‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 9 sur 47 · ISOLEMENT · texte numérisé non relu

ISOLEMENT

légers, il suHil d'enlever le malade à sa famille et à son milieu pour l'envoyer à la campagne. Si c'est un enfant, on tâchera de le placer dans une famille sûre recevant des pensionnaires, comme on en trouve facilement, surtout en Suisse et en Angleterre; ou sinon, on le confiera à un maître ferme et avant (ont étranger à l'intimité de l'enfant. La séparation d'avec le passé doit être absolue. Il mènera la vie rustique, travaillera, si c'est possible, au jardinage ou à la culture, ou se livrera simplement aux exercices de plein air; et l'endurcissement corporel viendra corroborer les bons effets de la séparation. Dans les cas plus graves, il vaut mieux confier le malade à un établissement spécial. Une maison d'hydrothérapie dirigée par un médecin consciencieux convient très bien, car elle procure à la fois les ressources de l'eau froide et l'influence médicale, si importante dans l'espèce. Ces établissements sont assez nombreux à Paris et dans les grandes villes; en province et sur les frontières, je puis aussi citer Divonne, Champel, Benfeld. Mais ces établissements ne sont accessibles qu'aux grosses bourses ; il n'existe en France qu'un nombre tout à fait insuffisant d'asiles pour les névrosés non aliénés; et c'est une lacune grave dans notre organisation liospitalière.

Une fois obtenu, l'isolement doit, pour porter des fruits, être pratiqué dans toute sa rigueur. Rien, au moins dans les premiers temps, ne doit rattacher le malade à sa famille ; pas de domestiques ou de personnes ayant vécu plus ou moins dans son intimité ; pas (le communication verbale ou même épistolaire. J'ai vu unelettre intempestive détruire ainsi une guérison péniblement obtenue par un long isolement.

Quand l'isolementdoil-il prendre fin? c'est un point

délicat à préciser. Si on le supprime dès qu'ont disparu les accidents graves ou pénibles qui l'ont fait ordonner, la névrose n'est pas guérie pour cela, et les accidents peuvent recommencer de plus belle. La sagesse serait d'attendre la disparition de tous les stigmates; mais il en est parfois qui persistent bien longtemps encore, après que la névrose est rentrée dans le calme. L'isolement serait alors une cruauté inutile. Pour tàter le terrain, on peut, suivant la méthode de Charcot, lorsqu'une amélioration notable s'est montrée, permettre au malade de voir ses parents à titre de récompense. Les intervalles sont d'abord éloignés, puis de plus en plus rapprochés, à mesure que la guérison s'accentue. 11 y a là une période de tâtonnements dans laquelle doit s'exercer la sagacité du médecin.

Hypnotisme. — 11 met à profit, dans un but de guérison, ce rétrécissementdu champ de laconscience qui est le stigmate mental de l'hystérie, et dont un des principales manifestations est la suggestibilité, c'est-à-dire la tendance à réaliser sans contrôle les idées suscitées dans l'esprit.

Pour l'école de la Salpôtrière, il existe une étroite parentéentre l'hypnotisme et l'hystérie (1). « L'hypnotisme est, dit Pitres, un état morbide artificiel et temporaire, qui se borne à faire apparaître ou à exagérer divers troubles fonctionnels préexistant au moins en germe, avec une intensité qui varie suivant le degré de susceptibilité névropalhique des sujets (2). » Pour Bernheim, au contraire, et l'école de Nancy, l'hypnotisme n'a aucun rapport avec l'hys-

(1) P.AitiNSKi. Grand et petit hypnotisme. .Irc/i. de Neurologie, t. XVll, 1889.

(2) PiTUE.s. Loc. cil.

UYr.\OÏISME 2o

tério; c'est une propriété physiologique (1). La discussion est toujours pendante entre les deux écoles, malgré les nombreusesraisons quiexistent en faveur de l'identité des deux états, et qu'on peut résumer ainsi (2) :

1" L'iiypnose spontanée est un épisode de l'hystérie, qui survient à la fin des grandes attaques ; or l'hypnose expérimentale la reproduit fidèlement.

2° L'hypnotisme, tout au moins dans ses formes bien nettes qui constituent le grand hypnotisme, détermine des phénomènes qui peuvent exister isolément chez les hystériques en dehors de l'hypnose expérimentale : ce sont la plasticité cataleptique, l'excitabilité cutano-musculaire, l'hyperexcitabilité neuro-musculaire léthargique, l'aphalgésie, la suggestibilité.

3° D'après Gilles de la Tourette et Cathelineau (3), il influence, comme l'attaque hystérique, les excréta urinaires, produisantl'abaissement du résidu fixe, de l'urée et des phosphates, avec inversion de la formule des ces derniers.

•r Tous les hystériques, il est vrai, ne sont pas hypnotisables; c'est que l'aptitude à l'hypnose n'est pas plus constante chez l'hystérique que d'autres symptômes qu'on ne peut cependant songer à lui enlever, tels que les convulsions, les troubles de sensibilité, etc.

5" Enfin, si, d'après Liébeault (de Nancy), tous les

(1) Bep.niieim. Suf/f/e.sHon et sas applications à la thérapeuiM/ue. Paris, im. - Il/jp/iolisme, Sugçjp.stion eU>syc/iol/iéraire l'ans, 1891. ^'

(2) P.THEs Loc. cit., p. 347. - Baminski. Hypnotisme et hystene. hazetle hebdoniadaire, }uillci 1891.

