‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 30 sur 47 · ÉPILEPSIES RÉFLEXES · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIES RÉFLEXES

' Brown Séquard a cité une guérison définilive à la

- suite d'un érysipèlo.

^° Épilepsies réflexes. — Epilepsics liées à une lésion ou me irritation des nerfs périphériques. — L'intervention chirurgicale a aussi d'excellents résultats lorsque l'épilepsie est due à l'irritation d'un nerf périphérique ou des tissus auxquels il se distribue. Tantôt ce sont des cicatrices douloureuses; leur ablation ou bien la section ou l'élongation des nerfs qui s'y rendent a été parfois suivie de succès (d). De même Billroth (2), Haden (3) ont guéri par la dénudalion ou l'élongation du sciatique deux cas d'épilepsie survenue après uiTC chute sur la fesse ou une contusion du mollet. Tantôt ce sont des corps étrangers, enfoncés dans la profondeur des tissus. Tel est l'exemple connu de Hufeland, qui a guéri un jeune garçon d'une épilepsie à forme psychique en lui enlevant un morceau de verre enfoncé dans la plante du pied. Ânglada a supprimé des accès par l'extraction d'une dent cariée. Féré a amélioré notablement une épilepsie ancienne en supprimant, à l'aide d'une chaussure appropriée, l'irritation produite par des durillons plantaires. Tantôt ce sont des corps étrangers ou des tumeurs siégeant dans les cavités naturelles.

1 Les cas de guérison sont nombreux après extraction de polypes des fosses nasales (i), de corps étrangers du nez^o), des oreilles. Du reste, toutes les causes d'excitation du nerf acoustique peuvent produire des épilepsies de la forme vulgaire. La plus ordinaire et

(1) TuTSCHECK. Inauri. Diss. Miinic/t, 1876.

(2) Lanf/enbec/('s. Arch., 1872.

(3) fMTicet. 1887, p. 472.

rO FiNcKE. Zur éliolofjie (1er Kpil. — Deid. méd. Woch. 1885, W 4.

(o) Guy Hinsdale. Amer. Jour», oj Méd. Soc, juin 1889.

la plus inléressanle aussi, parce qu'elle cède facilement au traitement, c'est l'obstruction passagère de la trompe d'Eustaclie avec vide dans la caisse, compression du labyrinthe (otopiésis) et du nerf acoustique (1). On pourrait en rapprocher certaines causes d'excitation du nerf optique : Frotingham (2) a obleini la guérison dans un cas d'épilepsie généralisée par la correction d'une hypermétropie. Enfin l'intestin est tout particulièrement le siège d'actions épileplogènes. Les vers intestinaux, le ttenia surtout, peuvent être, même chez l'adulte, la cause d'épilepsies généralisées. Martha (3) cite 22 cas empruntés à divers auteurs, où l'expulsion d'anneaux de ttenia a amené la guérison définitive.

Épilepsies enrapport avec des troubles ou lésions d'organes ou des maladies générales. Les relations étiologiques entre ces diverses affections e t l'épilepsie étant des plus vagues et souvent des plus discutables ne peuvent fournir à la thérapeutique que des indications peu importantes. On fera bien cependant chez les épileptiques de passer la revue des organes, et de traiter les troubles fonctionnels qu'ils présentent ; l'expérience montre en effet qu'on peut ainsi obtenir des améliorations et même des guérisons. L'état des fonctions digestives en particulier est à surveiller ; Lépine et Gibert (i), Pommay (5) ont guéri par un régime sévère des épilepsies développées chez de gros mangeurs. Chez leurs malades, Lépine et Giberl

(1) Boucheron. Epilepsie d'oreille dans les affections olopicsiqiies. C. R. Acad. des Sciences, 1-4 nov. 1887. {2) Joiini. ofAmevic. Assoc, 3 sept, 1888.

(3) Maiitiia. Arc/i. île Méd., nov. déc. 1891.

(4) Lki'ink. de l'Ép. survenant à la suite d'écarts derégnne. Bev. deMedec. 1877, p. o73.

(5) Pommay. De l'cp. gastrique. lU'v. de Médec, 1881, p. UO.

