‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 86 sur 103 · TRAITEMENT DU PRURIT VULVAIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU PRURIT VULVAIRE

Chez la femme, en raison sans doute de son tempérament nerveux et de l'étendue plus considérable de la surface atteinte, le jjrurit présente une intensité beaucoup plus grande que chez l'homme. Les démangeaisons, qui quelquefois dépassent la vulve et envahissent le vagin, sont continues, avec des paroxysmes, des sortes de rage. Aussi, sans parler de la masturbation, peuvent-elles entraîner des accidents nerveux assez graves.

Les soins de propreté devront donc être plus minutieux que jamais; en outre, on fera faire plusieurs fois par jour des lotions avec de l'eau très chaude, additionnée pour un litre d'eau soit de cinq cuillerées à soupe de liqueur de Van Swieten, soitd'un à deux grammes de chloral ou d'acide phénique. Enfm les douches tièdes, la belladone prise à l'intérieur, rendent parfois quelques services dans les affections prurigineuses.

Les autres diabétides génitales chez la femme appartiennentaux groupes de l'éry thème ou de l'eczéma. L'éry thème est justiciable d'une médication analogue il celle du prurit simple.

Quant à l'eczéma vidvaire, il peut se présenter sous deux formes : aiguë ou chronique. La première est caractérisée par une rougeur presque phlegmoneuse de la vulve avec démangeaisons vives et suintement séreux ou séro-purulenl. La seconde, qui succède d'ordinaire à la forme aiguë, offre plusieurs particularités : non seulement elle détermine l'épaississemcn t de la région vulvaire, mais elle envahit les régions voisines, aines, périnée, pourtour de l'anus, tous points où elle provoque un état lichénoïde do la peau; entin elle s'accompagne d'une proliféraliou parasitaire très accusée.

TRAITEMENT DE l'eCZÉMA VULVAIRIi 2.1S

L'eczéma vulvaire est essentiellement rebelle; l'hygiène et le traitement local sont susceptibles de l'améliorer, mais sans amener de guérison, tant que le diabète lui-même n'est pas en voie de rétrocession. En outre, il récidive facilement pour peu que la maladie première redevienne plus intense ou que la médication locale soit négligée.

Pour le combattre, on emploiera soit les lotions antiseptiques chaudes, au sublimé ou au sous-acétate de plomb, soit les pommades à l'acide borique, à l'oxyde de zinc, au bismuth. Il faut de plus saupoudrer fréquemment la région malade avec une poudre inerte comme la poudre de talc, en ayant soin d'interposer entre les plaques eczémateuses contiguës des fragments d'ouate antiseptique. Quand la lésion est très accusée, on se trouve bien, d'après Fournier, de badigeonnages à l'acide chrysophanique au millième. Enfin dans les cas d'eczéma généralisé à toute la région génitale le caleçon de caoutchouc est très utile.

Mais, on ne saurait trop le répéter, toutes ces médications échouent lorsque le régime et le traitement antidiabétiques ne sont pas suivis à la lettre. Sous ce rapport il n'y a rien de particulier à dire; cependant les alcalins et les arsenicaux sont surtout indiqués à titre d'antiglycosuriques et les bromures comme sédatifs du système nerveux, tandis que l'antipyrine, en raison de ses propriétés prurigineuses, doit être proscrite. Quant à la diète alimentaire, il va de soi qu'il faut tenir compte de la détermination cutanée en modérant ladiète carnée et en interdisant l'ingestion des poissons, de la charcuterie, des fromages fermentés, etc.

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