La nutrition dans l'Iiypnotismo. Profjrh médical, 26 avril et 20 décembre 1890. '

lIVSTKlUIÎ

suiels hypnolisables ne sont pas hystériques, on ne peut accepter sans discussion sa statistique, soit qu il néglige d'examiner les antécédents héréditaires et personnels des sujets, soit qu'il range h la légère parmi les hypnotisables des patients qui n ont éprouvé qu'un peu d'engourdissement.

L'hypnotisme, entre les mains d'un médecin consciencieux et habile, est un précieux moyen thérapeutique; non pas que la plupart des maladies, comme on le croit à Nancy (1), puissent bénéficier de cette méthode. Je pense au contraire que ses indications sont limitées, et qu'elle ne peut guère être appliquée avec succès que dans l'hystérie en première ligne, et aussi dans certains troubles fonctionnels, certaines habitudes maladives, qu'on observe chez les névropathes. Pour l'hystérie qui seule est en question ici, je dois dire que, même en ce qui la concerne, son champ d'action, comme je le montrerai plus tard en appréciant son application aux dififérentes formes cliniques de la névrose, est beaucoup plus limité qu'on ne serait tenté de le croire. D'une façon générale, il agit aussi bien sur les attaques convulsives ou délirautes que sur les accidents permanents inlerparoxystiques : paralysies, contractures, etc. Mais c'est surtout dans ces derniers qu'il triomphe ; plus une hystérie est localisée, plus le symptôme est étroit et déterminé, plus il réussit. Tantôt le succès est rapide, ou même instantané; tantôt l'amélioration ne se produit que lentement et n'apparaît avec netteté qu'après plusieurs séances successives.

L'hypnotisme agit dans l'hystérie presque exclusi-

(1) BERNnEiM. Loc. ul. —LiKBEAUi.T. Emploi de la suggestion hypnotique en tlicrapeutiquo [Rev. de riiypiiolisme, t. I).

IIYPNOTISME

veinent par la sug^eslion. Le sommeil hypnoLique ne paraît pas avoir par lui-même d'action curative sérieuse; ses services sont exceptionnels, par exemple clans certaines attaques de délire bruyant ou de convulsions violentes, où il se substitue à elles. Sauf dans ces cas, il n'a d'utilité que si on lui adjoint la suggestion; le sommeil n'intervient que pour favoriser la suggeslibilité.

- Il ne faut pas croire cependant que le moyen soit toujours applicable. D'abord tous les hystériques ne sont pas hypnotisables. D'après les recherches personnelles de Pitres (1), l'aptitude à l'hypnolisation ne se rencontre guère que chez les deux tiers des hystériques femmes et chez le cinquième des hystériques hommes. 11 faut donc essayer, s'arrêter après quelques séances si on échoue, continuer au contraire s'il y a quelque résultat, jusqu'à ce qu'on obtienne davantage.

Il y a d'autres hystériques qui sont bien hypnotisables, mais qui ne sont pas suggestibles ; d'autres encore, qui, sous l'influence des manœuvres hypnotiques, sont plongés, non dans l'hypnose régulière, mais dans une crise d'hystérie. Chez d'autres enhn, hypnotisables et suggestibles, la suggestion ne provoque la disparition des accidents que pour quelques heures ou quelques jours ; ils reparaissent alors et se montrent souvent plus tenaces qu'auparavant; ou bien c'est un autre accident qui les remplace, plus désagréable parfois que les premiers, si bien que le malade vient demander (ju'on lui rende son ancien mal.

Il faut ajouter encore que, si l'hypnotisme est un

I) PiThES. Loc. 1(7., p. iOi.

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moyen puissant, il est loin d'être inofTensif, pour peu qu'il soil pratiqué par des gens inexpérimentés, ou appliqué à des sujets ayant une tare néyropathique. Chez nombre de ceux-ci, dont la prédisposition aurait pu rester indéfiniment latente, il a été l'agent pro- A-Dcateur qui a révélé l'hystérie, et souvent sous les formes les plus graves : convulsions, contractures, somnambulisme spontané, délire hystéro-hypnolique oii les suggestions données pendant le sommeil reparaissent avec une intensité variable. Ces faits sont connus depuis longtemps; on savait que les pratiques de Mesmer produisaient fréquemment de grandes attaques hystériques, et Bailly, dans son rapport (178-i), parle d'une salle matelassée dite salle des crises. Ces inconvénients sont analogues à ceux que présente toute médication active, et ne peuvent faire proscrire l'hypnotisme du traitement de Thystérie. Seulement il doit être toujours manié par des médecins experts et prudents, et n'être employé que contre les accidents rebelles aux procédés de la thérapeutique oi'dinaire. Et courùt-on alors le risque d'augmenter le trouble mental propre à l'hystérique, on mettra cet inconvénient en balance avec l'avantage de débarrasser le malade d'une inlîrmité, contracture, paralysie, mutisme, etc., qui peut durer des mois et même des années.

