‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 39 sur 47 · V. s. a 16 pilules; 1 matin et soir · texte numérisé non relu

V. s. a 16 pilules; 1 matin et soir

(2) IIammond. Mal. du Sys. nerveux (traduc. française), 1879, p. 850. ■

STRYCHNINE — PICHOTOXINE — ÉSÉRINU; 267

BoLicIiuK'l) a vu une lilloUe de 13 ans moui-ii- dans des convulsions lélaniques dès la deuxième cuillerée du sii'op classique. Aussi bien Trousseau connaissait les dangers de sa méthode ; il insistait beaucoup sur les précautions à prendre vis-à-vis d'une substance dont Faction s'accumule d'une façon si périlleuse ; aussi n'en recommandait-il pas l'usage « avec celle chaleur communicative qu'il savait mettre au service des causes qui lui tenaient au cœur (2) ». En somme, malgfé les succès enregistrés par Trousseau, par llammond, et, plus récemment par Bénédict et par d'Heilly, la strychnine doit être regardée comme un médicament d'exception. Avec elle « on joue gros jeu pour un résultat problématique » (Olivier).

L(i picrolo.rine (3) a été employée quelquefois pour répondre à la même indication que la strychnine; mais elle n'a pas encore été essayée d'une façon assez suivie pour pouvoir être jugée.

AGE^Ts PARALYSANTS, — Boucliut a couseillô le sulfate cVéstrine à la dose de 2à5 milligrammes, en pilules ou en injections hypodermiques. Dans 437 cas il a singulièrement abrégé la durée de la maladie (8 jours en moyenne!). Riess de Berlin n'a ])as été tout à fait aussi heureux; 26 de ses malades sur 34 ont été guéris, mais avec une durée moyenne (le 33 jours. Gubler, Cadet de Gassicourt sont encore

M) D'Heilly. Bévue déclin, et de lliérapeiilique 189(1, p. ■418. 2) Cadet de Gassicourt. Traité c/e* maladies de l'enfance. T. II, 1882.

i"!) Picrotoxinc (Du.iaudin-Beaumetz).

Picrotoxine 0 pi'-

Alcool 10

Eau distillée 100 gr.

Une demi-cuillerée à café en 2 fois. — 1 à 2milligr. pour les cnf.-inls; 3 à 6 pour les ^diillcs.

ClIORÉE

beaucoup moins salisCaits. Gubler proscrit absolument du traitement de la chorée une substance dont les doses faibles ne produisent guère que des vomissements, des lipothymies, etc., tandis qu'aux doses fortes, telles que les administre Bouchut, elle amène un état de parésie qui n'est pas sans danger. Lodderstadt (1) a observé des accidents graves chez une fdlette de neuf ans après une injection d'un demi-milligramme de sulfate d'ésérine.

hliyoscyamine (2) a donné de bons résultats entre les mains d'Oulmont. Chez l'adulte, il signale deux guérisons et trois améliorations notables. Les doses employées ont varié de 2 à 10 milligrammes, et la durée totale du traitement de 20 à GO jours.

Magnan préconise dans les cas graves le chlorlujilate dliyoscine en injections sous-cutanées, et à la dose de 1 à 2 tnilligrammes chez l'adulte.

On a aussi recommandé le curare (Fulton), la [)ropylainim (à la dose de un gramme par jour), la fève de Calabar (3), la ciguë.

Agents perturbateurs. — Véméfique est seul employé aujourd'hui. Ce mode de traitement a pris naissance au commencement du siècle sous l'inlluence des idées de Rasori sur le contre-stimulisme. Laënnec l'a employé ; mais c'est surtout Gillette el

(1) Cilé par d'EspiNE et Picot, 1889, p.

(2) Granules d'hyoscj'amimc.

Hyoscyamimc OJO centigr.

Poudre de Guimauve 1 gr.

Excipient Qs.

F. s. a. 10 ) granules. — En prendre 2 à 6 par jour.

(3) Extrait de levé de Calabar 0,03 ccnligr.

Bfonuire de potassium ) - ■ r

Sucre de lait j aa j gr

pour 10 cachcls ; 1 à 2 par jour.

ÉMi'rriQUi-: 269

Bouley qui en ont formulé l'usage. Ils ne prescrivent pas le tavlre sLibié de la môme façon.

