CHAPITRE III
propositions d’expériences physiques, venant a l’appui de l’existence et des effets du magnétisme animal.
Ceux qui nient l’existence ou la vertu curative du magnétisme humain n’ont pas les moindres notions des lois de la vie animale en particulier, et de la nature en général.
Ces hommes n’ont jamais observé les sensa-
l.ionssympathiquesouantipathiquesquechaque
être éprouve au contact, à la vue, ou à l’audition d’un acte, de cette vie. Ces hommes gros de leur savoir, par conséquent vides de celui des autres, n’observent que ce qui ne leur cause i.i peine, ni fatigue, et surtout ce qui ne rap-" porte aucune nuance de ridicule à leur noble réputation. Nous pauvres prolétaires, esclaves (te toutes les peines, et de toutes les misères, cherchant en tous lieux ce que nous ne
trouvons nulle part; nous devons connaître les ornières de cette existence, puisque sans cesse ces superbes nous y jettent avec mépris. Si nous pouvions aborder de près ces inabordables, nous leur demanderions, avez-vous quelque fois ri ou pleuré dans un théâtre, où dans une société à la vue d’une scène bouffonne ou triste? qui vous a fait rire ainsi ou pleurer? Est-ce ce que disait ce bouffon, ou son rire person nel? Si vous me répondez que c’est l’originalité de ses paroles : je vous demanderai qu’a de commun cette originalité avec les mouvements nerveux qu’elle enfante chez vous ! Il vous suffit donc de voir un rieur en parfait état de gaieté pour rire vous-même. Comment ce rire a-t-il pu être compris en un clin d’œil par votre pensée pour qu’elle agite ainsi tout votre système nerveux afin de le faire ainsi gesticuler? Quel échange, quelle union occulte s’éta,blit entre le rieur et vous pour paraître ne faire qu’un seul être de deux? Cette question est insoluble comme beaucoup d’autres?
Il en est de même dans les pleurs : une jeune fille, à la figure candide, vient-elle à couvrir ses joues de cette rosée de l'âme, ou un homme à la figure austère et mâle laisse-t-il rouler une « Jarme snr sa moustache, que vous ressentez leur douleur dont vous ne connaissez pas le sujet. Pour ne pas pleurer avec eux, vous vous faites violence. Ceci est du magnétisme humain, doublement humain, en ce qu’il prouve
ET I)U SOMNAMBULISME
que vous n’êtes pas insensible aux troubles d’autrui !
Avez-vous jamais assisté à une dispute suivie de coups et de blessures, sans trembler sur vos jambes, ou raidir le bras pour la cause de l’un des deux combattants? Vous avez éprouvé une agitation quelconque causée par ces hommes, à la vue du coup reçu par l’un d'eux, ce coup vous a meurtri le cœur : Cette sensation est toute occulte, la raison ne l’enfante, ni ne la dirige, elle a rempli son but sans votre concours. Eh ! bien cette sensation est toute magnétique, ou sympathique comme vous le voudrez, car la différence entre ces deux noms est si faible qu’on ne peut l’apprécier. L’action du magnétisme humain, n’est pas autre chose qu’un semblable échange occulte de sensations diverses, échange invisible d’une puissance, qui dispose autrement qu’ils ne sont présentement, le corps et l’esprit de l’homme. Cette puissance s’étend et domine d’un à tous vos organes comme d’un à tout un groupe de vos pensées. C’est une contagion de sensations réciproques, émanées et reçues sous les noms d’agent impondérable que nous nommons fluide, faute d’avoir meilleur nom à lui donner.
Si dans les actes que je viens de vous citer il n’j' avait pas attouchement ondulatoire entre les corps, il n’y aurait pas de sensation, par conséquent, si vous éprouvez une sensation
THÉRAPEUTIQHB du magnétisme
dans les actes précités ; c’est que ces actes se sont étendus jusqu’à vous par une occulte contiguïté de vibration.