Quant aux procédés d'hypnotisation, ils sont assez connus pour que je me contente de les signaler brièvement. Ils peuvent se classer en trois groupes : 1° les procédés des magnétiseurs, dont Mesmer est l'inventeur. L'expérimentateur paraît transmettre au sujet, par des gestes ou des passes, une partie de son (luidc magnéti([ue. Ce n'est là qu'une apparence ; sans compter l'induence suggestive du milieu. Mes-

SUGGESTION A l'ÉTAÏ DE VEILLE 29

mer et ses adeptes agissaient par la fixation du regard, la pression prolongée sur les hypochondres et le bas ventre ; 2° les procédés reposant sur des intluences physiques; Braid, qui obtenait l'hypnose en faisant tixer au sujet un objet brillant, en est l'initiateur; 3° les procédés qui s'adressent à l'imagination; l'abbé Faria, qui les a employés dès le commencement du siècle, endormait ses sujets en les persuadant qu'ils devaient dormir. C'est la méthode employée par Liébeault, Bernheim, Liégeois et tonte l'école de Nancy. Pour eux, toutes les manœuvres hypnogènes n'agissent que par la suggestion ; ce qui est une erreur, car à la Salpêtrière, on a pu endormir subitement des malades non prévenues par le son du gong, l'éclat d'une lumière électrique.

En résumé, le moyen le plus simple de produire l'hypnose est de faire fixer au sujet un objet brillant placé d'abord à 30 ou 40 centimètres du front sur la ligne médiane, puis rapproché lentement de façon à produire une fatigue progressive des yeux par la convergence de plus en plus marquée du regard. Ou Ijien, après avoir abaissé les paupières, on exercera une légère pression sur les globes oculaires. Comme moyen adjuvant ou même isolé, on pourra recourir il la suggestion par persuasion ou par injonction impérative. Pour amener le réveil, l'insufflation sur les yeux est le moyen le plus efficace.

Suggestion à l'état de veille. — ■ L'hypnotisme exagère, la suggestibilité de l'hystérique; mais celle-ci existe en dehors du sommeil hypnotique, et môme <'liez des sujets qui ne sont pas hypnotisables (1). On peut dire que la suggestion intervient presque cons-

■ (1) Pitres. Lor. cil., p. 403.

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lammenl dans la vie de sujets aussi impressionnables. Aussi le médecin doil-il faire servir cet élal d'esprit à un but thérapeutique. Sans employer de violence, il traitera son inalade avec autorité. Instruit des causes qui ont pu produire ou qui entretiennent la névrose, il cherchera à en contrebalancer les eflets. Il assurera le malade que son mal n'a aucune gravité, que les accidents dont il soufTre doivent disparaître sans peine; il le persuadera de l'efficacité des moyens qu'il emploie. L'isolement, qui place le malade sous la domination exclusive du médecin, favorisera son inlluence. Dans certains cas même, grâce à des moyens dont le seul effet est de frapper violemment Timagination, pilules de mie de pain, pratiques de dévotion, eau de Lourdes, il fera disparaître comme par miracle des accidents rebelles à la thérapeutique ordinaire.

3" l'raitoiuent cxtei-ne.

Hydrothérapie. — Si l'isolement est la médication héroïque de l'hystérie, l'hydrothérapie, tout en étant moins puissante, n'en est pas moins un agent de premier ordre, qui, à de bien rares exceptions près, convient à tous les cas. Mais c'est un moyen complexe , dont le maniement est difficile, et dont il est utile, pour l'appliquer rationnellement, de bien connaître les effets physiologiques. J'étudierai successivement.

A. Ses effets pliysiologiques et thérapeutiques;

B. Les divers procédés de son administration et leurs indications.

A. Effets j^hijsioloijitiiies et ihèrapeutiqtm. — L'action de l'hydrothérapie, c'est-à-dire de l'eau froide exclusive, ou combinée à l'eau chaude, est essentiellement perkir])ali'iL'e. Colle perturbation, s'exerçanl

llYDROTnÉRAI'IK — EF1'"KTS PllYSIOL. ET TllÉRAP. M

sur toutes les parties de l'organisme, détermine des réactions multiples, et imprime aux fonctions de l'économie une suractivité tout à la fois dynamique et chimique dont le résultai final est loni-sédatif.

Ces diverses réactions ont chacune leur importance. 11 y a d'abord la réaction circulatoire (1). Le sang, chassé de la périphérie sous les premiers effets de l'eau froide, est refoulé dans les viscères, en particulier dans les organes hémalopoiétiques, puis bientôt, par un mouvement d'expansion en sens contraire, atllue dans les vaisseaux cutanés. Sous l'influence de cet alllux et de ce retlux sanguin, la circulation capillaire s'accélère, les combustions chimiques augmentent, et le transport des matériaux de nutrition, comme celui des déchets provenant de la désassimilation, est facilité dans tous les organes.

En rnéme temps il se produit une réaction thermique. Une application froide, douche, piscine, etc., lie quelque nature qu'elle soit, abaisse la tempéralure du corps. Cet abaissement de la température centrale est progressif, et atteint son maximum au bout d'un temps variable suivant le repos ou l'actilivité du sujet. Alors commence un mouvement réaclif)nnel, en vei tu duquel l'organisme tend à récupérer la ciuileur que l'eau froide lui a soustraite. C'est la réaction thermique ; elle résume la série des phénomènes qui se produisent à la suite de la réfrigération du corps, et qui vont modifier toute la vie fonctionnelle de l'individu. En effet « touchera la calorilicalion, dit Lubansky, c'est en quelque sorte

(1) BoTTEv. Ê/inlffp/n/.^iol. et llwrapeidique sur Variion cl 1(1 réaction en tn/drol/iérapie. Paris, 1S8S.

