II. — Constipation
Dans un chapitre précédent, nous nous sommes occupé de la constipation des nourrissons, de ses causes et des moyens d'y remédier. Nous n'y reviendrons pas. Nous envisagerons d'une façon succincte la constipation des enfants plus âgés. Celle-ci n'étant qu'un syndrome, c'est dans la connaissance de ses causes qu'il faut en chercher le traitement et le régime.
Certains enfants présentent, ainsi que nous l'avons déjà vu, une atonie motrice ou sécrétoire du tube digestif, qui persiste dans la seconde enfance, et qui détermine des troubles variés, n'ayant d'autre origine que la rétention des matières; ce sont d'ailleurs souvent des constipés par hérédité.
On parviendrai vaincre cet état par un régime approprié : c'est ainsi qu'on évitera les viandes, les albuminoïdes en excès, le lait, qu'on prescrira les légumes, surtout les légumes verts, les fruits, qu'on roconimandera les boissons amères, le houblon, la ([uassia, à l'exclusion du vin rouge.
On veillera à ce que les enfants ne boivent ni trop, ni tropp(!u, et on rejettera l'usage des pâtisseries, des bonbons, du sucre en excès. L'hygiène mérite toute notre attention; elle implique des exercices physiques, de la marche, de la natation, de l'hydrothérapie, et exclut la station assise ou couchée, la vie sédentaire. Toutes ces recommandai ions sonl d'au-
lant plus précieuses que ces enfants sont plus enclins àcontracLex ces mauvaises habitudes. Le massage de tout l'abdomen peut être avantageusement pratiqué. Enfin, la médication pharmaceutique peut avoir ses heureux effets; elle se résume à prescrire les médicaments stimulateurs des nerfs moteurs, des muscles et des sécrétions glandulaires, c'est-à-dire les amers, le colombo, la noix vomique qu'on peut associera la magnésie, àlarhubarbe, àl'anis étoilé, au sené, au sirop de nerprun, à la crème de tartre. Le calomel, le cascara agissent plus spécialement sur la sécrétion biliaire.
Les autres causes susceptibles de provoquer la constipation sont nombreuses. Elles tiennent :
1" à un régime alimentaire défectueux, où l'abus de la viande tient la première place, et auquel il est facile de remédier ;
2" à l'inobservation de certaines lois de l'hygiène, comme l'abus des travaux sédentaires à l'époque de la scolarisation, et la répétition de mauvaises habitudes que contractent les enfants en luttant contre les besoins d'aller à la selle, soit pendant les classes ou études, soit pendant leurs récréations :
3» à une tare névropathique, neurasthénie ou hystérie, soit par paralysie sécrétoire, soit par paralysie motrice, soit par anesthésie;
4° à des troubles fonctionnels gastro-intestinaux et hépatiques, qui rentrent dans le cadre de la dyspepsie gastro-intestinale ;
5" à des maladies en évolution, soit de l'intestin (typhlite), soit du péritoine (péritonite tuberculeuse^ soit du système nerveux i méningites, tumeurs cérébrales).
. Ces divisions indiquent sulfisammeutles conditions
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diverses qui amènent la constipation, etcontiennent les divers moyens qui peuvent lui être opposés.
Les efforts de la défécation peuvent, en outre, déterminer une série de complications plus ou moins graves, telles que les liernies et le prolapsus du rectum.
Enfin, la rétention des matières, abstraction faite des accidents d'obstruction, peut engendrer des accidents d'intoxication ou d'infection à marche lente, chronique, peu caractérisée, et qui nécessitent une double intervention : l'emploi d'évacuants énergiques, huile de ricin, purgatifs salins, purgatifs drastiques, et l'antisepsie du tube digestif.
Les eaux de Châtel-Guyon, de Bourbon-Lancy, seront indiquées chez les enfants constipés, ayant des antécédents arthritiques (Comby).
IM» — Entérites spécifiques.
Tuberculose. — La prophylaxie de l'entérite tuberculeuse consiste à n'employer exclusivement que du lait bouilli, et à rejeter de l'alimentation, si faire se peut, le lait provenant de vaches tuberculeuses, lors même que le pis parait sain. Plus tard, on procédera avec une égale rigueur pour la chair musculaire de ces animaux et, à plus forte raison, pour leurs viscères.
Nous ne connaissons aucun remède spécifique, susceptible de lui être opposé ; aussi, la thérapeutique reste-l-elle symptomatique,ct se confond-elle avec la thérapeutique des entérites chroniques. Les antiseptiques insolubles, les opiacés, les astringents, les loni(iues, les poudres inertes (poudre de talc à haute dose, Debove),etc., répondent aux ditTérentcs éven-
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lualités qui peuvent se produire. Les hémorragies intestinales seront traitées en conséquence.
Syphilis. — La sypliilis congénitale, portant tout à la fois son action sur l'intestin et surtout sur le foie, peut se manifester par des phénomènes gastrointestinaux contre lesquels les moyens ordinaires échouent. Il faut rechercher les stigmate^ d'iiérédosyphilis et prescrire le mercure, sous forme de liqueur de Van Swieten, ou de frictions raercurielles.
