‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 7 sur 103 · CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES S · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES S

Mais le diabète esl-il toujours d'origine arthritique, comme quelques pathologistes le prétendent? Cette théorie simpliste, en contradiction, du reste, avec les faits cliniques, a été ébranlée dans ces derniers temps par la démonstration, fondée à la fois sur l'expérimentation et l'anatomie pathologique, des rapports du diabète avec certaines altérations pancréatiques, démonstration qui induisit divers auteurs trop prompts à généraliser à le mettre toujours sous la dépendance soit d'une lésion, soit d'un trouble fonctionnel de cet organe. Loin d'adopter cette formule également trop absolue, il faut reconnaître que certaines conditions productives de cet état morbide nous échappent encore et que, par suite, tout essai de synthèse serait aujourd'hui prématuré. Pour rester dans le domaine des faits acquis, on doit se borner à constater que plusieurs facteurs entrent en ligne dans la pathogénie du diabète : troubles fonctionnels du foie et du pancréas, perturbation du système nerveux, enfin adultérations, nombreuses et complexes peut-être, des mutations nutritives, dont la plus connue, au point de vue clinique du moins, est la dyscrasie arthritique.

Dès lors se pose sur le terrain de la nosologie la question de savoir si, malgré cette multiplicité d'infiuenccs pathogénétiques, on peut continuer à faire du diabète sucré une entité morbide toujours identique à elle-même, avec des variantes qui ne portent que sur son intensité plus ou moins grande et ses allures plus ou moins rapides, ou si, au contraire, on ne doit y voir qu'un syndrome reconnaissant des modes pathogénétiques divers, et, par suite, se produisant sous des modalités très dissemblables : démembrement analogue à celui qui s'est opéré pour

d'autres complexus morbides, comme l'ictère ou l'albuminurie.

La première concepLion est encore généralement admise, mais la seconde semble aujourd'hui gagner du terrain. Elle se recommande surtout des travaux cliniques de Lancereaux et de ses élèves et des recherches de laboratoire suscitées par les célèbres expériences de von Mering et MinkoM'ski. On sait que, dans cet ordre d'idées, M. Lancereaux admet l'existence de trois types distincts de diabète, dénommés, d'après leur origine, diabètes constitutionnel, nerveux, pancréatique.

La thérapeutique ne saurait se désintéresser de ce débat ; car la théorie de Lancereaux a pour corollaire forcé cette donnée qu'à côté de la médication dirigée contre le syndrome diabète sucré envisagé en lui-même il faut faire une place au traitement pathogénique qui s'adresse à la maladie primordiale dont ce syndrome est l'expression clinique.

Aussi, avant d'entrer dans le cœur de notre sujet, devons-nous rechercher si et dans quelle mesure l'expérimentation et la clinique peuvent nous donner la solution de ce problème de pathogénie et de nosologie qui domine toute la thérapeutique du diabète sucré.

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