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toucher au ressort de l'existence. Placer l'organisme dans la nécessité de produire une plus grande quantité de chaleur en l'exposant à des pertes réitérées de calorique, c'est d'abord accélérer la consommation de la matière organique, et par cela même améliorer le mouvement de décomposition, stimuler la respiration et l'oxygénation du sang qui en est la conséquence, exciter la circulation et la mutation de la matière dans les dernières divisions capillaires, éveiller le besoin de réparation et enfin impressionner directement l'innervation (1). »

Mais, outre ces deux réactions circulatoire et thermique, il n'est pas douteux que chaque organe, chaque cellule même, réagit également d'une façon pour ainsi dire individuelle à l'action excitante du froid sur les nerfs sensitifs de la périphérie ; de là une série de mouvements vitaux, qu'on pourrait appeler avec Tartivel (2) réactions organico-réflexes. Et comment ne pas les admettre, si l'on songe que l'application de l'eau froide est souvent si courte, qu'il est difficile de faire entrer en ligne de compte la seule soustraction de chaleur! Ces réflexes modificateurs des circulations locale et générale, des mouvements cardiaques et respiratoires, des combustions organiques, des échanges nutritifs, des sécrétions, des excrétions, etc., aboutissent tous, par des mécanismes variés, à ce résultat linal : activité plus grande des fonctions digestives et assimilatrices, accroissement de la force musculaire et de l'aptitude au travail, sensation de bien-èlrc et d'équilibre physique intellectuel et moral.

(1) LuuANSKY. Éludes pratiques, 1817.

(2) Diclioiinairc encycl. des Se. méd., art. Douches.

HYDROTHÉRAPIE — EFFETS PUYSIOL. ET TIIÉRAP. 3.3

Si l'emploi de l'eau froide est la base de la mélliode hydrolliérapique, il faut bien savoir que tous les malades ne supportent pas d'emblée les basses températures. Chez les uns, elles détermineront de l'excitation générale; on atténue alors l'action de l'eau froide par l'administration préalable d'eau chaude (douches écossaises) ; chez d'autres, la faute en est au procédé lui-même, la douche produisant par la percussion de la peau des excitations réflexes exagérées; chez ceux-ci, les procédés sans percussion peuvent être seuls employés, tout au moins au début, (drap mouillé, enveloppements, demi-bains, etc.). Ce sont là des questions d'individualité morbide, que le médecin doit connaître pour appliquer les différents procédés de l'hydrothérapie. En revanche, les nom-, breuses divisions que Fleury, Tartivel, Beni-Barde, ont introduites dans les méthodes thérapeutiques me paraissent inutiles. Sous le nom d'eau froide, il faut entendre , non seulement l'eau froide proprement dite, mais l'eau fraîche, et môme l'eau tempérée, à partir du degré où elle abaisse la température centrale. Or, au-dessous de 32°, toute application d'eau abaisse la température rectale, pourvu qu'elle soit sutfisamment prolongée (1); seulement les efl'els toni-sédatifs sont d'autant plus durables, que l'eau employée est plus froide. lime paraît donc inutile, avec Dujardin-Beaumetz (2), de décrire suivant la température de l'eau dos douches sédatives (28 à 30") et excitantes (lO'à 12"). L'eau froide a des effets toni-sédatifs immédiats à ses diverses températures; mais ses procédés d'application, comme ses

(1) I^OTTEY. Kliidc sur les npplicnlions dVau chaude, Annales de la Sucich; d'/n/di'olof/ie, 1887.

(2) I)a.iARDiN-13i:AUMF,T7.. Leçons .«///• l'/iydrol/irrapir. 18S7.

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différentes Ihermalilés, doivent être adaptés au sujet suivant sa sensibilité individuelle.

B. Des 2)rocêdès emploijés en hijdrotliércqne et de leurs indications. — Ces procédés peuvent être divisés en deux grandes classes, suivant qu'ils sontavec ou sans percussion.

Les premiers sont employés plus volontiers en France; les seconds rentrent plutôt dans ce qu'on appelle l'hydrothérapie allemande. Les deux méthodes hydriatiques sont également bonnes. La douche est toutefois le procédé le plus usuel, car c'est elle qui répond le mieux à la plupart des exigences symptomatiques.

Douches. — Les procédés avec percussion sont uniquement représentés par les douches dans leurs diverses variétés. Agissant à la fois par le froid et la percussion, la douche est un des moyens les plus capables de provoquer dans l'organisme le mouvement réactionnel dont j'ai parlé dans le chapitre précédent.

