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CHAPITRE IX

ABRÉGÉ D'ANATOMIE DU CORPS HUMAIN, ASSIMILATION, FONCTIONS DES ORGANES EN GÉNÉRAL, ETUDE SUR LA VIE INTIME ET DE RELATIONS DES CONSTITUANTS LA MATIÈRE ANIMALE, OPINION DE BUFFON SUR LA REPRODUCTION DES ÊTRES, OPINION ÉGALEMENT DU DOCTEUR JOZAN SUR LES GERMES ET SUR LEUR FORME.

Eu regardant l’homme extérieurement et taisant abstraction de sa noble origine ainsi que de ses incomparables facultés de penser et de locomotion, on est très peu pénétré d’admiration devant cette masse informe de chair dont les membres plus ou moins proportionnés au tout offrent très peu d’attrait. Si nous fixons attentivement la tête, cette espece de chapiteau dans lequel paraît se condenser la distillation des pensées, nous ne sommes émerveillés que devant la com-

position de l’œil et l’expression du regard; le tout nous représente une création d’une très simple combinaison; mais si nous dirigeons nos recherches sur sa constitution et sur ses facultés externes, nous ne pouvons nous rendre compte de ses moyens de locomotion et d’équillibre ; de sa puissance de leviers à contre sens, c’est-à-dire levant les fardeaux par les extrémités destinées en en toute mécanique à donner au contraire la force au levier. Voyez-le se courber en équerre et se relever avec un fardeau plus pesant que lui, et définissez cette force si vous le pouvez. Voyez-le également tendre le bras chargé d’un poids de vingt-cinq kilos, etc.

Si nous observons l’enveloppe adipeuse de la forme humaine, nous y découvrons d’innombrables tubes, par lesquels entrent et sortent des courants d’air, de fluides, de sueurs, de mucosités même ; courants créant un va et vient de ces choses d’où résulte une manutention des plus active des constituants la vie.

Si nous fixons plus attentivement la texture de ces tubes, nous pouvons, au moyen du microscope, en compter des milliers dans quelques centimètres carrés.

Ces tubes sont dans certaines localités prolongés au dehors, sortant d’un ovaire qui est la racine du système pileux, produisant

des filaments d’une longueur inégale: du simple duvet aux poils, de la barbe et des cheveux. Ges filaments qui passent pour être de même nature que les productions du règne végétal, ne sont pas moins curieux, vus au microscope, en ce qu’ils présentent une artère centrale d’une grande régularité, qui est parcourue par qui? par quoi? Restons-en aux fluides, nous aurions peur d’en dire trop sur ce sujet.

Si chez le femme, nous portons notre attention sur l’organe qui sert d’entrée et de sortie à notre chère espèce en ce monde, nous restons confondus dans l’obscurité du lieu de gestation du présumé roi de la création !

Si nous élevons notre regard un peu plus haut, nous nous sentons être plein d’admiration devant ces deux globes, merveilles de distillation d’existence, d’amour, de douce quiétude et de tolie ! En atteignant le sommet de l’ètre, nous remarquons deux yeux marquant la même surprise que celle qui nous agite, le même amour de connaître que celui qui nous domine, et versant à flots en nousmêmes des émanations d’un fluide, dont aucun courant électrique ne peut donner une idée.

Viennent ce front, vaste portique de l’enceinte sacrée de l’intelligence humaine, ce nez, délicat dégustateur des arômes de la création, cette bouche, vaste hécatombe par

laquelle passent tant de substances destinées à nos besoins et causant notre éternel esclavage, vaste tribune par laquelle se manifestent toutes nos joies et toutes nos peines morales, toutes nos appréciations, tous nos amours plus ou moins déguisés, plus ou moins nécessaires à être conçus et connus?

Voilà l’homme externe en abrégé, mais l’homme interne qu’est-il? Le visiteronsnous en anatomiste ou en philosophe? Nous l’observerons des deux manières afin de le mieux connaître si cela est possible. Si nous commençons par la tête, nous trouvons cette localité pleine d’organes, de compartiments, de viscères, de matie.es différentes, de ramifications nerveuses, ganglonnaires et sanguines; des groupes de pensées directrices et contenant un mécanisme d’optique qui peut le disputer avec succès aux meilleurs télescopes connus, en ce qu’il atteint aux horizons les plus éloignés, comme aux points les plus rapprochés, sans rallonger ni raccourcir son foyer, en ce qu’il ne renverse pas les objets pour les daguerréotyper, en ce qu’il opère sans le secours apparent de substance» chimiques, en laissant passer les images des choses par des milieux peu en rapport avec les diamètres de ceux qu’elles représentent, tout en n’étant par elles-mêmes que des images infiniment petites. Là encore, cet organe

agit comme les leviers du corps à contresens des lois de l’optique, en n’étant pas soumis à ces lois.

