OPIACÉS
dit avoir obtenus de l'association de la lithine à l'arsenic; il prescrivait 0 gr. 20 de carbonate de lithine et 5 milligrammes d'arséniate de soude dans un litre d'eau de Seltz. Il affirmait ainsi avoir guéri soixantedix diabétiques sur soixante-seize. Tout en ne partageant pas absolument cet optimisme, Dujardin- Beaumetz s'est également bien trouvé de cette association. Aux deux repas, il donne, dans un verre d'eau de Vichy ou de Vais, 50 centigrammes de carbonate de lithine avec trois gouttes de liqueur de Fowler. C'est une bonne méthode thérapeutique, à la condition toutefois d'élever graduellement, comme nous le verrons plus loin, la dose d'arsenic.
Opiacés. — A côté des alcalins, doivent se placer les opiacés; car eux aussi ont conquis depuis bien longtemps droit de cité dans le traitement du diabète sucré, a l'époque où cette maladie était encore confondue avec le diabète insipide. Leur action est peutêtre encore plus tangible que celle des alcalins ; car on ne saurait contester que, dans certains cas, ils diminuent à la fois la glycosurie, la polyurie, la soif, la boulimie, et enfm enraient l'amaigrissement. Ce seraient donc des médicaments antidiabétiques complets, au sens de Lecorché. Malheureusement leur influence sur le processus diabétique n'est que passagère et disparaît aussitôt qu'on en suspend l'usage. Or cette médication ne peut être continuée pendant plusieurs semaines comme le traitement alcalin; car singulièrement périlleuse pourrait être l'imprégnation thébaïque chez des individus déjà exposés par leur maladie même aux auto-intoxications. Enfin, aux doses où l'on peut employer sans danger sérieux les opiacés, leur action est parfois trop peu prononcée, ou s'épuise trop vile pour compenser
leurs inconvénients. 11 est, en effet, maints malades qui supportent très mal l'opium, chez qui il entraîne proraptement la disparition de l'appétit, de la sécheresse de la peau, une constipation rebelle, enfin un état d'asthénie générale, tous phénomènes particulièrement inquiétants chez le diabétique. Dans ces cas il faut renoncer à l'employer à doses suffisantes pour être réellement efficaces.
Avant d'étudier les indications de l'opium, voyons d'abord comment, de par l'expérimentation, on peut expliquer son action. Qu'il déprime la sécrétion urinaire, qu'il émousse l'appétit et diminue la soif comme tous les appétits organiques : ce sont autant de faits au sujet desquels il n'y a pas de dissidences parmi les physiologistes. Mais comment concilier cette donnée clinique que l'opium enraie la glycosurie avec les expériences célèbres de Claude Bernard et de plusieurs autres où cette substance, suractivant le fonctionnement du foie, a déterminé une élimination passagère de sucre par les urines?
Mentionnons k cet égard une hypothèse de Lépine; pour lui l'opium exercerait une action inhibitive sur le ferment glycolytique.
Quelle est enfin l'action des opiacés sur le mouvement nutritif? La question se pose dans les mêmes termes, reste aussi obscure qu'en ce qui concerne les alcalins. Stimulent-ils la vie organique, comme le pensait la vieille médecine, ou au contraire, comme le soutiennent Bôcker, Pécholier, Lecorché, auraientils pour effet d'enrayer les combustions dans 1 économie? Cette dernière opinion semble plus plausible à en juger par le morphinisme expérimental où les sécrétions, sauf celle de la peau, sont diminuées, de ■môme que la quantité d'acide carbonique et d uree