II — HYGIÈNE PHYSIQUE ET PSYCHIQUE
I. Hygiène pi'j'Mque.- Depuis Bouchardat les exercices physiques font partie intégrante de l'hygiène du diabète. Ses idées sur cette question ont trouvé eur sanction à la fois dans l'expérimentation et dans la clinique. Il est en effet acquis que le travail musculaire se faisant aux dépens des matières ternaires diminue la glycosurie. L'expérience de tous les jours démontre que les diabétiques se trouvent bien d'une vie active, en plein air. On a même, non sans raison, attribué en grande partie les heureux effets des cures thermales à l'existence que les malades mènent dans les stations hydrominérales.
• D'ailleurs l'efficacité de l'exercice musculaire n'a pas lieu de surprendre, si l'on songe qu'il constitue un des éléments essentiels du traitement de la diathèse arthritique, dont relève si souvent le diabète sucré.
Mais ici encore, plus même que pour le régime alimentaire, il importe de rester dans une sage mesure. En effet, l'exercice forcé, alors surtout qu'il n'est pas précédé d'une période d'entraînement méthodique, entraîne une combustion hâtive et par suite incomplète de tous les éléments constitutifs de l'économie et en particulier des composés azotés; il détermine ainsi l'accumulation dans les tissus des principes excrémentiliels et peut provoquer des processus d'auto-intoxication. Rien n'est plus dangereux pour le diabétique chez qui l'équilibre organique est déjà fort compromis. Le péril est surtout grand quand l'exercice détermine des sueurs profuses; car il ne faut pas oublier que l'excrétion
HYGIÈNE IMIYSIQLE DU DIABÈTE 'ol
cutanée, qui . entraîne qu'une très faible proportion de principes solides, s'effectue aux dépens c e 1 élimination par les reins, émonctoires bien plus acli s nue la peau. Aussi n'est-il pas rare d'observer à la suite d'exercices trop violents ou trop prolonges, surtout lorsqu'il n'y a pas eu d'entraînement préalable la production d'accidents acétonémiques et même daccès soudains de coma diabétique imputables à une dépuration insuffisante de l'organisme.
Pareille chose est particulièrement à craindre dans le diabète à forme consomplive, où les muscles altérés et affaiblis n'arrivent plus à effectuer la combustion des déchets du travail musculaire.
D'autre part, chez beaucoup de diabétiques, il existe un certain degré d'asthénie, ou même de dilatation cardiaque et le surmenage du cœur, conséquence d'un travail exagéré, peut à lui seul occasionner des accidents très sérieux.
Enfin, comme les exercices violents donnent lieu souvenl'à des sudations très abondantes, particulièrement chez les arthritiques et les obèses, ils exposent à des refroidissements dont les suites peuvent être d'autant plus fâcheuses que chez les diabétiques les affections des voies respiratoires revêtent fréquemment les formes les plus graves.
Pour toutes ces raisons, nous ne saurions recommander en général les exercices trop prolongés, ceux surtout auxquels certains individus sont enclins, à se livrer sans mesure, comme la chasse ou le canotage; ils ne peuvent guère être conseillés qu'aux petits diabétiques arthritiques et, encore à la condition de ne pas entraîner trop de fatigue. Dans les cas où le diabétique est vigoureux et résistant, nous donnons la préférence au vélocipède qui nécessite