La vue et l’ouïe sont les deux portes les plus ouvertesà cessortes d’introductions, parce que leur mécanisme est le plus compliqué, le plus délicat, et le plus impressionnable de notre organisme. C’est ainsi que la musique et tous les sons nous impressionnent à des degrés différents, mais il existe très peu d’organisations insensibles aux sons qui ne sont pourtant que de légères ondulations aériennes. Quelle idée pouvons-nous donc nous faire de ces ondulations, avec les pressions qu’elles exercent sur notre esprit et sur nos organes? Là, c’est un être qui, à l’audition de cette musique, devient courageux comme un lion, cet autre doux comme une colombe, un troisième poétique comme un ange, un quatrième, irrité comme un damné, un cinquième, agité comme un convulsionnaire. Le même air de musique peut produire ces effets sur des organisations différentes, de quoi cela dépend-il? vous me répondrez : cela dépend de la disposition des fibrilles nerveuses commises à l’audition de ce genre de musique ! Ah! mou Dieu, c’est ce que nous répondons nous-même à ceux qui no .s adressent les mêmes questions sur les différents effets du magnétisme humain. Cette réponse prouve, plus que vous ne le pensez, puisqu’elle accorde à ces nerfs des dispositions
quelconque, qui irisent un tant soi peu le caprice ! des nerfs qui sautent et sont agités selon leurs dispositions, nous représentent des individualités, qui savent sentir et apprécier.
Nous ne prétendons pas nous étendre sur ces comparaisons atin de les faire tourner à l’avantage du magnétisme humain, nous pourrions les accumuler de manière à en faire plusieurs volumes, que vous n’auriez pas la patience de lire.
Si nous sommes entré dans cette voie, c’est pour ramener à l’observation de toutes nos sensations journalières, sensations que nous oublions trop généralement. Nous Axons, nous palpons, nous entendons continuellement avec trop d’insouciance ce qui mérite plus d’attention de notre part. Nous savon ; qu’il est beaucoup plus facile de dire, cela est drôle, cela est incompréhensible, inexplicable, renverse les lois reçues, etc., etc., que d’étudier,même ce que sont les lois reçues ; ni, si ce qui est bien reçu aujourd’hui, ne sera pas récusé demain; ne serait-ce sur la question que nous traitons que la négation des savants ! que de fois il leur est arrivé de dire non à midi, et de dire oui à une heure ! Mais vous, auxquels nous ne nous faisons pas l’honneur d’être un des leurs, puisque vous lisez les observations de l’homme privé de toute science, nous nous permettrons en bon frère, et en simple étudiant, de vous avouer que plus nous obser-
vons, moins nous savons, plus nous apercevons la grandeur de l’inconnu, plus cette grandeur est immense et inénarrable.
Nous allons offrir à l’appréciation du lecteur quelques citations d’expériences physiques, afin de servir de point de comparaison sur la question dont nous traitons dans ce moment, car dans toute étude, il ne faut jamais oublier que les yeux ont besoin de voir pour fortifier l’esprit.
première proposition. Prenons une aiguille à coudre et posons-la sur une feuille de papier. Promenons en sens divers sous cette feuille de papier un faible aimant. Cet aimant sera suivi par l’aiguille dans tous ses mouvements, dans cette simple expérience, nous demandons qui peutagir ainsi sur cette aiguille, si ce n’est un courant invisible à nos yeux, mais assez pondéré cependant pour remuer Je corps de cette aiguille? on nous dira qu’il y a une affinité entre ces deux corps, qui engendre un échange corpusculaire qui imprime le mouvement remarqué'. Ce n’est pas répondre à la question de le faire ainsi, ou cette réponse est trop étendue pour être admise sans plus d’examen : En ce qu’elle ne tend à rien moins qu’à faire remuer le rocher par la fourmi qu’il écrase de son poids! cette réponse est trop merveilleuse pour ceux qui ne veulent pas de merveilleux.
Quelques argumentateurs nous diront si
vous trouvez bon de nous prouver i’existonce du fluide magnétique par la comparaison précitée, veuillez remuer vous-même cette aiguille pour que nous croyons à votre prétendu fluide?
Nous .répondrons : 1° que le fluide magnétique humain n’a pas encore laissé entrevoir une telle alftnité avec l’acier pour que nous acceptions le défi. Un magnétiste a cependant déjà prouvé publiquementl’affinité de ce fluide, avec l’aiguille de la boussole, au point de la faire dévier d’un dixième; mais retournant l’argument, nous demanderons à notre tour, pourquoi le dit aimant, ne remue-t-il pas de la même manière une aiguille en cuivre?