KP. K.N UAPPOllT AVEC DES TROUBLES ORGANIQUES 197

acconlentiinepart prépondérante à l'état pléthorique et à l'alimentation trop animalisée sur la production des accès; aussi attribuent-ils leur succès à des saignées i-épétées et au régime amylacé. Pour Pommay, la surcharge stomacale est seule la cause des accidents convulsil's. Elle produit l'irritation des rameaux sensitifs du nerf vague et par suite de cette excitation, des attaques épileptiques, ainsi que l'ont démontré les expériences de Langendoriï" et Lander(l). Le caractère spécial de ces attaques estd'être accompagnées de vomissements alimentaires el suivies d'embarras gastriques. Truc (2) obtient un succès en rappelant le flux sanguin chez un malade dont les accès paraissaient liés à la suppression d'hémorrhoïdes. Delasiauve avait aussi noté qu'en combattant la constipation par des laxatifs répétés, il éloignait les accès chez ses malades. Lemoine (3), adoplantles idées deLépine sur l'épilepsiecongestive, attribue les attaques qu'il constate chez des sujets atte in tsd'afTections organiques du cœur à des troubles d'irrigation cérébrale, congestion ou anémie, et fait disparaître, les attaques en rétablissant par des médicaments cardiaques le fonctionnement du cœur. Kussmaul (4) avait déjà signalé l'observation d'un cardiaque avec cyanose qui fut guéri d'attaques épileptiques par une saignée.

On a cherché aussi le point de départ de certaines épiiepsies dans les affections des organes génitaux.

(l) Epilept. Kraempfc bei perip/ieren Vagus reiziinç/. Central blalt filrMed Wiss., 1878, n" 4.

{2) Trvc. Lyon médical, i^H'j.

(li) Lemoine. De l'epilcpsie d'origine cardiaque. Eev.de Médecine, 1887, p. 305.

(4) Antoniades. Die Idrnliyperœmie als causal momenl der Epil. Th. Wurlzbourg 1878.

KI'ILIÎPSIE

Fleiiry (1) Reverdiii (2) ont pratiqué avec succès la cii'concisiou clans des cas où un phimosis congénital entretenait une irritation locale. Rosenlhal (3) cilf l'observaliond'une jeune femme devenue épileptiquc après quatre mois de mariage, dont les attaques survenaient au début après chaque rapprochement, et étaient précédées de douleurs vives dans le ventre. L'excision d'un point épileptogène situé dans le vestibule du vagin fit disparaître les accidents comitiau.x.Chez une malade de Bernhardt (■^),les attaques étaient dues aune im perforai ion de l'hymen et à une célenlion complète des menstrues; il suffit de leur donner issue pour empêcher le retour des accès. Par contre, pas plus que dans l'hystéro-épilepsie et pour les raisons qui ont été données à ce propos, on ne peutadopter commeméthode de traitement l'ablation des ovaires et des testicules, malgré les guérisons qu'elle a paru donner à certains auteurs. Hinsdale (o' a obtenu chez l'homme deux succès. Schramm (6;. après Lawson Teit, Bacon, dont il rappelle les observations, relate deux faits qui lui sont personnels, et préconise la castration chez les femmes où l'épilepsie, apparaissant avec les règles, reparaît à peu près régulièrement à chaque époque menstruelle. Cette méthode ne peut être appliquée qu'aux cas oii des lésions organiques légitiment elles-mêmes l'opération.

L'épilepsie peut aussi apparaître chez les goul-

(1) Fleury. Tmilé d'hydi-olhe'vapie, 1875, p. 698-1041.

(2) Revbrdin'. a propos dcTopéi-at. du phimosis. Rev. Mcd. (le la Suisse rom., 188R, p. 147.

(3) RosuNTiiAi., Mal. du S7jsl. nerveux, p. 543.

(4) BiiRNnARDT. Denis, arc/i. f. pvakL. mediz., 1876. l5] Guy Hinsdalk. Loc.cU.

(6) SciiRA.M.M. Berlinc)' Klin.Wochensch., 1887, p. 38.

É r I LK PSlb: s Y I' 1 1 ILIT 10 U 1^

tciix. les diabéliqiK's , ot disparaître sous rinfliiencf (lu régime.

Épilepsiea liées à des intoxications. — Quand on peut rapporter les accidents convulsifs à une inioxicalion, le traitement doit viser à supprimer la cause présumée. Son efTicacité est réelle dans Tèinhpsie alcoolique. Celle-ci peut se développer au cours (le l'alcoolisme subaigu ou chronique, ou se manil'ester par des accès isolés, toujours consécutifs à des excès de boisson. Ces excès peuvent même réveiller une épilepsie guérie en apparence depuis plusieurs années. L'abstinence suffit souvent pour amener la giiérison.

La même mesure peut suffire, à l'exclusion de toute médication active, dans Vèjnlepsie saturnine qui, on le sait, se présente fréquemment sous la forme d'accès sériels avec délire entraînant souvent la mort.