Dans le procédé de Gillelle, l'enfant prend trois jours de suite l'émétique aux doses progressives de 20, 40 et 60 centigrammes en solution, et par cuillerée à bouche toutes les heures. Ensuite il se repose A ko jours. Si les mouvements n'ont pas diminué, il recommence la série en augmentant légèrement la dose, c'est-à-dire en prenant 2.5, 50 et 7o centigrammes. Si la chorée persiste encore, après quelques jours de repos il renouvelle une troisième fois la série en suivant pour les doses une nouvelle progression.

Dans leur procédé, Bouley et Marotte se soucient peu de l'intolérance gastrique, et ne craignent pas de donner 0 gr. 50 le premier jour et 1 gramme le lendemain, en deux fois à une heure d'intervalle. Si l'amélioration ne se montre pas, dès le troisième jour ils élèvent la dose à 1 gr. 30, et atteignent ainsi rapidement le but qu'ils se proposent, à savoir de je ter le malade dans un collapsus propre à supprimer ou à atténuer les phénomènes d'excitation. Pour les partisans de la théorie infectieuse, l'émétique agit comme évacuant en éliminant la toxine convulsivante.

L'usage de l'émétique est dangereux ; il ne convient qu'à des sujets robustes et dans les chorées d'emblée très intenses. Si l'on se décide à l'essayer dans un cas exceptionnel, mieux vaut suivre la méthode de Gillette, et encore sans la formuler dans toute sa rigueur, pour l'abandonner et recourir à d'autres agents dès que l'agitation aura diminué.

Antispasmodiques. — Us ne sont guère plus etTicaces dans la chorée que dans l'hystérie. Prescrits

270 CIIORÉE

il y a longtemps ptu- Bouteille, MuiTay, Jadelol, ils tendent de plus en plus à disparaître du formulaire de la chorée.

Pourtant, quelques médecins en usent encore comme moyens adjuvants du traitement (1). Ils emploient surtout la valériane et les sels de zinc. Voisin associe l'oxyde de zinc au bromure de potassium, débutant par 0 gr. 02 par jour. West est un des rares adeptes de la médication antispasmodique employée seule. Il l'administre à doses progressives, de 0 gr. 10 à 1 gi^amme par jour.

La belladone et surtout Yopium (2) ont eu plus de

(1) Diverses formules d'antispasmodiques :

Pilules de Descroizilles :

Valérianale de zinc )

Extrait de jusquiame | aii 5 gr.

Sous-nitrate de bismuth 1

pour 30 pilules; 3 à 6 par jour.

Oxyde de zinc 0,0o centigr.

Sucre en poudre 1 gr.

pour un paquet; 2 à 5 par jour.

Extrait de clianvrc indien >

Lupulin f àà 3 gr.

Sucre )

pour dix doses — une matin et soir (Frerichs).

Eau distillée 90 gr.

Acide valérianique 3 gr.

Sous-carbonate d'ammoniaque Q. s. pour saturât.

Extrait de valériane étliéré 2 gr.

M. s. a.G k 30 gouttes dans une potion de 120 gr. (Réveil); à prendre par cuillerée.

(2) Diverses formules de préparations opiacées et bellado-

nées :

Opium 0,02u millig.

pour 1 pilule.

Toutes les heures une pilule jusqu'à production de somnolence.

Extrait aqueux d'opium 1 gr. 30

Camphre pulvérisé 2 gr. ;iO

ANTISPASMODIQUES — Ol'IUM 271

succès. « L'opium, tlil JaccoLal,a une efTicacilé réelle, Muiis à la condition d'être donné à doses massives, ou (i)ut au moins jusqu'à production de somnolence ou d'ivresse; quand cet état est dissipé, on reprend la médication. Le procédé d'administration le plus commode consiste à donner toutes les heures une pilule de 25 milligrammes. Si l'on recule devant celte méthode, qui était celle de Trousseau, on peut encore obtenir de bons effets en s'arrêtant à la dose (le 20 à 30 centigrammes par jour après avoir débuté par î) à 10 centigrammes, mais cette manière de taire est bien moins puissante. » Quiconque connaît l'extrême susceptibilité des enfants pour les préparations opiacées comprendra d'autant mieux le peu de succès de ce traitement que, dans l'espèce, on possède un médicament supérieur à l'opium. Ce médicament est le chloral sur lequel je vais revenir.

