‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 42 sur 103 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Exposé des éléments extra-médicaux et médicaux individuels qui guident l'intervention thérapeutique.

Après avoir cherché à établir la valeur thérapeutique et les indications des divers moyens d'action dont on dispose contre le syndrome diabétique, il nous faut maintenant serrer la question de plus près en abordant les cas particuliers et en exposant d'une manière aussi détaillée que possible la ligne de conduite qui convient aux diverses formes du diabète.

Il n'y a pas de traitement général du diabète ; il n'y a que des traitements individuels, non seulement parce que cette affection revêt les aspects les plus divers et se développe dans les milieux organiques les plus disparates, mais aussi parce que le tempérament moral et la situation sociale du malade doivent être pris en très sérieuse considération.

Il n'est peut-être aucune affection où ces éléments

lu ÉLÉMENTS EXTRA-MÉDICAUX

en quelque sorle extra-médicaux jouent un rôle aussi considérable. Autant, par exemple, les chances de succès sont grandes lorsque le diabétique appartient à une classe de la société où il peut mettre en œuvre tous les moyens hygiéniques et thérapeutiques et éviter ces multiples accrocs de l'existence journalière tels que refroidissements, fatigues, etc., qui si souvent déterminent des complications graves ou impriment à la maladie une évolution maligne, autant la situation s'assombrit dans les conditions opposées où son genre de vie l'expose à mille périls, sans qu'il puisse recourir à diverses méthodes de traitement dispendieuses, comme les cures hydrominérales, ni se défendre par une alimentation à la fois réparatrice et conforme aux prescriptions de la diète spéciale contre la dénutrition organique et les complications qui le menacent.

D'autre part, l'avenir du diabétique dépend en grande partie de son énergie morale et de sa soumission aux prescriptions médicales; il faut qu'il se résigne aux privations, aux sacrifices de tout genre qui lui permettront bien souvent de vivre en assez bonne intelligence avec son mal, dans la perspective consolante d'une amélioration notable ou même d'une guérison possible. Il doit être pour le médecin un allié, un collaborateur; aussi est-il généralement utile de le tenir au courant, dans une certaine mesure du moins, des fluctuations de la glycosurie. Si, à ce prix, la thérapeutique peut beaucoup, elle est au contraire presque désarmée quand le concours du malade n'est pas absolument assuré au médecin, quand celui-ci doit compter avec une dépression psychique qu'une affection de si longue durée ne peut qu'aggraver ou avec des résistances à ses prescrip-

VALEUR DES COMMÉMORATIFS llf>

lions qu'il verra croître de jour en jour à mesure que s'épuise la patience de son client et souvent aussi sa confiance.

Enfin l'observance des préceptes hygiéniques qu'il faut suivre, mais sans exagération, exige du malade et de son entourage immédiat un certain sens critique qui fait plus souvent défaut que l'on ne serait porté à le croire.

On voit combien il est de questions extra-médicales au sujet desquelles le médecin devra être édifié avant d'adopter une ligne de conduite appropriée à chaque cas particulier. Aussi, alors surtout qu'il est appelé dans un milieu qui lui est inconnu, éviterat-il de se prononcer à son premier examen, d'autant que pendant celte période d'observation préalable il pourra recueillir divers renseignements, ceux-ci médicaux, qui dicteront son diagnostic, son pronostic et sa thérapeutique.

Sans revenir sur les caractères distinctifs des diverses variétés de diabète sucré, rappelons succinctement les indications que peuvent fournir à cet égard l'examen et l'interrogatoire des malades. Nous n'aurons pas ici en vue les enfants et les adolescents; car, à celte période de la vie, la question ne se pose pas dans les mêmes termes que chez les adultes.

Tout d'abord les commémoratifs ont souvent une grande valeur en révélant l'existence soit d'antécédents arthritiques héréditaires ou personnels, soit de manifestations névropathiques antérieures, soil enfin d'influences morales dépressives. Non qu'il faille allacher à ces indications une importance exagérée. Certes, quand le passé du malade est muet au point de vue de l'arthritisme, on doit éliminer l'iiy-

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