Mais c'est surtout dans V épilejme syphilitique quel' étiologie fournit au traitement des indications précieuses. A la période secondaire, le traitement mixte ordinaire vient rapidement et définitivement à bout des accidents convulsifs. A la période tertiaire, la gravité de la situation exige d'intervenir aussi rapidement et aussi énergiquement que possible. 11 s'agit, suivant l'expression de Charcot, qui a le premier donné la, formule du traitement (l),de diriger contre le mal « une attaque de vive force ». La dose est aussi importante que la méthode. On peut ainsi triompher rapidement là où échoueraient les mêmes médicaments appliqués sans méthode ou moins ré-

(1) CnARCOT. De Vépilepsie parlicUe irorhjinc sypliilil. Mal. du s)jsf. nerv., 1877, p. 34:5.

solumeal. Le mercure est administré en frictions sur la peau, sous forme de pommade mercuriellc (onguent mercuriel double), à la dose de 3 à 12 grammes par jour; on lui adjoint Viodure de potassium ii la dose de o à 12 grammes. Si l'estomac se montre intolérant, on peut donner l'iodure en partie ou en totalité par la voie rectale. Il faut avoir grand soin de l'état de la bouche, et surveiller attentivement ce que Fournier appelle la stomatite d'alarme. Le traitement doit être continué autant que possible jusqu'à la fin des accidents; on le maintient ensuite pendant plusieurs mois, par périodes de quinze jours séparées par quinze jours de repos. Les bons elTels apparaissent ordinairement avec une rapidité merveilleuse ; s'ils tardent, il faut continuer tant que le malade peut tolérer les médicaments; mais des lésions banales ont pu succéder aux lésions spécifiques, elle pronostic s'assombrit singulièrement.

L'administration du mercure par la voie hypodermique est une ressource lorsque la peau supporte mal les frictions. Mais ce moyen est certainement inférieur au premier dans les cas graves oîi il faut o])tenir une mercurialisation rapide, bien plus encore lorsqu'on se sert de préparations mercurielles insolubles. On peut employer soit la solution de pcptone mercurique ammonique (Delpech), qui contient 0,00i milligrammes de sublimé par seringue de Pravaz de 1 gramme; on injecte 1 à 2 centim. cubes de la solution par jour) ; soit le mélange suivnnt (Balzer) :

Calomcl 1 gi".

Vaseline liquidr tO

A injections de 0,10 centigr. chacune, à dix ou quinze jours d'intervalle.

ÉPILEPSIE SYPUILITIQUE ^Ul

L'épilepsie de la syphilis héréditaire tardive exige le même traitement, qu'on aura soin de proportionner à l'âge du sujet et à son état général. Althaus recommande d'insister surtout surl'iodure de potassium. Quand les accidents sont récents et qu'ils existent seuls, le pronostic est des. plus favorables; on a même guéri des épilepsies datant de 7 ans (Althaus), de 10 ans (RipoU) ; mais le pronostic s'assombrit notablement quand avec l'épilepsie coexistent d'autres troubles cérébraux.

L'importance capitale du traitement spécifique ne doit pas faire négliger la médication auxiliaire. L'hygiène physique et morale sont d'une nécessité absolue. Le repos aussi complet que possible des fonctions intellectuelles favorise la réparation des lésions cérébrales. L'hydrothérapie, par son action Ionique sur les fonctions nutritives et particulièrement sur le système nerveux, aide aussi puissamment à leur restauration. Fournier cite mènie un cas où, administrée exclusivement à un épileptique dont la 'nature syphilitique n'avait pas été soupçonnée, celle-ci amena un guérison apparente de plusieurs mois. Elle doit être donnée une ou deux fois par jour sous forme de douches froides en jet brisé, sur le Ironc et sur les membres, d'une durée de dix à vingt secondes, pendant lesquelles la tète est recouverte d'une compresse mouillée d'eau froide. Eufin Fournier recommande le bromure de potassium à la dose de /i à G grammes par jour contre l'ôréthisme nerveux qui suit parfois les attaques convulsives.