Si cet a ; mant a ses affinités et ses limites de puissance, l’homme lui ressemble dans l’action magnétique : C’est ainsi que ce dernier peut attirer à lui son semblable, avec lequel il y a homogénéité de constituants, et qu’il ne pourra pas attirer à lui une plume.
Maintenant que les phénomènes des tables tournantes agitent tous les esprits ; et que quelques gouttes d’eau vaporisées entraînent à leur suite des centaines de présumés rois de la création, la question de la puissance de l’impondéré sur le pondéré se résout d’ellemême, celle du magnétisme humain n’est plus alors à mettre en doute?
deuxième proposition. En mettant en contact un simple disque de cuivre avec un disque de
zinc, au moyen d’un peu d'acide et d’eau, nous obtenons un courant qui, sans être semblable à celui de l’aimant, n’en est pas moins actif. Nous pouvons, par le secours de cette combinaison, réagréger les sels de cuivre, d’argent, d’or en bien moins de temps qu’il en a fallu pour les extraire de ces . métaux, observons que par la jonction des deux métaux précités, l’un de ces sels repasse à l’état métallique en quelques heures comme il l’a déjà fait, mais en des milliers d’années.
Nous obtenons, en plus, des copies fidèles et très délicates, en quelques heure?, des médailles ou de tous dessins qu’il nous plaît de faire recouvrir par ce sel métallique, vivant et agissant, nous voyons se former cette agrégation sous nosy^ux sans que nous puissions saisir ses moyens de cohésion! et cela dans un verre d’eau saturée de quelques grammes de ce sel, et de quelques grammes d’acide! L’on se dit, Dieu commandant aux mondes de se mouvoir à sa voix, sous ses yeux, éprouva-t-il une satisfaction plus parfaite que celle de l’homme en voyant une telle merveille en ce moment? Ce seul fait nous prouve que la vie est en tout et partout dotée do savoir se manifester de mille manières, et, par son travail incessant et éternel, cautionne son immortalité.
Qui donc, dans le cas présent, conduit ce beau travail de la galvanoplastie? Qui donc donne le mot d’ordre, la vie, le mouvement, le
savoir se grouper à tous ces corpuscules qui s’unissent avec autant d’amour que d’harmonie? On nous répondra, noua connaissons cela : nous connaissons cela; nous dirons, nous, que vous voyez cela et ne le connaissez pas.
Nous dirons que la sympathie qui préside à ce travail grandiose est la même que celle qui préside à l’action du magnétisme humain ; à celle qui enfante l’état somnambulique et lucidihe les idées des sujets susceptibles d’entrer dans cet état.
trosième proposition. Si nous mettons dans un vase poreux, plein d’acide nitrique, un morceau de charbon préparé à cet etfet : que nous entourions le vase poreux d’un tube en zinc d’une certaine épaisseur, et que nous plongions ces deux objets dans un deuxième vase plein d’eau étendue seulement de quelques grammes d’acide sulfurique : que nous attachions au charbon ainsi qu’au zinc un fil de laiton et que nous fassions passer l’un de ces fils par une bobine nommée condensateur ou multiplicateur, puis, attachant une boule en cuivre à chacun des deux fils précités; qu’on prie une personne tierce de prendre une de ces boules dans chaque main, qu’arrivera-t-il dans cette expérience? un trouble indescriptible s’emparera de l’être qui tiendra ces boules, et provoquera une catalepsie complète des bras et du haut du corps qui ne pourra cesser qu’en réunissant ces deux boules! quoi quel-
ques verres d’eau, un peu d’acide et quelques grammes de minéral et de métal vous passeront des menotes semblables ? vous le roi de la création, vous vous laisserez enchaîner ainsi par un fluide invisible et vous voulez refuser à votre frère qui est lui-même une pile galvanique typique d’en faire autant à votre égard ? O ! vous vous trompez, car il peut plus encore, puisqu’il peut faire ces choses sans vous toucher.
