‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 34 sur 47 · BELLADONE — OXYDE DE ZINC · texte numérisé non relu

BELLADONE — OXYDE DE ZINC

Valropine (1) en solulion alcoolique, cl donne une f^oulte de cette solution, augmentant la dose d'une .noiilte de mois en mois, d'après la même méthode.

Cette médication est d'une cfTicacité incertaine; Trousseau reconnaît lui même qu'il l'a vue souvent échouer. Féré ne lui accorde aucune utilité dans l'él)ilepsie convulsive. Il ne faut cependant pas l'abandonner complètement. Gubler lui reconnaît une action plus puissante dans les formes frustes, Hughlings Jackson dans l'épilepsie nocturne; Gowers reconnaît qu'elle peut prêter un utile appui au bromure de potassium, et qu'elle rend des services lorsque le bromure n'agit plus ou qu'il est mal toléré. Pierret(2) a re- ' marqué que, chezbeaucoup d'épilepsies vertigineuses ou impulsives, elle amène des attaques convulsives franches, et que cette action convulsivante a, malgré les apparences contraires, des avantages en réglant pour ainsi dire les décharges nerveuses. Beaucoup d'épileptiques à forme larvée ou impulsive éprouvent après les crises un soulagement et une amélioration de l'état général.

jîisqiiiame, Y hijosciamine ont été souvent employées dans le but de suppléer la belladone, mais paraissent avoir moins d'efTicacité (3).

\j oxyde de zmca. été surtout recommandé par Herpin l'i); il le prescrivait parfois jusqu'à la dose de 1

I) Sulfate neutre d'alroplno 0,05 cenlit^i'.

Eau de vie blanche 5 gr.

1 goutte équivaut à un demi-milligr. de suU". d'atropine.

(2) PiKitp.ET. Traitement de l'épil. par les médicaments convulsivants. Lyo7i médical, p. 611,28 août 1892.

(3j Skppih et Riva. liiv. sperim. di feninlria, anno viifasc 1 et 2, 1881.

(i) Hkupin. Pronostic et traitement de l'Epil. Un. méd. 1833. — Hvll. de l/iérnp. 18;;5. — Gaz. des Hopil. IS.jG.

2i.i Éi'ii.Ei'sit:

à 3 grammes par jour; il commence par 2 centigr. chez les enfants, el par 6 ou 8 cenligr. chez les malades qui le supportent mal. L'oxyde de zinc est la préparation la plus usitée (1) ou seul ou sous forme de pilules de Meglin (2). Bail l'associait à la belladone (3). On a aussi employé le lactale, l'acétate, le sulfate et le valérianate de zinc. Le médicament n"est pas toujours bien toléré : il produit souvent de la diarrhée et des nausées. Les résultats favorables obtenus par Herpin n'ont pas été confirmés par Bourneville (-4); mais Féré,Magnan reconnaissent qu'associé au bromure de potassium, même à la dose modérée de 2.0 à 30centigr., il fortifie son action.

Le horate ou lorate de soude a été recommandé dans ces dernières années par Gowers à qui il a donné des succès. Gowers l'administre sous forme de solution aqueuse (5), îi partir de 9.ocentigr. et pousse parfois la dose jusqu'à S et 0 grammes par jour ; la dose

(1) Poudre anti-épileptique (IIerpin\

Oxyde de zinc 2 gr.

Sucre

pour 20 paquels, 3 par joui-.

(2) Pilules de Méglin.

Oxyde do zinc 2 gr.

ExtraiL do jusquiarnc 2

Extrait de valériane 2

F. s. a. 40 pilules, d'abord 1 ou 2 par jour.

(3) Pilules antiépilepliques (Bail.)

O.xyde de -/Ane 0'23 ceiU.

Extrait de Ijelladonc 0,10

pour 1 pilule, 1 pilule par jour.

(4) BouRNiî VILLE. Recherches clin, el Ihérap. sur Vhysiér. cl Vépil. 1876, p. 62.

(o) Borate de soude finement pulvérisé. . 2 à 4 gr. Sirop d'écorces d'oranges amèrcs... 30 gr. Eau distillée 100

à prendre eu 2 ou 3 fois dans la journée.

