‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 44 sur 103 · AZOTURIE DANS LE DIABÈTE · texte numérisé non relu

AZOTURIE DANS LE DIABÈTE

pninlées, soit à l'alimentation, soit aux tissus niênic. La sulfaturie et la phosphaturie excessives indiquent donc une dénutrition rapide des composés azotés de l'économie. L'excès d'acide urique a sa signification au point de vue du diagnostic en décelant l'élément goutteux, et du régime à suivre, en contre-indiquant la diète carnée exclusive.

Nous touchons ici à un des points les plus controversés de l'histoire du diabète, à ce que nous pourrions appeler la question de l'urée. Les opinions les plus contradictoires ont été émises à ce sujet. On a d'abord prétendu que chez le diabétique la proportion d'urée tombe au-dessous de la normale. Il est établi au contraire que, sauf à la période de marasme sur laquelle nous reviendrons plus loin, le diabète s'accompagne d'azoturie dans un très grand nombre de cas. Chez la plupart des diabétiques on a trouvé pour taux de l'urée excrétée de 30 à 50 grammes ; mais celui-ci peut être beaucoup plus considérable, monter, par exemple, à 93 grammes (Bouchard), 110 grammes (Lecorché), 136 grammes (Cantani), 163 grammes (Flirbringer).

Lecorché fait même de l'azoturie un symplôm» constant du diabète. » Nous sommes convaincu, ditil, qu'à la période d'état il y a toujours azoturie; c'est à cette période qu'elle acquiert tout son développement pour cesser d'une façon à peu près complète à la période de cachexie. Il peut même se faire, à ce moment, que le chiffre de l'urée, comme chez tous les animaux inanitiés, tombe au-dessous de la normale (von Dusch) ; c'est ce qui a fait dire à quelques auteurs qu'il existe des diabètes sans excès d'urée, sans azoturie. »

Dans son livre récent sur le Traitement du diabète

CAUSES DE L'aZOTURIE

si^rré, Lecorché précise ses idées sur la question en divisant à ce point de vue les diabétiques en trois

Dans la première catégorie de faits, l'excrétion de 1 urée est au-dessus de la normale, sans que l'atteinte portée à l'état général soit accusée. L'azoturie paraît être, dans ces cas, la conséquence naturelle de l'absorption intestinale exagérée que provoque l'hyperglycogénie hépatique; elle mesure en quelque sorte 1 intensité du travail de désassimilation qui se produit aux dépens des matières albuminoïdes inlrodmtes par l'alimentation; elle est donc l'indice d'une grande vitalité de l'organisme : d'où le nom d'azolurie par hypernutrition.

Dans la seconde catégorie de faits, l'azoturie est très accusée, mais s'accompagne d'un amaigrissement et d'un épuisement rapides des sujets. Ce sont alors les éléments même de l'organisme qui, pour la plus grande partie, contribuent aux frais de cette formation excessive d'urée. CeiÏQ azoturiepar dénutrition s'observe dans les formes graves et aiguës de diabète et dans les diabètes à marche chronique, quand la maladie s'aggrave sous l'influence d'un traitement mal dirigé.

Enfin dans une troisième catégorie, l'excrétion de l'urée est inférieure à la normale ; il y a hypoazoturie par suite de la déchéance générale de la nutrition épuisée par un excès de fonctionnement. Cette hypoazoturie appartient à la phase cachectique du diabète et aux diabètes compliqués de tuberculose ou de mal de Bright.

L'azoturie par hypernutrition se reconnaît à ces trois caractères : qu'elle est surtout marquée dans l'urine du jour, qu'on peut l'enrayer en restreignant

CAUSES DE l'aZOTURIE

la ration azotée du malade et qu'elle ne porte guère atteinte à l'état général.

Pour séduisante que soit cette conception des rapports de l'excrétion d'urée avec le diabète, elle n'est pas, ce semble, à l'abri de la critique.

En premier lieu, il n'est pas exact qu'à la période d'état du diabète il y ait toujours de l'azoturie ; c'est ainsi que, d'après les recherches de Bouchard, « sur 100 diabétiques, l'urée serait normale quarante fois, vingt fois il y aurait hypoazoturie, enfin il y aurait azoturie seulement dans 40 cas, moins de la moitié ». Ce fait clinique ruine, à lui seul, dit cet auteur, toutes les théories pathogéniques du diabète sucré qui considèrent la glycosurie et l'azoturie comme corrélatives. « L'azoturie s'observe dans les cas légers et dans les cas graves. En rapportant à 100 les cas de diabète avec azoturie, 44 étaient de petits diabètes, des diabètes légers avec élimination de sucre n'atteignant pas dO grammes par jour : 50 étaient des diabètes plus ou moins sérieux. C'est dire que l'intensité de la glycosurie n'impose pas l'azoturie. » Bouchard ajoute « qu'il n'y a aucune relation entre l'azoturie et la glycosurie, qu'on peut voir la glycosurie augmenter alors que l'urée augmente ou diminue, et de même quand la glycosurie diminue ».

D'après notre expérience personnelle, ces deux conceptions renferment l'une et l'autre une part de vérité, mais elles pèchent en ce sens surtout qu'elles ne tiennent pas suffisamment compte du terrain sur lequel se développe le syndrome diabétique.

En réalité, dans le diabète, la teneur des urines en urée dépend de conditions multiples, très variables suivant les cas, et dont il faut passer successivement en revue les plus importantes.

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