Nous avons nous-même, être faible, à l’exemple de Monsieur du Potet, maîtrisé ainsi des hommes de première force à plusieurs mètres de distance, leur tournant le dos, ayant les bras croisés sur notre poitrine, par le seul secours de notre volonté ; nous avons ainsi lutté avec ces hommes (d’accord ensemble), qui prenaient des positions les plus avantageuses et n’en étaient que plus surpris étant renversés à terre. Le puissant magnétiseur Donato a fait de ces expériences publiquement à Paris en 1882 qui ont soulevé contre lui les colères des savants, et les diatribles insensées des journalistes assez peu instruits sur ces questions pour les combattre déloyalement.
Quatoème proposition. Si nous montons un plateau en verre sur un arbre disposé pour cette expérience, que nous serrions les bords de ce plateau entre des coussins enduits d’une mixture préparée, que nous isolions du sol l’appareil qui porte ce plateau, et que nous
lui fassions faire quelques tours au moyen d’une manivelle qui est attachée à l’arbre, nous obtiendrons des effets les plus surprenants! en prenant dans la main le conducteur qui y est attaché, et étant nous-même isolés du sol, il arrivera que de nos cheveux comme de notre barbe sortira une flamme de couleur azurée et d’un voisinage peu rassurant, quelques tours de plateau de plus, la mort s’en suivrait.
Où ce fluide prend-il naissance? ou puise-til sa force? nous voyons tous les jours se produire sur nos places publiques de ces faits, et l’on veut refuser à l’homme, de posséder et d’émettre un fluide sinon semblable mais analogue ? nous disons que ce que peut faire cet appareil, l’homme peut le faire également, à des degrés inférieurs il est vrai, mais à des degrés assez sensibles pour ne pouvoir être niés.
Certaines organisations telles que celle de la petite Cotin, nommée la fille électrique, que nous avons erre à Paris dans les temps, ainsi que les jeunes filles grecques dont le monde scientifique s’est occupé antérieurement, qui produisaient des décharges électriques de cette nature, nous ont prouvé l’existence chez elles, comme dans le plateau précité, du fluide dont nous parlons.
Nous retrouvons cette propriété chez certains animaux tels que la torpille, le chat, etc.
Dans quel but, devant de tels faits, nieraiton l’existence de l’agent magnétique chez l’homme? n’est-ce pas se rendre ridicule soimême en voulant ridiculiser les autres? Si l’on admet l’un on doit admettre l’autre! S’il n’y a pas de fluide dans l’acception de ce mot.il y a un agent: agent composé de quoi? de vibrations dira-t-on, vibrations sortant d’où ? du grand réservoir des vibrations. Eh bien !
ne sommes-nous pas un entrepôt de ces vibrations sortant de la même source ? Les recevant et (es émettant comme elle? Soyez donc plus étudiants et plus justes envers nous.
Cinquième proposition. Si nous déposons un peu de limaille de zinc dans une bouteille à moitié pleine d’eau, saturée de quelques gouttes d’acide sulfurique, et que nous ajustions hermétiquement au goulot de cette bouteille un bec à gaz; en attendant quelques minutes que la capacité vide de la bouteille soit remplie du gaz que produit la dissolution du métal qu’elle contient, puis qu’on ouvre le bec à gaz et que l’on y présente la flamme d’une allumette, on obtient alors une lumière très ardente et très belle, produite par les corpuscules inflammables que contient la bouteille, sous l’apparence de gaz. Émerveillé devant ce phénomène qui n’en est plus un dans nos jours, nous nous demandons comment il peut se trouver un feu aussi ardent et une lumière aussi belle dans le mélange de ce métal qui
paraît être si inerte, cette eau et cet acide qui n’offrent plus d’activité? nous demandons en plus comment cette dissolution du zinc passant à l’état gazeux invisible à nos yeux peut avoir la force de pénétrer la couche humide qui pèse de tout son poids sur cette dissolution, pour arriver à sa surface et de là se trouver en état de former cette incandescence !
