IV. Xyphlite. Appendicite. l»éi-îtyplilîte
Nous n'avons rien à dire de particulier sur le traitement chez l'enfant de ces affections qui ont, chez lui, les mêmes indications que chez l'adulte, et participent des mêmes hésitations thérapeutiques.
Cependant, une indication pathogénique nous parait dominante : c'est la réalisation de l'antisepsie intestinale par les moyens que nous connaissons, et de l'antisepsie qu'on pourrait appeler para-intestinale, par les frictions mercurielles sur le ventre, loco dolenti.
En dehors de cette indication fondamentale, il est certain que la forme clinique dicte les indications les plus sûres pour le traitement, etprécise l'opportunité de la médication purgative.
En prescrivant à la légère un purgatif, on provoque des mouvements intempestifs de l'intestin, et on s'expose à produire une perforation. A ce point de vue, laissant de côté les formes chroniques à rechutes, on peut distinguer les formes dans lesquelles les accidents locaux, fonctionnels et généraux se rapprochent de ceux qu'.on a attribués à tort ou à
l'aisonàlatyphliteslcreorale, et celles dans lesquelles la violence de ces mêmes accidents indique l'existence de ce qu'on a décrit sous le nom d'appendicite.
Pour essayer de caractériser ces états, on peut dire que, dans le premier cas, il s'agit du type intestinal, dans le second, du type péritonéal.
Or, dans la prenrère éventualité, nous croyons qu'on peut sans danger, à une première atteinte, et en surveillant l'apparition des symptômes péritonéaux — nous ne disons pas de péritonite — employer les purgatifs doux, hypercriniques, comme la magnésie, l'huile de ricin, le calomel, ce dernier surtout. Nous les croyons moins dangereux que les irrigations intestinales, sous condition que celles-ci soient ca3cales.
Ce traitement combiné au repos physique, à la diète lactée, aux antiseptiques intestinaux, aux frictions mercurielles sur la fosse iliaque, aux émissions sanguines locales, aux révulsifs, nous parait le traitement de choix. 11 en est tout autrement, lorsque les phénomènes péritonéaux apparaissent dès le début de l'alleclion : douleur vive, vomissements, coUapsus, etc. ; ou dans le cours de la forme précédente. Il n'y a pas d'hésitation possible; '1 faut prescrire la diète absolue, le repos radical du tube digestif, l'usage de l'opium et de la morphine, combinés avec les antiseptiques internes et les onctions d'onguent mercuriel J)elladoné. Cet orage d'ailleurs est passager; il aboutit à la perforation, ou à un élatclinifiue subaigu (jui se rapproche du premier, et dans lequel on peut de nouveau se "•outrer moins sévère, et pour l'alimentation, et pour 1 évacuation. Mais combien c-.!llo-ci doit être pru-
ilcnlel car nous ignorons la lésion exacte de l'inLeslin, et les adhérences qui peuvent entourer une perforation possible et l'oblitérer. C'est encore l'examen clinique du malade qui pourra renseigner le praticien ; et, lorsque la douleur spontanée ou provoquée sera très atténuée, que les symptômes péritonéaux se seront apaisés depuis plusieurs jours avec ou sans tumeur, on pourra essayer la première médication, en rejetant les purgatifs drastiques et en préférant ceux qui provoquent la sécrétion intestinale, afin de diluer les matières et d'en rendre l'ex- ])ulsion plus facile. A la première alerte, du côté du péritoine, on délaissera les purgatifs, pour revenir à l'opium, etc.
Grâce à une médication patiente et prudente, on peut conduire les enfants doucement vers leur guérison, même dans les formes à rechutes. I^a persistance d'exsudats péritonéaux est combattue par les révulsifs habituels. Il ne faut donc pas précipiter une intervention sanglante, à moins de péritonite suraiguë d'emblée — forme perforante — ou d'une collection purulente péritonéale, qu'on doit évacuer au dehors.
f.a nature présumée tuberculeuse des lésions peut, seule, dans les formes prolongées ou à rechutes, et en l'absence de toute autre localisation de la tuberculose, nécessiter également une opération radicale.
■V. — Invagination intestinale.
