‹ Thérapeutique Des Présentations Persistantes Du FrontChapitre 26 sur 29 · L'ENFANT EST MORT · texte numérisé non relu

L'ENFANT EST MORT

Nous avons supposé jusqu'ici que dans tous les cas que nous avons envisagés l'enfant était vivant. Malheureusement il n’en est pas toujours, ou plus exactement il n’en était pas toujours ainsi. Nous avons vu, en effet, précédemment que depuis l'apparition de la symphyséotomie la mortalité fœtale avait diminué dans des proportions considérables et que la pratique plus récente de l'opération césarienne abaisse encore le taux de la mortalité en permettant d'intervenir à n'importe quel moment du travail.

Avant 1894 la mort du fœtus reconnaissait le plus souvent pour cause les interventions intempestives mais les seules pratiquées alors : la version podalique et l'application de forceps.

La vie de l’enfant n'est pas en effet plus exposée dans les présentations du front que dans les autres, la présentation eutocique exceptée; la procidence du cordon, par exemple, qui est fréquente est commune à tous les cas de non-accommodation pelvienne.

Les cas de mort d'enfant que nous ayons à enregistrer sont observés chez des femmes qui n’ont pas été suffisamment surveillées pendant le travail, ou qui n’ont pu bénéficier d'une intervention opportune.

Que reste-t-il à faire dans ces malheureuses circonstances, quand l'enfant est mort ? À extraire le plus rapidement pos-

sible de la cavité utérine l’enfant qui ne peut être alors considéré que comme un corps étranger susceptible de déterminer les accidents les plus terribles. L'intervention de choix, comme dans tous les cas de mort du fœtus, sera la basiotripsie, quelle que soit la situation de la tête fœtale.

En agissant ainsi on détermine le minimum de traumatisme chez la mère et on prévient la physométrie, qui se développe si rapidement après la mort du fœtus.

Quand la tête n'est pas engagée et lutte contre le bassin osseux, la basiotripsie permet enfin d'éviter la rupture utérine dont l’æœdème de l’orifice et du segment inférieur, noté dans plusieurs cas, est le signe précurseur.

Cette intervention permet de sauver la vie de bien des femmes.

Les 2 cas de mort que nous relatons ne sont pas imputables à la basiotripsie. Dans l'observation 30 la mort fut causée par une rupture utérine consécutive à des tentatives de déflexion et de version céphalique. Dans l'observation 35 le vagin était dilacéré de toutes parts et il existait de la physométrie avant l'intervention.

Mais on a de moins en moins besoin de recourir à ces interventions. Sur 8 basiotripsies pratiquées dans le service de M. le professeur Pinard sur des enfants morts se présentant par le front 5 de ces interventions furent faites de 1882 à 1893.

Depuis cette époque jusqu'en 1908, nous n’en voyons que 3 cas. Tous ces cas furent observés chez des femmes amenées de ville après avoir subi des multiples applications de forceps infructueuses ayant tiré le fœtus. La diminution du nombre de ces cas malheureux s’accentuera encore avec les progrès

de l'éducation médicale et la connaissance des avantages pro-

use 8

curés par la pratique de la symphyséotomie ou de la césarienne.

Nous sommes donc en droit d'espérer que la mortalité fœtale déjà si faible pourra devenir nulle, chez les femmes suffisamment surveillées et se trouvant dans des conditions telles

que l'intervention de choix puisse être rapidement pratiquée.

Obs. 28 (Résumée in communication W'ALLICH, Société O. (1. P., janvier 1902).

Mich..…., Ipare. Entre à la clinique Baudelocque après six tentatives d'application de forceps en ville. Bassin mesurant 10.2 de promonto-sous-pubien. Basiotripsie par M. Varnier. Vingt heures de travail.

Enfant pesant 2.070 grammes sans matière cérébrale.

Mère sortie vivante.

Obs. 29 (Résumée in communication WALLICH).

Ment..…., [pare. Arrive à la clinique Baudelocque après plusieurs tentatives infructueuses de forceps. Promontoire accessible. Basiotripsie par M. Pinard sur enfant mort et putréfié pesant 4.600 gram mes sans substance cérébrale.

Six jours de travail.

Mère sortie vivante.

Obs. 30 (Résumée in communication WALLICH).

Decoub..…, Ipare. Bassin normal. Arrive à dilatation complète, huit heures après son entrée. M. Auvard, remplaçant de M. Pinard, tente une application de forceps sans succès. Tentative de déflexion, tentative de version podalique. Basiotripsie, enfant mort et putréfié pesant 3.040 grammes sans substance cérébrale. Rupture utérine, 57 heures de travail.

Mère morte.

me 2

‘Obs. 31 (Résumée in communication WALLICH).

Beiss.., IXpare. Bassin mesurant 9.7 de diamètre promonto-souspubien. Plusieurs tentatives infructueuses de forceps en ville et à l'hôpital, procidence du cordon. M. Pinard fait une craniotomie et une céphalotripsie sur un enfant mort pesant 2.630 grammes, sans substance cérébrale. 22 heures de travail. Mère guérie.

Obs. 32 (Résumée in communication WALLICH).

Jouvell..…., IlIpare. Deux enfants vivants à terme s'étant présentés par le sommet. Bassin promonto-sous-pubien 10.2. Deux tentatives

infructueuses d'application de forceps. Céphalotripsie. 36 heures de travail. Mère guérie.

Obs. 38 (312 de 1903). — Présentation du front. — Tentalives de forceps faites en ville. — Basiotripsie. — Délivrance artificielle.

R. C..., 25 ans.Ipare, ayant eu ses dernières règles du 3 au 8 mai, entre à la clinique Baudelocque le 20 février à 1 heure du soir, en travail depuis 4 heure du matin. La hauteur utérine est de 37 centimètres.

Application infructueuse de forceps à dilatation complète (?) avant son arrivée.

Présentation du front. Dos à gauche, les bruits du cœur ne sont pas perçus, le col incomplètement effacé est déchiqueté, ouvert comme 2 francs, bosse séro-sanguine volumineuse.

Dilatation de 5 francs. Le 21 février, 11 h. du matin, même état, M. Couvelaire fait une basiotripsie. Extraction d’un enfant pesant 2.950 grammes sans substance cérébrale. Délivrance artificielle.

Mère sortie en bon état.

Obs. 34 (657 de 1905). — Présentation du front. — Procidence du

pied droit. — Tentative de version et d'application de forceps infructueuses faites en ville. — Application de forceps et basiotripsie.

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