‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 45 sur 103 · C.U'SES DE l'aZOTUIUE · texte numérisé non relu

C.U'SES DE l'aZOTUIUE

1" Elle est en rapport avec ralimenlalion ; l'excrélion d'urée augmente quand celle-ci est très abondante, surtout quand elle est très riche en principes azotés. Ainsi Bouchard admet que 100 grammes de viande augmentent de G grammes la proportion d'urée excrétée. La boulimie du diabétique et son régime carné doivent donc amener une azoturie alimentaire.

2° On sait que l'arthritisme donne lieu tantôt àl'azoturie, tantôt à l'iiypoazoturie; il y a donc, dans certains diabètes, à tenir compte de l'asoturie et de Thijpoazoturie arthritiques.

3° La dystrophie diabétique par elle-même, ou en d'autres termes la déviation nutritive qui produit l'hyperglycémie, amène-t-elle également une sécrétion exagérée d'urée? Lecorché l'afTirme, Bouchard le nie. Étant donné que dans la grande majorité des faits de diabète, en dehors de la période de cachexie, il existe de l'azoturie, à un degré d'ailleurs très variable, nous croyons avec Lecorché à l'existence d'une azoturie dialètique proprement dite. Elle est surtout très prononcée dans les formes de diabète où les composés azotés de l'organisme prennent largement part au processus hyperglycémique, par conséquent dans les variétés les plus graves de la maladie.

4° D'autre part, on sait que l'analyse des urines chez les neurasthéniques les montre d'habitude très pauvres en urée. Dès lors, si l'on songe que l'élément névropathique domin'è parfois le processus diabétique, on conçoit qu'il faille faire entrer en ligne de compte Vhypoazoturie neîit-asthéniqice.

On voit que, dans le diabète, les conditions qui influent sur la teneur des urines en urée agissent en

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sens inverse; aussi peuvent-elles tantôt additionner, tantôt contrebalancer leurs effets : d'oii des variantes à l'infini dans le détail desquelles nous ne saurions entrer. Cependant on est en droit d'aiïirmer que le type azoturique est de beaucoup le plus fréquent; il s'observe surtout chez les diabétiques arthritiques, gros mangeurs et actifs, alors que la matière azotée, absorbée en excès, subit dans le corps une élaboration presque complète; par contre, il se voit aussi dans les diabètes malins, mais par suite de l'intensité de la dystrophie. L'hypoazoturie ne s'observe guère que dans les petits diabètes neurasthéniques, par exemple dans celui qui survient au moment de la ménopause.

Nous n'avons pas eu jusqu'ici en vue la période marastique du diabète; là l'hypoazoturie, sans être constante, se rencontre d'habitude par les motifs qu'a indiqués Lecorché.

En résumé, la question de l'urée dans le diabète ne se prête pas à une schématisation aussi simple que le pensent divers pathologistes. En ce qui touche surtout la signification pronostique qu'offre le dosage de l'urée, aucune règle générale ne saurait être formulée. Pour chaque cas, il faut qu'une analyse complète et souvent délicate assigne sa part à chacun des facteurs qui interviennent dans cette élaboration anormale des principes azotés. On peut cependant dire que l'azoturie excessive, lorsqu'elle ne s'explique pas par une suralimentation carnée, lorsqu'elle est continue, de jour et de nuit, appartient plutôt aux formes graves et aussi que la diminution progre.ssive de l'urée, lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'une détente des autres phénomènes morbides indique le début de la période consomptive.

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Il esl également difficile d'établir des indications thérapeutiques sur la teneur des urines enurée ; ainsi, chez certains diabétiques arthritiques, l'azoturie, tenant dans une large mesure à l'alimentation trop copieuse et surtout trop azotée, commande une hygiène bromatologique spéciale, tandis que, dans les diabètes graves où la polyphagie carnée esl la sauvegarde de l'économie contre le processus de dénutrilion, il serait absolument illogique de réduire l'alimentation dans le but d'enrayer l'azoturie.

11 est rare qu'après cet examen détaillé le médecin ne soit pas édifié sur la nature du diabète qu'il est appelé à combattre. Néanmoins, sauf en cas de cachexie avancée, où cette manière d'agir serait inutile et même dangereuse, il doit encore recourir à une expérience qui est démonstrative. Elle consiste à imposer au malade, pendant une semaine environ, le régime alimentaire le plus rigoureux d'après la méthode de Cantani. En comparant le taux de la glycosurie et celui des phénomènes connexes, avant et après cette diète cVèpreitve, on sera fixé non seulement sur le rôle de l'alimentation dans l'hyperglycémie, et par suite sur les chances de succès d'un traitement réduit pour ainsi dire à la diète antidiabélique, mais encore sur la nature du diabète. En effet, dans la forme maligne, la glycosurie, la polyurie, la soif, etc., seront peu modifiées, tandis que, dans les formes bénignes, il se produira une détente très accusée, parfois même 'absolue, des phénomènes cardinaux du syndrome diabétique.

M Lecorché préconise ce modus ar/emU, mais en joignant à la dièle spéciale deux agents médicamenteux, les alcalins et l'opium ; cette méthode a, ce nous

DIÈTE d'Épreuve

semble, le double inconvénient de compliquer les résultats, et de rendre l'épreuve peu probante en ce qui touche l'innuence de l'alimentation sur la glycosurie. Pourquoi d'ailleurs instituer d'emblée une médication pharmaceutique active, étant donné que par les moyens hygiéniques seuls on arrive dans certains cas à enrayer le diabète?

C'est seulement après cet examen approfondi et cette diète d'épreuve qu'on pourra en connaissance de cause instituer une médication appropriée aux diverses formes de diabète.

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