BORAX — MÉDICATION BROMURÉE 213

lu plus usitée varie de 1 à 3 grammes. Son usage doit être quotidien et prolongé longtemps. 11 peut ne pas être sans inconvénients; Féré et Gowers ont constaté de la diarrhée et des vomissements, Gowers du psoriasis, Féré, chez deux sujets, de l'eczéma, vulgaire il est vrai et développé chez des prédisposés, mais évidemment provoqué par le médicament, puisqu'il n'a cessé qu'après sa suppression. Le borax a été récemment essayé de divers côtés. ,Féré (1) n'a sm- 22 cas obtenu que trois améliorations momentanées. Bijoud (2) l'a donné h l'asile St-Yon à 43 épileptiques avérés, réfractaires au bromure de potassium ; ladose a varié de 1 à 2 grammes jusqu'à 0 grammes et a été continuée de A- à 7 mois; 2 malades ont vu cesser leurs accès, G n'ont éprouvé aucune modification, 16 les ont vu diminuer d'un tiers. Mairet(3), sur 31 épileptiques, a eu A intoxications, 3 insuccès, 22 améliorations et, dans quelques ca?. a pu supprimer les crises pour plusieurs mois. Sa conclusion est que le borax réussit mieux que le bromure dans l'épilepsie symptomatique, et moins bien dans l'épilepsie névrose. En somme, il parait difflcile de se prononcer encore sur la valeur du médicament.

'i" Médication hromurèe. La seule médication sérieuse del'épilepsie, celle qui actuellement constitue son trairement d'une façon presque exclusive, ce sont les bromures engénéral, et plus spécialement \Qhromure de l/olassium. Locock (i) l'appliqua pour la première fois en 18.30 au traitement de l'hystéro-épilepsie et de l'épilepsie; il se fondait sur les résultats obtenus par

(1) P'ÉRÉ. Loc. cit., p. JOO.

(2) Bmoud. Th. Paris, 1800.

(3) Maikkt. l'roçjr'es médical, 10 ocolbrc, 1891.

(4) The LancrI, t. [, 1857, p. :i28.

ÉriLEI'SlE

Otto Graf qui avait constaté chez lui-même l'action dépressive du bromure de potassium sur le sens génésique. Après lui, Radcliile, Williams à l'asile de Northampton (1), Mac Donnell (2) obtinrent chez leui-s malades une diminution notable des attaques. En France, Bazin et Besnier (3) publièrent en 1803 une observation de guérison. Puis vint le travail important de Voisin (-4), basé sur 24 observations, ainsi que ceux de Falret, de Legrand du Saulle (5), de Lasègue. ([ui confirmèrent au bromure de potassium son monopole de la cure de l'épilepsie.

Par quel mécanisme les bromures agissent-ils suila névrose? Martin-Damourette et Pelvet (7) ont montré que leur action est générale; ils atteignent partout le systèmenerveux etmusculaire, et exercent en outre un efll'et sédatif sur la circulation, la chaleur et les sécrétions; grâce à cette double action hyposthénisante, nerveuse et vasculaire, ils calmentle pouvoir excito-moteur des centres nerveux. Sée (8) a constaté aussi qu'ils diminuent l'excitabilité réflexe de l'axe cérébro-spinal, et cela par olighémie et non par une action spéciale élective sur le système nerveux ; en outre ils excitent les centres modérateurs. Dans tous les cas, le bromure de potassium s'accumule de préférence dans le système nerveux cen- Iral ; Doyon, examinant les viscères d'un enfani

(1) WiLLiA.MS. On ihe action of tlie llr.of Potassium. ISlii.

(2) iMac Donnell. Traite, de cort. formes. d'Ep. parlcbr. ilo potass. Bull, de l/iérap., LXVII. p. 864.

(3) Gazette des hôpitaux, 1865.

(i) A. YoisiN. Bull, de thérapeutique, LXXl, 1866. —Mém.de l'Ac. de médecine. XXX], 1875.

(5) Legrand du Saullk. Gaz. des hôpitaux. 1868.

(6) Lasègue. Arch. r/én. de me'd., 1865.

(7) Soc. thérapeutique, 2 août 1867.

(8) Courrier médical, 186S, p. 298.

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