‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 32 sur 103 · ALCALINS · texte numérisé non relu

ALCALINS

poutique du diabète sucré, puisque WiUis les a déjà préconisés, les alcalins s'y sont toujours maintenus h Tuie place d'honneur. Quoique bien des médecins, surtout en Allemagne, leur aient dénié toute action curative, la grande majorité continue à les employer; ils doivent cette faveur, dans une très large mesure, à l'efficacité bien connue des stations hydrominérales alcalines dans cette maladie.

C'est d'ailleurs sur le terrain de l'observation clinique, et sur ce terrain seul, qu'il faut se placer pour déterminer la place des alcalins dans la cure du diabète; car, en ce qui concerne leur mode intime d'action,'les idées les plus contradictoires ont cours dans la science, toutes les recherches expérimentales ayant eu, en quelque sorte, leur contre-partie. Pour nous en tenir à ce qui intéresse directement le diabète, les interprétations les plus dissemblables ont été émises, les unes manifestement erronées, les autres purement hypothétiques. C'est ainsi que Mialhe se servait des alcalins pour remédier au défaut d'alcalinité du sang, auquel il attribuait l'hyperglycémie ; or, il est démontré aujourd'hui que chez le diabétique la réaction du sang n'est pas altérée. D'autre part, Cornillon et Brétet ont admis que les alcalins entravent l'action des diastases de l'appareil digestif sur l'amidon. Lomikowsky a prétendu qu'ils annihilent le ferment glycogénique du foie, tandis que, poUr Pavy, ils exerceraient une influence sur le système nerveux qui commande la glycogénèse ; récemment enfin, Lépine a émis l'hypothèse qu'ils modifient le ferment glycolytique du pancréas. Toute sanction expérimentale fait défaut à ces diverses conceptions.

On tend aujourd'hui à. croire que l'action des alca-

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lins dans le diabète est complexe et qu'ils y interviennent à plusieurs titres. En dehors de leurs propriétés eupeptiques, on leur attribue une influence, mal définie d'ailleurs, sur les fermentations gastrique et intestinale, et aussi sur l'élaboration dans l'économie des principes amylacés et sucrés; enfin, et surtout, on les regarde comme des modificateurs généraux de la nutrition.

Mais, à ce dernier point de vue, des opinions diamétralement opposées se partagent les esprits. Ceux qui imputent le diabète à un ralentissement de la vie organique invoquent les recherches de Mialhe, de Chevreul et Magnus, de Martin-Damourette, d'Hyades, pour soutenir que les alcalins impriment une impulsion vigoureuse aux actes intimes de la nutrition. D'autres, au contraire, qui voient dans cette maladie le résultat d'une suractivité des échanges, prétendent que ces agents ralentissent les combustions: telle est la thèse d'Albert Robin, de Quinquaud et enfin de Lecorché qui invoquent, à l'appui de cette opinion, les recherches expérimentales et cliniques d'après lesquelles l'administration des alcalins diminuerait l'excrétion des déchets de la nutrition, comme l'urée. Enfin, pour certains expérimentateurs (Feltz, Rabuteau), l'effet des alcalins varierait suivant les quantités employées ; à faibles doses, ils activeraient la nutrition, tandis qu'à dose moyenne ils modéreraient le mouvement désassimilateur. Les faits expérimentaux sont donc contradictoires; les données cliniques ne le sont guère moins. S'il est vrai que, chez la plupart des diabétiques, les alcalins diminuent l'excrétion de l'urée aussi bien que du sucre, par contre, dans l'azoturie pure, ils n'ont aucune efficacité. Pour nous, la cause n'est i)as jugée et l'on se raj-

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