Nous ne pouvons nous contenter de dire : le zinc contient telle quantité de carbone, d’hydrogène, d’oxygène,d’azote, etc.; l’acide sulfurique, telle dose de soufre; l’eau t^lle quantité d’oxygène et d’hydrogène, qjj.i réunis remplissent les conditions de tous les corps inflammables. On nous répond là, par des noms qui ont eux même besoin d’explications sur leur propre nature pour être mieux compris et définis. Nous voyons, nous, dans ce travail de désagrégation et de changement d’état des composants; ce zinc une plus grande merveille qui est celle d'un vrai combat, d’une vraie bataille livrée entre les constituants, ce zinc et ceux composant l’acide et l’eau dont on les couvre; constituants dont nous sommes forcés de faire des êtres vivants et sachant ce qu’ils font ! qu’on leur accorde les noms de monad , de volvox, de rotifère, d'atome , de corpuscule, de molécule, etc., nous ne tenons pas aux noms, mais aux faits. Ce que nous voyons s’opérer dans l’expérience précitée, nous prouve par l’espèce (Je sauve qui peut de ces parties du
zinc désagrégées, qu’il y a hétérogénéité entre elles et celles avec lesquelles on les met en contact; qu’elles tendent à s’en séparer pour se grouper ailleurs. On ne peut douter de cette proposition ! Si l’expérience dont nous parlons produit les faits cités, on ne peut qu’en tirer cette solution, que le contact de tous les corps en général produit des résultats sinon semblables mais analogues ; par conséquent que l’homme de par sa raison pouvant disposer de telles émanations sortant continuellement de son corps, ne seraient-elles fournies que par la combustion permanente des aliments et de l’air qu’il absorbe, pourrait, en ce cas, activer ou paralyser certains courants contrecarant le mouvement des corpuscules, qui troublent le corps sur lequel il agit par son action magnétique, comme nous le remarquons dans l’expérience précitée.
Sixième propostion. Si nous prenons un miroir concave en cuivre, de 60 centimètres environ dd diamètre, que nous placions auprès de son centre un réchaud plein de charbon incandescent et, qu’à deux mètres de distance de ce miror, nous en placions un semblable, au centre duquel nous placerons un morceau d’amadou qui en sera éloigné de quelques centimètres, que verrons-nous s’opérer? Nous verrons l’amadou prendre feu presque instantanément, ce qui n’eût pu se faire sans cette disposition. Les
physiciens, saturés de faire cette expérience, nous disent, il y a un transport des corpuscules enflammés du foyer qui contient le charbon, sur le morceau d’amadou, ce qui l’a enflammé, voilà tout.
Cette réponse est aussi courte qu’incompréhensible; que nous révèle-t-elle?
1° Elle nous révèle que le feu est composé de corpuscules, qui savent franchir ainsi un espace relativement grand sans s’éteindre ni être vus de nos yeux\ ils sont ainsi transportés sans que nous sachions comment, par qui ou pourquoi?
2° Qne ces corpuscules enflammés ont dû rencontrer, dans ce parcours horizontal, d’autres corpuscules reliés ensemble et offrant par ce tait une certaine résistance à ce transport.
3° Qu’ils ont eu la puissance de traverser ces obstacles pour arriver en ligne directe vers le centre du deuxième miroir, qui les a repercutés à son tour sur le morceau d’amadou précité, qui, alors, s’est enflammé à leur contact.
Dans ce phénomène, la question la non moins curieuse, est de connaître pourquoi ces corpuscules se portent de préférence sur le miroir plus éloigné, que sur l’amadou qu’ils doivent franchir pour revenir sur lui?
Croit-on que nous ne soyons pas en droit, devant une expérience aussi concluante,
d’admetlre que ce qui paraît se passer ainsi mécaniquement (dit-on), entre ces deux disques, de matière prétendue être inerte, ne puisse se passer par conséquent entre deux êtres organisés dont la volonté n’a aucun rapport avec l’inertie qu’on accorde aux métaux sujets de cette expérience? une proposition prouve l’autre.
Septième proposition. Si nous mettons dans un flacon, un peu d’acide sulturique, que nous versions sur cet acide la même quantité d’essence de thérébentine, que nous bouchions ce mélange et l’agitions une seconde, qu’arrivera-t-il? une explosion épouvantable qui poura faire courir les plus grands dangers: dangers dont nous avons manqué d’être victime nous-même.
Huitième proposition. Si nous taisons fondre du sel d’argent dans une dissolution concentrée d’ammoniaque, que nous asséchions ce sel, et que, par mégarde, quelques parcelles se trouvent attachées au col du flacon qui le contient et, qu’en le bouchant, nous pressions un peu ces parcelles, nous courons également les plus grands dangers ! de ce sel sorti de ce pesant métal dont l’inertie paraît nous être démuntrée, de ce mélange, sortira la poudre fulminante, dont Orsini a fait un si triste usage.
