‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 33 sur 47 · MÉDICAMENTS INFIDÈLES · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS INFIDÈLES

de neuf ans, lanl qu'il lui donnait l'anlipyrine à la dose de 23 grains. Lemoine trouve l'anlipyrine utile dans les épilepsies liées à la menstruation, et surtout dans les paroxysmes larvés. Grâce à elle, Féré (1) a pu empêcher quelquefois les accès chez un malade dont les attaques étaient précédées d'une aura très douloureuse dans les parties génitales elles membres inférieurs.

A titre de curiosité seulement, on peut citer les essais de Lannois (2). Ayant vu les crises disparaître chez un jeune épileptique pendant la durée d'un érysipèle phlegmoneux, et revenir au contraire au nombre de quatreparjour sousl'influence d'une fièvre lyphoïde contractée à l'hôpital, Lannois essaya des injections sous-cutanées d'une culture filtrée de staphylocoque doré, à la dose de 2 et 4 centimètres cubes. Les injections ne donnèrent rien chez ce malatlc; chez un autre, elles diminuèrent les crises des deux tiers.

2" Médicaments infidèles et cVntiUté exceptionnelle. — J'arrive maintenant à la deuxième catégorie. Elle comprend deux médicaments, la belladone et l'oxyde de zinc qui, jusqu'à l'introduction des bromures, ont tenu une grande place dans le traitement de l'épilepsie, et peuvent, quoique bien déchus de leur faveur, rendre service dans des occasions exceptionnelles. On peut y joindre le borax, dont l'elTicacitéa été vantée dans ces derniers temps.

Préconisée par Stoll, TFufeland, etGredingau siècle dernier, la belladone a été mise en honneur par le père Debreyne, médecin de la Trappe de Mortagne,

(1) Fki!É. Loc cil., p. îjo2.

(2) Lannois. Traitement de la cliorée et do l'épilepsic par les produits microbiens. J.ynii Mcdic, p. 219, 16 oct. 1892.

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par Leurel dans son service de Bicèlre, et par Bro- Lonneau; mais c'est Trousseau (1) surtout qui lui apporte l'appui de son autorité. Le succès, d'après lui, dépend de certaines règles dont il ne faut pas se départir ; il emploie la belladone en pilules (2) et l'administre de la façon suivante. « Pendant un mois, le malade prend cliaque jour une de ces pilules, le matin si les accès ont lieu surtout dans la journée, ou bien le soir, si les accidents surviennent particulièrement la nuit. Chaque mois, on donne une pilule de plus, et, quelle que soit la dose, on l'administre toujours au même moment. On arrive ainsi à faire prendre 3, 10, 15, 20 ])ilules et même davantage, sans qu'il soit possible de dire d'avance quelles sont les doses auxquelles on doit s'arrêter. Ces doses n'ont en effet d'autres limites que la tolérance du malade et l'intluence que le médicament exerce sur la maladie. La dilatation excessive des pupilles, la sécheresse trop incommode du gosier indiquent un effet toxique qui ne doit pas être dépassé. Si la belladone est très diffîcilement supportée, on n'augmente la dose que tous les deux, trois, quatre mois. Lorsque la névrose parait heureusement se modifier, on maintient d'abord le malade à la dose administrée en dernier lieu : puis on descend suivant une progression inverse ; on essaye enfin de suspendre pendant quelque temps la médication, pour la reprendre après cet intervalle de repos dontla longueur est subordonnée élle-même à l'amélioration du mal. »

Plus tard, Trousseau remplace la belladone iiar

(1) Tiioussi: AU. Clinique de VUôIel Dieu, 18G2, t. II, p. 41.

(2) Kxtrailde belladone 0.01 ccntigr.

Poudre de rcuillcs de belladone 0,01

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