CHAPITRE VII
Complications cutanées. — Diabétides génitales.
La fréquence des affections cutanées dans le diabète s'explique non seulement par l'état dyscrasique, mais aussi par le mauvais fonctionnement de la peau qui, dans celte maladie, est le plus souvent sèche et, en outre, subit l'action irritante du sucre que son appareil excréteur élimine de l'organisme. La plupart de ces diabétides , pour nous servir de l'heureuse dénomination que leur a donnée le professeur Fournier, le prurit généralisé, l'eczéma, l'acné, l'urticaire, etc., n'empruntent pas au diabète une physionomie spéciale, et par suite ne commandent pas un traitement particulier. Les dermatologistes sont du reste d'accord à reconnaître que la médication causale, antidiabétique, prime ici de beaucoup la médication locale. Il en est de même des affections gangréneuses, de l'anthrax et du phlegmon ; mais à, leur sujet se pose la question de l'opportunité de l'intervention opératoire que nous discuterons dans un chapitre ultérieur.
Reste une catégorie de lésions cutanées qui appartiennent en propre au diabète et doivent par suite trouver place ici : les diahètides génitales^ dont Fournier a donné une bonne description que nous mettrons largement à contribution.
210 TRAITEMENT DE LA BALANO-POSTHITE
Comme le fait remarquer Brocq, ces lésions sont à la fois dialhésiques, traumaliques et parasitaires. Les téguments des organes génitaux sont soumis, comme tout le reste de l'économie, à l'action nocive de l'hyperglycémie, et, de plus, sont directement lésés par l'urine chargée de sucre. Quand les malades ne prennent pas des soins minutieux de propreté, l'urine restée sur les téguments ne tarde pas à fermenter, devient irritante et favorise la formation de productions cryptogamiques qui prolifèrent avec rapidité et interviennent pour leur compte dans la genèse de la dermatose.
En dehors des formes gangreneuses, absolument :eptionnelles, et du prurit simple, il faut envisager successivement les diabétides génitales dans les deux sexes.
Chez l'homme, elles affectent d'ordinaire à la fois le gland et le prépuce. Les diabétides du gland se présentent sous trois formes, rougeur erythémateuse autour du méat, éruption herpétiforme caractérisée par de petites exulcérations semblables à celles qui succèdent aux vésicules d'herpès, eczéma craquelé. Sur le prépuce, il peut se produire des lésions analogues, posthite erythémateuse ou eczémateuse. Enfin, sous l'influence de cet état irritatif, le prépuce se tuméfie, s'épaissit ; il perd son élasticité natureUe. Les exulcérations, les crevasses qui existent à l'orifice préputial se transforment en tissu de cicatrice ; ainsi l'anneau préputial se rétrécit progresssivement : d'où la production dujMmosis diaUtique. Le malade alors urine dans son prépuce, et le phimosis entretient la balanoposthite comme labalanoposthite entretient \q phimosis.
Celte description succincte montre de quelle impor-