On doit se rappeler toujours que cet accident est surtout fréquent dans la première enfance, en particulier de quatre à dix mois, et que le gros intestin est le siège de l'invagination. Plus tard, à pai'tir de cinq
88 TlîATTEMliNT DES MALADIKS UU TUBE DIGESTIF
ans, c'est l'intestin grêle qui s'invagine, et les accidents sont absolument comparables à ceux de l'adulte.
Il faut, dans ces circonstances, agir vite et ne pas oublier qu'au bout de deux jours les interventions brusques sont dangereuses, en raison de l'état des parois intestinales.
II faut abandonner l'usage des émissions sanguines locales, qui sont illusoires, et celui des purgatifs qui sont dangereux. Dès que les symptômes observés permettent de soupçonner l'invagination, il faut lui opposer l'opium, afin de paralyser les contractions intestinales qui augmentent l'invagination.
Les moyens mécaniques sont les suivants :
1" Les injections d'eau dans le gros intestin, que l'on pratique au moyen d'une longue sonde, en communication avec un récipient qu'on peut élever à volonté pour augmenter la pression : l'eau sera bouillie, additionnée ou non de sel ou de substances antiseptiques, chaude ou froide peu importe. Le Gendre recommande de faire ces injections d'eau avec l'aide du chloroforme, si l'enfant n'est pas dans le collapsus.
2° Les injections d'air, au moyen d'un soulllel et d'une sonde, comme il a été dit plus haut.
L'injection d'un siphon d'eau de seltz, toujours par le môme procédé, participe aux avantages de l'injection d'air et de l'injection d'eau.
-5" L'emploi de l'électricilé qui avait réussi à M. Bucquoy, a été régularisé par M. Boudet (de Pans), sous le nom de laveiiu^nt électrique. On introduit, dans le recluiu, une grosse sonde remplie d'eau salée cl ].ourvue d'un mandrin métallique en communicalion avec le j)ùle posilif de la pile.
INVAGINATION INTESTINALE
A défaut de cet appareil, on peut prendre une sonde creuse qu'on remplit d'eau salée et dans laquelle on fixe par une ligature une des électrodes, la positive, l'autre étant en contact avec la paroi abdominale.
On emploie les éléments d'une pile médicale ordinaire, et l'on prolonge la séance pendant dix minutes au moins.
Il faut abandonner, surtout au bout de trente-six heures, les procédés mécaniques du refoulement au moyen d'un porte-éponge, ou de massage à travers la paroi abdominale. On pourra cependant essayer, concurremment avec les méthodes précitées plus haut, l'inversion de l'enfant. Lorsqu'au bout de deux jours, on n'a pas réussi à lever l'obstacle, il en faut pas attendre plus longtemps, mais pratiquer la laparotomie^ avant que les lésions intestinales ne soient irrémédiables.
Il existe un certain nombre d'indications cliniques, fournies par les symptômes observés pendant la maladie : vomissements fécaloïdes ou non, hémorragies intestinales, signes d'infection, collapsus, algidité, etc.
Chacun de ceux-ci comporte une médication spéciale. Hâtons-nous d'ajouter que les vomissements, principalement lorsque l'estomac renferme un amas de matières fécaloïdes fétides, engendrant des accidents d'intoxication, peuvent cesser et être suivis d'un véritable retour à la santé sous l'inlluencc du lavage de l'estomac. 11 est superflu de recommander la pratique de l'antisepsie du tube digestif, lorsque la maladie s'est terminée par l'élimination du boudin invaginé. Lorsqu'on est appelé trop tard, et que les signes de péritonite existent, la lapanjtoniics'impose
comme une opération d'urgence, dont le succès reste Tort aléatoire.
Durant toute la maladie, il est bien évident qu'aucune alimentation ne doit être tolérée; on soutiendra le malade avec du café, du thé, des infusions alcoolisées, qui ne seront d'ailleurs pas toujours supportées.
Dans les cas où la maladie s'est terminée par l'élimination, par l'anus, du bout invaginé, le médecin doit établir jusqu'à complète cicatrisation de l'intestin, un régime des plus sévères. La rupture des adhérences et la mort rapide, pourraient être la conséquence d'un écart de régime. Durant tout ce temps, l'antisepsie intestinale doit être continuée; on évitera également la constipation. L'adjonction de la magnésie aux antiseptiques permet d'obtenir un état semi-liquide des selles et de faciliter ainsi leur élimination.