Qu’egt donc cet ammoniaque? du sel tiré de l’urine. Qu’est ce sel d’argent? une pièce
de cinq francs fondue dans un peu d’acide nitrique sur un feu très doux; quoi, ces deux sels réunis produiront un si énergique phénomène d’explosion !
Un peu de nitre et de glycérine produiront les mêmes effets.
Un peu de coton cardé, trempé pendant quinze minutes dans de l’acide nitrique et bien lavé à plusieurs eaux, aura la même vertu.
De l’acide pycrite et de la potasse, ont la même propriété!. Qui peut causer ces épouvantabbles explosions? Un dégagement du gaz contenu dans ces substances, répondent les chimistes.
Nous demandons alors qu’est ce gaz; cette substance fluidique, invisible, dont l’impondérabilité peut briser des enveloppes aussi fortes que celles dans lesquelles elles sont enfermées?
Pourquoi cette séparation, ou cette transformation, du stable, de l’inactif, en une manifestation si inattendue, d’une force qu’on était loin de leur accorder.
Nous retrouvons encore dans ces faits, une vie, une action, une intelligence collective de myriades de corpuscules qui, recouvrant leur liberté d’agir, en usent de manière à nous prouver combien nous errons dans nos appréciations et dans nos jugements. Combien nous connaissons peu
la composition de la matière, l'esclavage des parties qui la composent, les forces et l'intelligence que ces parties contiennent, et savent nous démontrer à l’occasion. Quand on est aussi peu instruit que nous le sommes sur ces questions, on ne doit qu’étudier humblement, et non nier l’existence de ce qu’on ne connaît pas. Les rapports, les échanges; l’action magnétique de l’homme ne peuvent être plus niés, que ceux que neus venons d’admettre dans les corps des règnes dont nous ne sommes qu’un composé nous-mêmes !
manifestations de forage.
Voilà pour les expériences des physiciens.
Mais celles des Ethéréens sont-elles inférieures? Ne commandent-elles pas également notre observation? Leur puissance sur ia matière peut-elle être contestée? L’intelligence qui semble présider à leurs manifestations est-elle à mettre en doute? Là, ce ne sont plus deux êtres vis-à-vis l’un de l’autre qui cherchent à s’influencer d’une certaine manière. Les physiciens nous disent que ce qui compose l’orage est une accumulation d’électricité dans l’atmosphère, soutirée de la terre, compressée par le frottement des glaçons flottant dans cette atmosphère les uns contre les autres (ils l’igno-
rent au juste), le fluide électrique est-il de la même nature que celui qu’ils engendrent euxmêmes par le frottement d’un plateau en verre entre des coussinets appropriés à cet effet? Admettons cette proposition que l’analogie semble prouver; mais observons que les effets entre ces deux espèces d’électricités ne se ressemblent nullement. Les mécaniciens pourront aider les physiciens à produire certaines combinaisons : certains mouvements automatiques, mais ils sont loin de produire et d’expliquer les faits qui suivent.
1° Il passe fantaisie à ce fluide de fondre la lame d’une épée au côté d’un officier, sans altérer le fourreau qui la contient, ni laisser aucun résidu de cette fusion. Cela dépasse notre entendement.
2° Une cinquantaine de dévotes, à genoux dans une église d’un village de Normandie, portant des clous sous leurs sabots comme c’est l’usage dans ces contrées, par mesure d’économie. Il plaît à ce fluide de faire disparaître ces clous de tous les sabots sans blesser personne ni leur procurer de sensation pénible. On ne retrouve pas trace de cette ferraille. Cela frise le merveilleux!
3° Une soixantaine de pigeons prennent leurs ébats dans leur pigeonnier à engaver leurs petits. Le fluide en question a la fantaisie de les déplumer tous. Aussitôt conçu
c’est fait. Nos cuisinières voudraient bien parfois avoir à leur service de tels invisibles qui leur éviteraient cette ennuyeuse besogne.