Traitement cnniirique et théorique. — Malgré la

place qu'occupe dans ce travail le traitement des épilepsies symptomatiques, il faut bien reconnaître que les indications fournies par l'étude des causes sont

-02 i';pii.i:i'Sii';

en somme rares, et qu'un a le plus souvent allai rc à répile|)sie dite essentielle, sans pouvoir rattacliL'i' le mal comitial à autre chose qu'à une faiblesse iri'itable, héréditaire ou acquise, du système nerveux. D'autre part, alors même que les conditions étiologiques sont connues, on ne peut toujours agir sur elles avec elTicacité ; et bien plus, il peut se faire que les accidents convulsifs persistent après la suppression de la cause qui les a fait naître. Force donc esl. dans la grande majorité des cas, de se résigner a traiter exclusivement le symptôme, l'état comitial.

Traitement chirurgical. — La matière médicale a été mise presque tout entière à contribution pour atteindre ce but; on a même recouru à l'interventioi] chirurgicale. J'ai déjà montré plus liaut(voir page 19;} par quelle association d'idées la trépanation, qui a sa raison d'être dans l'épilepsie liée à des lésions grossières du crâne ou du cerveau, avait été tentée sans grand succès d'ailleurs dans l'épilepsie partielle sau. lésions appréciables, et même dans l'épilepsie vulgaire.

Certains auteurs ont également essayé de modifier par une opération les désordres de 'la circulation cérébrale, auxquels une vieille théorie attribue un., grande inllueiice éliologique. L'épilepsie congestivc (e. plethorica de Sauvages, angiotéuique d'Esquirol. sanguine de lloll'mann), serait l'attribut des individus pléthoriques et vigoureux, à système musculaire exagère ; c'est le morbus lierculeus, dont Hercule, au <l'i'e de la mythologie, aurait été lui-même alteiul. I^a théorie est trop en contradiction avec les donné.vs Hctuelles de la physiologie pathologique pour qu'il soit nécessaire de la discuter, pas plus que les saignées repétées et le régime débilitant par lesquels il

Él'ILEPSIE ESSENTIELLE — TlUlTEMEiNT CllIHURGICAL 203

paraissait rationnel de traiter la maladie. Mais, fausse d'une façon générale, elle contient cependant une part de vérité. Les faits cités plus haut de Lépine el Gibert, de Kllssmaul, de Lemoine, démontrent que l'épilepsie peut être liée aux troubles fonctionnels de certains viscères, lorsque ceux-ci amènent un afllux de sang vers les centres nerveux; la disparition des convulsions coïncide avec la disparition des troubles circulatoires.

En revanche, il est dillicile d'admettre le traitement chirurgical par lequel certains auteurs ont voulu modifier directement la circulation du cerveau, soit la compression des carotides (Alexander) ; Corning aurait, en les comprimant d'une façon permanente, suspendu complètement les accès; soit la ligature des carotides (Alexander (1), Hamilton) ; soit la ligature des vertébrales (Alexander, Sidney Jones, Bernays, von Baracz, Smith.) L'opération, d'après Kl'immel (2) qui résume leurs travaux, est longue cl difficile. Sur Al opérés, on compte 3 morts et 19 insuccès ; il existe il est vrai 11 améliorations et 8 résultats favorables ; mais le sont-ils définitivement? les renseignements manquent îi ce sujet. Chez trois malades d'Alexander l'opération ne datait que d'un an; chez 1 de Boracz, de six mois seulement. Kïimmel lui-même, chez i2 de ses opérés, n'obtient que des améliorations passagères. Chalot (3) publie 4 cas personnels, mais n'ose se prononcer sur la valeui' thérapeutique de l'opération.

Dans l'opération d'Alexandci', on sectionne le riche

(1) Alexander. On ligature of Iho carotids and vcrlcbral.s in Epil. Med. T. and Gaz., 1881, p. 51)8. Bi-aiii, juillet 1882.

(2) KiiMMEL. DeuLscli. Wochensc/ir. 1892, n» 23, p. 520. (.3) Conç/r'es pour l'avancement des sciences. Paris, 1892.

plexus nerveux qui accompagne Tarière vertébrale, et qu'on peut regarder comme une branche profonde du sympathique cervical. Yaksch (1) attribue les succès qu'on a pu obtenir à la section du plexus et à la lésion des rameaux sympathiques que l'on rencontre. Aussi conseille-l-il, dans les cas d'épilepsie à point de départ gastro-intestinal ou génital : l" de réséquer une portion du cordon sympathique cervical au-dessus du ganglion inférieur ; 2° de lier en masse les artères vertébrales à leur entrée dans le canal apophysaire, pour atteindre aussi complètement que possible les lilets nerveux qui les accompagnent. Sur 2 cas ainsi traités, il aurait ainsi obtenu 2 guérisons persistantes. Alexander, enlevant le ganglion cervical supérieur des deux côtés, compterait 6 guérisons sur 24 opérations. Le seul inconvénient serait de laisser un léger ptosis avec rétrécissement pupillaire. Ce sont là des opérations bien graves, sur lesquelles il me paraît difficile d'avoir encore une opinion tléfinitive. Les quelques succès qu'on a signalés peuvent n'être dus, comme je l'ai déjà dit à propos d'autres interventions chirurgicales, qu'au traumatisme considérable de l'opération; et du reste, ils manquent encore de la certitude que peut seule donner l'observation prolongée des malades.