Cet organe est donc une vraie lanterne magique dans l’acception rigoureuse de ce mot, que de réflexions et d’observations à faire sur cette daguerréotypie divine, dironsnous, daguerréotypie qui forme l’immense bibliothèque de notre mémoire.

Au-dessus de ce panorama de la vie, réside le cerveau, composé de deux hémisphères, viscère dont les fontions ont été tant étudiées, tant vantées et tant contestées par les savants anatomistes, viscère qui est le sanctuaire sacré des méditations de l’homme, riche foyer du grand théâtre des rêves humains, éden de rendez-vous des pensées les plus sages, les plus savantes et les plus artistes de l’être.

La dure-mère, qui surmonte le cerveau, est pour un philosophe de notre ordre, un autre lieu, une autre enceinte habitée par des pensées d’ordre et d’attributions harmoniques; nous d sons pensées, n’osant dire esprits, en ce que nous nous devons quelque ménagement; nous passons pour être assez fou comme cela. Que d’inutiles études ont été faites; que de discussions passionnées ont eu lien entre savants pour savoir lequel du cerveau qui pèse quinze cents grammes et de celui qui n’en pose que mille, doit fournir la plus grande

somme d’intelligence; comme si la matière cérébrale contient plus l’intelligence de l’être, que les autres viscères? Comme si cette intelligence n’est pas contenue en toutes les fractions du corps? Comme si les pieds, les bras, ne pensent et n’agissent pas d’après leur propre intelligence locale, collectivement avec celle des autres parties du corps. Hélas! où en sont nos savants pour émettre de telles propositions?

Après la dure-mère, vient le cervelet, ce petit viscère est, dit-on, le lieu de départ des germes de notre espèce, et cependant aucun anatomiste ne serait tenté de le faire être habité par des esprits envieux de profiter du premier train de plaisir pour aller se loger pendant neuf mois dans la salle d’attente de la gare terrestre : non, cette proposition leur paraîtrait trop hasardée pour l’admettre, et cependant qu’est ce germe s’il n’est pas l’esprit conducteur des nobles travaux qu’il va entreprendre pour prendre place au foyer domestique?

Derrière le cervelet sont une huitaine de paires de nerfs, qui ne sont pas les plus mauvais grelins du vaisseau humain. Si nous descendons vers la colonne vertébrale, nous trouvons une autre quarantaine de paires de nerfs attachés deux à deux à chaque vertèbre ; ce qui nous prouve que nous ne sommes pas mal

fournis de cordages pour le grand et pénible voyage terrestre.

Mais remontons un peu à cette entrée magistrale que nous avons nommée bouche , ne nous occupons pas des lèvres, elles savent mentir et donner des baisers trompeurs! Les dents sont de trop terribles armes pour que nous touchions à leur arsenal, la langue, messagère orgueilleuse et déguisée des habitants de cet intérieur, n’est tout au plus digne de notre attention que par sa texture qui lui sert à discerner et à apprécier la valeur des entrants dans cet inemplissable entrepôt, puis à en faire part au pharynx et à l’estomac, grand directeur du placement de 1 cI !^s substances, et sévère, très sévère inspecteur des commandes faites par des courtiers dont il est expéditeur! nous nous trouvons malgré nous, observer ce sublime travail de l’oesophage, de l’estomac et des intestins; qu’en résumerons-nous? Continuons pour le faire mieux d’observer les attributions de l’œsophage au rectum, ce viscère ou tube, représente, dit-on, six à sept fois la longueur de l’homme, et est divisé sous les noms : d’estomac, intestin grêle, duodénum, cæcum, gros intestin, rectum. Tous noms donnés à certains renflements, et rétrécissements de ce tube qui, en somme, représente assez la forme d’un cor de chasse, dont le plus gros bout est par le bas, ce qui est une sage combinaison du

constructeur de cette machine ! L’estomac, le plus fort et spacieux renflement de ce tube est tout une bureaucratie, tout un ministère dont les ramifications dans leur plus simple emploi, sont un mystère qu’il n’est pas facile à l’étudiant de résoudre; ce qu’on peut en conclure grosso modo , c’est que dans cette enceinte de réception, des envois faits par l’oesophage, il existe une telle combinaison de distribution, une telle méthode de classement et une si grande délicatesse de tact, concernant le triage et les écoulements de ces marchandises, qu’il serait impossible de mieux trouver au bureau central des postes de Paris.