Douche froide. — La douche froide en jet brisé est le procédé par excellence. La douche en pluie verticale et la douche en cercle sont au contraire à rejeter : elles produisent une stimulation générale trop forte et déterminent des phénomènes d'excitation. La pression sera d'une atmosphère et demie environ; la température de l'eau oscUlera entre 7 et 1-2' centigrades; la durée sera d'autant plus courte que la température sera plus basse ; avec de l'eau à 7 ou S", la durée variera entre 3, 10 et 13 secondes; avec de l'eau un peu moins froide, elle pourra atteindre jusqu'à 21) et 23 secondes. On comprend également que la dnrée sera plus courte, lorsque le malade sera soumis à deux douches par jour. Du reste, à un

PROCÉDÉS IIVDROTDÉRAPIOUES — DOUCUES 35

point de vue général, on peut dire que la durée de la i douche doit toujours être courte, l'expérience ayant appris que ce sont les douches courtes qui constituent le traitement le plus elficace et le plus sur. Suivant le cas, on se contentera d'aspersions généralisées, au jet très brisé, eh éventail, sur les parties antérieure et postérieure du corps, en évitant toujours avec soin de projeter de l'eau sur la tête et sur la nuque. Mais le plus souvent, on joindra aux aspersions généralisées la percussion avec le jet plus ou moins brisé sur les membres inférieurs et les 1 pieds.

Après la douche, on observe quelquefois une céphalée qui n'estjamais très intense; on la combattra par un bandeau froid sur le front ou sur la nuque, par un bain de pieds chaud, par une percussion vigoureuse de la plante des pieds à l'aide du jet froid. De même, quelques gouttes d'eau froide, projetées sur le devant de la poitrine avant la douche, conjureront des accès d'oppression, de sufîocation, de palpitations, qui surviennent parfois après la douche froide. Dans certains cas, on devra s'abstenir de douches sur la région précordiale. En revanche, il ne faut pas s'effrayer des attaques hystériques qui peuvent se produire sous la douche ; le plus souvent elles disparaissent au bout de- quelque temps.

Dourlie fraîche et douche tiède. — Certains médecins prescrivent les douches fraîches (18 à 20"), et les douches tièdos (28 k 30"), soit pour entraîner peu à peu les malades, soit lorsque ceux-ci sont par trop excitables. Boltey (1) proscrit absolument de sa pra-

(I Considérations pratiques sur la technique des douclies, Revue rjénéccde de clinique et de llie'rapeuiifjue, 1892.

lique ces deux vaviélés de douches. Pour lui la dou che fraîche admiuisLrée d'emblée, sans eau chaude préalable, provo(iue les mêmes sensations désagréables que la douche vraiment froide, et cela sans amener à durée égale la même hypothermie, et par conséquent la même réaction. De même pour la douche tiède ou tempérée administrée d'emblée; elle est désagréable à supporter, car toutes les parties du corps ne pouvant être aspergées en même temps, il en résulte une évaporalion rapide au niveau des régions exposées à l'air, et suivie de refroidissement; par contre, l'abaissement de la température centrale est pour ainsi dire nul. Pour toutes ces raisons, Boltey bannit les douches fraîches et les douches tièdes de la pratique hydriatique; et celle-ci lui paraît suffisamment armée avec la douche froide et les douches écossaises pour répondre à toutes les exigences symptomatiques.

Douche écossaise. — Lorsque le malade ne peut pas supporter la douche froide d'emblée, soit qu'il présente sous une forme persistante un des symptômes signalés plus haut (céphalée, oppression, palpitations, etc.), soit que la douche froide détermine du vertige ou de l'excitation (insomnie, agitation, etc.), soit eniin que les phénomènes nerveux s'associent à des manifestations rhumatismales, c'est alors à la douche écossaise qu'il faut revenir. La douche écossaise est également indiquée chez les sujets pusillanimes ou trop affaiblis pour pouvoir se réchauflor spontanément. Dans tous ces cas. la douche écossaise prépare le malade, et lui permet d arriver bien vite à la douche exclusivement froide.

11 y a deux façons d'administrer la douche écossaise. La première, celle qu'il faut d'abord essayer,

PROCÉDÉS UYDROTllÉRAPIOUES — DOUCDES 37

consiste à administrer l'eau chaude à 35" environ, ou même à 40", 13° et davantage, suivant les cas et la tolérance des sujets. On maintient l'eau à la température adoptée pendant un temps qui varie d'une demi-minute à trois minutes, pour l'abaisser ensuite brusquement et sans transition à la température la plus basse qu'on puisse obtenir; et l'on administre celle-ci pendant 5 à 15 secondes. Telle est la douche écossaise sans transition, procédé qui produit une révulsion cutanée d'autant plus énergique que la température de l'eau chaude est d'abord plus élevée, et que par conséquent le contraste est plus accentué. C'est donc un puissant agent modificateur de la peau, très utile lorsqu'on veut influencer celle-ci, comme dans le cas d'exagération ou de diminution de la sécrétion sudorale, d'anesthésie, d'hyperesthésie, etc. Dans la seconde façon de donner la douche écossaise, le premier temps de l'opération est le même, mais au lieu de passer à l'eau froide sans transition, on refroidit progressivement et lentement feau chaude. Si l'on ne peut arriver jusqu'à l'eau froide dès la première séance, on diminue à chaque fois le degré de la température minima, pour n'arriver à l'eau très froide qu'après plusieurs douches. Telle est la douche écossaise avec transition. Ce procédé produit une soustraction de chaleur beaucoup moindre que le précédent, et provoque moins puissamment une action réllexe; aussi ses effets toniques sont-ils bien moins forts. Néanmoins il rend des services considérables chez les sujets affaiblis, et prépare un gi'and nombre de malades à la douche froide.

