‹ Thérapeutique infantile (volume 2)Chapitre 2 sur 58 · SES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

SES ACCIDENTS

deux ulcérations correspondanlcs ; ou bien, elles sont fixées dans l'alvéole^ présentent une surface irrégulière et une coloration jaunâtre.

Quelle que soit l'alternative, Hénoch conseille de les enlever avec une pince. Cette extraction, facile, simple, dans le premier cas, s'accompagne souvent, dans le second, de périostite alvéolo-dentaire avec suppuration et séquestre du rebord alvéolaire.

Pour faciliter la sortie des dents, et amollir la gencive, on a coutume de donner aux enfants des hochets en ivoire ou en bois, un bâton de racine de guimauve, voire même des croûtes de pain. Cette pratique n'offre pas d'inconvénients, si tous ces objets sont tenus très proprement et ne traînent pas partout. Nous ferons quelques réserves au sujet du pain qui, ainsi qu'on l'a montré, peutconserver actifs les germes de l'eau ayant servi à le pétrir ; bien plus, cette croûte de pain, ramollie par la salive de l'enfanl, tombe incessamment sur le sol et s'imprègne, comme une éponge, des poussières de J'air et du sol ; enfin, on ne doit jamais laisser à l'enfant la même croûte de pain jusqu'au lendemain.

On a préconisé, toujours dans le même but, un certain nombre de préparations ou de sirops dont le plus connu est celui du docteur Delabarre :

if Safran 3 grammes.

Tamarin 30

Miel 200

Eau 100

On peut employer aussi la glycérine contenant un peu de chloroforme, une dose minime de chlorhydrate de cocaïne (Comby) : tous ces mélanges s'appliquent, en frictions douces, sur la gencive avec un tampon de coton.

/a traitement des maladies du TUliE DKJESÏIF

Les autres accidenls de la denlilion : stomaliles, diarrhées, vomissements, convulsions, etc., ne comportent pas d'autre traitement que celui qu'on trouvera à ces diCférents chapitres. Mais on doit s'en préoccuper elles traiter; car, s'ils surviennent à l'occasion de la dentition, ils n'en ont pas moins, à l'occasion, une grande gravité.

Ceci dit, nous déclarons que nous nous sommes conformé à l'usage en écrivant ce chapitre des accidents de la dentition. Si la durée de la première dentition reste une période critique chez l'enfant, il n'en est pas moins avéré que nous avons une -tendance trop excessive à rattacher à cette première dentition tous les incidents pathologiques, légers ou graves, qui se produisent pendantles deux premières années de la vie. Nous croyons, avecMagitot, que l'évolution des premières dents est incapable de produire cette série interminable des accidents qu'on rencontre sur le tube digestif, le système nerveux, la peau, nous pourrions dire sur tous les systèmes de l'économie, et qu'on n'hésite jamais à rattacher à celte évolution dentaire. Sans être trop absolu, nous estimons que les accidents de la première dentition doivenl être exceptionnels.

. stomatites en général.

Les stomatites sont des inflammations de la muqueuse buccale, souvent provoquées par des agents physiques ou le mauvais état général de l'enfant — causes occasionneUes — mais toujours entretenues ou déterminées par des organismes pathogènes. Les formes analomiques qu'elles revêtent dépendent de ces conditions, mais toutes conservent les

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mêmes indications tliérapeuliques fondamentales qui sont :

1° la disparition des causes occasionnelles dé la stomatite ;

2° son traitement antiseptique ;

3° les indications particulières fournies par les symptômes objectifs ou subjectifs du malade.

Quand elle n'est pas provoquée par un état fébrile ou cachectique de l'enfant, la stomatite én/tliémaiei/sp, avec ou sans exsudats pultacés, est causée, dit-on, par l'éruption d'un groupe dentaire ou par des brûlures accidentelles, ou par des substances irritantes mises en contact avec la muqueuse : mets épicés, médicaments irritants, abus du sucre, etc. C'est là un premier point sur lequel le médecin doit fixer son attention, afin de supprimer la cause de tout le mal. Quand celui-ci est peu prononcé, cela peut suffire ; néanmoins, il peut être utile de faire quelques lotions buccales avec une solulion astringente. Sinon, il faut avoir recours au traitement antiseptique méthodique. — Ce sont les antiseptiques doux qu'il faut employer, en raison de la sensibilité de la muqueuse. L'acide borique en solution saturée à 4 0/0, l'acide salicylique à 1/1000, le chlorate de potasse eu sohition saturée, le borate de soude en proportions variées, sont le plus souvent usités. Lorsqu'il y a une fermentation acide aiiormalede produitsbuccaux, ce dont on peut s'assurer au moyen du papier de tournesol, peut-être vaut-il mieux se servir de substances neutres ou alcalines, comme le borate de soude, le bicarbonate de soude, surtout s'il s'agit de parasites qui, comme le champignon du muguet, se développent plus facilement dans les milieux acides.'