Tout le monde connaît le gras-double qui se vend chez les tripiers, et peut apprécier de visu, la compliquée texture de ces chairs ; eh bien ! l’estomac humain n’est pas autrement combiné intérieurement, toutes les papilles nommées techniquement villosités, sont autant de commis préposés à la visite et à l’expédition des substances arrivant sur la place. Il existe en ces choses comme en toutes celles de notre commerce, Ton ne s’en doute pas, une très grande entente de livraison, et une très active manipulation chimique. Sachons qu’un légume, par exemple, ou une substance quelconque, renferment en eux, des matières grasses et spiritueuses ; des substances anodines, acides, ou mucila-

gineuses, des sels : magnésie, phosphate de chaux, etc., il arrive que, ce qu’une de ces substances ne contient pas en elle-même, elle l’enfante chimiquement au contact d’une autre, ce qui constitue la combustion, comme l’assimilation des parties qui composent l’é. onomie animale. De ces contacts, de ces mouvements divers, de ces états dissemblables, par lesquels passe, de l’atome à la molécule, s’entretient la vie, s’entretiennent à des doses réglées par une loi que nous ne pouvons qu’admettre, mais non expliquer, les liquides bilieux, glaireux, albumineux, lymphatiques, pancréatiques, chlorhydriques, acétiques, gastriques, spermatiques, sanguins, laiteux, puis les substances nerveuses, osseuses, pileuses. Par ce faible aperçu nous nous trouvons devant un laboratoire, dans lequel d’habiles distillateurs savent combiner, distiller, cohober, précipiter, et sublimer ! Revenons à nos villosités stomacales, qui voient descendre avec plaisir ou avec crainte, les matériaux de leurs travaux, et regardons-les chacune comme des facteurs d’un bureau de triage de lettres, s’entr’envoyant les unes aux autres, les substances à leur adresse, voyons en plus tout une myriade d’autres trieurs, qui expédient dans toutes les directions de leur ressort, ces constituants de l’exister matériel.

Cela se passe comme aux Halles centrales de Paris, où l’on trouve des pourvoyeurs des bouches délicates, à celles moins exigeantes, des balayeurs de ces halles qui par leur travail deviennent, à leur tour, les pourvoyeurs de la grande bouche affamée de la terre. Les premiers sont au service des seigneurs du lieu qui sont les nerfs et tous les organes qui se nourrissent des primeurs de la terre. Les deuxièmes s’adressent à la classe laborieuse qui reste peu de temps à table, encore moins au lit, mais beaucoup au travail. L’écoulement s’en fait par le pylore, orifice de l’estomac, espèce d’étroit passage comparable à l’anus.

Cette orifice est une porte de décharge qui ne s’ouvre pas à chaque fois qu’on y heurte, croyons-le bien, car elle est une vigilante surveillante des besoins, des places qu’elle dessert, et n’envoie jamais sur ces places sans avoir des demandes de leur part, vu qu’il y aurait confusion et trouble parmi les aspirants.

A chaque descension des substances, il y a autant de vestibules qui s’ouvrent au moyen de portes appelés valvules, qui sont une garantie contre la brusquerie de l’arrivage et, en même temps, qui permettent un séjour dans leur domaine et aux habitants de ces lieux de choisir ce qui leur est nécessaire dans cet envoi; c’est ainsi qu’arrivent à la porte de sortie des matières moins précieuses, qui sont

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cependant les plus précieuses de toutes, puisqu’elles sont attendues avec impatience par un autre gastronome, la terre, qui se soucie fort peu de leur état, vu qu’elle les transforme à nouveau en leur première condition.

S’il n’y avait que les parties qui forment cette vaste artère qui profitassent du contact et du passage de ces substances le reste du domaine humain serait dans une complète disette, car ce qu’il reçoit du dehors par les inhalations aériennes qu’il fait, ne suffirait pas àson entretien. Non, il n’en est pas ainsi, chacun y trouve son compte. Les habitants de ce parcours ne sont autre que des boutiquiers qui s’empressent d'échanger contre valeur ayant cours la vie, ces acquisitions, c’est alors où les grands ateliers chimiques fonctionnent avec célérité et savoir pour expédier dans un autre état, dans d'autres directions, les marchandises reçues. Tout le système intestinal entre alors en fonctions dans cette intention, et déverse dans des canaux préparés à cet effet ses envois à la veine cave, espèce de fleuve des amazones, qui charie à flots ce suc laiteux qu’elle reçoit des intestins, le conduit et le dépose avec plaisir dans le lobe droit du poumon, qui, en bon teinturier, le teint en rose, puis l’envoie tel quel au cœur, grand transformateur de toutes les parties de cette substance, qui lui adjoint certains principes métalliques, qui doivent lui donner une puis-