"VI. — Prolapsus du i*ectuui.
Cet accident ne se voit guère que dans les trois premières années de la vie, chez les enfants débiles, rachitiques, à la suite des infections aiguës ou chroniques du tube digestif, ou de la constipation.
La plupart du temps le prolapsus est constitué par la muqueuse seule. Quelquefois, au contraire, toutes les tuniques du rectum font partie de la portion prolabée; ou a alors une invagination à deu.\ cylindres sans sillon anal. Les cas oii les parties prolabées appartiennent à des portions supérieures du rectum ou du gros intestin ressôrlissent plutôt à l'invagination intestinale.
En présence d'un prolapsus du rectum il faut :
PROLAPSUS DU RECTUM 91
1 " le réduire, le maintenir réduit,
'.i" empêcher qu'il ne se reproduise.
La réduction se fait avec le doigt enduit de vaseline et qu'on introduit dans l'anus, en poussant doucement la main en haut, ou bien avec un linge gras appliqué sur le bourrelet.
L'opération est facilitée par la position génupectorale de l'enfant.
La réduction est maintenue au moyen d'un tampon de ouate et d'un bandage en T.
Pour éviter la reproduction du prolapsus, au moment des selles, il faut diminuer dans la mesure du possible les efTorts d'expulsion et éviter les selles dures ou les selles fréquentes.
Le mieux est de laisser les enfants couchés sur le côté, au moment de la défécation, et garantis par une couche. Lorsqu'ils vont sur le vase, on doit les y asseoir de telle façon que leurs pieds ne touchent pas le sol; il ne faut pas les y laisser trop longtemps, ni leur permettre ainsi des efforts répétés.
La constipation et la diarrhée seront combattues parles moyens appropriés. De nombreux procédés ont été vantés pour stimuler la contractilité du sphincter anal; malheureusement les succès restent inconstants. On a employé les lavements froids, les lavements et les suppositoires astringents; on a injecté, avec la seringue de Pravaz, au niveau du périnée, de la strychnine (solution de sulfate de strychnine à 1 /lOO : de (> à 8 gouttes), de l'ergotino un gramme dans 10 grammes d'eau de lauriercerise : une seringue ou deux par jour).
Knfin on a préconisé l'enqiloi de l'électricité. Ce n'est d'ailleurs qu'avec le tcsmps ([u'on peut parvenir
ÏIÎAITEMENT DKS MALADIES DU TUlîE DIGESTIF
à remédier d'une façon durable à cet accident. Un ne devra jamais perdre patience ; il est exceptionnel, chez l'enfant, qu'on soit amené à une intervention cliirui'gicale. Celle-ci consiste à faire des cautérisations en pointes et en raies longitudinales, soit avec le thermo-cautère, soit avec l'acide nitrique ou le nitrate d'argent.
vil. — Vers întestînaiix.
Les vers intestinaux sont moins fréquents aujourd'hui; ils sont, la plupart du temps, sinon toujours, des hôtes inofl'ensifs de l'intestin. Nous n'étudierons donc que les moyens mis en usage, pour en débarrasser l'organisme.
Les vers habituellement rencontrés sont :
Les lombrics.
Les tœnias.
Les oxyures.
Lombrics. — Les lombrics (ascarides lombricoïdes sont facilement évacués par l'usage de la santonine ou du semen contra (arthemisia contra).
La santonine se donne depuis o centigrammes, au-dessous de trois ans, jusqu'à 10 centigrammes au-dessous de dix ans. On ne doit pas dépasser ces doses, sinon on s'expose à des accidents d'intoxication.
La dose est prise, le malin à jeun, et répétée deux ou trois jours de suite, suivie ou non d'un léger purgatif.
Le semen-contra se prescrit dans de la conliture ou dans du pain azyme, à la dose de 0 gr. GO à 1,2, 3 et A grammes, de la même façon, et avec les mêmes pfécaiii ions que la santonine.