lésion macroscopique appréciable, la trépanation avec ou sans excision des centres corticaux ne peut pas amener grand bénéfice. Elle a été tentée cependant par plusieurs auteurs. Dans un cas de Lépine (2), la

(1) Gaz. des hopilau.r, 1889, p. 180.

(2) Pmciiadhe. De la Irépanalioii dans Ie.s cpil. jaclaoniciiiie.s non Iraiinialiques. Th. Lyon, 1888, p. GP.

Él'ILEPSIES PARTIELLES OU GÉNÉRALISÉES 193

trépanation pratiquée pour un état de mal fut suivie d'une guérison qui durait encore au bout de ([uatre mois; dans un cas ailalogue de Bendati (1), la guérison a paru aussi définitive ; dans un autre de J. L.-Championnière (8 août 1887), même disparition des attaques, persistante encore au bout de dix mois.

Par contre, dans un autre cas de Lépine (2), la trépanation n'a produit aucun résultat. Dans un cas de Hutton et Wright (3), comme dans un autre de Larger (1), elle n'a fait que suspendre momentanément les crises. Vainement, en l'absence d'une lésion grossière, on a cherché à déterminer expérimentalement le point de départ des convulsions. Keen (5), Lloyd et Deaver (G), Mills (7) ont faradisé l'écorce saine, et ont excisé le point dont l'excitation reproduisait les spasmes précurseurs ou prépondérants de l'attaque. Sauf dans le cas de Mills, où la guérison apparente durait encore au bout de cinq mois, les convulsions avaient reparu après un certain temps. Cet insuccès n'a du reste rien qui puisse étonner, car les lésions anatomiques qui produisent l'épilepsie doivent être assez diffuses pour que l'ablation d'une partie de l'écorce reste naturellement sans utilité.

Epilepsie généralisée. — Cette dernière raison a plus de valeur encore, quand il s'agit de l'épilepsie vulgaire ou généralisée. Aussi la trépanation prati-

(I) BiîNDATi. Conçp'ès ilalien de chirurf/ic à nolor/ne, 1890. h) PiiciiADRiî. Loc. cil., p. 88 cl 96.

(3) lirili.'ih. Med. journal, 1880, p. 616.

(4) Larger. Conr/rès de chirurgie, 1889. (y) Médical New.i, p. .381, 17 avril 1890. (6) Aineric. Neurol. Assoc, 27 juin 1888.

0) Mir.i.s. Coiujr.of Americ.pliys. and siirr/eoiis. 1888, p. 223.

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quée par certains ailleurs a pour but de décomprimer le cerveau qui se trouve à l'étroit dans une boîte crânienne souvent atteinte de malformation évidente. Cependant, sur 13 opérés, J. Lucas-Cliampionnière (1) ne compte pas un succès décisif; sept fois est notée l'absence d'accès, mais seulement à la sortie de l'hôpital; dans un seul cas, plus certain, le malade a été suivi pendant dix mois. En somme, il faut faire des réserves très sérieuses sur l'utilité de l'intervention chirurgicale dans l'épilepsie vulgaire et même dans l'épilepsie partielle sans lésions grossières du cerveau; sauf dans quelques cas, qui n'ont pas été suivis assez longtemps pour que la guérison puisse être dite définitive, elle n'a produit tout au plus qu'une suspension momentanée des accès. Et encore faut-il l'attribuer à la trépanation elle-même ! L'é roulement du liquide céphalo-rachidien et la décompression du cerveau peuvent en efifet, dans certains cas, avoir exercé une influence favorable. Mais, probablement aussi, comme le pense Féré (2), l'opération agit comme une révulsion violente appliquée au niveau des téguments, dans le genre de celle qu'on obtient avec des pointes de feu ; et grâce à la douleur qu'elle provoque, elle amène une décharge transitoire du système nerveux. Cette influence est si plausible que, chez des épileptiques opérés pour cancer, tumeur articulaire, etc. , l'acte opératoire a produit des trêves de semblable durée (3]. Féré a constaté une rémission de plusieurs mois après une pneumonie, après l'opération d'un prolapsus rectal (4).

(1) Dumas. De la Ivépancttion dans l'épilepsie. Th. Paris 18S9.

(2) FÉiiK. Loc cit., p. Slt.

(3) Mac Lahen. Cases illiislraling t. effecls of peripli. irril. in Epil. Edimb. — Méd. J. 1815, p! 618.

(4) Fiinij. Lw. cil., p. 516.

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