Médicaïueiits nfs>Hcls. — La liste de ces moyens s'est beaucoup accrue dans ces dernières années, et il faut s'en féliciter, car il n'y a pas de maladie où

Nitrate d'argent fondu 0 gr. l.j cent.

Sirop simple Q. s.

F. s. a. 50 pilules. Une, puis 2 pilules par jour.

Extrait d'opium. } - • 0 01

Extrait de belladone )

Thridace 0,02

Poudre inerte Q- s.

.1/. pour 1 pilule. 1 à 5 par jour (Rili.iet et Barthkz).

Poudre de racine de belladone 0 gr. 12 ccntigr.

Poudre de castoréum 0 gr. 2t

Armoise pulvérisée 3

Poudre de racine de valériane 3

Sucre en poudre 6

]iOur 20 prises ; 4 par jour (Réveil).

Valérianatc d'atropine 0,001 milligr.

iMuir une pilule, 2 fois jiar jour.

crioHÉt;

les suscepLibiliLés individuelles jouent un r61c aussi considérable que dans la chorée (Ollivier). Les moyens usuels peuvent se diviser en deux grandes classes : les uns s'adressent au système nerveux : ce sont les hypnotiques et les médicaments nervins; les autres ii l'étal général : ce sont les toniques internes et externes^ et V hygiène.

niédicnmenis llypnol■q^(^s. — - L'indication de faire dormir est toute naturelle, les mouvements choréiques disparaissant en général pendant le sommeil. Cependant, l'emploi des agents hypnotiques est forcément restreint, et l'on ne peut songer à entretenir un sommeil continu, quoique pourtant Baslian n'ait pas hésité à maintenir des choréiques graves dans un sommeil persistant de plusieurs semaines, interrompu seulement pendant une demi-heure au moment des repas. Ils sont indiqués dans deux conditions : dans les chorées moyennes, lorsque le sommeil normal est abrégé ou agité, pour combattre l'insomnie ; dans les chorées graves où leur but n'esl plus de combattre l'insomnie, mais de faire cesser l'agitation extrême qui amène une dépression rapide.

Les agents hypnotiques les plus importants sont : le chloral^ le sulfonal, et la paraldéhyde.

Le chloroforme et Véther sont d'un usage beaucoup moins étendu; toutefois, quelques fails recueillis par Géry fils à l'hôpital des enfants semblent établir que le chloroforme, inhalé deux fois par jour jusqu'à effcl résolutif, guérit promptement certaines chorées. En Angleterre, on a couramment recours aux anesthésiques dans les hyperchorées. En France, les inhalations de chloroforme ne sont guère utilisées que dans des cas exceptionnels. Il en est de même des

CIlLdHAL 27.'i

inluxlations d'éllier et de iiilriie d'ainijle préconisé pai- Zciyler à la dose de 3 à 10 gouUes, trois fois par jour ; ce sont des procédés d'urgence qu'on ne peut employer systématiquement.

Oliloral. — Usité dès 1870 en Angleterre et en Allemagne, le chloral a été préconisé en France par Bouchut en 1873. Aujourd'hui, il est généralement adopté. Joffroy, en 1879, l'administre d'une façon systématique aux clioréiques de son service, à dose suffisante pour produire un sommeil presque continu, sans grand succès il est vrai, puisque 18 cas ainsi traités ont une durée de 6 semaines.

Le sommeil chloralique détermine la cessation de f agitation et prévient les conséquences fâcheuses des mouvements violents : contusions, excoriations, usure des téguments. Son action ne peut être mise en doute, témoin le fait très démonstratif de Gairdner. Une petite fille de huit ans prend par mégarde h grammes au lieu de 1 gr. 30 de chloral; elle présente des phénomènes d'intoxication, mais la chorée guérit en même temps.