sance électrique, dont il anime le système ganglionaire, télégraphié électrique du corps humain, le lobe gauche reçoit à son tour cette substance que lui envoie le cœur et la modifie de manière à la changer en sang artériel et en sang veineux, puis il en fait un envoi considérable par l’artère aorte et l’artère carotide; celle-ci le conduisant aux organes supérieurs, et l’autre aux parties inférieures descendant le long de l’épine dorsale se bifurquant alors en deux parties vers les reins, puis se répandant dans des milliers de canaux ! Voilà en somme le passage d’un radis, d’un morceau de pain, d’uu verre d’eau ou d'un verre de vin dans ces organes. J’oubliais de dire que de leur point d’entrée dans les intestins à leur sortie du domaine abdominal, chaque portion de ces matières est soumise à un système d’éclusage, qui par sa force ascensionnelle et sa rectitude descentionelle, laisse beaucoup t en arrière celui de nos canalisations industrielles.

Le poumon, d’un autre côté, est un d( s alimentateurs en chef des voies aériennes, comme les branchies qui avoisinent les tempes en sont un deuxième, dit-on, et le système capillaire le troisième; ainsi le cicérone de ces globules sanguins, etc., est un simple globule d’air; c’est lui qui commande aux valvules de livrer passage à ses protégés. Nous n’en finirions pas si nous continuions cette étude sur ce ton, nous nous permettrons de

l’abréger en passant à celle du foie, de la rate et des voies urinaires chez l’homme et chez la femme.

Le foie comme la rate, â les regarder tels quels, ne sont, comme les autres viscères, que des corps composés de sang, de chair et de nerfs, mais lorsqu’on en observe les fonctions, on les trouve être très distinctes et très compliquées. Le foie est en quelque sorte l’alimentateur du foyer électrique de la circulation ; la rate au contraire est le correctif de ce foyer. Le foie épure et tamise, dirons-nous, le sang et la bile. Celle-ci est une espèce de substance savonneuse qui, lorsqu’elle est dans de bonnes conditions, répare, harmonise, excite le mouvement vital de tous les liquides et de tous les fluides du corps ; mais qui, lorsqu’elle est dans de mauvaises conditions, c’est-à-dire lorsqu’elle est plus acide qu’anodine, trouble, enflamme et corrompt les dits liquides et fluides C’est dans ces conditions que le foie devient dur et pierreux, étant gorgé de résidus bilieux et sanguins, qui ne peuvent entrer en circulation.

Il peut même, chez certains animaux, comme chez le mouton, par exemple, enfanter une espèce de semence d’animaux de la forme à peu près des hannetons; comme la poche pouilleuse nommée ainsi vulgairement donne naissance à une myriade de poux chez

l’homme, ainsi que cette vermineuse contient les vers.

La rate n’est pas soumise à ces créations, mais elle ne peut supporter un excès de chaleur du sang qu’elle contient, pas plus qu’un excès d'air dans les milliers de tubes qui la composent, sans en être très troublée, et troubler par conséquent les viscères ses voisins, tels que l’estomac et le cœur. Il nous a été affirmé, par notre excellent lucide Iiavet, que ffis fonctions spéciales de la rate étaient de distiller un air frais et tamisé qu’elle envoie vers la région du cœur, pour en moJffier la chaleur: air trais qu’elle entretient dans cet état, par un mouvement de repliement sur elle-même, qui lui facilite une continuelle absorption et émission de cet air. Nous nous arrêtons sur ces simples notions, qui chacune exigerait une étude très longue et très détaill -e, qui n’éluciderait peut-être pas ce qui nous reste à connaître. Nous traitons plutôt en abrégé qu’en détail, ce qu’il nous est utile de savoir sur la composition de notre corps, que de connaître à fond le mécanisme mystérieux qui le fait agir.

Nous passerons également sous silence les fonctions des systèmes péritonique, pancréatique lymphatique, ganglionnaire, osseux, nerveux, etc., ne prévoyant pas que cette étude soit nécessaire à compléter notre éducation magnétique. Le chimiste, le médecin,

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l’anatomiste, ont plus intérêt que nous à la faire.