On peut les employer sous deux formes : en sohi-

lion pour des lavages et des irrigations buccales, que 'l'on fait tièdes ou chaudes selon la violence de l'inllammation de la muqueuse ; sous forme de collutoires à base de miel ou mieux de glycérine qui, par ses propriétés particulières, prolonge le contact des substances antiseptiques et le rend plus intime. Par exemple :

% Acide borique 2 grammes.

Glycérine 50 ou x.

Cliloratc de potasse ou borate

de soude grammes.

Miel blanc ou mieux glycérine. . 15 ou x grammes.

On peut mé anger avec grand avantage ces substances entre elles, et les combiner de difierentes façons. Quand la salive est très acide, on peut ajouter au mélange une quantité de bicarbonate de soude.

Voici, à titre d'exemple une solution pour un lavage :

Chlorate de potasse S grammes.

Bicarbonate de soude

Eau l-'O —

(COMBY.)

Celte médication simple suffit la plupart du temps à tous les cas de ce genre. Mais il peut arriver que les lésions persistent ou s'aggravent, et que des fissures, des ulcérations se montrent sur les gencives, près de la racine des dents ou sur les lèvres, en particulier aux commissures, avec ou sans croûtes. 11 s agit alors d'une pénélration plus profonde dans la muqueuse des micro-organismes, qu'il faut atteindre et détruire au moyeu d'agents chimiques plus énergiques : ce sont l'iode, le nitrate d'argent, l'acide chromique même, (jui doit être manié avec la plus grande pru-

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'ilence. Dans tous les cas, l'appUcalion de ces subslances doit èti-e strictement limitée aux pomts que l'on veut atteindre. La teinture d'iode peut être mélangée en pi-oportions variées avec la glycerme; on emploiera soit le crayon de nitrate d'argent, soit des solutions à titre variable. Les indications symptomatiques, fournies par l'examen du malade, dépendent dugonnement plus oumoins marque des lèvres et de la langue, des phénomènes douloureux qui accompagnent la stomatite, et qui gênent l'alimentation et la parole, de la salivation parfois excessive, enfin des phénomènes locaux et généraux d'infection, qu'on ne voit guère, il est vrai, que dans les stomatites graves, ulcéro-membraneuses, ou

mercurielles.

A chacun de ces symptômes, on peut remédier

dans la mesure du possible.

Les lotions émoUientes et antiseptiques: décoction de guimauve avec addition d'acide borique, par exemple, conviennenttouteslesfois quele gonflement intlammatoire est très prononcé, et réussissent à la condition d'être sulTisamment répétées.

Lorsque lesphénomènes douloureux sonttrèsprononcés, c'est aux opiacés qu'il faut avoir recours : décoction de têtes de pavots, ou collutoire renfermant, pour 3U 011 iO gr. 50 de teinture d'opium.

L'alimentation sera évidemment subordonnée à cet état des muqueuses buccales : ce sont les aliments liquides, le lait, les purées (lui en feront la base.

Quant aux phénomènes infectieux, locaux, — engorgements ganglionnaires — ou généraux: fièvre, troubles digestifs, état général mauvais, ils seront ^■ombattus par les moyens habituels.

Quelques variétés de stomatites réclament des

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soins spéciaux. C'esL, d'aixjrd, la slomalite ukéromemlraneuse, dont on esl relalivenu'nl maître, depuis que AVest préconisa contre elle le chlorate de potasse, intus et extra. A l'intérieur, dans une potion gommeuse, on donnera, de i à 3 graninies, selon l'âge de l'enfant. Comme médicament topique, on l'emploiera en poudre fine, appliquée sur les ulcérations, en solution saturée pour les gargarismes el les lavages, en mixture avec de la glycérine ou du miel rosatpour les attouchements au pinceau. Depuis AVcst et J. Bergeron, on considère ce médicament comme un spécilique; mais il n'exclut pas les autres moyens d'action, dont nous avons parlé plus haut, et qui, dans les cas graves, peuvent lui venir en aide. On peut y ajouter également l'eau oxygénée, le permanganate de potasse à 1 0/0 ou 0,50 0/0 ; et, lorsque les phénomènes congestil's ne sont pas trop intenses, toucher les ulcérations avec les caustiques habituels.