/Jonrhe rhaudo. — Hicn que la douche chaude ne rentre |»as dans riiydrothéraphie proprement dite,

Nl'vilOSIÎ^ Q

ses applications sont assez IVéquentes dans le cours d'un IrailemenL hydrialrique pour que j en dise ici

quelques mois. , , • 7 7

La douche chaude, au même Ulre que iG hain chcml, est un procédé de sédation directe, antispasmodique au premier chef, et fort utile chez certains malades qui présentent de l'excitation nerveuse très accentuée (érélhisme, insomnie, spasmes, etc.). Chez eux, parlois l'eau froide, même sous forme de douches écossaises, exagère momentanément l'excitation; il faut songer à les calmer avant de les tonifier : c'est alors que la douche chaude, répétée deux fois par jour, produit des efl'ets sédatifs très appréciables. Sans doute cette douche ne saurait constituer une méthode de traitement, car elle finirait par déprimer le malade. Aussi ne l'utilisera-t-on qu'à titre accessoire, pour revenir le plus tôt possible aux applications d'eau froide.

La douche chaude sera administrée aux environs de 35° à 36° pendant une durée de deux à trois minutes, et même davantage. 11 faut que le malade éprouve sous cette douche une impression agréable et pour ainsi dire neutre, c'est-à-dire sans fraîcheur et sans chaleur exagérée.

Procédés saus percussion. — Si la douche est de tous les procédés celui ciui se prête le mieux à toutes les nécessités de la pratique, on peut cependant ren- (■<»ntrer des malades qui ne peuvent supporter, tout au moins au début, les procédés à percussion même allénués. Il est donc bon que le médecin connaisse tous les moyens dont l'hydrothérapie dispose :.i ajouterai que plusieurs des procédés que je vais passer en revue, tels (juc le drap mouillé, l'enveloppement liuinide, etc., constilucnl d'excellentes pratiques

PROCÉDÉS HVlilîOTlIKHAPIQLiES 3!)

(riiych'oUiérapie à domicile, el par cela même sont loi-l utiles à connaitre. Je vais signaler les procédés sans percussion par ordre décroissant d'action.

PiM'ini; froide. — Elle peut être à eau courante ou à eau dormante. C'est surtout celte dernière que l'on a à sa disposition dans les grandes villes; sa température est de 12° à li" environ. La piscine à eau courante, toujours plus froide, est souvent mal supportée par les malades et produit des phénomènes d'excitation. La piscine à eau dormante au contraire est généralement bien tolérée, mais elle est moins perturbatrice que la douche, el ses effets i-uratils sont aussi bien moins puissants. Leur emploi est contre- indiqué chaque l'ois que l'on constate des manifestations rhumatismales, des palpitations fré- ([uentes, des crises d'oppression, des névralgies, de la rachialgie, du vertige.

Draj) mouillé. — Le drap mouillé peut être employé de deux façons bien différentes. Un drap de grosse toile et d'une certaine grandeur est trempé dans l'eau froide, de 8" à 12", puis fortement exprimé et lordu. Le sujet, complètement nu, après avoir rapidement mouillé son visage, sa tète et sa poitrine, reçoit sur le corps ce drap, que l'aide applique en l'entourant et. en le serrant autour des extrémités inférieures. La tète doit être laissée entièrement libre. Le patient, prenant i\. pleines mains les parlies du drap qui se trouvent au devant de lui, se frictionne lui-même la poitrine, l'abdomen el toutes les |)arties antérieures du corps ; pendant ce temps, l'aide frictionne à plat avec la paume des mains le dos, les lombes et les membres inférieurs. La friclioii esl pratiquée pendant au moins ciiuj minutes, jiis(|u';i ce la peau devienne chaude et que le draf»

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lui-môme s'écliaufle. On remplace ensuile le drap mouillé par uu autre, sec et rèche, avec lequel on frictionne de nouveau pendant quelques minutes. Chez les malades qui ont de la tendance à la céphalalgie, on leur applique une compresse froide sur la tête • ou bien on leur fait mettre les pieds dans l'eau chaude pendant toute la durée de l'application.

Les effets du drap mouillé sont identiques à ceux de la douche, mais avec une puissance moindre : excitants au niveau de la peau, et toni-sédatifs relativement à l'ensemble des fonctions organiques.

Ce drap mouillé rend souvent des services au début d'une cure chez des sujets délicats, car il ne trouble pas profondément l'économie. On pourramême, chez certains sujets très sensibles, sujets à l'oppression, commencer par nn demi-drap sur la moitié inférieure du corps seulement.

Toute différente est la seconde façon d'appliquer le drap mouillé. Le drap est trempé non pas dans l'eau froide, mais dans de l'eau fraîche, de 18° à 24° C. ; de plus il n'est pas tordu, mais appliqué ruisselant sur le corps. Puis au lieu de faire des frictions énergiques comme tout à l'heure, l'aide ne pratique que de légers tapotements, une sorte de clapotage des mains, qu'il continue jusqu'à ce que la peau et le drap deviennent modérément chauds. Ensuite le patient est frictionné légèrement avec un drap sec.