Les organes des voies urinaires et de l’enfantement pourraient également être passés sous silence si trop souvent nous n’étions obligés de diriger notre action magnétique sur eux, c’est pourquoi nous allons en dire un mot.

Les organes des voies urinaires, quoique étant à peu près conformes chez l’homme et chez la femme, étant composés des mêmes constituants, sont cependant très différents, extérieurement dans leur forme, ceux de l’homme sont apparents, et ceux de la femme sont cachés. Chez l’homme, hors la syphilis, les maladies des voies urinaires semblent se concentrer dans des agitations et des rétrécissements des canaux urétères, ainsi que dans la formation d’un sédiment calcaire, sablonneux, qui aidé de glaires et d’albumine, se soude et arrive à former des pierres de toutes formes et de toutes dimensions. L’urine, cause présumée de ces créations, est elle-même troublée par les constituants et les conduits qu’elle parcourt. Des intestins fonctionnant mal, par leur inflammation, influent par contiguité sur les rognons, premiers secréteurs de l’urine, dit-on, et de là, passant dans la vessie, y séjournant plus ou moins longtemps, cet organe, par ce fait, se trouvant en contact avec l’anse du gros in-

testin, dans lequel séjournent tort souvent des matières fécales, de ce contact, naissent des créations ammouiacales, phosphoriques et siliceuses, selon la densité du foyer, se trouve être la puissance de cuisson, dironsnous, par conséquent la calcination des sels uriques et autres, qui enfantent naturellement la gravelle et les pierres dont nous venons de traiter. La vessie, voisine de l’intestin dont nous parlons, par sa nature humide, concourt à développer chez lui également des gaz, au moyen du foyer qui la domine, gaz qui s’y dilatent, et portent un très grand trouble dans toute l’économie, et surtout dans l’estomac vers lequel ils montent; ils y rencontrent de la résistance à son orifice, qu’ils forcent à l’occasion, de s’ouvrir pour leur livrer passage, et en sortent à profusion en faisant un bruit étonnant. La création et la puissance de ces gaz est pour les trois quarts dans la cause des maladies qui assiègent notre espèce, en ce qu’ils interceptent toute circulation des constituants de notre corps.

Par ce simple aperçu, on peut se rendre compte, que les troubles des voies urinaires peuvent (par l’alliance qu’ont ces parties avec tout le système nerveux dont elles sont elles-mêmes presque composées), enfanter une agitation s’étendant jusqu’au cerveau, et troubler considérablement l’ordre

des pensées. C’est par cette relation, que des troubles qu’eu médecine on nomme liypochondrie, maladie noire, hystérie, anémie, idées fixes, naissent. L’emploi de l’eau magnétisée est d’un grand secours intérieurement, ainsi que les purgations douces et réitérées, comme nous l’avons dit dans la partie traitant de la gravelle et de la pierre.

La descente de la matrice est beaucoup plus commune chez la femme que l’heruie chez l’homme, il ne serait pas téméraire d’en porter le nombre à 25 0/0, chez les femmes ayant commerce avec les hommes; ces descentes sont trop peu observées en médecine, dont le principal traitement est le pessaire, inconséquemment appliqué, en ce que des corps durs comme le buis, l’ivoire ou le caoutchouc dont ils sont formés, employés à l’intention de faire remonter cet organe, sont des moyens d’ulcération et d’introduction d'air dans le corps, qui portent des désordres énormes dans les voies digestives; les anneaux à boudin, les petits ballons en caoutchouc ne sont pas d’un meilleur emploi, un simple bandage suspensoir comme nous avons eu l’idée d’en confectionner un, appuyant fortement sur les lèvres, en soutenant le bas-ventre, est d’un meilleur emploi que les ceintures compliquées et fort chères dont on se sert sans d’autre succès que d’appuyer fortement sur

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le ventre, et par ee fait aider à la matrice à descendre davantage.

Sans avoir recours à un médecin, pour prononcer s’il y a descente ou non, la femme elle-même peut s’en assurer en introduisant le doigt de la main dans l’utérus, où si ce doigt y rencontre un corps rond comme il est lui-même étant entré jusqu’à la deuxième phalange, ce corps est le col de la matrice, nommé museau de tanche, qui est engagé dans ce conduit et qui ne demande qu’à descendre jusqu’aux bords et même sortir au dehors. C’est là où les ceintures suspensoirs sont utiles, surtout le jour; pour la nuit on peut y introduire une éponge très fine imbibée d’une infusion astringente comme nous en avons enseigné.