Pour obtenir un effet utile, il faut recourir à des doses assez fortes; une grande part des insuccès observés tient à leur insuffisance. On peut donner le chloral à doses massives d'emblée, 3 à 5 grammes par 24 heures en huit à, dix fois, ou à doses progressives, 1 gramme le premier jour, et 0 gr. 50 à 1 gramme de plus chacun des jours suivants jusqu'à concurrence de 4 à 5 grammes en %ï heures. Joh'roy prescrit au-dessus de dix ans 4 grammes de chloral en trois fois après les repas. Pour les enfants de six ii sept ans, il se contente de doses plus faibles des deux tiers ou de moitié, mais suffisantes en tout cas pour produire sûrement le sommeil 15 minutes après

274 ciiORÉi;

l'ingeslion. Pour dissimuler la saveur du chlorai, il le donne sous forme de coaliUire (1 gr. pour 20 gi-. de gelée de groseilles). Il prescrit ce mode de traitement pendant 15 jours, un mois ou même davantage, tenant l'enfant endormi 12 ou 14 heures pai' jour en plusieurs fois.

I^e but de cette méthode est d'atténuer la choréc. d'abord en provoquant le repos de la nuit, ensuite en procurant à plusieurs reprises dans la journée une période de calme et de sommeil. Elle évite ainsi la continuité de l'agitation et ménage les forces de l'enfant. Du reste, rien n'empêche le malade de se lever pendant la journée, de marcher, de jouer dès qu'il est réveillé. Joffroy se guide sur la violence des mouvements pour augmenter ou diminuer les périodes de sommeil.

On peut administrer le chlorai par voie rectale. H la dose initiale de 1 gr. 30 matin et soir, pour arriver rapidement aux doses de 3 à G grammes par jour, chez les enfants au-dessus de cinq à six ans. (D'Heilly.)

Quoique d'un maniement plus facile que l'opium, cet agent est passible de deux reproches : le premier, c'est qu'il n'est pas toujours bien supporté par les enfants, et qu'il provoque des vomissements et des phénomènes de dépression cardiaque; le second, plus grave, est qu'il est dangereux chez les sujels atteints de lésions du cœur.

Cadet de Gassicourt a parfois observé son inellicacité, « le sommeil ne pouvant être produit, Tincoordination des mouvements persistant pendant lo sommeil provoqué, l'agitation renaissant sans atténuation après le sommeil ».

ParahUhi/de. — La paraldéhyde aurait sur le chlo-

PAHALDÉUYDE, SULl^-ONAL, SUGGESTION 275

ral l'avanlage de ne pas produire de dépression cardiaque. Elle agit de deux manières, d'abord en amenant le sommeil, ensuite en diminuant le pouvoir réflexe de la moelle (expériences de Cervello Bokai). Gerlach l'a employée avec succès chez un clioréique de vingt ans à la dose de 2 à 3 grammes par jour. On peut la donner soit en potion, soit sous forme de suppositoire (1).

Sulfonal (2). — Il agit d'une laçon plus énergique et plus prononcée que la paraldéhyde ; mais par contre son action est moins prompte. On l'a donné à la dose de 1 à 2 grammes par jour en cachets ou en suppositoires. Jeffries (3) en a obtenu de bons résultats en l'associant à l'arsenic.

Suggestion. Aimants. JJHroirs rotatifs. — Parmi les moyens hypnotiques, on ne saurait oublier la suggestion hypnotique ou à l'état de veille, qu'ont employée en France Déjerine, Gibert, etc., et Jaffé en Allemagne. Par la suggestion impérative à l'étal de veille, Gibert (4) a guéri une enfant de douze ans traitée jusque-là sans succès par le bromure, la gymnastique et les douches; il s'agissait d'une chorée avec troubles psychiques graves. Les séances quo-

(I) Paraldéhyde 1 gi"-

Sirop de limon 30

Eau de tilleul 70

à i^rendre en deux fois le soir en se coucli;int.

Suppositoires (CoMiiv) :

Paraldéhyde nu sull'on:il 0,80 ccntigr.

Beurre de caeao 3 gr.

i'i) Sulfonal 0,20 cent.

pour i cachet. — Prendre 3 à i de ces cachets lo soir et avaler une gorgée d'eau sucrée après chaque prise (Comby).

(3) Revue des Sciences Diédirnies, 1800, t. XXVI, p. 07.

C'O Normandie médicale, 1892, p. 333.