La notion étiologique fournit encore des indications à la thérapeutique.

Souvent, en elTet, celle variété de stomatite est provoquée et entretenue par de mauvaises dents, ou bien elle s'accompagne de périostile alvéolo-denlaire. Dans ces cas, il faut pratiquer un nettoyage minutieux des dénis; el, s'il est nécessaire, lorsque, jtar exeiuple, les dents sont ébranlées, lairo

l'avulsion de celles-ci ; en r('suiné, il faut faire de l'antisepsie dentaire cl buccale piuir guérir la stomatite.

Dans d'autres circonslances. on esl en présence de la bu'nu' contagieuse de la nuiladie ; ici le rôle tlela dentition est fort secondaire. Le traitement médical rcsl(^ évideniinenl le même . mais la notion de

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conlagion nécessite des mesuras de propbylaxio el de désinfection qu'on peut pressentir el dont le principal élément est l'isolement du malade el même des personnes qui lui donnent des soins. Le médecindoit, danstouslescas, se désinfecter soiguensement les mains après son examen.

Stomatite apBstetise.

La stomatile aphteuse rentre éKalement dans le cadre des stomatites contagieuses. Elle nécessite l'isolement des petits malades et les mesures de prophylaxie habituelles pour évi-ter la contagion indirecte. Son origine bovine, défendue par certains médecins, ([ui pensent que la contagion se l'ail, chez les enfants, l)ar le lail des vaches atteintes de la lièvre aphteuse ou de cocotte, indique la nécessité de faire bouillir leur lait, de rejeter l'usage du fromage frais et du beurre, provenant de la même source el, en fin île compte, de s'approvisionner ailleurs de lait.

Stomatite gangreneuse.

La slomatite r/anr/réjieuse ou noma est une rareté aujourd'hui. Son traitement comporte des indications médicales, anplical.iles à tous les cas, eldes indications chirurgicales (pii varient selon le siège, l'étendue des plaques gangreneuses, el selon les désordres produits par l'éliminalion des plaques mortifiées.

Les indications médicales, dont nous nous occuperons seulement ici, exigent une médication lonif[uc et reconsliluanle, el, localen)enl. une antisepsie rigoureuse, Cf)rnbinéo à des cautérisations, soil avec des subslancfîs cirm)i([ues, soil, ce ([ui vaut mieux,

avec le fer rouge. On cautérisera donc profondément avec le Ihermo-cautère, ou avec le galvano-cautère, tous les points menacés de gangrène, et l'on surveillera la marche ultérieure des eschares, en faisant dans la bouche du malade l'antisepsie la plus rigoureuse : le chloral, l'acide phénique, la résorcine, le thymol, la liqueur de Van Swieten, la solution d'hypochlorite de calcium, la liqueur de Labarraque, l'eucalyptol, etc., seront employés en gargarismes, en lavages, en applications topiques à base de glycérine. On a vanté l'emploi du phénol sulforiciné, ou du sulforicinate de soude naphtolé,à 10 gr. pour 90. (Comby.) Les pulvérisations phéniquées ou à base de thymol seront également d'un précieux concours.

On peut remplacer les cautérisations au fer rouge par les caustiques chimiques; mais ceux qu'on employait autrefois, les acides minéraux, le beurre d'antimoine, n'ontpasTefficacité du fer rouge. Cependant, le nitrate acide de mercure peut donner de bons résultats, sauf à en surveiller de très près l'application, toujours délicate, en raison de sa grande ditîusibilité.

Il est de toute nécessité, pendant ce temps, desoutenir les forces des enfants par une alimentation suffisante et par la prescription des médicaments toniques. Maislalésion actuelle delà bouche rend parfois la déglutition très difficile; elle nécessite une alimentation liquide, dont le lait fera la base et qu'on est souvent obligé de faire prendre par des moyens artificiels. Le vin, le quinquina, les alcools, seront administrés dans le même but.

L'élimination des eschares, la suppuration qui y fait suite, demandent les mêmes soins et le même régime. Il sera bcm d'ajouter à ces prescriptions

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