CHAPITRE III
Exposé crltîqtie des principales médi cations pharmaceutiques du syndrome
diabète sucre.
Consîdérations générales. — Lorsqu'on passe en revue les innombrables médications du diabète sucré, on pourrait être tenté de conclure de cette diversité dans les remèdes employés à l'impuissance de l'intervention pharmaceutique. Que le traitement rationnel du diabète soit encore à trouver, le failn'est pas douteux; il en sera ainsi aussi longtemps que sa pathogénie n'aura pas été entièrement élucidée. Mais de là à partager le scepticisme de tant de médecins, qui les a amenés à se confier presque exclusivement aux prescriptions hygiéniques, il y a loin. La thérapeutique exerce en effet une action incontestable sur les éléments principaux du syndrome diabétique, sur deux d'entre eux notamment, la glycosurie et la cachexie progressive, de même qu'elle influence puissamment deux facteurs morbides qui jouent un rôle prépondérant dans certaines de ses modalités, la dyscrasie arthritique et les perturbations du système nerveux.
En réalité les insuccès de l'intervention pharmaceutique tiennent en grande partie à ce qu'on a cru à la possibilité d'un traitement univoque qui fût applicable à toutes les variétés de diabète : dans celle
(ii PHARMACEUTIQUE DU DIABÈTE SUCRÉ
voie, l'échec était inévitable puisque, comme nous avons essayé de le montrer, nous avons ici à coml>attre non une maladie toujours identique à ellemême, dans ses grandes lignes du moins, mais un >iUnclrome qui affecte des allures très variables suivant les conditions où il se développe. Il s'ensuit qu'il faut soigneusement distinguer la médication du ><!/ndrome et la médication anticausale.
La première ne varie guère suivant les cas; mais elle ne présente qu'une efTicacitée limitée lorsque l'état des forces ou des voies digestives interdit une thérapeutique active; elle n'est d'ailleurs que pallia- 11 ve quand la cause de la maladie nous échappe — et il en est ainsi dans les formes les plus graves, — ou demeure inaccessible à nos moyens d'action. La seconde, dont les indications sont assez précises et les agents puissants dans certains cas (diabètes arthritique ou purement neurasthénique) n'est pas de mise, perd nécessairement tous ses droits quand le primum movens du diabète nous est inconnu (diabète grave dit pancréatique). Ainsi quasi désarmés contre certaines variétés du diabète où nous ne devons songer qu'à ralentir les progrès du mal, notre champ d'action est très étendu dans d'autres, les plus fréquentes à coup sûr, où nous pouvons espérer une amélioration nette et durable, parfois même une guérison absolue.
De ces considérations générales découle que notre exposé thérapeutique devra être scindé en deux parlies; nous étudierons d'abord, dans ce chapitre, l'influence des agents pharmaceutiques sur le syndrome diabète envisagé en lui même, indépendamment des formes qu'il revêt, pour aborder ultérieurement la médication anticausale, ou, en d'au-