La faible réaction que ce procédé détermine, à cause de kx température seulement fraîche de l'eau et de l'absence de frictions, le fait souvent mieux supporter que le premier. Aussi rend-il des services chez les malades impressionnables atteints d'insomnie.

Le maillot humide peut, suivant la façon dont il est employé, produire des efl'ets toutàfait dissemblables :

PROCÉDÉS IIYDROTIIÉRAPIQL'ES 41

anlitliermiques, toni-sédalifs, diaphoréliques, etc. Dans son application au traitement des névi-oses, où l'on ne recherche que les effets toni-sédatifs, sa technique est des plus simples. Le malade, placé sur nn lit de sangle garni d'un matelas, est enveloppé dans un drap qu'on a trempé dans de l'eau froide de 8" à 12", puis fortement tordu. Par-dessus, on l'entoure de deux couvertures de laine, les serrant assez fortement pour que le contact soit immédiat, pas trop cependant, pour ne pas gêner les mouvements respiratoires. La durée de l'application varie de dO à 20 minutes. Pendant cet enveloppement le malade éprouve d'abord une sensation de fraîcheur, puis un léger frisson; mais les couvertures sont à peine relevées, que cette sensation disparaît. Peu à peu l'énergie et la fréquence du pouls diminuent, celui-ci s'abaissant souvent de l.j à 20 pulsations après quelques instants; en même temps apparaît un sentiment de calme et de bien-être. Mais bientôt la réaction circnlatoire s'annonce, le pouls tend à se relever, et c'est alors qu'U faut cesser l'application du maillot; car si on en prolongeait la durée, on provoquerait des effets diaphoréliques absolument inutiles à rechercher dans l'espèce.

Demi-hahi et aff usions. — Ce procédé consiste à asseoir le malade dans une baignoire de hauteur restreinte, et remplie à moitié d'eau tempérée, fraîche ou froide, suivant l'entraînement auquel on veut le soumettre.

Tandis que le sujet se frictionne hii-mème la poitrine et les meml)res inférieurs, un aide projette l'eau de la baignoire, à l'aide d'un baquet, alternativement sur le dos et sur la poitrine du malade. On termine par une dernière affusion sur la tète, prôa-

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hiblcnient recouverte d'une compresse. La durée de l'opération doit être courte, de 30 secondes à un(^ minute. On peut également, à l'aide d'un roljinel spécial, refroidir progressivement le demi-bain dans la même séance, ainsi que cela se pratique fréquemment en Allemagne.

Lotions. — Le sujet entre nu dans un large récipient en zinc, ou tub, à demi rempli d'eau, et ariiu" d'une éponge, il se lotionne le corps de bas en haul. en exprimant successivement l'éponge sur les membres inférieurs, les bras, la poitrine, le dos et la tête. La lotion ne dure pas plus d'une minute.

Quelques mots encore, avant de terminer l'étude île la technique liydrothérapique, sur les précautions qui doivent précéder et suivre l'application d'eau froide. Quel que soit le procédé, il est indispensable que le malade n'ait pas la sensation du froid. Dans ce but, il doit activer préalablement sa caloritication et sa circulation par un exercice musculaire quelconque, mais proportionné à sa vigueur et à sa constitution; c'est là ce qui constitue la préaction. Inutile d'arriver jusqu'à la transpiration; mais si celle-ci est obtenue, elle est favorable, le mouvement réactioiinel que provoque l'eau froide étant toujours en raison directe de l'intensité de la circulation périphérique. Le point capital toutefois est de ne pas avoir la respiration haletante et les baltements du couir trop accélérés, lorsqu'on se soumet à l'eau froide. La chaleur du lit est une excellente condition ju'éparatoirc à la douche du matin.

Chez les sujets qni s'échauffent diflicilement, on à (jui leur iiupotence interdit l'exercire corporel, «ui fait ])récé(ler ra|)plicalion froide d'une douche chaude ((huiche écossaise) (jni amène un alllux de

l'ROC.ÉDKS llYDIiOTllÉRAPIOUES 43

sang à la peau. eL qui met les léguments dans des conditions analogues à celles que réalise l'exercice musculai re préparatoire .

Toute application froide doit être suivie de frictions généi-alisées, atin de réveiller la chaleur et de solliciter le mouvement d'expansion du sang à la surface du corps. Une première friction légère est opérée avec le peignoir; à celle-ci succède une friction énergique pratiquée à l'aide d'un drap rêche, et dont la durée sera au moins de 5 à G minutes. Ces manipulations ont une extrême importance, car elles accélèrent et augmentent le pouvoir réfrigérant qu'exerce l'opération hydrotliérapique sur la chaleur centrale, en favorisant le mélange du sang chaud des organes profonds avec le sang refroidi de la périphérie.

Après chaque opération froide, on fera une promenade afin de favoriser la réaction ; mais cet exer^ cice sera modéré, à l'inverse de celui que l'on pratique pendant la préaction ; sinon il sera nuisible en accélérant d'une façon trop rapide la chaleur du corps et le mouvement réaclionnel, et en faisan perdre à l'application froide la plus grande partie de son effet utile. La transpiration sera rigoureusement évitée; le malade ne devra pas être couvert de vêtements trop chauds, et aura soin de ne pas s'exposer à un soleil trop ardent.