Paludisme. — M. Simon a rapporté des exemples de (roubles diarrhéiques dus à la malaria. Ces diarrhées rebelles à tous les autres modes de traitement cèdent rapidement à l'administration des sels de quinine.
Dijsenierie aiguë. — La dysenterie se présente sous deux formes; dans l'une, il s'agit d'une maladie contagieuse, épidémi-^iue, rarement observée dans nos climats; dans l'autre, il s'agit d'infections variables, dénature encore peu connue, pouvant précéder l'infection du petit intestin ou la suivre, siégeant sur le gros intestin et, en particulier, sur sa partie terminale, et ayant souvent pour origine une infection ascendante d'origine ano-rectale. Dans l'un et l'autre cas, l'intensité mise à part, les symptômes cliniques sont les mêmes. 11 esl donc inutile d'envisager, pour chacune de ces formes, une thérapeutique spéciale : celle-ci, comme pour les entérites, est pathogénique et clinique; elle nécessite également une l)rophylaxie et un régime spécial.
La médication patliogénique repose sur l'emploi des antiseptiques internes et sur le lavage du gros intestin; ce lavage est aisé à pratiquer.
Les indications cliniques sont fournies par les phénomènes douloureux, par l'intensité des évacualions, par Icnr nalure, tMiHn par les signes d'infec-
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tion généralisée ou d'iiiLoxicalion, sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre longuemenL.
Les applicatio.ns de glace, les badigeonnages au collodion sur le venlre, l'usage des préparations opiacées, calmeront les douleurs.
La nature des évacuations, depuis les selles glaireuses jusqu'aux Tragmenls de muqueuse, accompagnés de pus et de sang, indiquera dans quelle mesure l'intervention locale sur l'intestin devra être énergique. Les hémorragies intestinales seront traitées en conséquence, ainsi que les infections secondaires possibles.
La diététique des malades est simple : la suppression des fruits crus et des aliments difTiciles à digérer suffit dans les cas très bénins; les œufs, les purées de viande et de poisson pourront être tolérées; mais, dès que l'aU'ection aune marche un peu sévère,on doit prescrire le régime lacté absolu.
On reprendra, lorsque la maladie s'amendera, les œufs, la viande crue en pulpe, le poulet, les poissons on purée, etc. ;on ne permettra les farineux qu'à une ('■poque plus éloignée.
Dans les cas très accentués, on se trouvera bien de la diète hydrique, réservant le lait pour une date ultérieure.
Le changement de nature des selles est le premier symptôme à surveiller ; on devra modérer sa thérapeutique perturbatrice, lorsque les selles deviendront bilieuses, impliquant une reprise des fonctions du foie.
Dijsenlerit} chronique. — La dysenterie aiguë laisse souvent à sa suite des altérations chroniques de l'inlestin, qui s'accompagnent d'une diarrhée permanente et de quelffues épreintes. On Iriomphe pro-
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gressivemenl de ces élals : 1° par la lenaciLé du Iraitement anlisepLique, auquel il est bon d'ajouter d'assez fortes doses de médicaments comme le sousnilrate de bismuth, la craie préparée. Ces médicaments forment un enduit topique sur les ulcérations; on les donne délayés dans du lait, ou en cachets, ou dans un quart de lavement d'amidoa cuit; 2" par des injections intestinales, faites avec des médicaments réputés antiseptiques. L'emploi du calomel a été préconisé, soit à doses fractionnées, soit à dose purgative; on donnera concurremment le benzonaphtol, le salicylate de bismuth. L'ipécacuanha est un remède vraiment spécifique : 2 gr. de poudre dans 12(1 grammes d'eau, qu'on fait bouillir quelques minutes, puis flUrer ; on peut y ajouter de l'opium, du sirop de polygala, de la teinture de cannelle ; cette infusion sera prise par cuillerées à soupe, toutes les deux heures.
Les grandes irrigations intestinales se font aseptiquement avec l'eau boriquée, naphtolée, salolée, ou avec la solution de sublimé au l/oOOO, ou avec une infusion d'ipéca (5 grammes pour 100 grammes d'eau).
On se trouvera bien aussi des lavements médieamentaux, au nitrate d'argent (0 gr. 10 àÛ gr. lo pour 100); à l'iode (0 gr. 25 à 0 gr. 30 pour 100 avec 1 gramme d'iodure depotassium\ suivis d'un lavement amidonné cl laudanisé (I à IV gouttes). On a également préconisé les lavements huileux à la naphtaline à 1/aO (Comby) et les lavenuMits modiiicaleursou astringents (azotate d'argent, cachou, bois de campèche, diascordiuml qu'on administre deux lois par jour. Un réginu^ sévèr(> dont les substances amylacées sont exclues est indiqué. Plombières esl
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une station dont les malades peuvent retirer quelque avantage.
Sachant que les fruits verts ou crus réveillent dans nos climats, durant les grandes chaleurs, la virulence des microbes intestinaux, la prophylaxie de la dysenterie s'impose à notre esprit. Nous devons proscrii-e d'une façon absolue l'usage de ces fruits. Une fois la maladie déclarée, on appliquera les mêmes règles de désinfection que pour les diarrhées infectieuses ordinaires (voyez plus haut).