276 cnouÉt:

lidiennes duraienl d'un (luart d'heure à une heure. En moins de quinze jours, elles avaienl allénué considérablement la choréc, et cela sans que la malade ail gardé la conscience des séances qu'on lui avait fait subir.

Pour Luys (1), la thérapeutique de la chorée est des plus simples et se résume en ces termes : transfert par les aimants et par les miroirs rotatifs ! Mais que la guérison soit due à la suggestion ou au transfert, on est d'autant plus autorisé à faire des réserves sur ces succès que, depuis ces dernières années, on a décrit nombre de chorées hystériques qui simulaient complètement par leurs mouvements arythmiques la chorée de Sydenham (2).

Médicaments ncrvius. — L'emploi des nervins, bromures, antipyrine,exalgine, était tout indiqué par l'action calmante qu'ils exercent sur le système nerveux.

En première ligne viennent les hmnures. Le bromure de potassium (3) a été utilisé avec succès dès 1864 par G ail ard, J. Worms, Houghe, Vulpian. Pour Dujardin-Beaumetz, il réussit surtout dans les cas à substratum hystérique, et dans ceux que compliquent des accidents cardiaques et psychiques. On le donne à la dose de 2, 3 et 4 grammes, en l'associant à l'arsenic, à l'oxyde de zinc, ou simplement aux

(1) Semaine médicale. 1891, n» 13.

(2) Dettlin'o. Th. Lyon, 189i.

(3) Sirop d'ccoi'cc d'oranges amércs 200 gr.

Bromure de potassium 10

2 à 4 cuill. à soupe par jour.

Ou

Bromure de potassium j àà 1 cr

Antipyrinc j ' °

en l cachet. — 2 ou 3 dans la journée (G. Sée}.

BROMURES, ANÏIPYRINE 277

douches. Voisin est allé jusqu'à 8 grammes par jour. Cadet de Gassicourt le prescrit pour continuer l'action du chloral. Pour lui comme pour d'IIeilly, ce n'est qu'un médicament de second ordre. C'est encore moins pour Ziemssen (1) et Steiner, qui lui dénient tout effet cura tif, pour Seguin qui le regarde comme nuisible, sauf dans les cas où il existe une grande irritabilité générale ou de l'excitation génésique : opinion certainement exagérée, car si cet agent échoue parfois, souvent aussi il rend des services sérieux. Il faut noter encore que le bromure a ses inconvénients; son action est lente, et à dose un peu élevée, il peut amener des accidents d'intoxication bromique. Ces restrictions s'adressent également aux autres bromures (2), dont aucun ne possède d'attribution spéciale à la chorée.

Antipi/iine. — La vogue récente de l'antipyrine a fait perdre du terrain à la médication bromurée. Employée d'abord par Wollner de Munich, elle est préconisée peu de temps après par Legroux (3) qui publie plusieurs cas de chorée sensiblement abrégés par l'antipyrine. Après lui, Lilienfeld, Texier, Négrié,

(1) Handbiich der Kraiildi . der Xervciisj/stems, t. II, p. 48!). i2) Bromure d'ammonium 1

Bromure de sodium | àa 8 gr.

Bromure de potassium )

Eau distillée 180 gr.

une cuiU. à dessert après chaque repas (Oujardin-Beaumetz), Ou

Bromure de zinc 1" g''-

Sirop de fleurs d'oranger 400

1 à 4 cuill. par jour (Dujaudin-Biîaumiîtz). Ou

Bromure d'or... / o,20 cent.

Bromure de sodium )

Eau distillée KOO gr.

■2 k 6 cuill. à café par Jour (Gouiiert).

l'-l) Ai-ndrmie de inrdcciin'. Séance du 27 décembre 1887.