Chez les malades impotents, ou qui ne peuvent se réchauiïcr spontanément, la marche sera remplacée, suivant les cas, par le massage, l'exercice passif des membres, les enveloppements dans des couvertures de laine. Pour les enveloppements, il faut en cesser l'emploi aussitôt que le malade éprouve une sensation de chaleur snperlicieHe : sinon

l'on court le risque d'échaufler la peau outre mesure.

En résumé, le meilleur procédé qui puisse donner dans l'hystérie des résultats profonds et durables, c'est la douche froide à jet brisé, de très courte durée. Les autres, pour les raisons que j'ai développées chemin faisant, sont des procédés d'attente, de préparation, de transition, bons pour habituer le malade à l'eau froide, mais qui dans la très grande majorité des cas, sauf quelques exceptions que j'ai indiquées, ne doivent et ne peuvent pas remplacer la douche froide.

La douche, pour être utile, doit être donnée tous les jours et dans certains cas deux fois par jour. Le traitement est long; il durera rarement moins de quelques mois, alors même qu'il produirait rapidement les effets attendus. Il devra même être continué pendant des années, pour peu que la névrose ait une cerlaine intensité. Dans ce cas l'hydrothérapie doit entrer définitivement dans la vie de l'hystérique. D'une façon générale, elle est incomparablement mieux pratiquée dans les établissements spéciaux qu'à domicile : dans ceux-ci seulement, en dehors de la compétence des doucheurs, on trouve une eau de pression et de température convenables. L'hydrothérapie à domicile convient seulement aux cas légers ou déjà très améliorés par un traitement antérieur. Ce n'est qu'un élément de la toilette quotidienne, mais qui occupe utilement l'intervalle qui sépare deux traitements plus actifs. Lnlin la cure quotidienne peut être heureusement complétée par un séjour de six semaines à deux mois dans une de ces stations hydrolhérapiques si nombreuses en Suisse et dans le Tyrol, dont Divonne en France est

EAUX MINÉRALliS

lia type assez complet. A l'action de l'eau froide elles réunissent la vie au grand air, l'exercice et surtout l'enlèvement du malade à son milieu habituel, toutes conditions éminemment favorables à la cure de la névrose.

Eaux minérales. — La médication thermale joue un rôle infiniment plus effacé que l'hydrothérapie. Elle répond surtout à l'indication générale et un peu confuse de calmer ou de régler le système nerveux, excité ou mal équilibré; et dans ce sens, elle est puissamment aidée par le déplacement, le changement de milieu, les distractions et même la suggestion qu'exerce l'attente d'une médication nouvelle. On peut donc tirer bon parti des eaux sulfatées calciques et surtout de ces eaux faiblement minéralisées ou indifférentes, dont la thermalité est le caractère principal, et qui forment le groupe des eaux indéterminées (1). Ces eaux sont essentiellement sédatives de l'innervation, ce qui comporte une action d'équilibration autant que de sédation proprement dite; elles exercent en môme temps une action reconstituante, moins vigoureuse, il est vrai, que les bains de mer et l'hydrothérapie, mais qu'on peut rechercher dans le cas où l'état constitutionnel ne se prête pas à ces médications énergiques. On les administre sous forme de bains, en piscine ou en baignoire, en général à eau courante, quelquefois de douches ; mais l'emploi de celles-ci est très délicat, et mérite d'être étroitement surveillé. Les bains prolongés peuvent être très utiles. Parmi les stations françaises, je citerai Nèris qui agit bien sur les phé-

(1) DuRAND-FARnKr.. Trailé des Eaux minérales de la France et de l'Etranger. Paris, 1883.

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nomènes douloureux de la uévrose; Bains et Phmhières, plus spécialement indiqués quand le point de départ est utérin ou utéro-ovarien ; Luxeuil avec une action peut-être plus reconstituante; Lamalou^ Ba- (/nères-de-Bif/orre (sources du Foulon et du Salut); à l'étranger, Ragalz (Suisse), Schlam/enbad (Nassau), Wildhacl (Wurtemberg), dont les bains d'eau courante dégagent des milliers de petits globules de gaz qui enveloppent le corps, et produisent un bien-être tout particulier; Gastein (Tyrol autrichien), dont les eaux plus excitantes s'unissent à l'action tonique de l'altitude.

Le séjour sur les plages maritimes et l'usage des bains de mer sont le plus souvent contre-indiqués pour l'excitation qu'ils produisent. Chez certains malades cependant, dont l'excitabilité est moins vive, le climat et plus rarement la balnéation maritime ont quelquefois une heureuse influence sur la nutrition générale et l'état moral.

Massage. — Cette médication peut modifier l'étal général hystérique ou les manifestations locales de la névrose. Dans le premier cas il convient de pratiquer le massage général : celui-ci active la nutrition de la peau et des muscles ainsi que la circulation, comme l'indiquent une légère élévation de la température centrale, une amélioration sensible des battements du cœur, et même un léger accroissement dans l'excrétion de l'urée (Weir Mitchell).

L'opération comprend divers temps : \e pmremoif de la peau : on la saisit entre le pouce et les autres doigts pour la fairi^ glisser sur le tissu cellulaire sous-cutané; \i\ fn'rfioii de la peau, exercée de l'extrémité vers la racine des meml)res avec le plat ou le bord cubital de la main; la «irt/c^m/wu- des muscles,

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