Si, dans certain cas d'épilepsies réflexes, en particulier à point de départ génilal, l'inlervention chirurgicale a supprimé avec succès la zone épileptogène, il faut condamner les cas où sans motifs sérieux on a pratiqué des incisions ou des amputations dans les régions d'où partent les auras épileptiques. C'est là une pratique barbare (lui du reste

(1) Yakscii. Wiener mctl. Wochcnschv., 16 et 17, 1892.

TRAITEMENT CUIRURGICAL iJU.")

est en conlradicliou complète aveclesenseignemenls de la physiologie pathologique, car les auras ne sont pas autre chose que la souffrance d'un point do l'encéphale perçue à la périphérie. Cependant, dans les cas où l'attaque est précédée d'une aura périphérique bien nette, on peut conseiller une intervention dont la bénignité permet d'user sans scrupules, et qui ne laisse pas de procurer parfois de bons résultats. Cette méthode, dont Bravais paraît être le véritable initiateur, consiste dans l'application répétée de vésicatoires au-dessus du siège de l'aura, liécamier, Buzzard, Hirt, Pitres, l'ont employée plusieurs fois (l) avec des résultats assez favorables. Chez les uns les attaques sont devenues plus rares et moins violentes, chez d'autres même elles ont eomplètementcessé. Chez des malades de Récamier, de Pitres, il s'est produit un transfert de l'aura semblable à celui que l'on observe fréquemment dans les manifestations hystériques. Ces effets ne sont pas en contradiction avec la notion pathogénique des auras; car ce n'est pas en empêchant la transmission de ces auras que le, vésicatoire prévient les attaques, mais en modifiant l'excitation du cerveau par un phénomène d'iuhibition (^2). C'est à une action du même genre qu'on peut attribuer l'arrêt d'une attaque, lorsqu'au début de l'accès, quand la tête se penche graduellement vers une épaule, on le fail avorter en poussant violemment la tête vers l'épaule opposée.

C'est probablement encore une action inhibitoire du même genre que produisent les cautérisations

(I) Crozbs. Des effe.l.s ck.s vésicatoires appliqiirs au-dessus dv sierje de l'aura da7is l'Ep Jarksonniemie. Th. Bordeaux, 1886" (21 Brown--8éqi-ard. Arad. de médecine, 16 mai lfi93. '

^01) EPlLEl'SIli

pratiquées par Féré sur le crâne (1). La mélhode des révulsions sur les Léguinenls du crâne est ancienne- sans parler de l'acupunctura des Chinois, on a essayé les vésicatoires, les frictions slibiées, les cautérisations ignées, mais en les appliquant indifféremment sans localisation élective sur toute la surface crânienne. Féré applique les révulsifs au point môme correspondant aux centres moteurs qui paraissent être le siège de la décharge motrice ; il emploie les pointes de feu, au nombre de vingt environ, superficielles, et les répète deux ou trois fois par semaine. Il obtient ainsi chez quatre malades une guértson apparente ; chez onze autres, une amélioration temporaire.

Traitement médical. — Quant au traitement médical, il comprend une liste innombrable de médicaments dont il est inutile de dresser ici le catalogue. De toutes les maladies en effet, l'épilepsie est celle qui tend le plus de pièges à l'expérimentation thérapeutique; la preuve en est la multiplicité des moyens qui Tout guérie infailliblement ; mieux vaut les diviser en trois catégories : à la première appartiennent ceux qu'on peut éliminer comme inutiles ; à la seconde, ceux dont l'expérience a démontré qu'ils possédaient une certaine efticacité, mais qui, agents inlidôlcs, n'entrent plus dans la pratique qu'à titre exceptionnel; enlin la troisième est formée par les bromures qui constituent actuellement le seul traitement sérieux de l'épilepsie.

i° Médicaments inuliles. — Dans la première catégorie, il est de nombreux médicaments dont la nomenclature n'a plus d'intérêt qu'au point de [vue

(1} Fkrk. Loc.ci'., p. S"]^

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