CHAPITRE VIII
Complications cliii*iii*gicales.
De l'Intervention opératoire dans le diabète sucré.
Il nous resterait h parler des complications du diabète qui sont tout particulièrement justiciables d'une médication chirurgicale : affections gangreneuses de la peau et du tissu cellulaire sous-cutauè, anthrax, phlegmons. Mais, comme les complications oculaires, amblyopie, cataracte, elles échappent à notre compétence et nous n'aurons à nous en occuper succinctement que pour discuter la question très controversée naguère, et parfois très délicate, de l'opportunité de l'intervention opératoire chez les diabétiques.
C'est Landouzy qui le premier en 1862 l'a soulevée en la tranchant formellement par la négative. Dans les discussions qui se sont élevées depuis sur ce point au sein de diverses sociétés médicales, on a signalé à l'appui de cette thèse l'apparition chez les diabétiques d'accidents souvent fort graves sousl'intluence des traumatismes les plus insigniliants, comme l'extirpation d'un cor ou une piqûre de sangsue, et la production de manifestations acétonémiques,de phénomènesdc collapsus,d'hémorrhagies profuses à la suite des manœuvres opératoires.
I^TERVENTlO^' OPÉRATOIRE CHEZ LES DIABÉTIQUES 215
Dans toutes les dyscrasies graves, d'ailleurs des faits analogues s'observent; mais dans le diabète i s sont plus fréquents en raison de la vulnerabiUte extrême, causée par l'action irritante des sécrétions chargées de sucre, de leurs tissus qui sont ainsi prédisposés à la mortification. Peut-être faut-il aussi incriminer, avec Goodlee, l'intensité et la précocité des lésions athéromateuses dans cette maladie; car cet auteur a signalé des altérations très nettes de ce genre chez de jeunes sujets, un homme de vingtquatre ans'et une fille de treize ans.
Mais il est certain que les pratiques actuelles de la chirurgie, l'asepsie et l'antisepsie rigoureuses, atténuent dans une très large mesure les dangers de l'intervention opératoire, et les faits d'observation journalière sont là 'pour démontrer que les opérations, même les plus sérieuses, ont rarement des conséquences fâcheuses chez les diabétiques. La jurisprudence semble aujourd'hui établie à cet égard; sans se dissimuler que le diabète introduit un élément de gravité dont il faut tenir grand compte, on ne considère plus le diabétique comme un noli me fmif/ere, et l'on n'érige plus l'abstention en dogme, au risque de voir s'aggraver tels ou tels accidents locaux qu'une intervention appropriée aurait fait disparaître, au risque d'assister, par exemple, les bras croisés au décollement de la peau autour d'un anthrax ou à la production de fusées gangréneuses à la périphérie d'un phlegmon.
Si les opérations de complaisance engagent toujours gravement la responsabilité du chirurgien, celui-ci peut en toute conscience, dans certains cas déterminés, s'armer du thermocautère ou du bis-, touri. L'état général du malade et les données-