Tenir ces parties très propres, et éviter de lever de lourds fardeaux; les descentes de matrice sont enfantées le plus souvent dans les couches laborieuses, ou par de fausses positions, ou par les exercices exigeant un déplacement de forces mal calculées; la matrice que beaucoup de femmes confondent avec le vagin, et même avec l’utêrus, conduit nécessaire à l’acte du coït, est, au contraire, un organe, ayant la forme d’une poire suspendue dans l’abdomen par quatre ligaments, comme on le voit par notre planche, dont deux tiennent aux reins et les deux autres au péritoine. Ces ligaments ou cor-

dons, sont d’une grande souplesse et s’allongent aussi facilement que s’ils étaient en caoutchouc; c’est par cet allongement que la descente a heu.

A la matrice tiennent deux tubes ayant la forme de mains à leur extrémité, on les nomme trompes de Fallope; leur rôle est de cueillir les œufs que contiennent les deux grappes, qui sont également jointes à la matrice, œufs qu’ils absorbent pour les introduire dans l’intérieur de cette dernière, où les animalcules spermatiques les rencontrent, lorsqu’ils y sont introduits, et s’y logent pour le grand et mystérieux travail de la confection du corps humain. Dans le coup d’œil que nous venons de jeter à la dérobée sur notre organisme, nous n’avons découvert que des chairs à l’état de cohésion, et divisées dans la circulation du sang, que des nerfs à l’état matériel et à l’état fiuidique par les fluides qui les parcourent, et dont ils sont formés ; que des artères charriant dans leur sein tous les matériaux nécessaires à leur entretien ; que des os, formés de substances maguésiennes, de chaux, de silice, d’albumine, etc., formant la charpente qui soutient l’édifice humain. Si nous étions armés du microscope du savant Buffon, nous découvririons dans ce vaste domaine des êtres de toutes espèces et de toutes formes; nous serions effrayés à la vue de ces

nombreuses créations, qui enrichiraient notre savoir des connaissances suivantes :

Nous lisons à cette intention dans Buffon, tome dixième, page 16, édition 1804: « Voyons en général (dit cet auteur), les phénomènes de la reproduction, rassemblons des faits pour nous donner des idées, et faisons l’énumération des différents moyens dont la nature fait usage pour renouveler les êtres organisés. Le premier moyen est, selon nous, le plus simple de tous, de rassembler dans un être une infinité d'êtres organiques semblables , et de composer tellement sa substance, qu’il n’y ait pas une partie qui ne contienne uu germe de la même espèce, et qui par conséquent ne puisse elle-même devenir un tout semblable à celui dans lequel elle est contenue !

« Cet appareil paraît d’abord supposer une dépense prodigieuse et entraîner la profusion, cependant ce n’est qu’une magnificence assez ordinaire à la nature, et qui se manifeste même dans des espèces communes et inférieures, telles que sont les vers, les polypes, les ormes, les saules, les groseillers et plusieurs autres plantes et insectes dont chaque partie contient un tout qui, par le seul développement, peut devenir une plante ou un insecte, en considérant sur ce point de vue les êtres organisés et leur reproduction, un individu n’est qu’un tout uniformément organisé dans toutes ses parties extérieures, un com-

posé d'une infinité de figures semblables et de parties similaires : un assemblage de germes et de petits individus de la même espèce, lesquels peuvent tous se développer de la même façou suivant les circoustauces et former de nouveaux tous.composés comme le premier ! »

L’on voit que nous n’avançons rien de trop, d’après le savant Bu don en parlant du système corpusculaire dont le corps de l’homme est formé. Nous ajouterons simplement qu’il n’existe pas une si petite particule que ce soit de ce corps qui ne soit composée de semblables groupages de corpuscules de forme et de puissance différentes. Ce qui doit porter le chimiste médecin à étudier ia .'orme, la force et la valeur des corpuscules qui causent les désordres du corps dans la maladie, afin de leur opposer des corpuscules supérieurs en force et en savoir, afin de réduire les autres à néant; comme nous le remarquons dans les purgations par exemple, ou les uns expulsent les autres après combat livré entre eux. Mais cette étude n’est pas du goût de la majorité des médecins, ce qui leur cause des insuccès regrettables.

Nous empruntons au Traité pratique des maladies des voies urinaires et des organes générateurs du docteur Jozan , les lignes suivantes : (comme nous lui avons emprunté la figure représentant un corps de femme), afin de mieux nous fixer sur la nature du sperme

contenant le germe humain sous forme d’animalcules, voici comment s’exprime ce savant médecin sur cette question.

