‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 36 sur 103 · BROMURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

BROMURE DE POTASSIUM

mène morl)ide par son acuité crée une indicalion spéciale; telle la polyurie qui parfois, en empêchant le sommeil, amène une surexcitation nerveuse in- (|uiélante.

Cependant, parmi ces médicaments, les agents nervins, comme les modificateurs de la nutrition, ont droit à une place privilégiée, car ils sont tout particulièrement indiqués dans certaines formes du diabète où la perturbation du système nerveux joue un rôle prépondérant, domine la scène morbide (diabète purement névropathique, diabète nervosoarthritique). Mais le plus souvent, leur emploi n'est justifié qu'à titre de médication symptomatique, dirigée contre divers désordres nerveux, épiphénomènes du diabète, comme les névralgies, le prurit, l'agitation nocturne. Encore faut-il remarquer qu'on doit se montrer réservé dans l'usage de ces médicaments, qui non seulement influencent d'une manière fâcheuse les fonctions digestives, mais encore présentent plusieurs inconvénients, comme on le verra plus loin.

Bromure de potassium. — De ces agents thérapeutiques, le iromure do potassium est à coup sûr le plus efficace. Recommandé d'abord par Begbie, en 1866, puis condamné par la plupart des médecins comme Forster, Millard, Kretschy, Cantani, Frerichs, Da Costa, il a été définitivement introduit dans la médication antidiabétique, en 1882, par Felizet qui, en l'associant du reste aux alcalins et au régime de Bouchardat, on a obtenu d'excellents résultats. Mais Dujardin-Beaumetz, après une enquête approfondie, conclut de ses recherches que si, parfois, il fait disparaître la glycosurie, son emploi prolongé peut amener des accidents sérieux et qu'il détermine; sou-

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vent un état très pénible de déchéance physique el morale avec dépression intellectuelle; aussi le réserve-t-il aux cas de diabète purement nerveux et encore lorsque les malades sont assez vigoureux pour supporter cette médication.

Nous avons également expérimenté d'une manière suivie le bromure de potassium, il y a quelques années. Nos premiers résultats ont été consignés dans la thèse inaugurale de notre élève et ami Thominet (1887) ; mais, depuis cette époque, l'expérience clinique a modifié jusqu'à un certain point nos conclusions initiales, trop optimistes, en nous montrant que les critiques formulées par Dujardin-Beaumetz contre son emploi sont souvent justifiées. Cependant nous persistons à croire que le bromure, associé aux alcalins, est bien supérieur à la médication opiacée dans les diabètes purement nerveux ou nervoso-arthritique, chez des individus qui ne sont pas très déprimés au physique ou au moral. Dans ces cas, le bromure, administré à dose moyenne, détermine le plus souvent une amélioration très nette des phénomènes morbides essentiels, parfois même une guérison radicale. Quelques semaines, voire même quelques jours de ce traitement suffisent pour amener une diminution très notable de la glycosurie et de la polyurie, azoturique ou non, pendant que l'état généi'al se relève. Quelquefois, néanmoins, il arrive qu'on est forcé de l'abandonner, en raison de troubles dyspeptiques, d'accidents cutanés, tels que l'acné bromique, ou d'une dépression trop prononcée du système nerveux.

Quant aux autres formes de diabète, elles ne sont aucunement influencées par le bromure, et s'il y est assez souvent utile, c'est pour combattre telles ou

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telles complications nerveuses, comme l'insomnie et l'agitation psychique ; on ne doit alors le prescrire qu'à doses faibles, car il enraie souvent l'appétit, chose très fâcheuse pour le diabétique, lorsqu'il est combiné avec les autres médicaments employés contre la maladie principale.

Le sel potassique nous a toujours paru supérieur à ses congénères sodique et ammoniacal; néanmoins l'association des trois bromures rend parfois des services lorsque la médication bromurée demande à être soutenue pendant un temps assez long.

Antipyrine. — V cmtqnjrine est un des médicaments qui ont eu le plus de vogue dans ces dernières années. Panas, Germain Sée, Dujardin-Beaumetz, Albert Robin, Huchard, Botkin, etc., ont eu à s'en louer, tout en reconnaissant qu'elle échoue dans les cas graves. Mais on ne s'entend pas sur son mode d'action et ses propriétés fondamentales. La polyurie, pour la plupart des médecins, la glycosurie, pour d'autres, est surtout modifiée par ce médicament; enfin, au dire d'A. Robin, il influencerait le diabète dans son ensemble, en ralentissant les oxydations.

L'expérience clinique plaide, croyons-nous, contre ces diverses interprétations. Nous n'avons jamais obtenu de bons effets de l'antipyrine que dans les cas de diabète purement nerveux. Dans ces conditions, elle détermine assez souvent une notable diminution de la glycosurie et de la polyurie, et parallèlement une amélioration très nette de l'état général. Par con tre, nous l'avons toujours vue échouer dans les autres variétés de la maladie. Cette opinion cadre du reste assez bien avec celle qu'ont émise Dujardin-Beaumetz et Botkin, qui eux aussi ne recommandent guère ce médicament que dans les diabètes d'origine nerveuse.

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L'anlipyrine doit donc être rapprochée du bromure de potassium, au point de vue des indications thérapeutiques; mais son action est, ce semble, beaucoup moindre. Aussi l'em ployons-nous exclusivement dans les formes névropalhiques du diabète, lorsque, pour un motif ou un autre, le bromure de potassium est contre-indiqué, en cas, par exemple, de dépression psychique trop prononcée. Cependant, nous lui reconnaissons une influence assez accusée sur la polyurie pour la prescrire volontiers quand ce symptôme domine la scène morbide, ce qui se voit souvent dans les diabètes dus k une altération matérielle du système nerveux ou à un traumatisme. Ces formes de diabète guérissent fréquemment; est-ce au médicament, est-ce à la diète alimentaire qu'en revient surtout l'honneur?

Il arrive souvent qu'on doive renoncer à l'anlipyrine, en raison des troubles digestifs qu'elle détermine, alors même qu'on a soin de la donner associée au bicarbonate de soude, comme il faut toujours le faire. D'autre part, Albert Robin et Lecorché l'accusent de provoquer parfois une albuminurie transitoire lorsqu'on l'administre plus de huit ou dix jours. Enlin, on ne saurait oublier que chez certains malades elle donne lieu, même à très faibles doses, à une véritable intoxication dont des éruptions cutanées, particulièrement pénibles pour le diabétique, sont le caractère essentiel.

Aussi faut-il ne l'employer qu'avec prudence en lâtant la susceptibilité du malade, sans dépasser la dose de i grammes environ ])ro die et sans jamais la prescrire plus d'une semaine, pour alterner avec le bromure de potassium ou la valériane.

D'autres antithermiques analgésiques, la phènacé-

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