4» Une noce composée d’une cinquantaine de personnes, est en train de ripailler dans un salon de la Courtille, quand il plaît à ce fluide, de couvrir la tête du marié de la soupière vide et de déposer sur les genoux de chaque convive, vases et fricassées qui sont devant lui... Notre fluide devient facétieux.
5° Un bon curé au milieu de son sermon, se voit enlever sa soutane par ce fluide qui n’a pourtant pas l'entrée de la présumée maison de Dieu. Cette soutane est mise en paquet, déposée à quelques pas de son propriétaire. Cela prouve que ce fluide n’est pas un voleur, mais un adroit prestidigitateur.
6» A Argenteuil, presque sous nos yeux, deux soeurs se marient en même temps :
pendant que le curé officiait, le fluide sans droit d’entrée dans l’église, y entre cependant; enlève le bonnet de l’une des fiancées, et le châle à l’autre, jette le brave curé à terre et s’en va percer un trou parfaitement rond à la plus forte cloche ; il descend se promener dans la rue sous forme de boule de feu, sur la place de l’église, riant sans doute de la surprise du curé,
qui malgré la sainteté du lieu, et la puissance de l’eau bénite, n’a pu éviter sa chute et sa peur. La leçon n’a pas fait de victimes, le fluide était dans un jour de bonne humeur.
7° Un homme se trouve être un jour surpris par un orage de premier ordre, il se met à l’abri sous un arbre, car les ondins s’en mêlaient; un autre arbre lui faisait vis-à-vis, à un coup foudroyant, notre homme se croit tué, il en est quitte pour avoir une épreuve photographique sur toute sa poitrine de l’arbre qui était vis-à-vis de lui, ni une branche, ni une feuille n’y manquaient. Le savant Daguerre se trouvait surpassé dans ce moment.
8° Dans la forêt de Rambouillet, des bûcherons en train de faire des lattes, sont tout étonnés de voir ce fluide débiter d’un seul coup un des plus forts chênes du lieu en lattes comme ils n’en ont fait de leur vie. Dans une autre manifestation, c’est l’écorce d’un autre arbre qui est proprement enlevée du tronc aux dernières branches de cet arbre. L’homme n’est pas encore arrivé à un tel degré d’adresse.
9° Ce fluide paraît en vouloir aux églises depuis qu’elles font semblant de le maîtriser au nom d’un Dieu dont elles le regardent comme étant l’agent de sa justice (ce qui est entre nous un contre sens), ce fluide
disons-nous, eut un jour l’idée de ravir une pierre de taille du clocher d’une église et de la porter à travers la rue dans une maison dont il brisa la fenêtre pour entrer et la déposa sur le plancher. Nos médiums ont des transports d’objets dans leurs communications avec les Esprits, où ces derniers apportent, disent-ils, des fleurs et de menus objets; mais non des pierres de taille.
10° Un homme se trouve être un jour surpris par ce capricieux fluide accompagné de nombreux agents de Neptune. Il se met à l’abri sous un arbre; un maître coup lui fait croire qu’il est passé de vie à trépas ! Il n’en est rien. Le fluide va ailleurs exercer son industrie, et notre homme va chez le marchand de vin le plus voisin pour se remettre de sa frayeur au moyen d’un canon. Venant à en solder Je prix, il s’aperçoit qu’il a dans son porte-monnaie, deux pièces de vingt francs quand il est assuré de n’en posséder qu’une. Il cherche une pièce d’un franc qu’il sait avoir, et ne la trouve plus. Il regarde à deux fois ses deux pièces de vingt francs et reconnaît que la pièce de un franc se trouve être recouverte d'une couche d’or, qui a dû se détacher comme par le procédé de la galvanoplastie de la pièce de vingt francs pour se peser sur elle. Mais ce qui ue le surprend
pas moins, c’est que les deux pièces étaient séparées par le diaphragme du porte-monnaie. Nous savons que* nos savants voudront exgliquer ces phénomènes ou les nieront. Les expliquer est au-dessus de leur savoir. Nous répétons que ce fluide sortant de deux présumés glaçons se rencontrant en sens contraire, doit pouvoir sortir de même de deux êtres mieux organisés nous le croyons, qui, par leur intelligence, et leur volonté peuvent lui faire produire des effets en rapport avec leurs besoins.