278 CUORÉE

Dumur et de nombreux auteurs l'appliquent au traitement de la chorée, et beaucoup lui sont favorables. Cependant Ollivier (1) ne partage pas l'enthousiasme général; Descroizilles non plus n'a pas toujours à s'en louer, même en la donnant à hautes doses. Néanmoins la plupart des auteurs sont des plus encourageants. Ainsi WoUner obtient un beau résultat après deux jours seulement d'emploi; d'Heilly (2) cite un garçon de huit ans, atteint de chorée depuis deux ans, traité sans succès par le chloral, la strychnine etc., qui guérit en neuf jours après avoir pris 27 grammes d'antipyrine. Legroux et Dupré obtiennent dans six cas une guérison radicale après onze jours de traitement. On peut objecter que ce sont là des cas isolés; mais les statistiques d'ensemble sont aussi nettement favorables. Ainsi 60 observations de Leroux (3) comptent M succès et 19 insuccès. Sur les Al succès, dans 19 cas la durée moyenne de la maladie a été de 33 jours, et celle du traitement de 21 jours. Dans 7 antres, la névrose a duré 53 jours et le traitement 43 jours; dans les autres enfin, elle a duré 68 jours et le traitement 48 jours. L'antipyrine semble surtout indiquée dans les chorées intenses; elle est moins efficace dans les formes moyennes, elle échoue dans les tics post-choréiques; enfin il y a des cas absolument réfractaires.

. On la prescrit à la dose de 2 à 3 grammes par jour en cachets de 50 centigrammes, ou en potion (4). Se-

(1) Bulletin de Thémpeulique. 1889.

(2) Revue générale de Cliniqxœ et Thérapeul ., 1890, p.418cl UO.

(3) Revue mensuelle des mal. de l'enfance, 189.', p. 231 ; 345.

(4) Anlipyvinc, en cachet ou en potion (J. Simon).

. Antipyrinc 0,50 cent.

1(! premier jour.

Augmenter de 0,50 ecnt. par jour jusqu'à 4 gr. chez le?

ANTIPYRINE, EXALC.INR 279

vestre commence par 1 à 2 grammes par jour, en prises de 50 centigrammes dissoutes dans de l'eau sucrée, et arrive assez rapidement à, 3 ou 4' grammes par jour. On a pu réussir avec des doses moindres, 30 centigrammes par exemple; mais en général il faut avoir recours h des doses élevées; et certains médecins, comme Moncorvo (1), n'ont pas craint de donner jusqu'à 7 grammes. Du reste, son grand avantage est d'être bien tolérée par les enfants, même pendant plusieurs semaines. Il n'en est pourtant pas toujours ainsi; dans quelques cas assez rares, l'intolérance est complète, se manifestant soit par des troubles digestifs, dégoût, vomissements, diarrhées, soit par des éruptions médicamenteuses qui reparaissent à chaque dose nouvelle.

Malgré ces inconvénients et malgré ces insuccès, l'antipyrine mérite d'être conservée comme un des agents les plus efficaces que l'on possède actuellement. Elle agit sans doute comme modérateur de l'excitation cérébro spinale. Pour A. Robin, cet efifet modérateur est dû à l'action qu'elle exerce sur la nutrition intime du système nerveux, car elle ralentit les oxydations nerveuses.

V exalgine agit d'une façon analogue, mais à doses plus faibles. Moncorvo (2) l'a employée le premier

enfants de 14 à lij ans. On donne le rcmùdc par doses do 0,50 cenl. régulièrement espacées toutes les 24 heures.

Ou .

Antipyrine

Sirop do limon

Eau 120

1 à 4 cuill. à bouche par jour.

(1) Du traitement général do la Chorée par l'antipyrine. Hevue f/énérale de CL ri Thérapeiilique, 1889, p. .'iTG.

(2) ihilletin qpiiéval d<; T/irrapeiiliqiip, 15 mai 1893.

280 (UIOHÈK

dans la chorûe, el il en vante les ellets, de même que Dana et Lœventlial (1). Ce dernier la juge très efficace quand elle peut être donnée dès le début ; il a vu alors des guérisons survenir en huit jours; dans le cas contraire, la chorée durait cinq à six semaines. Dana aussi, qui a traité par Texalgine (iO cas de chorée vulgaire, estime qu'elle est un véritable spécifique ; il l'emploie à la dose de 15 il 20 centigrammes 3 à 5 fois par jour. Chez la plupart des malades, l'amélioration ne s'est manifestée qu'après 25 à 30 prises. Même chez des enfants de cinq ans, on peut administrer impunément75 centigrammes par jour. 11 est néanmoins utile de prendre quelques précautions, car certains accidents |)euvent se produire, tels que l'ivresse, les nausées et les vomissements, l'ictère, la cyanose. Ces (roubles d'ailleurs ont toujours cessé dès qu'on a suspendu l'exalgine pour ne plus reparaître quand on l'a reprise ; il se fait donc une sorte d'accoutumance.

