KOLE DU I^OIE ET DU SYSTÈME ^EHVEUX
En véalilé, à Yoii-les choses de près, la sanction expérimentale manque aux théovies hépatique ou hépatico-nerveuse du diabète; carjamais on n a p^ eu agissant directement ou par Vintermedua.r ch système nerveux sur le foie, déterminer autre chose qu'une ghcosurie passagère, sans aucun des phénomènes concomitants dont la réunion constitue le syndrome diabétique.
■ Néanmoins, on ne saurait contester que le foie et le myélencéphale peuvent participer à la production du diabète et, comme nous allons le voir, maints expérimentateurs, tout en insistant sur le rôle diabetogène du pancréas, se sont arrêtés k une conception mixte où pancréas, foie, système nerveux, auraient leur part dans la genèse de cette maladie.
II. Rôle du pancréas dans la glycogénle. — Depuis longtemps on avait invoqué certains faits anatomo-pathologiques pour assigner aux altérations de cette glande un r(Me dans la pathogénie du diabète; mais aucune donnée expérimentale n'avait été apportée à l'appui de cette hypothèse. Aussi, grand fut le retentissement des expériences de von Mering et Minkowski établissant cette notion capitale : que chez les chiens l'extirpation totale du pancréas détermine un ensemble de phénomènes de tous points similaire au diabète sucré.
Les caractères de ce diabète expérimentaU'mi sont aujourd'hui bien connus. La glycosurie débute de quelques heures à quelques jours après l'opération; en dehors du sucre qui s'y trouve en grande quantité, de o à 10 0/0, les urines renferment un excès notable d'urée et de phosphates, et d'autres principes comme l'acétone, les acides oxybutyrique et acétyl-acéti-
PAT'fOGiCME DU DIABÈTE
d 1200 grammes d'urine contre 300 grammes -ï
I eM normal), polydypsiques, extrèmemen voraees Maigre la suralimentation, ils perdent en quelque; s ma.nesun tiers de leur poids, et arrivent à ne ph pcn.vou.se traîner. L'évolution de ce diabète arti fi de 1 est toujours , ou presque toujours aiguë ; quelquefois les progrès de la cachexie sont assez rapides pour entramer la mort du dixième au quinzième jour tandis que dans d'autres cas, où il se produit de^ remissions, la vie se prolonge pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Les faits avancés par von Mering et Minkowski ont ete confirmés de divers côtés; cependant plusieurs expérimentateurs, comme de Dominicis, de Renzi les frères Cavazzani, ont apporté des résultats quelque peu différents. Pour de Dominicis, par exemple, l'a- Dlation du pancréas détermine constamment une cachexie rapide avec azoturie et, le plus souvent mais non toujours, de la glycosurie. '
On peut se demander si l'absence de la glycosurie dans quelques-unes de ces expériences négatives ne tient pas à ce que l'extirpation du pancréas n'avait pas été pratiquée en totalité. Il faut en eflfet, pour que le sucre apparaisse dans les urines, qu'il ne reste aucun fragment de la glande : fait de la plus haute importance qu'ont mis en lumière les expériences sur les GREFFES PANCRÉATIQUES (Minkowski, Hedon Gley, Thiroloix, Shabad). '
II suffît chez les animaux dépancréalés de greffer un fragment de pancréas à la surface de l'abdomen, pour empêcher la production de la glycosurie; celle-ci apparaît dès que la greffe est enlevée. Le diabète ne doit donc pas être attribué,
ROLE DU PANCREAS
comme on l'avait pensé tout d'abord, à la section ou à l'irritation des nerfs du plexus cœbaque, dont l'extirpation détermine, il est vrai, une glycosurie,
mais passagère.
Mais par quel mécanisme l'ablation du pancréas
entraîne-t-elle le diabète ?
DeDominicis met en cause le suc pancréatique; il admet que, lorsque celui-ci n'arrive plus dans 1 intestin il s'y produit une sorte d'auto-intoxication, donnant lieu, suivant les cas, soit au diabète azoturique, soit au diabète sucré. Ou. a objecté à cette conception que la glycosurie n'apparaît pas lorsqu'on fait écouler au dehors le suc pancréatique par une fistule ou qu'on lie le canal de Wirsung.
Il s'agit donc vraisemblablement d'une propriété spéciale du pancréas, indépendante de son produit de sécrétion connu. Quelle en est la nature? Ici, deux conceptions sont en présence ; ou bien le rôle du pancréas consisterait à détruire une substance saccharigène contenue dans le sang, qui, n'étant pas neutralisée lorsque la fonction pancréatique est supprimée, détermine l'hyperglycémie; ou bien, au contraire, le pancréas sécréterait un ferment siU rjeneris qui contribue à la décomposition du sucre dans l'organisme (Minkowski, Lépine).
La première théorie n'est guère admissible ; car, d'une part, l'existence de cette substance saccharigène n'est qu'une pure hypothèse et, de l'autre, des expériences semblent prouver que le sang des animaux rendus expérimentalement diabétiques ne renferme aucun principe sacchariflant.
Les vraisemblances sont en faveur de la théorie en vertu de laquelle le pancréas sécréterait un ferment
J'ATIIOGÉiME DU DIABÈTE
glycolytique, bien que 'celui-H n'nii •
isolé ' " pu être
lililHii
ment api es 1 extirpation du pancréas. Il est donr probable qu'il provient, en grande partie du Lots
Îu-1 nfwe" 'r^.-^-^-^^ aux g-lobules uZs qu 11 semble appartenir; en eflet le chyle le possède a un plus haut degré que le sang aHéîid e en outre examen de diverses couchers de qûid^ sanguin démontre que la glycolyse y est d'autant plus acf ve qu'elles renferment pUis de leucocytes Sans insister davantage sur ces recherches très complexes m discuter la valeur des procédés de dosage employés par Lépine et Barrai, nous devons rappeler que les conclusions de ces 'expérimen aleurs ont trouvé de nombreux contradicteurs
C est ainsi qu'on a fait de la glycolyse une propriété vitale du sang, hypothèse qui parait infirmée par 1 expérience suivante : en séparant par la force centrifuge es globules sanguins, on constate que le pouvoir glycolytique appartient à ceux-ci seuls et en outre que 1 eau salée avec lesquels on les l'ave 1 acquiert.
D'autre part, Seegen a soutenu qu'il y a là un phénomène purement cadavérique; mais l'augmentation du pouvoir glycolytique du sang quand le pancréas est énervé ou qu'on lie ses veines démontre qu il n'en est rien.
Quoi qu'il en soit, rien ne prouve que le pancréas constitue la seule source du ferment glycolytique.