« L’examen microscopique fait découvrir dans le sperme des particules spermatiques, zoosperme, spersmatozoaires, spermatozoïdes

des corpuscules mouvants.

. Leur forme, dans l’espèce humaine, a

été comparée à celle du têtard de la grenouille; elle se compose en etiet d’une partie renflée ovoïde un peu aplatie, c’est la tête, d’un prolongement filiforme qui va en s’amincissant et qu’on appelle la queue, leur petitesse est telle que cinquante mille réunis ne peuvent égaler la grosseur d’un grain de sable, en effet leur longueur totale est de un vingtième de millimètre, et le grand diamètre de la tête n’excède pas un trois centièmes à un deux centièmes de millimètre. Ils sont plus grands dans d’autres espèces animales et leur forme, bien qu’analogue, offre de notables différences. Si l’on examine au foyer du microscope avec un grossissement de quatre à cinq cents fois une goutte de sperme au moment de son émission, on y voit les animalcules se mouvoir avec une agilité extrême. Ils s’agitent, ils se meuvent en tous les sens, nagent dans le liquide à la manière des anguilles, en faisant onduler leur queue, surmontant les obstacles que leur présente le courant du liquide, on distingue un point blanc à l’union

de la tête avec la queue, peu à peu leurs mouvements se ralentissent et la vie les abandonne. La durée de la vie des zoospermes, après qu’ils sont sortis des vésicules séminales, dépend de la vigueur de l’individu d’où ils sortent, et des organes dans lesquels ils sont déposés. S’ils sont exposés à l’air libre, leurs mouvements se prolongent peu de temps, quatre, six, huit et même douze heures. »

Nous terons observer que c’est de l’homme dont nous parlons, homme si petit, et nageant ainsi daus une goutte de sperme, entouré d’une cinquantaine de mille hommes semblables à lui, puisque ce nombre ne présente que le volume d’un grain de sable, une goutte de sperme étant plus volumineuse qu’un grain de sable. Que peut devenir un nombre aussi grand d’hommes ou de germes d’homme ce qui est tout un, frappant à la porte d’entrée de l’existence matérielle î Sommes-nous bien en droit devant une telle proposition que résout mieux le microscope, que toutes les rai~ sons du monde, de nier la possibilité de groupages d’esprits dans notre corps ; si ce même corps n’est en entier qu’un composé de tels êtres (1)? remettons-nous tous à l’étude de

(1) Lire les citations que contient, sur ce sujet, notre ouvrage sur la Cosmogonie et l’anthropologie ou Dieu , la terre et l'homme , étudiés par analogie.

l'homme ; nous avons de la besogne de taillée à l’avance. La proposition des anciens sur l’homme microcosme , sur l’homme univers en petit pourrait avoir chance d’être prise en considération après plus de deux mille :<ns d’existence! par quel moyen nous dira-t-on?

nous répondrons par celui de l’optique modifiée par le microscope. A l’œuvre enfants, à l’œuvre. Commencez par méditer sur les deux planches anatomiques ci-jointes, et sur les propositions que vous venez de lire sur la composition et sur la vie intime qu’elles accordent aux corps qu’elles représentent et veuillez être les directeurs vigilants des moyens de cette vie si vous voulez en retirer profit. Quel immense et instructif voyage vous feriez par la pensée, si vous vouliez vérifier ces propositions, en quittant vos lieux de plaisir et de folie, pour visiter le grand, le vaste, l'universel domaine du corps de l’homme : mais restez-en pour aujourd’hui à le soigner.

Juges enfermés dans des robes rouges ou dans des robes noires ; qui appelez les gendarmes, les geôliers et les bourreaux à votre secours pour trancher le cours des pensées qui ont poussé votre frère en la création à commettre un crime dont il ne se rend et ne peut se rendre compte.

Vous, exécuteurs de lois faites par des hommes comme vous, n’ayant pas plus étudié que

vous quelles sont les libertés et les dépendances du corps qu’elles punissent! Hommes qui ne se sont pas repliés sur eux-mêmes atin d’apprécier qui met en mouvement de la circulation du sang à celle des fluides ? qui mettent en mouvement tous les organes et les appendices du corps ? qui fait agir ses bras, ses jambes, ses cinq sens: yeux, oreilles, bouche et le sens tactile ?