Mojeus s'adressant à l'élat général. — La chorée n'est pas ce qu'on appelait une affecliou sthénique, ainsi que le professait Gubler ; elle est au contraire débilitante, et l'anémie qu'elle produit peut être reconnue microscopiquement par la numération globulaire. Bouchut, entre autres, confondant l'effet avec la cause, a même voulu voir dans cette hypoglobulie un des principaux facteurs de la chorée. KUe expliquerait la fréquence de la névrose chez les lilles, qui sont si souvent chloro-anémiques, l'iulluence des maladies aiguës, pneumonie, fièvres

(I) Semai7ic médicale, n" 8, 13 février 1892.

(^) liiilletin f/énéral de Thérapcvligite, lf> mai 1893.

AUSIi.MC

éruptives, iîèvre lyplioïde, etc., et enlin celle du rhumatisme. Cette doctrine dyscrasique, si contestable en elle-même, a eu l'avantage d'enrichir la thérapeutique de la chorée de deux bons médicaments, l'arsenic et le fer.

Arsenic. — L'emploi de l'arsenic (1) remonte d'après Aran à la fin du siècle dernier. C'est à l'étranger que son usage a pris naissance. En France, Guersant père paraît être le premier qui l'ait employé ; mais c'est Aran qui fut en IBoG son véritable promoteur, suivi bientôt par Bouchut, Bergeron, Gellé, etc. L'emploi de l'arsenic rencontra pourtant de l'opposition. G. Sée s'en montra un adversaire résolu et le déclara dangereux. Son adoption n'en est pas moins aujourd'hui définitive ; Barthez et Sanné, Wannebroucq, Cadet de Gassicourt, Labric, Ziemssen [2), entre autres, le recommandent ; Grœdel (3), dans un récent article, le conseille chaudement. Chez les malades qu'il a traités ainsi, l'interruption de l'arsenic a plusieurs fois provoqué une aggravation, et sa reprise une nouvelle amélioration. Cheadle (3) aussi a obtenu de beaux résultats ; 58 cas traités par la liqueur de Fowler, à laquelle il ajoute un peu de perchlorure de fer, ont eu une durée moyenne de 21 jours. Plus récemment, dans une statistique comprenant 1G7 cas de chorée, d constate que chez les malades traités par l'arsenic la durée de la névrose est abrégée de 10 jours.

Quand et commentdoit-on employer l'arsenic ? Son ;.ction sur la nutrition l'a fait surtout prescrire chez

(1) PiGKI.F.T, Thrsc 188G.

(2) Ilandbucli, etc., 1,. II, p. 483.

(.3) Wiener med. Wor/ienschrift 1891, p. f)S3-73j. ^4) The prncliitnnev, fi-vrier 1880.

CUORÉE

des chlorotiques, des lymphatiques el même des cachectiques ; mais peut-être agit-il plus directement sur le système nerveux, ce qui justifierait son emploi dans la chorée molle où il est préconisé par Ollive (1). D'après Sklarck (2), il empêcherait le fonctionnement des parties de la moelle qui transmettent la sensibilité. Si ces recherches sont exactes, elles plaideraient en faveur de la théorie de Legros et Onimus, qui localisent la chorée dans les cellules nerveuses des cornes postérieures de la moelle ou dans les faisceaux qui relient ces cellules aux cellules motrices.

On peut différer sur le choix de telle ou telle préparation ; mais il est un fait primordial, c'est la nécessité d'employer l'arsenic à dose assez élevée. Pour Ziemssen comme pour Seguin de New-York, si bien des médecins croient peu à l'efTicacité du traitement de la chorée, s'ils sont persuadés qué cotte névrose guérit tout aussi vite par l'hygiène et les toniques que par l'emploi des médicaments, c'est parce qu'on prescrit la plupart du temps des doses d'arsenic à peu près inactives. Ziemssen emploie sans grand inconvénient des doses doubles de celles qui sont indiquées dans les ouvrages classiques. Pour Séguin, les doses de liqueurs de Fowler qu'il ordonne sont si considérables, comme on le verra tout à l'heure, qu'on a vraiment peine à croire à leur innocuité. Pour tous deux les doses massives sont moins dangereuses que les doses faibles longtemps continuées ; les premières provoquent rapidement des phénomènes d'intolérance qui dénoncent immé-

(1) Thùse, Paris 1884.