Qui font remuer sa langue pour dire des choses dont il ne connaît la valeur que s’étant entendu les prononcer? Homme qui ne sait qui a assemblé les mots qu’il prononce; qui leur donne l’accentuation calmante ou irritante qu’ils produisent, être qui dépend de la bouchée de pain qui le nourrit, de la goutte d’eau qui calme sa soif, d’émettre au dehors ce q Vil absorbe par des exutoires auquel il doit obéissance, qui traîne en tous lieux et à toute heure avec lui la dépendance d’entretenir ses moyens d’existence.

Suspendez votre peine de mort en regardant l’interne de cet homme; étudiez cette création incalculable d’êtres qui concourentcomme lui à leur conservation individuelle avant la sienne, et qui troublent par ce fait l’harmonie de ce corps dont ils font partie en le rendant responsable de leur propre désharmonie, qui le jettent dans vos cachots.

Séquestrez-le de la société qu’il trouble, c’est votre droit, mais n’allez pas plus loin,

vous ignorez jusqu’à quel point il était libre d’agir comme il l’a fait.

Vous-même, sur votre siège de juge, si sage, si grave, si juste, puissiez-vous être, entendant cethomme se défendreavecpiusou moins de convenance, pouvez-vous réprimer les agitations de votre cœur aux paroles qu’il prononce et aux gestes dont il les accompagne?

Pouvez-vous répondre que ces agitations, dans l’application des circonstances atténuantes, ne vous feront pas sauter de 16 tr. d’amende à 500 fr. et de quinze jours de prison à deux années ? Pouvez-rous répondre que l’impression agréable ou désagréable que produira sur vous la défense, moins que cela l’organe même de l’avocat, qui parlera en faveur du coupable, ne lui nuiront pas dans votre jugement?

De juge austère et probe, ne deviendrezvous pas par ce fait coupable d’injustice en imposant à cet homme plus de souffrance qu’il n’en a causé?

S’il est responsable de ses actions, n’êtesvous pas responsable des vôtres?Derrière lui n’y a-t-il pas une famille, une femme, des enfants, un présent, un avenir, une réputation détruits ? Détruits par qui, par quoi? Par un combat intérieur entre animalcules qu’il ignore contenir; combat qui s’est livré dans un de ses viscères, combat qui a troublé ce viscère, ainsi que le système nerveux qui le tapisse ; il s’en est suivi une tension du bras qui a

frappé un coup condamnable quand le coupable une heure avant ou une heure après aurait baisé la partie qu’il a frappée.

La langue, d’un autre côté, a pu prononcer un mot qui, dans l’intimité, eut été reçu en riant, et qui, accentué d’une certaine manière, trouble au delà de toutecompréheusion. Le juge ne voit que la valeur académique du mot, et non sa valeur vulgaire ! Il condamne au lieu d’absoudre. Si le juge entendait l’éducation donnée à l’enfant du pauvre, par les auteurs même de son existence, la mère en faisant appeler le père cochon , et celui-ci la faisant appeler à son tour garce, ce qui leur procure un certain plaisir en entendant sortir ces mots des lèvres roses de leur enfant; mot qui, prononcés dans un âge plus avancé, leur semble être condamnable. Il dirait alors : Ce qu’il y a de condamnable en ce cas, c’est l’ensemencement de telles grossièretés.

Si nous demandons au juge, sur quoi porte son jugement, qui condamne-t-il, de l’être ou de l’action ? L’être, c’est le tout, l’action c’est la partie. L’action est une manifestation fugitive d’un groupe de pensées. C’est alors condamner la maison pour un locataire qui l’a habitée un instant! Qui peut dire que l’état d’ivresse, par exemple, enfantant plus que toute autre l’agitation, la colère, la batterie et l’assassinat, n’est pas enfanté lui-même par un foyer allumé par un excès de bile, de

THÉRAPEUTIQHE DU MAGNETISME

glaires, d’air vicié, d’électricité sulfureuse, qui consument un viscère quelconque, et qui force l’être de tenter de l’éteindre par des substances qui, au contraire, l’alimentent jusqu’à ce qu’il s’en suive un délire qui devient crime !

Si j’osais, j’ajouterais, qui peut dire que ce ne sont pas des esprits ivrognes et tapageurs qui se sont emparés d’une localité quelconque de ce corps, qu’ils forcent à leur donner a boire le spirituel de ces substances et qui le laissent payer les pots cassés par eux? Cette proposition découle naturellement de celle philosophique qui présente l’homme comme étant un microcosme, un univers en raccourcis. Etudions, je le répète, et ne prononçons en toutes questions de cet ordre, qu’après une parfaite cennaissance des choses.

ET Dü SOMNAMBULISME.

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