(2) UÈ^iocn, Maladies ties e«/"««/« (traduction française), 188o, p. 139. ■

AHSENIC 283

(lialomoni rinloxicalion ; avec les secondes au coii- Iraire se produil plus facilement l'accouliimance, oL l'action du poison reste plus longtemps latente.

On a le choix entre les préparations suivantes : liqueur de Boudin, liqueur de Fowler, arséniate de soude. C'est à la liqueur de Boudin (1) ou solution d'acide arsénieux que Siredcy donnait la préférence'. Elle est d'un dosage facile, contenant 1 milligramme d'acide arsénieux par gramme ; il suffit donc de prescrire autant de grammes de liqueur qu'on veut donner de milligrammes d'acide arsénieux. On peut, chez un enfant de huit à dix ans, commencer par 2 à 4 grammes de liqueur de Boudin, et augmenter de 2 grammes par jour. Mais malgré ces avantages, cette solution est peu employée parce qu'elle est mal tolérée des enfants, chez lesquels elle provoque des nausées, des vomissements, etc.

Bouchut, Cadet de Gassicourt, Labric, Wannebroucq préfèrent Yarsèniate de soude (2), beaucoup moins irritant que l'acide arsénieux. On peut l'ad-

(1) Liqueur de Boudia (Siredey).

("omrnencer par 10 grammes; augmenter de îi grammes par jour. On peut aller jusqu'à 30 et. 40 grammes en surveillant altenlivement le malade. Chez les jeunes enfants, commencer par 2 grammes, et augmenter chaque jour de 2 grammes.

(2) Arséniate de soude 0,0.")-0,10-0,15 cent.

Kau distillée 250 gr.

2 cuill. à café nar jour. Une ;'i chaque repas. Ou ' ■

Arséniate de soude 0,05 cent.

Eau de mélisse îi gr.

Eau distillée 250

Commencer par un quart de cuillerée chez les enfants. Augmenter d'un quart chaque jour ju.5qu'à la cuillerée entière.

Continuer 3 à 4 jours, diminuer ensuite et suspendre au bout de 3 semaines. — 10 jours de repos et re])rise du traitement (J. Simon).

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ministrer suivant deux modes différents : à dosesfaibles données pendant longtemps, ou à doses rapidement croissantes ; dans ce dernier cas, son action est plus rapide et plus sûre. Dans les chorées légères, où l'état général est surtout atteint, on peut se borner à 2, -i, 6 milligrammes par jour suivant l'âge et la vigueur des enfants. Dans les chorées intenses (1), Cadet de Gassicourt administre 5 milligrammes le premier jour, en augmentant chaque jour de 5 milligrammes, de manière à arriver en cinq jours à 23 ou 30 milligrammes. 11 donne la dose maxima pendant trois jours, puis redescend par o milligrammes jusqu'à

zéro. On fera bien, en général, de s'en tenir aux doses maximade 13 milligrammesà2 centigrammes; on s'arrêtera dès les premiers signes d'intolérance ; et si on prescrit le médicament à doses massives, on les échelonnera dans toute la journée, de façon à ne jamais donner plus de 3 milligrammes à la fois. De plus, 'il suffira de l'administrer pendant quinze à vingt jours. Passé ce temps, mieux vaut y renoncer s'il n'a pas eu d'action favorable. La chorée cède-t-elle au contraire, il sera bon de le continuer encore quelques jours après la disparition des mouvements, en diminuant graduellement les doses. Une cessation Irop l)rusque ramène quelquefois l'incoordination choréique.

La liqueur de Fouier ou solution d'arséniate de potasse était la préparation de choix de Gillette; c'est encore celle qu'emploient de préférence Séguin et les médecins américains. On lui reproche d'être d un dosage dinîcile, la moindre inadvertance pouvanl. à cause de la concentration de la liqueur, causer un

(1) Maladies des enfants, II. p. 2G'i.

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